E3C : STOP ! Le SNES-FSU appelle au boycott et à l’annulation de la 1ère session

lundi 3 février 2020
popularité : 2%

Mise à jour du 03/02 en fin d’article - Indemnités de correction des E3C : travailler plus pour gagner moins !

Blanquer s’enfonce dans le déni. Forte mobilisation, épreuves annulées dans de nombreux lycées. Préavis de grève sur les réseaux AEFE et MLF d’ores et déjà déposés jusqu’au 21 février.

Impréparation ministérielle, destruction du cadre national du baccalauréat, charge de travail alourdie et non reconnue... STOP E3C !

Le degré d’improvisation quant aux épreuves communes de contrôle continu (E3C) est saisissant. A quelques jours de la première session censée débuter à partir du 20 janvier, l’organisation locale de l’examen apparaît comme fluctuante et soumise aux aléas d’une banque nationale de sujets dont la forme comme le fond laissent perplexe.
On ne connaît toujours pas non plus le contenu et les attendus de l’épreuve du grand oral, pourtant présentée comme l’innovation majeure de ce nouveau bac...
Stop ! Inutile de nuire encore davantage aux élèves et à la relation pédagogique, déjà bien mise à mal par cette réforme brutale du lycée.

À l’étranger comme en France, le SNES-FSU appelle à empêcher la mise en œuvre des E3C et à refuser collectivement de choisir les sujets, de surveiller et de corriger les épreuves.
Parallèlement, nous appelons à continuer à signer et faire signer la pétition pour la suppression de la 1ère session (les sections la transmettront au SNES hors de France après avoir recueilli les signatures).

Les proviseurs, par leurs organisations représentatives, ont aussi fait savoir qu’ils craignaient de ne pas être en mesure d’en mener à bien la mise en oeuvre. De plus la fédération des parents d’élèves FCPE demande un "ajournement" de la passation des épreuves tant que toutes les conditions pour la réussite des élèves ne sont pas garanties. Qui veut encore des E3C à part le ministre ?

Banque nationale de sujets (BNS), institutionnalisation de la fraude, sujets à caution, grand flou autour des modalités de correction, absence de texte réglementaire à ce jour concernant la rémunération (et si un texte est publié, nécessitera-t-il ensuite un arrêté pour pouvoir être transposé et appliqué à l’étranger ?) : les raisons de boycotter les E3C sont détaillées dans l’appel national du SNES-FSU : Stop aux E3C !

10 janvier : Lettre ouverte intersyndicale adressée au Ministre

À l’initiative du SNES-FSU, qui porte cette demande depuis des mois, la quasi-totalité des organisations syndicales du 2nd degré ainsi que plusieurs organisations lycéennes ont publié ce 10 janvier une lettre ouverte commune au Ministre de l’Éducation nationale pour exiger l’annulation de la 1ère session d’E3C.

Monsieur le ministre

La rentrée de janvier doit voir se mettre en place la première session d’épreuves communes dites E3C. Nos organisations (SNES-FSU, SE-UNSA, CGT Educ’action, Sud éducation, SGEN-CFDT, SNEP-FSU, SNALC, SIES, FAEN, SNCL, UNL et Lycéens au Centre) vous avaient alerté sur les problèmes tant techniques que pédagogiques que posaient ces épreuves. Les inquiétudes sont désormais partagées par une grande partie de la communauté éducative. A mesure que les semaines passent, les problèmes sont de plus en plus évidents : problèmes d’organisation, lourdeur de la procédure, inégalités de conditions de passage et de traitement entre établissements et donc entre élèves.

Les problèmes matériels ne cessent de s’accumuler, de l’ouverture tardive de la banque nationale de sujets aux difficultés posées par la correction dématérialisée (connexion, débit etc.). Les sujets proposés par la BNS ne correspondent pas dans de nombreux cas aux savoirs travaillés avec les élèves, les grilles d’évaluation apparaissent comme complexes et dénuées de sens par rapport aux exigences requises, l’absence de temps spécifique de concertation et de correction obère la possibilité du travail collectif…

A moins d’un mois de tenue des épreuves, rien n’est prêt, ce qui contribue au stress grandissant des élèves. Les enseignants expriment leur malaise, ne pouvant faire correctement leur travail, alors même qu’ils doivent faire face à une charge de travail très lourde du fait de la mise en place de la réforme.

Les équipes de vie scolaire et les personnels administratifs seront également sous pression pour préparer dans un temps record les différentes phases de la mise en place des E3C (édition des sujets, planning de passage, préparation des salles, scan des copies etc.).

Pour toutes ces raisons, nous vous demandons solennellement, Monsieur le Ministre, de renoncer à cette session des E3C.

Courrier intersyndical à télécharger pour impression


13 janvier

Documents utile pour agir : le SNES-FSU met à votre disposition un kit d’action Stop E3C !
Modèles de courrier au Recteur, aux IPR, tract aux parents, tract aux collègues des disciplines non concernées par les E3C de janvier, préavis de grève local.


14 janvier

"On achève bien l’histoire-géographie : E3C, vers l’accident industriel", article du groupe HG du SNES.


18 janvier

"L’art et la manière de s’opposer aux E3C" : lire l’article en page 6 dans l’US du 18 janvier.

"E3C, nouveau bac : ni les élèves, ni les enseignants ne sont prêts, il faut l’annuler", article de Sophie Vénétitay, secrétaire générale adjointe du SNES (19 janvier).

