5 octobre 2026

AEFE : l’opérateur public

Réforme de l’avantage familial : un recul social majeur.

Réforme de l'avantage familial : un recul social majeur.

L’AEFE trahit une fois de plus ses personnels, après avoir accepté de supprimer des postes au moment des renouvellements de détachement.

Pourquoi une réforme ?

À la suite d’une décision du Conseil d’Etat de juin 2025 (action inopportune de la CFDT qui n’a pas anticipé le risque dans le contexte budgétaire actuel) imposant l’égalité de traitement entre détachées encadrantes, formateurtrices et enseignantes en matière d’avantage familial / majoration familiale, l’Agence est passée en force : sans négociations ni discussions, elle a soumis aux CSA du 25 juin et 10 juillet un projet de décret, dont la mouture finale a été soumise au vote le 8 septembre (9 voix contre, 1 voix CFDT pour).

 

Quels reculs ?

A partir du 1er octobre 2026 :

  • encadrantes et formateurtrices percevront l’avantage familial au lieu des majorationsfamiliales. Donc, baisse conséquente de la prestation versée pour les collègues.

  • l’avantage familial ne sera plus versé jusqu’aux 21 ans révolus de l’enfant comme jusqu’à maintenant mais jusqu’aux 20 ans révolus (comme en France).

A partir du 1er septembre 2027 :

  • pour les 0-3 ans, sera versée une indemnité représentant 70% du montant de l’avantage familial correspondant à la première tranche d’âge (équivalent d’un coût moyen de crèche d’après l’AEFE). Donc, baisse de 30% pour tous les collègues.

  • pour les 3-18 ans, l’avantage familial sera conditionné à la scolarisation dans un établissement de l’enseignement français à l’étranger (donc AEFE ou partenaire). En cas de non scolarisation dans un tel établissement, seul le supplément familial de traitement (SFT) sera versé. À titre d’exemple, pour deux enfants, le SFT représente entre 77 et 117 euros mensuels selon l’échelon. Donc, très forte baisse des prestations pour les collègues ne scolarisant pas leurs enfants dans un lycée français à l’étranger.

  • pour les 18-20 ans révolus, sera versée une indemnité d’environ 3000€/an correspondant au montant du forfait des bourses de l’enseignement supérieur de niveau 2 sur 10 mois. Donc, baisse importante pour tous les collègues.

 

Quelle position de la FSU ?

La FSU dénonce avec la plus grande fermeté le passage en force de la direction de l’AEFE. Après avoir sciemment laissé ce dossier en jachère pendant trois ans, malgré nos alertes et nos relances répétées, l’AEFE a choisi de dégainer, à la veille des congés d’été, un projet aux conséquences lourdes pour les personnels, sans la moindre concertation. Cette méthode est inacceptable. Elle signe un mépris assumé du dialogue social et de ses personnels, et une volonté délibérée de contourner tout débat démocratique.

Cette réforme est un mauvais coup de plus contre les personnels, déjà non défendus face au MEN pour ce qui est des détachements ou face aux établissements qui les perçoivent désormais comme des variables d’ajustement budgétaire. Dans leurs projets personnels et familiaux, les collègues ont pris en compte les engagements financiers qu’ils ont signés avec l’Agence. Les changer en cours de contrat distend le lien de confiance entre l’AEFE et ses personnels et met en grandes difficultés bon nombre de collègues.

De plus, le nouveau dispositif ne résout aucun problème actuel de l’AF et en crée de nouveaux  :
– les prélèvements sociaux (CSG-CRDS) continueront à s’appliquer sur l’avantage familial, donc les collègues continueront d’y perdre près de 10%, ce qui est loin d’être négligeable.
– les variations de change continueront de se faire ressentir
– les problèmes d’assiette de l’AF continueront à grever le reste à charge des collègues dans certains pays
– les frais de scolarité continueront à être réclamés aux personnels parfois avant même leur installation. Rappelons que les droits de première inscription ne doivent pas être acquittés tant que l’AEFE ne les a pas versés à l’agent-e.
– le dispositif multiplie les inégalités entre collègues, selon les établissements ou les choix de scolarisation des enfants.

 

La FSU continue à revendiquer la prise en charge effective des frais de scolarité des enfants des personnels. Elle demande une véritable prestation familiale, fondée sur l’égalité de traitement, la justice sociale et la prise en charge réelle et intégrale de la scolarité des enfants des personnels en détachement et en recrutement local.