LIVRET D'INFORMATION A L'USAGE

DES CANDIDATS A UN POSTE A MAYOTTE

Ce document n'a pas été écrit dans l'intention de faire double emploi avec celui du Vice-Rectorat de Mayotte (V.R.) mais de réparer certains oublis "intentionnels" du Ministère et du V.R. à propos de la vie à Mayotte.

Notre but est de vous aider à faire un choix en toute connaissance de cause et ainsi de préparer objectivement votre séjour. La vie à Mayotte a sans aucun doute des côtés bien agréables. Les enseignants titulaires nommés y sont mieux payés qu’en métropole. Cependant, les problèmes qui s’y posent sont également nombreux. En insistant sur ces derniers, le livret du SNES est d’autant plus utile que les autres syndicats, pour des raisons incompréhensibles, ont tendance à les minimiser. Quant à l’administration, en les passant sous silence, elle poursuit un objectif évident : éviter une grave crise de recrutement des enseignants à Mayotte.

Venir à Mayotte suppose une santé sans faille, un bon moral et un solide équilibre personnel. Ne pensez pas prendre de la distance avec les problèmes que vous pouvez connaître en Métropole car l'insularité, la promiscuité, l'isolement ... et le climat ne feront que les amplifier.

Si une majorité de collègues restent 4 ans à Mayotte (durée maximale autorisée), beaucoup d’autres choisissent au contraire de quitter l’île dès la fin de la 2ème ou de la 3ème année. Certains partent même avant d’avoir terminer leur 1ère année. Ces choix sont révélateurs d'une situation préoccupante.

Aujourd’hui, la société mahoraise est en crise du fait d'une forte explosion démographique et d’une modernisation accélérée.

Cette crise se ressent de plus en plus fortement en milieu scolaire. Afin de permettre une réponse adaptée au besoins de l'île, le S.N.E.S. demande depuis plusieurs années le classement de Mayotte en Z.E.P.

N.B. : Les chiffres annoncés dans ce livrets sont extraits du tableau économique de l’INSEE 2003, du recensement 2002, des journaux locaux et des publications de l’administration.

SNES/FSU Mayotte, le 21 décembre 2003

 

SOMMAIRE

  1. CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR LA VIE A MAYOTTE
  1. L’environnement et la société insulaire : une île en pleine mutation
  2. Les difficultés de l’enseignement primaire
  3. Quelles conditions de travail dans le secondaire ?
  4. Un système de santé insuffisant
  5. Le problème du logement
  6. De moins en moins de problèmes de ravitaillement
  7. Un coût de la vie élevé
  8. Des loisirs multiples
  9. La vie culturelle à Mayotte

II CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR LE STATUT DES ENSEIGNANTS MIS À DISPOSITION DE MAYOTTE (DECRET DE 1996)

  1. Le transport
  2. L’indemnité de déménagement (IFCR)
  3. L’indemnité d’éloignement (IE)
  4. Le congé administratif
  5. Mutations, attention : les nouvelles dispositions (2004)
  6. Des Réintégrations problématiques
  1. DES DOCUMENTS UTILES
  1. Comparaison des rémunérations TOM/CT
  2. La liste des correspondants SNES dans les établissements de Mayotte

 

Vous qui hésitez à demander Mayotte au mouvement inter-académique

  1. CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR LA VIE À MAYOTTE

  1. L’environnement et la société insulaire : une île en pleine mutation

Mayotte connaît depuis quelques années des changements accélérés qui ont profondément bouleversé un fragile équilibre social, économique et écologique. L’introduction du modèle européen de consommation s’accompagne de nuisances, notamment sociales, sans que les solutions appliquées en métropole ne le soient encore toutes à Mayotte.

  1. Démographie

Le premier de tous les problèmes est l’extraordinaire explosion démographique qui a fait quadrupler la population depuis 30 ans et qui au rythme actuel (4,1% par an) fait doubler la population en seulement 17 années ! Le maintien d’une forte fécondité (4,7 enfants par femme), due principalement au poids des traditions, est la principale cause de cet accroissement de la population à laquelle il faut ajouter une immigration massive et souvent clandestine. Notons aussi que plus de la moitié de la population (53 %) a moins de vingt ans !

Avec plus de 160 000 habitants légaux aujourd’hui (recensement 2002), la densité de la population s’élève à 430 habitants par km2 (107 en métropole). On est ici plus proche des densités d’Asie que de celles du Massif central !

La ville principale, Mamoudzou et la commune la plus proche, Koungou, ont connu une multiplication de leurs populations par 2,3 entre 1991 et 2002. L’explosion démographique actuelle a des conséquences sur tous les aspects de la vie à Mayotte.

  1. Un environnement dégradé

La très forte densité de population entraîne de nombreuses difficultés. En arrivant sur l’île vous serez frappés par la saleté et les détritus qui s'amassent partout. Les ordures sont peu ou pas ramassées (Commune de Koungou), les décharges à ciel ouvert sont présentes partout... À Mayotte, on est loin de Bora Bora ou des Seychelles. La situation de l’île est celle d’une région d’Afrique connaissant une explosion démographique que les autorités n’arrivent pas ou n’essayent pas de maîtriser.

Pour les plages, l’INSEE déplore que "les zones touristiques sont handicapées par un défaut d’équipement sanitaire préjudiciable à leur image touristique"... Rares sont les plages qui sont nettoyées. Si la qualité de leurs eaux est correcte (sur 25 plages examinées par la DASS, 11 ont des eaux de bonne qualité et 14 de qualité moyenne), beaucoup de plages de Mayotte sont peu avenantes du fait de la quantité des détritus qui s’y amoncellent. Les plages situées à proximité des villages sont particulièrement sales.

En 1998; les pollutions de toutes sortes, une année excessivement chaude en 1998 et le passage d’El Nino ont provoqué la destruction de plus de 80% des coraux du lagon, un vrai désastre écologique. Toutefois, le lagon se remet lentement de ses blessures.

La DAF, la DASS et des associations mettent en œuvre quelques actions ponctuelles mais parfois dérisoires de protection de la nature (tortues, makis, ramassage des canettes et des ordures dans les villages...) mais la pression démographique est trop forte.

Le trafic automobile est en pleine expansion (17 000 véhicules en 2002 contre 1200 seulement en 1997) et les embouteillages sont maintenant monnaie courante dans et à l’entrée de Mamoudzou. Le réseau routier est aujourd’hui tout à fait correct, même si avec la saison des pluies le revêtement se dégrade chaque année très rapidement.

  1. Économie d’assistance et explosion des besoins

Mayotte est une île sur le chemin du développement. On y retrouve donc certaines caractéristiques des pays sous-développés et d’autres des pays développés.

Ce développement se fait avec les fonds de l’Etat français qui subventionne soit directement pour les attributions qui lui sont propres, soit indirectement par des subventions à la collectivité départementale ou aux communes. Mayotte vit donc sous perfusion de la métropole. Les exportations mahoraises ne couvrent que 4% des importations ! Sans la métropole, la situation mahoraise se rapprocherait donc de celle de ses voisins comoriens.

Cependant, à force d’efforts et de fonds, l’économie mahoraise sort peu à peu de sa léthargie. La filière piscicole se développe fortement et le tourisme essaye toujours de décoller. De grands projets sont annoncés. Espérons qu’ils voient le jour. L’agriculture est cependant mal en point, car soumise à la concurrence des pays proches (Madagascar pour la vanille par exemple). Côté industriel, pas grand chose à espérer vu le faible marché que représente la population de l’île. Côté sphère de la consommation, par contre, le développement est exceptionnel. Les magasins poussent comme des champignons et l’offre se diversifie (construction d’un Monsieur Bricolage…). Mayotte entre donc rapidement dans la société de consommation, sans vraiment avoir réalisé qu’elle va de pair avec une société de production.

Ceci entraîne de profondes mutations de la société mahoraise. Les liens sociaux étaient jusqu’à présent basés sur l’identité collective et la communauté avait une place primordiale dans la vie des mahorais. L’individualisme se développe de plus en plus et le système d’entraide traditionnel est en train d’être remplacé par un système d’assistance à l’occidentale. Parallèlement la société de consommation pousse à une véritable explosion des besoins (notamment chez les jeunes : vêtements de marque, téléphones portables) sans commune mesure avec le niveau de vie de la population . Ainsi, Le SMIG horaire ne dépasse pas 3,2 euros à Mayotte. Le taux de chômage s’élève à 30 % de la population active.(les allocations chômage n’existant pas à Mayotte, il est certainement sous-évalué). La pauvreté est une réalité criante à Mayotte : 22% des ménages n’ont ni l’eau ni l’électricité et seulement 20% ont une douche ou une baignoire. En arrivant, vous serez choqués de voir la quantité de bidonvilles qui entourent Mamoudzou : d’après l’INSEE 21 % du parc de logements de l’île est constitué de cases en tôle !