Le SNES-FSU national recense tous les articles de presse locale et national sur les E3C, le nombre d’articles est impressionnant et montrent que nous avons déjà gagné la bataille de la communication : Les E3C et le SNES-FSU dans la presse

Un aperçu de l’action en France (mis à jour régulièrement) sur twitter : #stopE3C#Bacatastrophe

Dans des centaines d’établissements, les équipes pédagogiques refusent de choisir les sujets et de surveiller les épreuves. Dejà certaines ont été annulées, comme à Nîmes ou Clermont-Ferrand, et dans beaucoup d’établissements les préavis de grève et les décisions des assemblées générales ont conduit les proviseurs à reporter sine die les épreuves prévues la semaine du 20 au 24 janvier. Le Ministre de l’Education Nationale répète à l’envi depuis plusieurs mois que « tout est prêt ». Le SNES-FSU constate, au contraire, un état d’impréparation inquiétant pour la bonne tenue de ces épreuves :
- sujets erronés, qui ne correspondent pas aux programmes,
- conseils de révision donnés par des chefs d’établissements ou des inspecteurs à certains élèves entraînant une rupture d’égalité manifeste,
- fuite des sujets,
- conditions matérielles de passage des épreuves déplorables (un surveillant par salle, manque de temps pour paramétrer les calculatrices, etc),
- communication très tardive de barèmes de notation d’une complexité rare en langues ou auc contraire absence d’attendus de correction,
- inquiétudes sur la dématérialisation de copies,
- charge de travail énorme pour les secrétariats souvent sous-dotés...

Le décalage entre le discours du Ministre et la réalité est stupéfiant, entre auto-persuasion et stratégie politique pour délégitimer le discours des personnels qui dénoncent les conditions dans lesquelles va se dérouler ce nouveau baccalauréat.

Le SNES-FSU alerte depuis des mois sur l’état d’impréparation des épreuves et demande l’annulation de cette session, dans l’intérêt des élèves et des professeurs, déjà épuisés par la mise en place, à marche forcée de cette réforme. Une large intersyndicale, qui dépasse les clivages sur l’appréciation de la réforme a solennellement demandé au Ministre de renoncer à cette première session. Les professeurs se sont mobilisés ces dernières semaines pour faire entendre leurs inquiétudes et leur colère.

Le Ministre, une nouvelle fois, n’a pas répondu, préférant pointer du doigt les personnels mobilisés. En refusant le dialogue, en divisant les personnels, il n’a fait qu’exacerber les tensions. Il sera donc le seul responsable des dysfonctionnements qui pourraient marquer cette session.


20 janvier

Blocages, grèves, refus de surveillance... : les épreuves annulées ou perturbées dans près de 40% des établissements en France ce lundi 20 janvier ! Le SNES demande de nouveau au ministre d’annuler la première session. Lire le communiqué de presse SNES-FSU - E3C : le bac Blanquer recalé !


22 janvier

Blanquer s’enfonce dans le déni et l’outrance, y compris face aux députés, et les incidents se multiplient. Voir cet article.

"J+2 : qui veut encore des E3C ?", article du SNES national. Forte mobilisation, épreuves annulées dans de nombreux lycées.

Un signe d’impréparation de plus, les faiblesses dans la protection des données en lien avec la numérisation des copies : voir ici


28 janvier

Les E3C tournent au fiasco et au grand n’importe quoi, entre appel à des non enseignants pour surveiller, irrégularités en tous genres,fuites de sujets qui circulent sur internet, blocus, intimidations envers les élèves comme les enseignants,... Ces épreuves mal pensées créent une rupture d’égalité entre les candidats, dévalorisent la valeur du bac en brisant son caractère national (anonymat des candidats comme des établissements, sujet unique, attendus de correction nationaux, brassage des copies à l’échelle d’une académie...).
Voir cet article.


29 janvier

Face à l’escalade de violence, aux dysfonctionnements majeurs, aux ruptures d’égalité manifestes, aux problèmes qui se posent dès maintenant pour la correction, le SNES-FSU réaffirme la nécessité d’annuler les E3C et de les transformer en épreuves nationales, terminales et anonymes.
Là où ces épreuves ont déjà eu lieu, elles doivent être considérées comme un bac blanc.
Ces sont des solutions de sagesse et de responsabilité qui s’imposent dans l’immédiat et dans l’intérêt de tous.

Le comité de suivi de la réforme du lycée du 28 janvier a semblé prêter une oreille attentive aux critiques faites contre les E3C. Le SNES-FSU fera des propositions permettant d’assurer à tous les élèves les conditions d’un bac national, garant de l’égalité devant l’examen.
Il rappelle que seules des épreuves nationales, terminales et anonymes permettent d’atteindre cet objectif.
Communiqué de presse SNES-FSU : Bac : sortir de l’impasse, une urgence.


3 février

Signe à la fois de l’impréparation et du mépris que porte la réforme du bac, la rémunération des copies d’E3C n’est toujours pas actée par un texte. Un projet de texte sera proposé au Comité technique ministériel du 5 février (et ne sera donc publié au Journal officiel qu’après la fin des corrections !!), lire cet article du SNES national - Indemnités de correction des E3C : travailler plus pour gagner moins !
Le mode de rémunération retenu (forfait de 50 € par lot de copies) relève de l’aumône. Il faudra ensuite un certain temps pour que ce texte soit transcrit à l’AEFE...


Les syndicats FSU hors de France ont d’ores et déjà déposé des préavis de grève quotidiens sur l’ensemble du réseau AEFE et du réseau MLF jusqu’au 21 février. Ces préavis rappellent la demande nationale d’annulation de la première session d’E3C et couvrent notamment les refus de surveillance, de correction et de remise des notes.
N’hésitez pas à contacter le SNES hors de France en cas de besoin.


Comme en France, précipitation et impréparation marquent la naissance des E3C et de multiples problème se posent, à l’étranger aussi. Lire notre nouvel article du 7 février - E3C : une mise en place chaotique à l’étranger aussi