DECLARATION DES ELUS DU SNES A LA CAPN HORS CLASSE
DES CERTIFIES HORS ACADEMIE DU 6 JUILLET 2006

Monsieur le directeur,

La note de service 2005 modifiant la gestion et les conditions d’accès à la hors classe, unanimement rejetée par les organisations syndicales et cependant reconduite cette année, continue de montrer toute l’ampleur des dégâts qu’elle a provoqué sur l’ensemble de la carrières des personnels. Le ministère a manifesté l’intention de compenser certains déséquilibres, notamment vis-à-vis des collègues enseignant en ZEP, mais en proposant quelques replâtrages à grand renforts de dispositifs dérogatoires conduisant à encore plus d’individualisation et de fonctionnel. Résultat, dès aujourd’hui, tandis que certains recteurs se sont contentés de reconduire le barème adopté l’an passé, d’autres ont adopté de nouvelles mesures aboutissant à de nouveaux déséquilibres, par exemple en faveur de collègues en ZEP ou en faveur de collègues certifiés par intégration. Pour résumer, les disparités de traitement entre les collègues ne font que s’aggraver d’une académie à l’autre, des milliers de collègues se trouvent privés de la hors classe de manière purgatoire ou définitive. Les inégalités disciplinaires sont criantes (à Nice, par exemple, 45% de promus par rapport aux promouvables du 11e échelon en Eco gestion, 6% seulement en SES)! Discrimination entre les collèges et les lycées, disparités entre établissements, entre hommes et femmes, quasi exclusion complète des collègues en congé, etc. Le SNES continue de défendre le principe de la revalorisation de la carrière pour tous avant l’âge de la retraite, avec l’ancienneté de carrière comme critère essentiel d’attribution pour favoriser une rotation maximum des emplois. Nos métiers nécessitent une haute qualification initiale disciplinaire, une formation initiale de haut niveau, une mise à jour continue de qualité et des conditions de travail (de service) qui permettent la mise en œuvre de ce qu’il est convenu d’appeler la « liberté pédagogique », plutôt la responsabilité et l’autonomie nécessaires à la mise en œuvre de nos missions (nous sommes des cadres de l’Etat), ce qui est incompatible avec le poids d’une hiérarchie de proximité et tatillonne que vous cherchez à développer. Le rôle de conseil, de soutien et d’expertise de l’inspection est négligé ; les activités périphériques deviennent le critère d’évaluation de la valeur professionnelle (« le mérite ») et c’est une hérésie éducative et pédagogique. Ces méthodes de « nouvelle gestion de ressources humaines » masquent en fait deux objectifs :

En ce qui concerne l’accès à la hors classe des certifiés gérés hors académie, si nous ne pouvons que prendre acte de l’usage que la DPE fait , cette année encore, du barème qu’elle a adopté, il n’en reste pas moins que ce barème maintenu en l’état est inacceptable car il permet à l’administration de promouvoir qui elle veut, selon l’usage qu’elle peut faire de ce barème, et même à hauteur de deux personnes, une modification du tableau au profit de nominations purement arbitraires n’est pas admissible. La hauteur des bonifications d’échelon, comparée à la hauteur des bonifications de parcours professionnel, ne permet pas de garantir la promotion des collègues les plus anciens, et donc du plus grand nombre possible. Nous regrettons en outre que ce barème ne soit pas jusqu’à présent, clairement affiché par l’administration. Les collègues gérés hors académie sont en droit de connaître le barème avec lequel leur promotion est traitée.

Autre grave régression : l’application d’un contingent pour le changement de grade des enseignants à l’étranger. Comme dans les autres académies, le contingent défini cette année pour la hors classe des certifiés ne modifie pas en profondeur le nombre de promus par rapport aux années précédentes, mais rien n’est garanti pour les années futures. Plus encore que dans les autres académies, nos inquiétudes concernant la carrière des collègues enseignant à l‘étranger est très forte. Le ministère a reconnu il y plus de trente ans aux collègues de l’étranger un avancement dans la carrière au rythme le plus favorable pour compenser l’absence des inspections. D’ores et déjà, la reconnaissance de cette particularité est mise à mal par cette mise à la norme gestionnaire et comptable. Que va-t-il advenir de l’ensemble de la carrière de ces collègues, dont beaucoup, on le voit sur les documents d’avancement, n’ont même pas de note pédagogique ?

En outre, nous redisons que le fait de faire peser l’avis hiérarchique dans l’attribution des points de parcours professionnel est une option dangereuse qui laisse la porte ouverte à toutes les pressions possibles de la part des vice-recteurs comme des divers organismes de détachement. Encore une fois, tout dépend de l’usage qui est fait de ces avis, et la sagesse de l’administration  n’est pas, à nos yeux, une garantie suffisante. Nous rappelons enfin que l’avis hiérarchique porté sur les dossiers d’accès à la hors classe doit pouvoir être examiné, partout où cela est possible, par la commission paritaire locale : les collègues et leurs représentants locaux doivent avoir connaissance des ces avis et doivent pouvoir en discuter. Cette année, l’emploi de la fiche d’avis hiérarchique ne fait que renforcer l’urgence du rétablissement de cette pratique.  

Nous, commissaires paritaires du SNES, conscients de la hauteur des enjeux, continuons à défendre l’idée que nous nous faisons d’un service public d’éducation où les agents restent indépendants des hiérarchies locales, quelles qu’elles soient, dans l’optique d’une égale qualité de service public sur tout le territoire, et où la revalorisation des carrières est accessible à tous, car il s’agit là d’une condition essentielle de la reconnaissance et de l’attractivité de nos métiers.

Barres des nommés et des inscrits cliquez ici

Eléments pris en compte pour le calcul du barème :

·         Note pédagogique + note administrative  sur 100

·         Echelon :
11e échelon depuis 3 ans et plus = 20 points
du 10e au 11e échelon (jusqu'à 2 ans d'ancienneté) = 10, points

·         Parcours professionnel:

40 points pour les parcours jugés les plus "méritants"

20 points pour les parcours professionnels "communs"

0 point en cas d'avis hiérarchique défavorable (vice-recteur ou organisme de détachement)

Ce barème permet à l'évidence de favoriser l'accès à la hors classe de collègues jugés particulièrement "méritants" au détriment des collègues les plus anciens dans le 11e échelon, alors que la promotion des plus anciens permettait l'accès du maximum de collègues à la hors classe avant l'âge de la retraite.

Ce barème ne fait également plus aucune mention du mode d'accès au concours, de la bi-admissibilité, des titres et diplômes comme critères ouvrant l'accès à la revalorisation de la carrière, au mépris complet des qualifications des collègues et de nos métiers en général.

Enfin, le ministère prétend être souverain pour attribuer des points de "parcours professionnel" mais se réfèrera à l'avis hiérarchique pour ne pas en donner, et cela sans qu'aucune commission paritaire locale, partout où il en existe, ait été consultée sur l'examen des dossiers des promouvables et sur l'avis à porter sur ces dossiers.

Les élus du SNES se battront pied à pied en commission pour déjouer les décisions arbitraires auxquelles ce barème va nécessairement aboutir.