C’est donc une fracture sociale béante qui est en train de se former. Celle-ci porte évidemment en elle le germe d’une possible explosion sociale.

L’éducation est donc ici, plus qu’ailleurs, un enjeu majeur et malgré les ouvertures d’établissements, 71% de la population déclare avoir un niveau d’étude inférieur au brevet des collèges.

  1. Immigration :

Le développement économique de l’île, réel de par les transferts financiers de plus en plus importants de l’Etat, a pour conséquence une immigration très importante en provenance de métropole, de La Réunion, de Madagascar et surtout de la République des Comores. Selon le recensement de 2002, le tiers de la population de Mayotte est de nationalité étrangère, dont 95 % de Comoriens ! Les immigrés clandestins, sans doute nombreux, viennent s’y ajouter.

Les métropolitains et les Réunionnais, bien plus diplômés que la population locale, occupent la plupart des postes à responsabilité dans la fonction publique et dans les entreprises privées. Cette situation n’est pas sans parfois provoquer une certaine jalousie (jalousie perceptible dans certains conflits sociaux). Cependant, le racisme envers les m’zungus (blancs) reste rare.

Les immigrants en provenance des Comores et de Madagascar, deux Etats parmi les plus pauvres du monde, sont presque toujours sans qualification. Ils se voient attribuer les tâches les plus ingrates, notamment l’agriculture, les emplois de maison, voire le bâtiment. L’immigration en provenance des Comores est mal acceptée par la population locale. Si les clandestins font la fortune d'employeurs et de logeurs peu scrupuleux, l’immigration n’en est pas moins vigoureusement dénoncée par des actes et des manifestations violemment xénophobes. En octobre 2003, le maire de la ville de Bandrélé a ordonné l’expulsion de plusieurs dizaines de personnes du village d’Hamouro et fait incendier leurs logements, sous prétexte qu’ils étaient insalubres. À chaque début d’année scolaire, dans certaines écoles surchargées, les mères d’enfants mahorais font la chasse aux enfants comoriens, à qui elles reprochent de prendre la place des enfants de nationalité française. Par leurs déclarations agressives, les autorités administratives locales ne font qu’accroître dangereusement le ressentiment de la population locale à l’égard des immigrés comoriens : en novembre 2003, dans une interview accordée à un quotidien réunionnais, le Préfet de Mayotte a notamment qualifié l’immigration clandestine d’invasion ! 

Sachez enfin que Mayotte réalise une part très notable des opérations nationales de reconduite à la frontière, trop souvent dans des conditions peu enviables.

    e. Délinquance et insécurité :

Incontestablement la délinquance est en augmentation dans la zone urbaine de Mamoudzou, à Petite-Terre, mais aussi de plus en plus dans des villages de brousse autrefois réputés tranquilles. Entre 1995 et 2001, les vols avec effraction sont passés de 20 à 870 ; les vols de véhicules (deux-roues compris) de 2 à 400 ! Les juges du Tribunal de Mamoudzou ont été saisis en 2001 de plus de 3000 infractions, chiffres bien en deçà de la délinquance réelle selon le Procureur. La plupart des vols se font sans violence. Cependant, on constate une augmentation des agressions : vols avec violence de 6 à 43 ; coups et blessures volontaires : de 12 à 164 ! Ainsi nous vous déconseillons vivement de vous rendre sur la plage de Soulou, aujourd'hui plus connue pour ses vols, saccages de véhicules et agressions physiques que pour sa cascade) !

Ce phénomène a des causes bien connues telles que le chômage, la faiblesse des revenus, le désœuvrement de nombreux jeunes et bien sûr l’augmentation des besoins consécutive au développement de la société de consommation… Le manque flagrant d’effectifs de police et de gendarmerie ne permet pas de lutter efficacement contre cette délinquance qui est de plus en plus le fait de mineurs et / ou de bandes organisées et outillées. Elle se manifeste par de nombreux cambriolages qui touchent tout le monde, en particulier les m’zungus qui sont ici considérés comme des gens riches. Il y a sans aucun doute, beaucoup plus de risques de cambriolages pour nous à Mayotte qu’en métropole ! Les assurances locales ne s’y sont d’ailleurs pas trompées : les franchises qu’elles proposent pour assurer les logements contre le vol sont généralement très élevées et elles refusent d’assurer contre le vol les bateaux d’occasion et les deux-roues.

Beaucoup de collègues sont cambriolés, quelquefois de jour, le plus souvent de nuit. Les biens visés sont tout particulièrement les appareils vidéo, hi-fi, photographiques, les papiers d’identité, mais les voleurs ne dédaignent pas les vêtements, la vaisselle ... Plusieurs collègues ont ainsi vu leur logement entièrement vidé. Parfois à plusieurs reprises ! Les vols de deux-roues et même de voitures (pour les pièces détachées) sont de plus en plus nombreux . Les périodes les plus risquées sont les vacances scolaires et les semaines qui précèdent le Ramadan.

Pour éviter toute effraction, les collègues sont donc obligés de prendre des précautions de plus en plus grandes : grilles aux fenêtres, alarmes, gardiens pendant les absences, chiens…

Ce constat ne remet pas en cause le comportement de la population mahoraise à l’égard des métropolitains. On ne ressent pas ici de sentiment "anti-métro". Souhaitons simplement que l’aggravation des problèmes sociaux ne fasse pas évoluer les choses comme pourraient le laisser craindre les termes utilisés par la préfecture en introduction au contrat de plan en 1999 : "Cette évolution économique très rapide, qui va de pair avec une scolarisation récente des enfants, bouscule les habitudes coutumières ainsi que l’organisation sociale, traditionnelle, familiale et villageoise.

Elle engendre des répercussions sociales à caractère conflictuel entre les générations ; les jeunes se préoccupant d’accéder à un bien être basé sur le modèle métropolitain de consommation. La montée de la délinquance juvénile l’accompagne. L’île est dépourvue de structure adaptée à la prise en charge de ces jeunes. Un risque de fracture entre les différentes communautés ethniques se fait jour également. "

2. Les difficultés de l’enseignement primaire :

En raison de la conjonction d’une forte croissance démographique et d’une insuffisance structurelle des moyens consacrés à l’Education, la situation de l’enseignement primaire est dans l’ensemble proprement aberrante : cet enseignement que nous considérons comme essentiel dans la scolarité d’un élève, reste, par volonté politique, le parent pauvre de l’Education. Locaux sous-équipés et insuffisants qui obligent à pratiquer l’alternance afin, malgré tout, de scolariser un maximum d’élèves (cours le matin ou l’après-midi suivant la semaine) : 140 classes manquaient sur l’île à la rentrée 2002 et autant d’instituteurs !

Il faut ajouter à cela la sous qualification d’une encore trop grande partie des instituteurs (50% seulement ont le niveau bac dont 30 % bac plus) : l’IFM de Mayotte n’a été créé qu’en 1999. Avant cela, l’Éducation Nationale recrutait sur place comme elle pouvait : certains maîtres ont un niveau inférieur à la 3ème ! Beaucoup ne maîtrisent pas complètement le français.

Les professeurs des écoles formés en métropole ou dans les DOM, à l’exception des maîtres-formateurs et des instituteurs spécialisés, n’ont pas le droit d’enseigner à Mayotte. Depuis la création de l’IFM, le niveau de formation des instituteurs de l’île s’est sensiblement amélioré. Cependant, il reste notoirement en dessous de celui de la métropole : l’IFM de Mayotte recrute au niveau bac, alors que les IUFM de métropole et des DOM recrutent les professeurs des écoles à bac + 3. Pour ne rien arranger, Mayotte connaît une grave crise de recrutement des maîtres-formateurs venant de métropole ou des DOM. Chaque année, le Vice-Rectorat ne réussit pas à pourvoir en totalité le peu de postes offerts : Maîtres-formateurs et instituteurs spécialisés sont aujourd’hui un peu moins de 150 que se disputent les parents d’élèves. L’extrême difficulté de leur tâche (moyens dérisoires, enfants non-francophones) est évidemment la cause principale de cette crise.

