L'Université syndicaliste
Sup. au n° 594 du 24.11.2003
LES PERSONNELS DISENT NON AU MINISTRE !
Non, non, non, non et non, tels furent les 5 derniers mots prononcés par les organisations syndicales avant de quitter la réunion conjointe des deux comités techniques paritaires ministériels le 20 novembre au quai d'Orsay.
C'est ainsi que les syndicats FSU, CFDT, CGT, UNSA-MAE, UNSA-Education, à l'exception de la Liste d'Union (les collègues sauront apprécier) ont signifié au Ministre des Affaires étrangères, présidant la séance, leur refus de " sa " réforme du ministère des Affaires étrangères et des rémunérations, en rejetant les orientations suivies dans sa mise en place.
A la FSU, nous rejetons toute réforme qui s'inscrit d'entrée dans un cadre budgétaire réduit qui implique des conséquences intolérables sur les personnels des différents réseaux à l'étranger, la disparition programmée de l'assistance technique, la casse largement entamée de l'AEFE que nous dénonçons depuis des années, la précarisation toujours plus grande de nos collègues des établissements culturels.
Désolé, Monsieur le Ministre, dans votre précipitation à faire de votre ministère le modèle à suivre dans le cadre de la réforme de l'Etat, vous avez oublié que le moteur de l'action extérieure de l'Etat, ce sont les femmes et les hommes. Vous avez beau tenir de grands discours gaulliens sur l'adhésion nécessaire des personnels de la " maison " pour renforcer votre stratégie ministérielle de réforme et enrober le tout par les mots de modernisation, rénovation, la réalité c’est la casse du service public à l’étranger et les économies par tous les bouts.
Dans tous les postes comme à la centrale, les syndicats appellent à la tenue d’assemblées générales pour déboucher sur une première journée de grève le 1er décembre, jour du débat sur le MAE au sénat.
Paris, le 24 novembre 2003
|
SOMMAIRE
Annexe : |
n° 5 bis |
1. Réunion de concertation sur la mise en cohérence des indemnités de résidence
- Cette modification du régime de rémunération des agents de l'Etat en poste à l'étranger n'était au départ qu'un simple audit, accepté en août 2002 par le ministre des Affaires étrangères à la demande de la direction du Budget " suspectant " une sur-rémunération de ces agents, transformé précipitam-ment en réforme, loi de finances 2004 oblige !!!
Phase 1 : correction des incohérences géogra-phiques constatées par le rapport,
Phase 2 : mise en place d'un groupe de travail interministériel ; réforme des majorations familiales, réforme de l'équation change prix ; réforme des congés maladie.
Pour limiter les trop gros écarts, les indices logement seront bornés par les valeurs 25 au minimum et 200 au maximum. D’ores et déjà, vu le mode de calcul, on peut parier qu’il y aura peu d’indices supérieurs à 100.
En ce qui concerne l’indice du coût de la vie hors logement, on nous explique que, même si les deux sociétés n’ont pas la même pondération pour les différents articles de leur panier servant au calcul, les indices obtenus rendent compte de la même façon des évolutions en termes de prix ;
Même si elle se félicite de la première mesure, la FSU rappelle que la maladie ne doit pas être pénalisante et que la proposition du MAE en matière d’abattement est en deçà de ce qui était prévu depuis de longs mois, toujours l’équation budgétaire !!!.
La FSU précise enfin qu’il y a urgence de mettre en place la réforme des congés maladie et que l’on ne saurait attendre encore des mois les avis des deux CTPM.
En conclusion, comme d’habitude, l’éternelle hégémonie de la contrainte budgétaire conduit l’administration à bricoler des mesures, sans mener à fond les réformes nécessaires, ce qui risque de se traduire pour nombre de personnels par une détérioration de leur situation sans pour autant que les autres y gagnent réellement. A cet égard, en extrapolant les informations volontai-rement partielles délivrées par l’administration en attendant l’officialisation par Bercy, il semblerait que l’augmentation des primes pour les agents de catégorie C de la centrale soit " ridicule "… tandis qu’une enveloppe de 185 000 € revaloriserait les primes des membres du cabinet ! Tout çà pour çà ?
