Groupe de travail AEFE sur les examens, 26 novembre 2020

jeudi 3 décembre 2020
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Lors de ce groupe de travail, le directeur adjoint de la DEOF (Direction de l’enseignement, de l’orientation et de la formation) a fait le point sur la session passée et la session à venir des examens (DNB et baccalauréat), des sessions inouïes en raison du contexte sanitaire.

D’emblée par sa déclaration liminaire, le SNES-FSU a fait entendre la voix des personnels qui subissent les méfaits de la réforme du bac et du lycée, démultipliés par la crise sanitaire et les fermetures d’établissements dans beaucoup de pays. Nous avons demandé que cela soit pris en compte et que, comme l’exige la pétition des syndicats et associations disciplinaires, l’AEFE fasse savoir au Ministère de l’Éducation nationale (MEN) que les personnels revendiquent, pour cette année :
- le report à juin des épreuves de spécialité, pour laisser aux élèves le temps d’y être effectivement préparés ;
- la suppression de l’épreuve du grand oral  ;
- un aménagement de toutes les épreuves du baccalauréat ;
- une limitation des contenus des programmes attendus pour les épreuves ;
- pour les années à venir, une remise à plat de la réforme.

Le SNES-FSU attend aussi de l’Agence qu’elle fasse davantage valoir auprès du MEN les spécificités de la situation de l’enseignement français à l’étranger . Nous demandons :
- pour les pays où la première session d’E3C de 1ère a été rendue impossible en 2020 par la fermeture des établissements : qu’elle ne vienne pas surcharger encore plus l’année de terminale sur laquelle il est prévu de la reporter (!) et qu’elle soit remplacée par le contrôle continu de 1ère ;
- pour la correction des copies des candidats libres, qui sont hors AEFE : qu’il soit fait aussi appel à des viviers de correcteurs en France au lieu de surcharger les correcteurs des pays concernés, voire du réseau comme cela a été le cas en septembre 2020 ;
- pour valoriser la diversité linguistique dans le réseau  : que les élèves du réseau AEFE, au moins dans les pays lusophones, puissent eux aussi suivre l’enseignement de spécialité LLCE portugais, dont ils sont pour l’heure exclus alors que cet enseignement est offert, “à titre expérimental”, dans les académies de Guyane et de la région parisienne (!) ; que d’autres langues, elles aussi victimes de la réforme du lycée, puissent de nouveau donner lieu à un enseignement de spécialité, comme c’était le cas avant la réforme ;
- pour accéder aux ressources numériques nécessitant une adresse académique : que soit créée une adresse mail professionnelle AEFE.

Bilan de la session 2020

Comme en France, le contrôle continu intégral de la session 2020 a fait grimper les taux de réussite au baccalauréat : 99% dans l’ensemble des établissements français de l’étranger (contre 97% en 2019), 85% de mentions (contre 76% en 2019).

La session de septembre a été marquée par un afflux inédit de candidats libres en Algérie (qui n’étaient pas en contrôle continu). L’AEFE a, dans l’urgence, fait appel aux correcteurs d’Europe et d’Afrique en plus de ceux d’Alger. Le SNES était alors intervenu pour que cessent les nombreux dysfonctionnements : correcteurs sans convocations, lots attribués à la dernière minute ou alourdis en cours de correction, refus de décharges de cours par certains chefs d’établissement.

Nous avons veillé à ce que la note de service sur les examens 2021 insiste davantage sur la nécessité d’une convocation et d’une décharge de cours.

Le paiement des indemnités d’examen (IJE)

L’Agence explique les retards de versement cette année par des problèmes techniques de fichiers, et aussi par les erreurs de numéro de matricule renseigné par les correcteurs sur les fichiers MAGE. Le SNES-FSU constate que les bénéfices de la dématérialisation se font toujours attendre pour ce qui est du délai de versement des IJE. Dans certains pays de la zone Amérique latine de rythme sud, les IJE du bac 2019 n’ont pas encore été payées alors que le bac 2020 commence ! Pour le bac comme pour le DNB (dématérialisé en 2021), la remontée du nombre de copies corrigées est automatique via viatique, les délais devraient redevenir raisonnables...