Le changement de statut des instituteurs qui s’annonce à Mayotte (l’État leur a promis l’intégration dans la fonction publique d’État) prévoit un volet formation qui devrait en théorie remédier au manque de qualification d’une partie des instituteurs locaux. Encore faudrait-il que les moyens suivent.

Autre problème dans le primaire, en particulier en brousse, beaucoup d’enfants ne parlent pas ou parlent très mal le français. Vos enfants risquent donc de se trouver isolés au sein de leur classe.

Pour éviter les difficultés de l’école primaire publique, certains collègues choisissent d’inscrire leurs enfants dans des écoles privées. Il en existe plusieurs à Mayotte, principalement à Mamoudzou, mais aussi à Combani et à Petite Terre. Cependant, là encore, les problèmes sont importants. Aucune de ces écoles n’est conventionnée. Si certaines font l’effort de recruter des professeurs des écoles formés en métropole et actuellement en disponibilité à Mayotte, encore ont-elles beaucoup de mal à en trouver. Les autres embauchent des bacs + x sans aucune formation pédagogique.

  1. Quelles conditions de travail dans le secondaire ?

  1. Le collège :

Les problèmes y sont moindres que dans le primaire, cependant, ils sont réels.

Pour entrer en 6ème, les élèves de CM2 doivent passer un examen. Les 40 % les plus faibles ne vont donc pas au collège. Ils sont relégués vers une filière qui mène rarement quelque part : les PPF !

Les élèves entrant au collège ont certes un âge se rapprochant des élèves métropolitains, mais leur niveau est de plus en plus faible (l’examen d’entrée étant lui-même de plus en plus facile). L’échec scolaire est désormais important à Mayotte : la cause principale en est le manque de filières d’orientations et de formations. Les problèmes de discipline sont moindres qu’en métropole, cependant ils sont de plus en plus nombreux. Il semble que les zones les plus occidentalisées de Mayotte, à savoir Mamoudzou et Petite Terre, soient les plus touchées.

Beaucoup d’élèves parlent et comprennent très mal le français en arrivant en 6ème, surtout en brousse. En 2002, les tests d'évaluation d'entrée en 6ème de métropole ont été proposés aux élèves de Mayotte.) Les résultats ont été désastreux : ils sont inférieurs à la moyenne nationale de 35 à 40%. C'est 70% des élèves qui devraient faire l'objet d'une remédiation, nous en sommes très loin. Les quelques actions en ce sens restent symboliques. C'est pourquoi, le SNES-Mayotte demande avec insistance le classement de Mayotte en Zone d'Education Prioritaire, ce classement étant nécessaire pour obtenir de l’État les moyens de mener à bien une politique pédagogique ambitieuse.

Il faut savoir que les élèves ne parlent pas français entre eux ou en famille. Le plus souvent, il est même mal perçu de le faire dans les cours de récréation et l'on méprise celui qui s'y risque en le taxant de "crâneur". En classe, nombreux sont les élèves que vous n'entendrez jamais s'exprimer.

Les finalités de la scolarité ne font pas encore partie des préoccupations de toutes les familles. En outre, il faut savoir que les élèves qui vont pour la plupart à l’école coranique ont parfois du mal à appréhender un enseignement fondé sur la raison et non sur la croyance. Mais le problème majeur reste celui du français. Il est en effet très compliqué et ce – quelle que soit la matière enseignée – de s'adresser à des élèves qui ne maîtrisent pas le vocabulaire élémentaire. Il faut souvent être imaginatif et user d'explications longues pour faire comprendre un mot simple .

Le plus délicat pour vous sera de prendre la mesure des difficultés de vos élèves. Souvent, nous nous laissons abuser par des attitudes qui paraissent scolaires. Les premiers contacts semblent souvent encourageants, ce n'est qu'à l'heure des évaluations que la réalité apparaît.

Pour l’instant, les programmes et les niveaux d’exigence sont les mêmes qu'en métropole. Le SNES a proposé de nombreuses améliorations qui prendraient en compte l'enseignement du français comme langue seconde et réclame qu'on nous donne les moyens institutionnels d'aider les élèves à atteindre un niveau d'exigences acceptable : aucune de nos propositions n'a été retenue par le Vice-Rectorat. Seul changement notable à la rentrée 2004, les programmes d’Histoire Géographie de Mayotte comporteront à chaque niveau du secondaire une étude obligatoire du Sud-Ouest de l’Océan Indien.

En 2002, ont été mis en place des conseillers pédagogiques sortes de " super-prof ", enseignants volontaires (1 par matière, désignés par le Vice-recteur sur proposition des IPR) qui ont pour mission de susciter les réflexions des collègues, de proposer des aménagements aux programmes, d’aider le Vice-Rectorat à organiser les examens…le tout sans pouvoir institutionnel. Ces enseignants font donc office de sous-IPR sans en avoir les prérogatives.

Le SNES-Mayotte demande que des IPR soient nommés sur Mayotte afin qu'une véritable politique éducative puisse être menée sur l’île. Actuellement, les IPR, qui siègent pour la plupart à La Réunion, ne viennent à Mayotte qu’une dizaine de jours par an !

Sachez enfin que pendant le mois de Ramadan, les horaires scolaires sont allégés. Vive la laïcité! Jusqu’à présent chaque cours était amputé de dix minutes. En 2003, cet allègement est passé à 5 minutes seulement. On peut penser que cette diminution est un premier pas vers la disparition des horaires Ramadan. Quoiqu’il en soit, l’attention des élèves diminue fortement durant cette période.

  1. Le lycée :

Il y a à Mayotte, 3 lycées d’enseignement général (Mamoudzou, Sada et Petite-Terre), 1 collège-lycée (Lycée du Nord à M’tsangadoua) 3 lycées d’enseignement professionnel (Kahani, Kawéni et Dzoumogné avec une annexe à Chirongui pour les métiers du bois), ainsi qu’1 lycée agricole à Coconi.

Pour faire face à la croissance démographique l’actuel Vice-Recteur, arrivé en 2002, prévoit la sortie de terre 5 nouveaux lycées dans les 5 ans à venir (2 nouveaux collèges ont ouvert leurs portes en 2003) !

Une grande nouveauté à la rentrée 2004 : les établissements existants vont être transformés en Lycées polyvalents où se mêleront enseignements général, professionnel et technologique. Cette réforme concerne également les collèges. Cette décision est principalement motivée par des raisons économiques, il s'agit d'utiliser au maximum les locaux existants, nettement moins coûteux, plutôt que de créer des petites structures. Problème : le risque est grand de voir le Vice-Rectorat chercher à affecter certains collègues sur des postes polyvalents du type enseignement général, technologique et professionnel.

Soyez donc très vigilants sur les détails de votre future affectation, d’autant que vous apprendrez très vite qu’en matière d'application des textes et des procédures, à Mayotte la tentation est grande de ne rien faire comme ailleurs.

Nous rappelons aux collègues qu'ils ne doivent pas être affectés en dehors du respect de leurs statuts qui sont rigoureusement les mêmes qu'en métropole. N'hésitez pas à contacter vos élus du SNES en cas de besoin.

Les effectifs sont en constante augmentation dans les lycées d’enseignement général. Aujourd’hui, près de 60% des élèves de 3ème sont orientés en seconde. Les places étant trop peu nombreuses dans les filières professionnelles, la seconde générale et la filière STT servent de voies de garage. En inscrivant la quasi totalité des demandeurs, l’administration poursuit depuis des années une volonté politique évidente : acheter la paix sociale. De fait, les résultats au baccalauréat 2002 ont été catastrophiques : moins de 50% de réussite. Même s'ils ont remonté en 2003 (au delà de 60 %), ceux qui obtiennent le baccalauréat ont ensuite de très mauvaises surprises. La majorité des bacheliers de nationalité française partent faire des études supérieures à La Réunion ou en métropole (grâce à des bourses accordées par la Collectivité) : ils sont actuellement 1500. Arrivés là-bas, c’est généralement la catastrophe : les élèves ont beaucoup de mal à s’adapter aux rythmes et aux modes vies réunionnais et métropolitains. Pire, la plupart ne parviennent pas à s’élever aux niveaux exigés dans les facultés et les BTS. Conséquence : l’échec des bacheliers mahorais dans les filières supérieures est énorme. Évidemment, aucun chiffre officiel n’est publié sur le sujet. Cependant, les chiffres qui circulent officieusement tournent autour de 3 % de réussite !