2. Compte rendu du CTPM 2 DU 20 novembre 2003
1) Le contexte :
Pour la 3ème fois en 3 mois (26/08 et 20/10 auparavant), les premier et deuxième comités techniques paritaires ministériels ont été réunis conjointement, sous la présidence du ministre des Affaires étrangères, pour une consultation sur la réforme du ministère. Il s’agissait de l’ultime étape avant le vote parlementaire sur les propositions du ministre qui introduiront de nombreux changements dans les méthodes de gestion et les missions du ministère, et Dominique de Villepin, pour l’occasion, avait invité les représentants syndicaux (15 pour le CTPM1, 10 pour le CTPM2, sans compter les experts mandatés par les syndicats) sous les lambris dorés de la grande salle à manger du quai d’Orsay.
Du côté de l’administration, tout semblait avoir été fait pour mener une consultation " sans précédent " dans ce ministère, aussi bien en France qu’à l’étranger, qui devait déboucher sur une réforme de l’action extérieure de l’Etat ayant l’adhésion de tous, et servant de modèle aux autres ministères engagés dans la réforme de l’Etat (valorisant au passage le ministre), avec à l’horizon 2006 les nouveaux modes de gestion des emplois et des crédits publics imposés par la LOLF.
Du côté des syndicats, malheureusement pour tous ces technocrates du MAE enfermés dans leur tour d’ivoire et aveuglés par leurs privilèges, l’interpré-tation n’est pas du tout la même. En effet, ce n’est pas la présence du ministre aux différents CTPM, ni l’utilisation redondante des mots tels que modernisation, rénovation, ou valorisation, ni les mensonges entourant une soit disant consultation d’une ampleur inégalée, qui ont empêché les différentes réunions de n’être que des chambres d’enregistrement de décisions prises par un comité de pilotage seul dans son coin et validées par le ministre contre l’avis des représentants des personnels. Les orientations prises par la " stratégie ministérielle de réforme " (appellation officielle) inspirent en effet les plus vives inquiétudes sur l’avenir des missions de service public à l’étranger, le développement des différents réseaux, l’influence de la France dans le concert international, sans oublier les perspectives de rémunération des personnels.
Pourtant, le ton était donné depuis plusieurs mois, aussi bien dans les réunions avec le comité de pilotage mis en place à l’automne 2002 où les syndicats multipliaient les remarques et propositions jamais entendues, que dans les différentes réunions des CTPM depuis le 26 août 2003, date à laquelle furent officiellement présentés le " Plan d’action Stratégique – Affaires étrangères 2007 " (PAS) accompagné de ses 107 propositions, ainsi que le " Rapport d’enquête sur la rémunération des agents de l’Etat expatriés ", et ses multiples annexes, rédigé par une commission mixte Inspection générale des Finances/Inspection des Affaires étrangères. Rappelons, à cet égard, que la colère de l’ensemble des syndicats face au mépris et à la " surdité " de l’administration, exprimée lors des CTPM du 20 octobre dernier (circulaire n°4bis), avait conduit le ministre à renvoyer à leur copie les énarques du MAE afin de présenter le 20 novembre un document acceptable par les représentants des personnels.
C’est dans ce contexte, et avec des enjeux immédiats que s’est donc tenue la réunion du 20 novembre dont l’ordre du jour était la " stratégie ministérielle de réforme (SMR) ".
2) Déroulement de la réunion :
Pour mettre au point l’unité syndicale de la contestation et organiser leur participation et les prises de parole aux CTPM, les syndicats s’étaient réunis la veille de la réunion.
Dès l’ouverture des travaux, les syndicats demandent de modifier l’ordre du jour et de rajouter un point sur " la réforme des rémunérations ", ce qui est accepté par l’administration.
Immédiatement, la parole est donnée au ministre des affaires étrangères pour un discours habituel sur l’ambition de la réforme qui permettra de renforcer la cohérence et l’efficacité de notre action extérieure. La stratégie ministérielle de réforme qui sera mise en œuvre d’ici à 2007 sera sous-tendue par 3 axes :
- Renforcer notre capacité stratégique pour mieux définir les priorités de l’action extérieure de la France ;
- Valoriser les compétences et motiver les agents du Ministère ;
- Rénover les méthodes et les outils de notre diplomatie.
