COVID-19 : visioconférence du 4 décembre avec la Direction de l’AEFE

samedi 5 décembre 2020
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Le Directeur de l’AEFE a présenté cette réunion qui permet de faire le point sur les situations entre deux CHSCT. Le ratio est toujours de 80% d’établissements en présentiel ou hybride et 20 % en distanciel, sans évolution notable depuis la présentation au dernier Conseil d’administration, même si des situations peuvent changer avec des passages du présentiel au distanciel ou inversement. 

L’autre constat du Directeur est que les équipes (agents, enseignants et directions) sont très éprouvées. Dans ce contexte, le Directeur relève que rarement des congés auront été autant attendus. Il se satisfait que, globalement, une réponse commune ait pu être trouvée pour les congés de Noël ; cet effort général de dialogue doit permettre de poursuivre au mieux cette année scolaire. 

Concernant les campagnes de vaccination en France, le Directeur explique qu’une transposition du calendrier et des modalités de vaccination sont en cours de réflexion au niveau du MEAE pour le réseau diplomatique, culturel ainsi que pour les établissements d’enseignement. Toutefois, les personnels à l’étranger pourraient être concernés par une vaccination obligatoire dans le pays d’accueil. Il pourrait alors y avoir des problèmes notamment si le vaccin n’est pas autorisé en Europe. Cette éventualité sera soulevée auprès du Quai d’Orsay par l’AEFE. 

1. Situation Covid 19 : gestion de l’épidémie, impact sur le fonctionnement des établissements

La FSU est intervenue sur la situation de 3 établissements. A Bamako et Nouakchott, la situation sanitaire se dégrade et les établissements sont contraints de s’adapter. La situation est suivie par le secteur géographique de l’AEFE qui veillera à ce que les protocoles s’adaptent aux évolutions sanitaires dans le cadre des instances. A Niamey, le secteur géographique interviendra pour rappeler que la commission hygiène et sécurité de la communauté scolaire (CHSCS) ne peut se substituer à la commission hygiène et sécurité et conditions de travail (CHSCT), qui réunit les seuls représentants du personnels et est seule apte à établir les protocoles avant leur présentation en Conseil d’établissement.

2. Retour congés d’été et problème de la résidentialisation des résidents à recrutement différé (RRD)

Les RRD qui n’ont pu arriver sur le territoire d’exercice au 1er septembre pour des raisons liées au transport et/ou à l’obtention des documents nécessaires à leur présence sur le territoire (visas, carte spécifique) ont connu un décalage de leur date de résidentialisation alors même qu’ils avaient assuré leur enseignement à distance ! Ils subissent ainsi une triple peine : difficultés à l’entrée dans le territoire avec le stress que cela peut engendrer, des frais supplémentaires (certains ont changé 2 ou 3 fois de billets sans remboursement), leur disponibilité et donc leur rémunération en contrat local a été allongée ! 
A partir du moment où ils ont un contrat de travail local et où ils assument effectivement leurs obligations vis-à-vis des élèves et de l’établissement, pourquoi ne pas les résidentialiser au 1er décembre ?

Le DRH a rappelé que l’objectif de l’Agence était que tous ces collègues soient bien pris en charge financièrement par leur établissement dès le 1er septembre, et ceci alors qu’ils n’étaient pas dans le pays d’exercice. Il rappelle le décret 2002-22 qui stipule qu’il faut être établi dans le pays d’exercice depuis plus de 3 mois pour être détaché comme résident. 28 situations ont été relevées par la DRH. 

3. Congés de Noël 

Nous avons remercié à nouveau l’AEFE et le DRH pour le courrier envoyé aux établissements sur les congés. Répondant à la demande de la FSU, ce courrier a donné des perspectives positives aux personnels. Toutefois nous déplorons quelques établissements où la question n’est pas résolue.
A Montréal (collège Stanislas), la direction n’envisage pas de tenir compte des directives de l’AEFE facilitant le retour en France de son personnel à l’occasion des congés de fin d’année. La seule possibilité de tolérance envisagée par la direction est une proposition d’étudier certains cas pour "motifs humanitaires" : ainsi, le chef d’établissement envisage d’autoriser certains personnels en cas de "parent mourant".
A Lomé, la direction et le Poste diplomatique ont pris la décision de ne rien changer à la rentrée des vacances de Noël. Outre que ceci a été fait sans aucune concertation, les personnels ne demandaient que 2 jours d’enseignement à distance (EAD), période correspondant à celui du délai d’obtention des résultats du test COVID à la descente de l’avion (délais de 24 à 48h). En répondant négativement à cette demande, l’administration prend le risque de faire du lycée français un cluster.
 