La seule solution pour réduire l’échec scolaire au lycée et après serait d’offrir aux élèves à la sortie de 3ème un large choix d’orientations en lycées technologiques et professionnels. Cette politique ambitieuse, mais coûteuse est réclamée depuis des années par le SNES, mais en vain. En 2003, le Vice –Rectorat a cependant fait un geste : de nouveaux BEP, des Bacs pros et des BTS ont été ouverts à Mayotte. Problème : ces nouvelles orientations sont toutes des filières tertiaires destinées à désengorger les séries STT.

Quand l’administration se décidera-t-elle enfin à débloquer les fonds nécessaires à l’ouverture de filières technologiques et professionnelles autres que tertiaires ? Aujourd’hui la moitié des élèves des lycées polyvalents de Mayotte préparent un bac STT !

 

  1. Un système de santé qui s’est beaucoup amélioré mais qui reste insuffisant :

  1. le système :

Il faut venir à Mayotte en bonne forme physique et avec un bon moral, tout en sachant qu’en cas de difficultés, le système de santé ne pourra pas toujours répondre à vos besoins. Le contexte général est celui d’une médecine qui pare au plus urgent devant l’explosion de la demande. En brousse il y a un médecin par dispensaire (23). Se faire soigner en dispensaire, c’est d’abord patienter très longuement. Les médecins et spécialistes du secteur libéral sont regroupés à Mamoudzou et à un moindre degré à Petite-Terre : 7 dentistes pour toute l’île, 7 cabinets de médecine généraliste, 1 ophtalmo, 1 dermatologue qui vient de La Réunion une semaine par mois, bien que les problèmes de peau soient fréquents sous ce climat, 1 gynécologue privé, , 2 psy, 4 cabinets de kinés, 1 acupuncteur, 1 ostéopathe, 1 podologue et un cabinet de sages-femmes. Attention, si vous souhaitez avoir des enfants à Mayotte, il faut savoir que le climat est souvent très difficile à supporter : il fait chaud et surtout très humide. Le suivi d'une grossesse est délicat notamment pour les échographies obligatoires. Quelques médecins assurent ce suivi, dont une seule gynécologue qui n’est à Mayotte que ponctuellement. Sauf problème majeur ou recommandation expresse par un médecin, il est difficile d’obtenir un rendez-vous à la maternité. La nouvelle maternité de l’hôpital de Mamoudzou offre toutes les conditions médicales, mais est insuffisante pour le nombre de naissances à assurer. Si cette année 3 gynécologues y travaillent avec un matériel de qualité métropolitaine, la péridurale n’y est pas pratiquée (pas de péridurale de confort), l’absence de service néo-natal et la courte durée de séjour (24 heures, parfois moins) après l’accouchement font que de nombreuses collègues choisissent d'accoucher en métropole ou à La Réunion.

L’hôpital de Mamoudzou :

Aujourd’hui, les locaux, plus que vétustes, s’agrandissent, le matériel reçu est largement au niveau de celui de la métropole. D’ici la fin de l’année 2003, le service de réanimation va s’installer dans ses nouveaux locaux, un service de dialyse va s’ouvrir, et dans 2 ans le service des urgences devrait être transféré dans de nouveaux bâtiments. L’évolution matérielle qui est engagée semble de bonne augure.

Les soins : malgré ces progrès, l’hôpital est complètement débordé, ce qui nuit inévitablement à la qualité des prestations. Ajoutons à cela que de nombreux efforts restent à faire quant à l’organisation et à la formation des personnels.

Sachez de plus qu’il n’y a pas de SAMU sur l’île et que les véhicules de secours peu nombreux sont peu fiables quant à leur rapidité d’intervention.

L’année dernière, l’émission télévisée "Regard" dans un numéro consacré à la santé résumait le système de santé mahorais en ces termes : "Le système de santé à Mayotte est celui d’un pays sous développé"

En conclusion, jusqu’à présent le "tourisme médical" était la seule façon de se faire soigner correctement. Beaucoup de collègues sont encore obligés d’utiliser leurs vacances scolaires pour aller consulter ou se faire soigner à la Réunion. Attention aux délais et aux prix (dissuasifs) imposés par Air Austral. La tendance actuelle laisse toutefois espérer une amélioration des prestations de santé.

  1. La protection sociale :

Au 1er janvier 2003, l’assurance maladie devait être mise en place à Mayotte, mais les problèmes de formation du personnel, d’harmonisation des procédures et le manque de moyens matériels ont retardé cette réforme.

Aujourd’hui, la santé publique n’est pas gratuite à Mayotte. Il vous en coûtera beaucoup pour recevoir peu.

A l’heure actuelle vous devez payer :

- Une cotisation de 2% sur tous vos revenus (I.E. comprise) à la CPS (Caisse de Prévoyance Sociale). Malgré cette cotisation créée en 1997 aucune amélioration notoire n’est à signaler. Elle témoigne simplement d’un désengagement de l’Etat. Le Conseil général prévoit de s’aligner a terme sur la CSG métropolitaine, les sommes prélevées sur les salaires et l’I.E. seraient alors considérables.

- Une cotisation de 1% de sauvegarde à la Sécurité Sociale qui vous permet d’être assuré par la Sécurité Sociale sur le sol métropolitain et à La Réunion.

- Une cotisation facultative MGEN, de 2,9% (qui vous rembourse sur les bases de la Sécurité Sociale 30% des médicaments et 60% de la consultation) ou de 4,9% (qui vous rembourse sur la base de 70% du tarif de la Sécurité Sociale). Si vous ne souhaitez pas cotiser à la MGEN, vous devez savoir que si vous la quittez cette radiation sera définitive. Aucune autre mutuelle ne fonctionne à Mayotte, c’est encore le seul moyen de se faire rembourser les médicaments et les consultations médicales en libéral.

Ajoutons que les médicaments sont en général 30% plus chers qu’en métropole et que les médecins libéraux généralistes pratiquent des consultations à 22€ (28€ pour les spécialistes).

DERNIERE MINUTE !

Normalement l’assurance maladie maternité telle qu’elle existe en métropole sera mise en place au début de l’année 2004. Tout est techniquement prêt pour cela à la CPS. A priori dans l’immédiat il n’y aura pas d’augmentation de cotisation (2% sur la totalité des revenus). Le 1% de sauvegarde devrait disparaître.

Pour la MGEN, des négociations seront entreprises en janvier 2004 pour que le fonctionnement soit le même qu’en métropole. Nous tiendrons les collègues informés de l’évolution de la situation.

  1. Une santé publique parfois inquiétante :

Pour le paludisme, Mayotte est classée zone 3 par l’OMS : une des formes de ce paludisme est mortelle sans traitement adapté. En 2001, une mission de l'Institut de Veille Sanitaire, a été mandatée pour évaluer la surveillance épidémiologique du paludisme à Mayotte. Le rapport conclut à l'absence d'une estimation fiable. Cependant, la DASS chiffre à au moins 1841 le nombre de cas de paludisme déclarés en 2002.

Des campagnes de désinsectisation sont encore organisées par la DASS, mais avec peu de suivi, et les conditions de salubrité restent trop favorables à la prolifération des moustiques. Chaque année, des collègues sont victimes d'une des formes de la maladie.

Vous entendrez sûrement différentes versions de la part des médecins de métropole concernant le traitement antipaludéen. En tous cas, rares sont les collègues qui à Mayotte suivent un traitement antipaludéen durant la totalité de leur séjour. Nous vous conseillons vivement d'apporter moustiquaires et produits répulsifs.

Le choléra est une autre préoccupation médicale majeure à Mayotte. Présente aux Comores et à Madagascar, c’est là une maladie typique de la pauvreté, due à un manque d’hygiène. Une campagne importante de prévention a eu lieu en 2001 doublée d’une campagne de vaccination préventive en attendant une amélioration des conditions sanitaires sur l’île. À notre connaissance, aucun collègue n’a contracté récemment le choléra.

D’autres maladies très graves existent sur l’île comme la Typhoïde, l’hépatite B (17 cas déclarés en 2002), la lèpre (38 cas) ou la tuberculose (20 cas). Même si le nombre de cas déclarés reste limité, renseignez-vous bien en métropole auprès d’organismes médicaux spécialisés pour connaître les possibilités éventuelles de vaccination.

Depuis 2003, la presse se fait l’écho d’une angoisse croissante à propos du sida à Mayotte : actuellement une soixantaine de personnes ont été déclarées séropositives. Cependant, tout porte à croire que ce chiffre est largement sous-évalué, le centre de dépistage gratuit de Mayotte n’ayant testé pour l’instant qu’un petit nombre de personnes.