Jean-François Desmazières, coauteur du rapport sur la rémunération, et maître d’œuvre de l’application des conclusions de cette enquête, notamment dans les actuelles négociations de cadrage avec Bercy, intervient ensuite pour préciser quelques points suite à la réunion qui avait eu lieu avec les mêmes syndicats deux jours avant (titre 1 de la circulaire). En effet, vu l’opacité du chiffrage des premières mesures intervenant dès janvier 2004 et le mécontentement des syndicats n’ayant aucun moyen de vérification ni de comparaison, des instructions avaient sûrement dû être données pour apaiser la tourmente.
Après cet exposé un syndicat, mandaté par les autres, lit la déclaration unitaire du 3 novembre (circulaire hdf n°5), tandis qu’un autre demande que des votes séparés soient effectués sur la SMR et la réforme des rémunérations après que chaque organisation soit intervenue sur ces deux sujets.
Le directeur général de l’administration rappelle que l’on ne peut voter réglementairement que sur des questions modifiant des textes de loi (décret, arrêté…) par des avis formels, mais qu’en la matière les CTPM peuvent également donner un avis sur une question posée.
Le ministre, inquiet de la tournure de la situation, explique sa " crainte d’un amalgame entre le mécontentement sur les indemnités de résidence et des problématiques d’autre nature ".
Les syndicats demandent une interruption de séance pour rédiger les textes qui seront mis aux votes des deux CTPM.
- Texte n°1 (concernant la SMR) :
Les premier et deuxième comités techniques paritaires ministériels donnent un avis défavorable à la mise en œuvre de la stratégie ministérielle de réforme sur la base des modalités présentées actuellement.
- Texte n°2 (concernant les rémunérations) :
Les premier et deuxième comités techniques paritaires ministériels donnent un avis défavorable à la mise en œuvre de la réforme de la rémunération des agents sur la base des modalités présentées actuellement.
3) Interventions de la FSU :
- Sur la réforme du régime des rémunérations des agents de l’Etat en poste à l’étranger
La FSU, même si elle souscrit à la nécessaire remise à plat du système de rémunération des agents de l'Etat en poste à l'étranger, mais aussi de tous ceux y travaillant pour les services de l'Etat, est totalement opposée à la méthode utilisée qui fixe des règles s'inscrivant dans une contrainte budgétaire inadmissible.
En effet, comment peut-on prétendre à priori améliorer un système de rémunération sans injecter de financement, et si les mesures décidées pour cette amélioration doivent être bricolées pour résoudre telle ou telle équation budgétaire ?
Dès lors, la FSU n'accepte pas le postulat que retiendra fatalement Bercy selon lequel les agents expatriés sont globalement sur-rémunérés, puisque le MAE affiche que l'on peut mettre en cohérence leurs indemnités de résidence en faisant des économies, ce qu'ils risquent de payer cher chaque année, lorsqu'il faudra continuer à faire évoluer leur régime de rémunération.
Elle ne comprend pas non plus la précipitation avec laquelle l'administration met en place cette réforme, et ceci avec d'autant plus de cynisme que la " photographie sur le système de rémunération des agents expatriés ", objectif initial du rapport d'enquête établi conjointement par l'inspection générale des Finances et celle des Affaires étrangères s'est transformée successivement en un projet puis une réforme avant d’être inscrite, aujourd’hui, dans la stratégie ministérielle de réforme (fiche n°58) sans que les personnels concernés aient été consultés.
Il est d'ailleurs inconcevable qu'à un mois de l'application des premières mesures de la phase 1, les documents et les informations proposés soient très partiels et entourés d'une technicité et d'un secret qui empêchent toute discussion sérieuse. Encore une fois le MAE impose…les personnels retiendront que les mesures négatives qu'ils supporteront dès janvier 2004, pour la majorité d'entre eux, (les chiffres indiqués en séance ne font que le confirmer, et encore les économies de 20 M € effectuées sur l'enveloppe des IR ne traduisent pas les " dommages collatéraux " que subiront les assistants techniques, l'AEFE, les militaires…) n'ont d'autre objectif, malgré le prétexte avancé de régler les incohérences géographiques dans les indemnités, que celui de rentrer dans les contraintes imposées par Bercy, sans pour autant que les bénéficiaires (on n'ose pas dire heureux) voient leur situation s'améliorer confortablement, hormis peut-être quelques cadres du Cabinet…
Sinon s'il y avait une réelle volonté du ministère de rendre cohérent et équitable le système de rémunération :
La FSU rappelle à ce sujet que l'objectif d'amélioration est loin d'être atteint, notamment pour les assistants techniques du secteur éducatif systématiquement classés dans des groupes les défavorisant au regard d'autres agents effectuant une mission similaire (AEFE par exemple) ou des agents de grade inférieur. Puisque le MAE veut donner de la cohérence à son action, qu'il commence par traiter les assistants techniques comme les agents de son ministère.
