10 juillet 2026

ACTUALITÉS

Égalité professionnelle femmes-hommes : un combat syndical, une exigence démocratique

A la FSU Hors de France, nous considérons que l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes n’est ni un sujet secondaire, ni une simple réglementation liée à l’obligation pour tous les employeurs publics depuis le 1er janvier 2021 de mettre en œuvre le Protocole sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans la Fonction publique, adopté le 30 novembre 2018. C’est un combat syndical majeur, indissociable de notre engagement pour une École plus juste, une Fonction publique plus égalitaire et une société plus démocratique.

Notre engagement dépasse le seul cadre des relations de travail. En tant qu’enseignantes et enseignants, personnels d’éducation et de service public, nous avons également la responsabilité de transmettre les valeurs d’égalité et de tolérance, de lutter contre les stéréotypes de genre et de promouvoir, dès le plus jeune âge, une véritable égalité entre les filles et les garçons. L’École est un levier essentiel de transformation sociale.

L’AEFE s’est dotée d’un plan pour l’égalité professionnelle. Nous avons participé à son élaboration, et formulé de nombreuses propositions. Ce plan est ambitieux dans ses objectifs, mais il reste largement insuffisant dans sa mise en œuvre. Sur le terrain, les moyens, la prise de conscience, la formation et l’accompagnement ne sont pas toujours au rendez-vous. L’égalité ne peut pas se limiter à des intentions, elle doit produire des effets concrets dans les établissements. Six axes ont fait l’objet d’une réflexion et structurent ce plan.

1 - Égalité salariale
2 - Égalité d’accès et progression des carrières
3 - Égalité des temps de vie
4 - Promotion d’une culture de l’égalité et prévention, surveillance et sanction des comportements et agissements sexistes et sexuels au travail
5 - Intégration de l’égalité dans la communication interne et externe de l’Agence
6 - Gouvernance, mise en œuvre, suivi, évaluation et amélioration du plan d’action

L’égalité professionnelle ne saurait se résumer à une campagne de communication ou à quelques actions symboliques. Elle doit se traduire dans les pratiques quotidiennes, dans les procédures de recrutement, dans les promotions, dans les mobilités, dans l’accès aux responsabilités, dans les rémunérations, dans les équilibres des temps de vie, et dans les conditions de travail.

Notre réseau à l’étranger nous donne une responsabilité particulière. Nos déplacements syndicaux dans les établissements nous montrent combien les réalités locales restent contrastées. Selon les pays, les droits des femmes, leur accès aux responsabilités ou encore leur autonomie professionnelle demeurent très inégaux. Notre engagement internationaliste nous rappelle que la défense de l’égalité ne connaît pas de frontières et que le service public français doit être exemplaire partout où il est présent.

Nous continuons de constater que certaines collègues se voient encore poser, lors d’entretiens ou de procédures de recrutement, des questions qui ne seraient jamais adressées à leurs homologues masculins, sur leur vie familiale, leur disponibilité liée aux enfants ou leurs projets personnels. Ces pratiques, parfois banalisées, constituent des discriminations inacceptables qui influencent encore les carrières, les mobilités et l’accès à certaines fonctions.

Promouvoir l’égalité professionnelle, c’est aussi dénoncer les écarts de rémunération, les freins aux carrières, les plafonds de verre, la répartition inégale des responsabilités familiales, les violences sexistes et sexuelles, ainsi que l’ensemble des mécanismes, souvent invisibles, qui produisent et reproduisent les inégalités.

Dans ce combat, les mots ont également leur importance. Notre langue n’est pas neutre ; elle est le reflet de notre histoire et des rapports de pouvoir qui l’ont traversée. C’est pourquoi le SNES-FSU Hors de France défend une réflexion sur nos pratiques d’écriture et de communication. L’écriture inclusive n’est pas qu’une question de typographie. Elle constitue avant tout un engagement politique et symbolique visant à rendre visibles celles que la langue a longtemps invisibilisées. Si certaines formes peuvent faire débat, l’objectif demeure essentiel, faire évoluer nos représentations et contribuer à construire une culture de l’égalité.

Les avancées obtenues au fil de l’histoire, le droit de vote des femmes, l’accès aux responsabilités politiques, économiques ou administratives, les progrès en matière de droits sociaux, n’ont jamais été des cadeaux. Elles sont le fruit de mobilisations collectives, de combats syndicaux, féministes et démocratiques. Aucun droit n’a été accordé spontanément ; tous ont été conquis.

C’est pourquoi notre responsabilité est aujourd’hui de poursuivre ce chemin. Défendre l’égalité professionnelle, c’est défendre une conception exigeante du service public, de la justice sociale et de l’émancipation. C’est refuser que les discriminations continuent de peser sur les carrières et les parcours de vie. C’est faire vivre, concrètement, les valeurs que nous portons au quotidien.

Le SNES-FSU Hors de France continuera d’agir, de proposer, d’alerter et de revendiquer. Parce que l’égalité ne se décrète pas. Elle se construit, chaque jour, grâce à des moyens à la hauteur des enjeux et à un engagement collectif qui se traduit concrètement dans nos pratiques, dans nos établissements et, plus largement, dans notre société.

Consultez :
 Notre article appelant à investir dans chaque établissement le plan AEFE d’égalité professionnelle

 La Fiche mémo FSU égalité professionnelle (en accès réservé)

 L’article du 25/11/25 sur les violences faites aux femmes : il indique la procédure de signalement AEFE pour dénoncer tout acte de violence, de discrimination, de harcèlement et d’agissement sexiste.