Le climat chaud et humide de Mayotte est enfin très propice aux problèmes dermatologiques. En saison chaude, les boutons sont fréquents. D’une manière générale, il faut traiter rapidement toute blessure sous peine d’infection.

  1. Le problème du logement :

Il n’existe pas encore à Mayotte de véritable marché privé de l’immobilier capable de répondre à la demande de logement, même si on note une évolution positive depuis quelques années, en particulier à Mamoudzou et à Petite Terre. Pour la plupart, vous serez amenés à passer par les services de la SIM (Société Immobilière de Mayotte) sise place mariage à Mamoudzou (tél. : 0269 61 11 13. fax. : 0269 61 14 95), société semi-publique qui gère la plus grande partie du parc locatif.

Les logements SIM, maisons individuelles ou appartements, sont globalement confortables et bien conçus. Ils sont regroupés en lotissements, souvent à l’écart des villages ou des quartiers urbains et sont peuplés essentiellement d’enseignants et d’autres fonctionnaires. Certains apprécient, d’autres y voient des ghettos de riches m’zungus vivant repliés sur eux-mêmes.

La SIM cumule les travers d’une société en situation de monopole, d’une administration opaque et d’un personnel changeant qui impose des règles de fonctionnement en grande partie incompréhensibles et des pratiques que l’on peut souvent qualifier d’arbitraires, étant donné la distance qu’elles peuvent avoir avec les règles légales établies en métropole.

A savoir :

    - une procédure d’attribution des logements dans laquelle les usagers, pour l’essentiel des fonctionnaires originaires de métropole, n’ont aucun rôle.

    - des prix élevés au regard de la surface et de la piètre qualité de certains logements : comptez plus de 200€ par pièce.

    - des prix très variables pour un même type de logement, pour des appartements d’un même immeuble ou des maisons d’un même quartier : les loyers étant augmentés à chaque changement de locataire malgré ce que vous dira la SIM. D’où des loyers d’autant plus élevés que les rotations des locataires sont fréquentes.

    - des charges là aussi très variables et plus ou moins justifiées. Vous ne devrez pas hésiter à contrôler les factures lors de la régularisation des charges quand la SIM voudra bien vous les fournir !

    - des conditions de location inadmissibles : la SIM vous demandera de payer le loyer du mois d’août alors que vous n’êtes pas sur l’île, ou de courir le risque de ne pas avoir le logement proposé. En sachant que bien souvent le locataire qui vous précède aura lui aussi payé ce loyer d’août. Nous vous conseillons de refuser cette pratique car la SIM possède de nombreux logements qui chaque année restent inoccupés.

    - l’absence de dispositifs de sécurité contre le vol. Toute pose de grilles, de barres de protection, de verrous supplémentaires sera à vos frais. Donc attendez-vous à être obligés de bricoler vous-mêmes si vous souhaitez protéger vos biens et vos familles.

    - de même attendez vous à devoir oublier votre caution lors de votre départ de l’île ou d’un déménagement à Mayotte, même pour un autre logement SIM pour lequel vous devrez repayer les frais et caution.

    - le silence de la SIM est aussi, scandaleusement assourdissant quand il s’agit d’effectuer des réparations ou des mises aux normes des logements : éclairage, plomberie, évacuation des eaux usées… Préparez-vous à un siège en règle des locaux de la SIM pour obtenir l'intervention d'un quelconque artisan !

Il existe aussi quelques agences de location privées qui proposent des logements le plus souvent situés à Mamoudzou (principalement des appartements) ou à proximité. Des particuliers louent également des maisons individuelles ou des étages de maison à Mamoudzou et alentours, ainsi qu’à Petite Terre. Globalement, les conditions de logement et de loyer ne diffèrent pas beaucoup de ceux de la SIM, mais c’est au moins un début de concurrence qui peut jouer en faveur des locations. En outre, c’est parfois une bonne solution pour ceux qui détestent les lotissements.

En brousse, il est toujours possible de se loger en village, cela peut-être pratique lorsque la SIM ne propose rien à moins d'une demi-heure de votre établissement (collèges de M'Tsangadoua ou de M'Tzamboro par exemple). Ces logements appartiennent à des propriétaires privés, on peut les trouver sur place ou par annonces. Pour un confort équivalent à celui proposé par la SIM, les prix sont sensiblement identiques. En revanche, vous pouvez aussi louer pour environ 150 € par mois un T2 avec un confort réduit (sanitaires extérieurs par exemple). Certains logements ne sont pas finis et, si vous êtes bricoleur, les propriétaires proposent souvent des arrangements financiers.

Attention, le bail est souvent inexistant, oral ou sans valeur, vous n'aurez aucun recours en cas de litige.

Il faut savoir que la vie en village mahorais est très différente de ce qui existe en métropole. Certains collègues s'y plaisent. Mais la promiscuité, le manque d'intimité, le bruit à toute heure, les animaux errants (chèvres, moutons, volailles) en font fuir d'autres.

6. De moins en moins de problèmes de ravitaillement

Il y a encore 5 ans, se ravitailler à Mayotte était un réel problème. Depuis, les services commerciaux se sont développés à vitesse accélérée :

    - les coupures d’eau et d’électricité, les pénuries de carburant existent toujours, mais sont moins fréquentes et surtout de courte durée.

    - l’eau est officiellement potable, mais la plupart des collègues préfèrent la filtrer ou boire de l’eau minérale.

    - le réseau téléphonique fonctionne très bien, le réseau Internet un peu moins bien selon les endroits : il est partout très lent (il n’y a pas d’ADSL à Mayotte). Le réseau de téléphonie mobile est maintenant bien établi.

    - pour l’alimentation et les produits industriels, Mayotte est désormais bien achalandée. Les supermarchés, les magasins spécialisés (sport, ameublement, électroménager…) se multiplient. En fait, on trouve à peu près tout. Évidemment, vus l’exiguïté et le retard économique de l’île, la variété et la qualité des produits sont très loin d’atteindre le niveau de la métropole. Il est fréquent par exemple de devoir commander des pièces détachées ou des produits spécifiques en métropole ou à La Réunion. Avec 90 % d’importations, la chaîne du froid n’est pas toujours respectée et il n’est pas rare de trouver dans les magasins des produits recongelés. De même de nombreux articles sont vendus déjà périmés ou très détériorés. En outre, les zones commerciales sont concentrées à Mamoudzou. Si vous vivez en brousse, sauf pour quelques produits vendus par les épiceries locales, il vous faudra faire de la route pour vous ravitailler.

    - les services de réparation sont en revanche très mal implantés à Mayotte. Que de temps et que d’essais infructueux avant de trouver un technicien capable de réparer correctement votre machine à laver ou votre plomberie. À Mayotte, mieux vaut être bricoleur !

7. Un coût de la vie élevé :

Pour un couple sans enfant qui loue une maison SIM de type T3, il faut compter 700 € de loyer. L’électricité est coûteuse (0,2 € du KW, pas d’heures creuses) et si vous installez la climatisation (salvatrice en saisons chaude) vous en consommerez autant que si vous aviez le chauffage électrique en métropole.

La nourriture est une part très importante du budget à Mayotte. Un couple sans enfant dépense en moyenne 600 € par mois.

Quelques prix : (les prix sont indiqués en euros et extrait des tickets de caisses conservés par nos collègues)

Eau minérale gazeuse 1L : 1,50 / Eau minérale 1,5 L : 0.60 / 4 yaourts natures sans sucre : 1,91 / 500g de fromage blanc : 4,45 / 6 œufs : 1,81 / Céréales : 3,28 (les moins chères) / Margarine : 1,20 / Café : de 4 à 8 euros le paquet / Tomates selon la saison de 3 à 11 euros le kilo / Escalope de veau : 21,50 euros le kilo.

     

Pour les enfants :

Blédisoupe : 2,55 / Petit pot de fruit (lot de 2) : 1,65 / Petit pot légumes et viande : 1,45 / Couches (suivant les marques) : 10 euros les 30 (Pampers : 15 euros les 25). Le lait 1er ou 2e âge est moins cher qu’en métropole et vous trouverez presque toutes les marques. Cependant, le lait de croissance est 3 fois plus cher.