La FSU s'inquiète aussi de l'absence d'information qui entoure l'utilisation de l'enveloppe de 4,2 M € prévue pour revaloriser les rémunérations des personnels en recrutement local, et considère, d'ores et déjà que l'on est bien loin des conditions nécessaires à l'amélioration de la situation de personnels dont le nombre va sans cesse augmenter, au détriment de nombreux emplois de fonctionnaires, si l'on en croit la SMR. Elle rappelle qu'il y a fort à faire sur cette question, à commencer par faire respecter par les Postes les réglementations et directives existantes en matière de grilles harmonisées, de protection sociale etc., ce qui devrait être fait partout depuis longtemps à en croire les informations dont dispose le MAE.
La FSU n'est pas non plus rassurée par les pistes suivies par le département concernant la modification du régime des majorations familiales, d'autant plus qu'elles sont encore une fois contraintes par l'incontournable axiome du coût constant. Elle réclame une large et vraie concertation sur cette question, avec un temps suffisant de réflexion pour ne pas prendre de décision dans un mauvais contexte qui risquerait de peser à terme sur les personnels
De même, elle considère que les propositions de l'administration sur les congés maladie, même si elles apportent une éclaircie, sont en deçà de ce qu'attendent les personnels, que la maladie ne doit pas être pénalisante et qu'il n'y a aucune raison pour que cette amélioration, tout simplement normale, soit encore une fois soumise à un aléa budgétaire.
Par conséquent, la FSU condamne les orientations suivies pour traiter ce dossier, ô combien important et sensible, demande le réexamen des mesures proposées, associé à une véritable consultation des personnels, et refuse que cette réforme commence par une coupe budgétaire.
A cet égard, la FSU demande le vote des 2 CTPM sur le texte proposé par l'intersyndicale.
- Sur la stratégie ministérielle de réforme
La SMR est détaillée par un document de 58 fiches remplaçant les 107 propositions du PAS. Cette copie revue et corrigée du PAS, qui avec sa " compilation désordonnée de données brutes " (d’après un haut fonctionnaire du MAE) était particulièrement indigeste, est censée présenter de manière plus lisible et cohérente la réforme.
Ceci dit, la plupart des fiches sont les photocopies de propositions, certaines étant même la juxtaposition de plusieurs propositions (33 fiches correspondant à 52 propositions), d’autres sont plus ou moins modifiées (20 fiches correspondant à 28 propositions). 5 fiches sont des nouveautés, en particulier la fiche n°57 sur " l’aménagement du réseau " qui donne explicitement le ton de la réforme : [un effort de rationalisation du réseau diplomatique, consulaire et culturel est aujourd’hui indispensable]…[le mouvement de baisse des dépenses de l’Etat dans la répartition de la richesse nationale, qui se traduit notamment par une restitution d’emplois impose de mettre en adéquation nos moyens et nos objectifs]…[Les priorités en matière de modernisation du ministère devront être financées par redéploiement de nos moyens], et la fiche n°58 sur " la réforme du régime des rémunérations des agents de l’Etat en poste à l’étranger " qui valide ainsi dans la SMR les conclusions du rapport d’enquête sans aucune consultation des personnels, ce qui de toute façon aurait été impossible, vu le manque d’informations chiffrées encore indisponibles à ce jour.