La session 2021

Outre les revendications d’aménagements du calendrier et des programmes, le SNES-FSU a soulevé deux problèmes :

Langues vivantes. Alors que les moyennes trimestrielles constitueront 40% du bac 2021, le SNES-FSU plaide à nouveau pour qu’une réflexion spécifique sur l’évaluation en langues vivantes soit menée, indispensable pour ne pas léser les élèves de l’AEFE : leurs moyennes doivent être à l’aune du niveau évalué au baccalauréat en fonction de l’inscription des élèves. Il faut corriger le décalage éventuel entre le niveau de LV suivi en enseignement et évalué pendant l’année et le niveau de LV présenté au bac : en effet, de nombreux élèves suivent par exemple l’enseignement d’anglais en LVA mais s’inscrivent au bac en anglais LVB. Pour éviter que chaque établissement ne bricole dans son coin, nous demandons qu’un cadrage soit établi par l’Agence pour l’ensemble du réseau. La DEOF affirme qu’elle a conscience du problème spécifique concernant les notes de langues vivantes et assure travailler à une solution.

Évaluation des compétences expérimentales (ECE). Nous avons interrogé la DEOF sur ce qui est prévu en cas de fermeture des établissements en mars. La possibilité de visio est à l’étude. Comment ne pas restreindre la liste de sujets alors que les établissements auront été partiellement ou totalement fermés ? Pour le moment, la seule réponse proposée par la DGESCO vient des IPR de SVT qui proposent que les enseignants puissent faire un choix dans la liste complète des sujets proposés et non dans une présélection de 25 sujets comme c’était le cas auparavant.

Ouverture de spécialités et options

Le SNES-FSU a signalé plusieurs établissements où les procédures prévues par la note de service pour ouvrir des spécialités ou en demander l’enseignement par le CNED ont été méconnues, au détriment des élèves. L’Agence sera attentive, et fait preuve de souplesse sur les dates limites de demandes.

Le recours au CNED est plus fréquent cette année : 129 demandes d’enseignements de spécialité contre 50 l’an dernier, concernant 200 élèves contre 64 l’an dernier. L’explication est double, structurelle et conjoncturelle. L’abandon d’une spécialité en terminale réduit à trop peu d’élèves les effectifs inscrits, même si aucun seuil n’est fixé par l’Agence. D’autre part certains établissements ont renoncé à un enseignement par des enseignants sur place pour des raisons budgétaires. Les spécialités les plus concernées par un enseignement CNED sont NSI, HLP, arts, LLCER anglais. Certaines demandes en arts plastiques ont été refusées par les académies partenaires, lorsqu’aucun établissement de la zone n’assurait cet enseignement, ce qui pose un problème d’organisation pour les examens dans la zone.

Pendant ce groupe de travail consacré aux examens, et en réponse à plusieurs demandes du SNES-FSU, le directeur adjoint de la DEOF a insisté sur la volonté de l’Agence de faire connaître et défendre les spécificités de l’enseignement français à l’étranger auprès du MEN. Nous nous félicitons de cette volonté affichée, qui rejoint nos demandes, mais restons vigilants sur ce sujet sensible des examens et continuerons d’intervenir auprès de l’Agence tant que cela sera nécessaire, pour que la réalité du terrain soit prise en compte.


La crise sanitaire a nécessairement des conséquences pédagogiques : impossible de faire comme si cette année était normale ! Il est indispensable d’aménager les programmes et les examens. Agissons ! Pour organiser la mobilisation, retrouvez le matériel proposé dans cet article : Baccalauréat et DNB 2021 : des aménagements indispensables ! Signer la pétition unitaire, interpeller les IG et IPR

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Les équipes disciplinaires de mathématiques et de SVT du Collège international Marie de France à Montréal ont d’ores et déjà écrit à leurs IPR respectifs de l’AEFE :
- courrier à l’IPR de mathématiques, transmis à l’IG
- courrier à l’IPR de SVT