En fait, la seule manière de manger pour pas cher est de renoncer totalement à votre alimentation métropolitaine en mangeant comme les Mahorais : riz, manioc, poisson (très bon à Mayotte), mabawas (ailes de poulet) …

Les impôts : l’impôt sur le revenu est élevé à Mayotte. Lors de la deuxième année compter pour un couple de certifiés au cinquième échelon sans enfant 6100€. Ajoutons que le PACS n’est pas (encore) reconnu (contrairement à la polygamie) et qu’ici une surtaxe de 5% a été instaurée alors même qu'une baisse de 5% était réalisée en métropole .

Par ailleurs, le Vice-Rectorat multiplie les erreurs sur les fiches de paie. Il faudra faire attention aux calculs et aux sommes déclarées !

     

8. Les loisirs :

Une évidence : il faut aimer la mer pour venir à Mayotte. Hélas celle-ci a fortement souffert ces dernières années. Ne vous imaginez pas venir aux Antilles et encore moins en Polynésie. Les plages souffrent de l’érosion des sols (vase, terre...) et de la disparition de la mangrove. Elles sont parfois sales et rarement nettoyées, surtout en villages. Les multiples types de pêche pratiqués dans le lagon, notamment sur les espèces coralliennes et la pollution ont contribué à diminuer de façon dramatique les réserves halieutiques du lagon.

Cependant ne dramatisons pas ! Il reste quelques plages pour profiter de l'eau à 30° en saison chaude. Même si les récifs coralliens ont été en grande partie détruits (60 à 90%) par le passage d'El Niño en 1998, aujourd'hui le corail repousse en de nombreux endroits. Simplement munis de palmes, masque et tubas, vous pourrez largement profiter de la vie aquatique.

La pêche, la promenade en mer et la plongée sont des activités majeures à Mayotte. L’idéal est d’acheter un bateau. Problème, le prix d’achat est nettement plus élevé qu’en métropole, les vols sont fréquents, notamment pour les petits moteurs (moins de 60 chevaux) et les réparateurs peu fiables. On peut toujours louer à des prix raisonnables les services de pêcheurs qui organisent des sorties et des excursions avec pique-nique sur les îlots du lagon et sur les plages de l’île difficilement accessibles . Une des grandes attractions maritimes de Mayotte est d’approcher les baleines entre juillet et octobre. Une autre est de partir à la recherche des dauphins du lagon pour tenter de nager avec eux.

Les clubs de plongée sont nombreux (une dizaine) et fiables. L’extrême variété de la faune corallienne fait de Mayotte un haut lieu de la plongée sous-marine : tortues, mérous, napoléons, murènes, poissons multicolores sont légions près des coraux. Les plus chanceux pourront même apercevoir le rarissime dugong. Nombre d'entre nous avons découvert la plongée à Mayotte et la pratiquons régulièrement. Un seul problème grave : Mayotte ne dispose pas de caisson hyperbare pour traiter les accidents de décompression (un projet est à l’étude). Si cela arrive, il faut être évacuée par avion vers La Réunion (2 heures de vol).

La pêche est également très pratiquée : hors du lagon, on pêche à la traîne pour attraper du thon, de la daurade, du tazar, du barracuda. Le summum est d’attraper un espadon-voilier. Au fond, on pêche du mérou, du vivaneau… Les plus téméraires pratiquent la chasse sous-marine sur la barrière de corail. C’est la meilleure façon d’apercevoir des requins.

Il est également possible, surtout si vous habitez Mamoudzou ou ses environs, de pratiquer un grand nombre de sports collectifs ou individuels, du basket-ball au volley-ball en passant par les arts martiaux, la danse classique, le jazz, l’athlétisme, la gymnastique, le tennis, la musculation et même la pétanque. En Petite Terre, on peut même faire de l’ULM. Les accrocs du VTT auront de quoi se muscler les mollets et les adeptes du club pourront profiter d’un "golf" à Combani. Une partie non négligeable de ces sports est accessible aux enfants dès l’âge de 5 ans. Pour les marcheurs, la Fédération Française de la randonnée pédestre a édité un topo-guide de bonne qualité : L'île de Mayotte à pied , permettant de faire le tour de l'île. Il existe aussi deux associations qui dispensent des cours de musique.

Les voyages : vous serez souvent amenés à sortir de Mayotte durant vos vacances, pour de simples raisons d'équilibre. Il vous faudra alors passer par les services de la compagnie Air austral qui détient le quasi-monopole de l’espace aérien. D’autres petites compagnies voient le jour depuis quelques temps mais elles utilisent les lignes d’Air austral et n’apportent guère de changement aux prix pratiqués. De ce fait, les tarifs sont scandaleux et il faut s’y prendre plusieurs mois à l'avance pour réserver ses billets (payables trois mois avant le départ et non remboursables). Les bagages sont limités à 20kg et les intempéries rendent les conditions de retour parfois incertaines (d’autant que les enseignants voyagent dans la limite des dates scolaires). Une ligne "directe" pour Paris, via les Seychelles est apparue en 2002 l'avenir nous dira si elle est viable…Actuellement, les seuls vols directs en partance de Mayotte relient Madagascar, La Réunion, les Comores et les Seychelles. Les voyages les plus prisés par les collègues en poste à Mayotte sont La Réunion (mer, montagne et magasins), Maurice (mer et magasins), les Seychelles (mer et hôtels de luxe), la Tanzanie (safaris), l’Afrique du Sud, et à moindre degré Madagascar (pour les routards), Nosy bé (une île malgache), Zanzibar et les Comores. Toutes ces destinations sont accessibles à partir de La Réunion et parfois via les Comores et les Seychelles. À l’exception de Madagascar, tous ces voyages reviennent cher et parfois très cher.

9. La vie culturelle à Mayotte :

La notion est toute nouvelle à Mayotte, les institutions locales ne concevant pas encore la dimension culturelle comme outil de développement. L’enseignement artistique en milieu scolaire en est la preuve : 4 postes en éducation musicale en collège, et quelques postes en arts plastiques. En primaire cet enseignement est encore peu pratiqué. .

Les traditions mahoraises sont encore très présentes dans la vie quotidienne et restent la base des activités culturelles. Quelques artistes internationaux passent par "l’île aux parfums" mais ce sont surtout des artistes locaux que vous serez amenés à voir et entendre.

Les représentations théâtrales sont plus que rares, il n’y a pas à Mayotte de salle de spectacle. Il n’y a pas non plus de salle de cinéma (la construction a commencé mais est interrompue faute de crédits). Les rares séances se font en plein air et seulement pendant la saison sèche, les programmations proposées sont des films de grande audience.

Il existe une librairie à Mamoudzou qui propose livres et revues à des prix de 30 à 100 % supérieurs à ceux pratiqués en métropole. Les journaux sont disponibles avec une à deux semaines de retard. A noter un important rayon sur Mayotte et l’Océan Indien.

Pour ceux qui seront nommés à Mamoudzou, une grande bibliothèque est située dans le quartier de Cavani, près du stade. De nombreux ouvrages, une importante section pour enfants, une politique très active ("l’heure du conte" chaque semaine pour les petits, la venue d’écrivains...) rendent ce lieu bien agréable. Les achats de livres sont fréquents car les responsables se tiennent au courant de l’actualité littéraire.

En brousse, quelques dépôts de livres existent, essentiellement pour les scolaires.

Des ateliers privés, là encore sur Mamoudzou, proposent des cours d’arts plastiques aux petits et aux grands et on trouve aussi une école de musique.

Pour la télévision, vous aurez la possibilité de vous abonner à deux bouquets satellites qui proposent une trentaine de chaînes à un prix comparable à celui de la métropole. La parabole est parfois fournie avec l’abonnement. Vous pouvez aussi vous contenter de la chaîne locale, Télé Mayotte.

Dans le domaine de l’artisanat, grande sera la déception de ceux qui ont déjà vécu en Afrique. Un quartier pour les artisans avait été ouvert à Mamoudzou mais il est actuellement désert faute de candidats. Quelques boutiques proposent des articles (mobilier, objets de décoration…) qui sont pour l’essentiel importés de Madagascar.

Les coutumes locales sont encore très présentes et vous pourrez avoir l’occasion d’assister à de nombreuses fêtes mahoraises (religieuses pour la plupart). La culture est "authentique" à Mayotte. Pour combien de temps encore ?