Concernant ces deux situations, le secteur géographique de l’AEFE est intervenu. Au Canada, la direction s’engage à trouver une solution pour les personnels qui souhaitent quitter le territoire pour les fêtes de fin d’année. Au Togo, l’EAD sera bien mis en place pour permettre le délai d’attente de résultats des tests Covid19.

4. Aspects pédagogiques 

Les modalités et les aménagements possibles d’un éventuel enseignement à distance ou hybride. Il faut rappeler que beaucoup d’enseignants ont été très éprouvés par l’expérience de l’an passé, en particulier ceux devant à la fois assurer l’EAD pour leurs classes et le suivi (scolaire et quotidien) de leurs enfants. 
Il est nécessaire bien sûr de l’anticiper en consultant les instances (et l’Agence le préconise), mais cela nécessite aussi de prendre le temps de consulter les conseils d’enseignement, les équipes pédagogiques des classes, donner à chaque enseignant le temps de mettre en place son enseignement à court terme etc. Il faut donc impérativement préconiser aux directions une banalisation de temps de concertation sur des aspects concrets au moment du passage d’un enseignement à un autre. Il y a aussi la nécessité de prendre le temps d’informer les parents et les élèves avec des mesures concrètes et réfléchies sauf à encore susciter du mécontentement et de l’incompréhension.

Il semblerait que notre demande ne rencontre pas un franc succès à la Direction de l’enseignement, de l’orientation et de la formation (DEOF) ! Sans doute nos capacités de persuasion sont-elles émoussées ! Pour la DEOF, cela n’est absolument plus un problème puisque tout a été anticipé par les protocoles ! Nous avons été contraints de rappeler que les protocoles ne permettent pas d’anticiper le changement des modalités d’enseignement : les collègues ont besoin de temps pour adapter leurs progressions et leurs cours ! 

Bolivie, La Paz  : Nous sommes intervenus de nombreuses fois l’an dernier sur cet établissement. Malheureusement, nous sommes encore contraints de le faire ! Lors du conseil pédagogique, il a été dit que l’AEFE aurait donné cette directive : lorsque l’enseignement se fait en distanciel, toutes les heures de l’emploi du temps en présentiel doivent être faites (donc sans aucun aménagement) et qu’elles se tiennent en visioconférence. La FSU interpelle la DEOF pour savoir si ces directives viennent d’elle car elles vont à l’encontre de toutes ses interventions précédentes en ce domaine et elles ne sont absolument pas pertinentes pédagogiquement. De même, il semblerait que les préconisations pédagogiques du Vademecum AEFE n’aient pas été transmises aux enseignants.

La DEOF va rappeler à la cheffe d’établissement la nécessité d’adapter les emplois du temps et lui demander de transmettre les fiches de nature pédagogique. 

5. Suicide d’un élève

La FSU est intervenue sur un événement dramatique qui secoue un établissement du réseau. Le suicide d’un élève a provoqué tant chez les personnels que chez les élèves un choc. La situation a été dès le début suivie par la direction de l’établissement et la DRH. Une cellule psychologique à destination de tous a été ouverte. 
Dans ce contexte d’enseignement à distance, la FSU rappelle que l’isolement concerne aussi les élèves. Il est à noter aussi le stress accru qu’ils ressentent spécifiquement en 1ère et Terminale avec les évolutions du bac et le refus du Ministère d’aménager les programmes. Il est donc nécessaire d’avoir une vigilance accrue.

La DEOF rappelle que les personnels de vie scolaire ont été mobilisés dans le réseau pour accompagner les élèves et qu’un parcours M@gistère spécifique est en cours d’élaboration. 

Le Directeur reprend la proposition de la FSU d’alerter les établissements sur les risques d’isolement des élèves et de faire connaître à l’ensemble du réseau les dispositifs d’accompagnement qui ont été mis en place dans certains établissements.

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