  1. CE QUE VOUS DEVEZ SAVOIR SUR LE STATUT DES ENSEIGNANTS NOMMES A MAYOTTE (décret de 1996 )

  1. Le transport :

Le Ministère prend en charge 100% du prix du billet pour le fonctionnaire muté à Mayotte et sa famille (les enfants doivent avoir moins de 20 ans et être rattachés fiscalement aux parents). Pour en bénéficier, il faut justifier de 2 ans (pas nécessairement consécutifs) d’ancienneté en métropole ou en DOM. Ces frais sont pris en charge par l’Académie d’origine et non pas par Mayotte. Les transports province / Paris sont aussi pris en charge, mais leur remboursement est parfois très long. Pensez à conserver vos billets de trains ou d’avion.

Rappelons que de plus en plus de collègues sortant d’IUFM sont nommés à Mayotte : le billet sera alors à leur charge et leur coûtera environ un mois de salaire ! Le SNES demande que le Ministère prenne en charge les billets de tous les collègues nommés sur l’île, quelque soit leur ancienneté.

Si vous restez 4 ans à Mayotte, l’administration vous paiera évidemment le billet de retour. Il faut savoir qu’à l’issue de votre premier séjour de 2 ans, le Vice Rectorat de Mayotte vous paiera également à vous ainsi qu’à votre famille un billet inter-séjours pour rejoindre le centre de vos intérêts matériels et moraux (métropole, DOM…).

  1. L’indemnité de déménagement (IFCR) :

Elle sera payée à 100% par votre Académie d’origine. Mais quand ???

Dès votre arrêté de mutation, prenez contact avec le bureau concerné car les retards de paiement sont de plus en plus fréquents et peuvent se prolonger sur une année !!! Seule condition, justifier de 2 ans d’ancienneté dans la fonction publique.

Seul l’arrêté de mutation est nécessaire pour obtenir l’IFCR, toute autre demande de votre Académie est non avenue (nombreux sont les rectorats qui multiplient les demandes d’information pour ralentir les paiements).

Là aussi le SNES réclame le paiement d’une IFCR pour tous les collègues nommés sur l’île, sans condition d’ancienneté.

DERNIERE MINUTE

Une circulaire ministérielle publiée au BO n°42 du 13 novembre 2003 affirme à tort qu’il faut justifier de 5 années d’ancienneté pour avoir le droit de percevoir l’IFCR. Cette affirmation est en totale contradiction avec les décrets et circulaires existants qui précisent que pour Mayotte seules 2 années d’ancienneté suffisent. Le Vice-Rectorat de Mayotte nous a confirmé qu’il s’agissait effectivement d’une erreur ministérielle. Nous attendons toujours une confirmation écrite !

Le montant de l’IFCR varie selon la composition de la famille, selon le statut social de ses membres et selon la distance effectuée entre votre académie de départ et Mayotte. Pour un couple avec 2 enfants en provenance de métropole, comptez entre 12 et 14 000 euros, beaucoup moins pour un célibataire sans enfant (moitié moins à peu près) ou pour des enseignants en provenance de La Réunion. L’IFCR n’est pas imposée. Quand vous quittez définitivement Mayotte, au bout de 2, 3 ou 4 ans (mais pas au bout d’un an), vous avez droit à nouveau à l’IFCR.

  1. L’indemnité d’éloignement (I.E.) :

Elle correspond à 23 mois de traitement par séjour de 2 ans. Si vous êtes mutés en poste double à Mayotte, chacun des deux conjoints a droit à l’IE. 50% de cette indemnité doit être payée par votre Rectorat avant votre départ, dès juillet ou août au plus tard (là aussi les retards de paiement se multiplient). N’hésitez pas à en demander le décompte auprès du service payeur car les erreurs sont nombreuses.

A la fin de votre contrat de 2 ans vous recevrez toujours de votre Académie d’origine les 50% restants. Si vous renouvelez votre contrat vous aurez une nouvelle fois droit à cette indemnité. Le contrat n’est renouvelable qu’une seule fois. Si vous quittez Mayotte au bout d’un an, vous n’avez pas à rembourser l’IE que vous avez perçue au départ (11,5 mois de traitement). L’IE n’est pas imposée.

Il faut savoir que régulièrement cette prime est menacée de fiscalisation. Chaque année ou presque, nous devons nous mobiliser pour faire échouer ce projet, et la mise aux normes métropolitaines de la réglementation fiscale de Mayotte qui se profile à l’horizon 2004 n’augure rien de bon.

Le SNES a lancé depuis 2000-2001 une grande action pour la revalorisation de nos conditions de séjour : le congé administratif, le remboursement des loyers réels (le vice - rectorat rembourse en effet une partie des loyers), les conditions d’attribution du billet inter-séjour (auquel vous avez droit vous et votre famille entre les deux contrats) et le paiement dans les délais des différentes indemnités.

Depuis 1996 nos conditions de séjour n'ont cessé d’être remises en question :

1996 : suppression du congé administratif d’un an pour 2 séjours. Il est désormais limité à 2mois.

1997 : taxe de 2% pour la CPS (Caisse de Prévoyance Sociale) sur les salaires et l’I.E. C’est seulement depuis cette année que nous avons obtenu de siéger au conseil d’administration de cet organisme comme les textes nous y autorisent.

1998 : les remboursements de loyers qui nous sont accordés sont maintenant imposables. Et la prise en charge du déménagement intermédiaire en cas de mutation interne est supprimée.

1999 : lors du congé inter-séjour, la prise en charge du billet Paris / Province est supprimée mais le billet des nouveaux arrivants est pris en charge à 100%.

2000 : obligation pour le conjoint et la famille du fonctionnaire de voyager en même temps pour le billet inter-séjour comme pour le départ définitif.

2001 : quasi-suppression du congé administratif par une simple lettre au vice-recteur.

2002 : en dépit des procédures administratives gagnées par des collègues, le Vice-Rectorat refuse toujours de nous accorder le cumul du congé annuel et du congé administratif prévu par les textes.

2003 : un arrêt du Conseil d’Etat a donné tort à un collègue, mais une nouvelle procédure est en cours avec de nouveaux arguments.

Cette politique de régression est générale en outremer. Ainsi l’indemnité d’éloignement a été supprimée vers la plupart des DOM. Cette année, on peut assister à la disparition programmée des postes d’expatriés à l’AEFE.

Sachez que seule la forte mobilisation des collègues de Mayotte depuis 1998 a permis de limiter l’érosion de nos conditions de séjour.

Venir à Mayotte c’est devoir se battre chaque année avec le SNES pour que l’Etat respecte ses engagements.

 

  1. Le congé administratif 

En 1996, avec le nouveau décret, le congé administratif est passé de 1 an (pour deux séjours) à 2 mois. Or depuis cette date la mise en œuvre de ce congé pose problème car l’Administration tente d’en réduire l’application en profitant de l’ambiguïté de certaines formules.

Dans l’article 4 il est dit que les enseignants ont droit à un congé administratif de 2 mois " en plus du congé annuel de droit commun ", donc après les grandes vacances. Mais l’articles 5 affirme que les enseignants " sont réputés satisfaire à la condition de durée de service ouvrant droit au congé administratif... dès le premier jour des vacances scolaires ou universitaires de la dernière année de la période ouvrant droit à ce congé. "

L’Administration avait d’abord appliqué ce décret en faisant débuter le congé administratif à la date du départ de Mayotte et non au début des vacances scolaires. Mais en 2001 par lettre du 8 décembre 2000, le Ministère informe le Vice-Recteur que ce congé doit débuter dès le premier jour des vacances. Donc si on calcule bien, en 2001, le premier jour de ces vacances est le 14 juillet ; le congé administratif se termine le 13 septembre ; en réalité il se limitera à une semaine. Cette interprétation des textes a été déclarée illégale par le tribunal administratif de Mamoudzou, mais bien entendu le MEN a fait appel.

Pour le SNES cette interprétation est inacceptable car elle revient à supprimer la presque totalité du congé administratif alors qu’il est prévu dans le décret et qu’il est largement justifié par les difficultés de réinstallation en métropole ou ailleurs. Mais surtout (et le Vice-Recteur l’a officialisé), le MEN ne reconnaît pas notre droit aux congés annuels .

La forte mobilisation des collègues de Mayotte à l’appel du SNES en 2001 a permis qu’on en reste au statu quo antérieur à 2001 : pour l’instant le congé administratif démarre toujours à la date du départ effectif de Mayotte. Le problème est que chaque année le Vice-Rectorat impose des dates de départ définitif toujours plus proches du 1er jour des vacances scolaires. En 2004, le Vice-Rectorat n’accordera pas de billets de retour au delà du 31 juillet ! Le congé administratif ne s’étendra donc pas au-delà du 30 septembre. L’affaire n’est pas réglée pour autant : plusieurs procédures judiciaires sont en cours.

5. Mutations : attention aux nouvelles dispositions 2004 !

Jusqu’à la rentrée de cette année les collègues recevaient une proposition du Ministère pour venir à Mayotte dans un établissement bien précis. Si le poste ne leur semblait pas satisfaisant, ils pouvaient refuser Mayotte et rester dans leur poste d’origine (en 2003 plus de 18% des collègues affectés à Mayotte ont préféré renoncer).

Attention, pour la rentrée prochaine, Mayotte est désormais intégrée au " mouvement national à gestion déconcentrée " :

Les collègues ne peuvent plus demander Mayotte par hasard ou juste par curiosité. En effet le passage de Mayotte à l’Inter Académique impose en cas d’obtention la perte du poste d’origine.

Il n’y aura PLUS POSSIBILITE DE REFUSER MAYOTTE après l’avoir obtenue comme cela pouvait se faire auparavant, tout au moins dans des conditions de réintégration satisfaisantes.

Les barèmes d’obtention de Mayotte à l’inter étant, dans la plupart des matières, particulièrement bas si vous demandez Mayotte, vous avez de fortes chances de l’avoir.

Ensuite, vous participerez au mouvement intra. Or à Mayotte l’affectation des collègues sur un poste " à l’aveugle " lors du mouvement intra académique est complètement inadaptée aux réalités de l’île, les conditions générales de santé et de logement étant complètement différentes d’une commune à l’autre. Ajoutons qu’une fois en poste il y aura quasi-impossibilité de changer d’affectation les années suivantes. En effet, une fois sur place, vous aurez perdu tous vos points d’ancienneté. La durée de séjour étant limitée à 4 ans, il vous sera difficile, voire impossible, de concurrencer à l’intra les collègues venant de métropole, car vous n’aurez pas le temps de refaire des points.

Nous tenons donc particulièrement à mettre en garde les collègues ayant des enfants et qui pourraient se retrouver dans des situations difficiles (logements peu nombreux, difficultés de scolarisation…). Une fois en poste vous n’aurez pratiquement aucune chance de muter. C’est ce que souhaite d’ailleurs le Vice-Recteur de Mayotte, au nom de la continuité pédagogique !

 

6. Des réintégrations problématiques 

Si la réintégration automatique dans l’académie d’origine à l’issue de votre séjour à Mayotte a été maintenue cette année après une intervention énergique du SNES, il conviendra d’être très vigilant chaque année sur les conditions du mouvement et ceci même si le Ministère a écrit que cette mesure serait également valable dans les années à venir.

Une fois réintégrés dans votre académie d’origine, vous aurez droit à une bonification de 1000 points à l’intra. Problème : ces 1000 points ne sont valables que sur le vœu "tous postes du département" d’origine. En clair cela veut dire que votre vœu étant examiné après tous les autres, vous aurez toutes les chances d’obtenir l’un des postes les moins attractifs du département, et ceci quelque soit votre ancienneté dans la profession.

Si vous ne souhaitez pas retourner dans votre académie d’origine à l’issue de votre séjour à Mayotte, vous pouvez demander n’importe quelle autre académie, à l’exception des TOM. Le problème est que vous aurez peu de chances d’avoir ce que vous souhaitez car en 4 ans à Mayotte, vous n’aurez que 40 points d’ancienneté (auxquels s’ajoutent normalement points d’échelons…) !

ANNEXES :

Comparons les rémunérations des fonctionnaires d'Etat en poste

dans les TOM et les Collectivités Territoriales

Durée du séjour

Indexation

Indemnité d'Eloignement

(par contrat de deux ans)

TOTAL

2 ans

(salaires + indemnités)

TOTAL

4 ans

(salaires + indemnités)

Indemnité

de résidence

Fiscalité

Congés administratifs

MAYOTTE

(Collectivité territoriale)

2 années scolaires

(renouvelable)

néant

23 mois

47 mois

94 mois

0%

IR +10 à 30%

2 mois (en partie confondus

avec les vacances scolaires de fin d’année scolaire)

WALLIS et FUTUNA

(TOM)

2 années scolaires

(renouvelable)

2,05

18 mois brut

67,2 mois

134,4 mois

3% indexée

néant

Idem

Nlle CALEDONIE

(TOM)

2 années scolaires

(renouvelable)

1,73 à 1,94

14 mois

de 55,52 à 60,56 mois

de 111,04 à 121,12 mois

3% indexée

IR -20 à 30%

Idem

POLYNESIE

(TOM)

2 années scolaires

(renouvelable)

1,85 à 2,06

10 mois brut

de 54,4 à 59,44 mois

de 108,8à 118,88 mois

3% indexée

néant

Idem

St PIERRE et MIQUELON

Collectivité Territoriale)

illimitée

1,85

12 mois/2ans

56,4 mois

112,8mois

0%

-50 à - 70%

Idem

Nota Bene : le tableau ci-contre ne fait pas mention des remboursements de loyer, très faibles à Mayotte car le loyer plafond est resté fixé depuis 1995 à 457,35 euros, sans commune mesure avec le loyer réel.

Les chiffres ci-dessus montrent clairement que les collègues nommés à Mayotte, loin d'être des privilégiés, sont au contraire les fonctionnaires les plus mal rémunérés des TOM !

Organigramme 2003-2004 du SNES-Mayotte

Secrétaire : Alain Beltrami tél./fax 0269 62 50 68 ; e-mail snesmayotte@yahoo.fr

(perso : 0269 62 53 39 ; beltrami.alain@wanadoo.fr)

Secrétaires adjoints : Bruno Bina : tél./fax : 0269 62 97 62 ; e-mail : binabruso@yahoo.fr

Gilles Gaudion : tél./fax : 0269 60 45 38 ; e-mail : gil.gaudion@wanadoo.fr

Emmanuel Lagrené : 0269 61 62 09 ; e-mail : emmanuel.lagrene@wanadoo.fr

Christophe Georget :0269 62 01 70 ; e-mail : christophe.georget@wanadoo.fr

Sophie Bina (cf. Bruno)

Trésorière : Geneviève Karmazyn tél./fax : 0269 60 40 60 ; mail : jcgkarmazyn@wanadoo.fr

S1 d’établissements :

Lycée de Mamoudzou :

Olivier PEYRAT : e-mail olivier.peyrat@wanadoo.fr

Lycée de Petite Terre : Gilles GAUDION cf. ci-dessus

Lycée de Sada :

Ben Aboubacar : 0269 62 23 81 ; e-mail : ben-aboubacar@voila.fr

Emmanuel Lagrené : cf. ci-dessus

Bruno Bina : cf. ci-dessus

Collège de Doujani : Jean Poirier 0269 61 54 44 ; e-mail : jean.poirier3@wanadoo.fr

Collège de Dzoumogné : Frédéric Louvier e-mail : deslou@wanadoo.fr

Collège de M’Tsangamouji : Fabrice Tésan e-mail ftesan2@wanadoo.fr

Collège de Pamandzi : Geneviève Karmazyn cf. ci-dessus

Collège de Sada : Caroline Moiroux e-mail : lecas-moiroux@wanadoo.fr

Collège de Koungou : Michel Tramontin e-mail : tramontin@ifrance.com

Correspondants dans les établissements :

Collège de Chiconi :

Christophe Georget : cf. ci-dessus

Collège de Kani-Kéli : Emmanuel Baudin e-mail : embaudin@wanadoo.fr

Collège de Tsimkoura : Laurent Greffier e-mail : greffier.laurent@wanadoo.fr

IFM de Dembéni: Jean Louis Harmand e-mail : jl.harmand@voila.fr

Patrick Laget e-mail : MAKISLAGET@wanadoo.fr

Collège de M’Gombani : Renée Jacob e-mail rene.jacob-castellini@wanadoo.fr

Collège de M’Tsamboro : Sylvie Poulougou e-mail : sylvie.poulougou@ac-nice.fr

NB :depuis la métropole, les numéros doivent être précédés de 0269.

L'Université Syndicaliste, suppl. au n° 540 du 28 février 2001 hebdomadaire du Syndicat National des Enseignements de Second degré (F.s.u.), 1, rue de Courty, 75341 Paris CEDEX 07. Directeur de la publication : Gérard Anthéaume - Compogravure : CAG, Paris - Imprimerie SIPE – PARIS - N° C.P. 1578 D 73. ISSN n° 0751.5839.

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