Au passage l’administration a supprimé 27 propositions dans le but majeur de désamorcer la contestation syndicale, et en particulier d’aplanir son contentieux, sans y parvenir, avec le puissant syndicat " maison " (des corps diplomatique et consulaire) l’UNSA-MAE, en retirant des propositions portant sur la fusion des corps de catégorie C (proposition 57) et celle des deux CTPM (proposition 68 sur le dialogue social) pourtant chère à la CFDT.
La FSU a toujours manifesté son accord pour le développement d’un grand service public extérieur afin de faire face aux enjeux de la mondialisation et aux attentes des populations envers notre pays. Ce n’est pas cela que vous nous proposez Monsieur le Ministre.
Que deviendrait le Ministère des Affaires étrangères si votre réforme devait s’appliquer ? Il ressemblerait à une entreprise des Affaires étrangères avec ses filiales et ses sous-traitants.
C’est déjà le cas avec l’Alliance française, sous traitant des établissements culturels, qui emploie des personnels sans leur donner le statut auquel ils ont droit et qui gère à coup de répression syndicale comme au Cameroun suite à la tournée du SNES dans les Alliances du pays. Les établissements culturels qui appliquent aussi une stratégie commerciale au mépris du statut de fonctionnaire d’Etat et qui veulent faire disparaître les droits acquis par la lutte des personnels comme sur la protection sociale en Europe.
Même stratégie en coopération où les personnels sont en voie de disparition pour laisser place aux experts. Que de mépris pour les coopérants qui ont pourtant joué un rôle important dans le développement de nombreux pays malgré les réformes successives guidées par le souci d’économie sans tenir compte des réalités des populations et du degré d’achèvement des projets. Pourquoi parler d’assistance technique alors que le partenariat devrait être la règle pour la coopération de l’avenir.
Comment ne pas parler de l’AEFE dont l’asphyxie est patent faute de moyen alors que le système fait largement ses preuves. Plutôt que de dégager des moyens, le gouvernement veut imposer les mêmes règles qu’au MAE. Il veut privatiser complètement une partie du réseau au mépris des intérêts des élèves, des parents et des enseignants.
De tout cela la FSU ne veut pas Monsieur le Ministre et elle votera pour le rejet de votre projet de réforme.
4) Réponse du ministre aux interventions des syndicats :
Plutôt mécontent, Dominique de Villepin réagit à chaud sur quelques points évoqués par les différentes organisations syndicales :
Sur la méthode de consultation :
Il rappelle qu’elle a été d’une ampleur inégalée (on a l’habitude de cette méthode coué), que les syndicats ont été entendus, avec pour preuve la disparition des propositions concernant la création de postes de secrétaires généraux adjoints, la fusion des corps de catégorie C et des CTPM (on a expliqué plus haut les raisons " stratégiques " de ces suppressions) etc.
Il souligne que le dialogue doit se faire à deux (versons une larme), même s’il n’est pas surpris et qu’obligation serait faite à l’administration de prendre seule la décision.
Il " sermonne " les syndicats à cause du contre signal qu’ils vont donner aux autres ministères impliqués dans le cadre de la LOLF (nous y voilà, sa cote de popularité auprès du 1er ministre va baisser).
Sur la coopération :
" Je veux que nous soyons dotés d’une grande politique de coopération " (dont acte).
Sur les primes à l’administration centrale :
Le ministre avertit les syndicats de l’interprétation qui pourrait être faite par les personnels en cas d’un refus de sa réforme (chantage, vous avez dit chantage ?)
Sur les indemnités de résidence :
" même si ce n’est pas agréable d’avoir une baisse, il faut rendre le système juste pour être transparent vis-à-vis de l’extérieur " (toujours le même syndrome du journaliste qui diffuse dans la presse le salaire de la secrétaire à Londres !!!).
Sur la SMR :
" C’est une réforme politique importante " qualifiée de " juste pour l’ambition et l’efficacité de l’action de la France et juste pour le budget ". " Il y a un enjeu budgétaire pour cette maison, il faut que cessent les gels budgétaires 2003 et 2004 et que la place de ce ministère soit prioritaire en 2005 ".
Bref, les syndicats sont les méchants qui feraient mieux de faire des concessions sur le dos des personnels pour l’avenir de ce ministère…à moins que cela soit celui du ministre.
5) Votes :
Après l’intervention du ministre, les syndicats demandent de passer aux votes sur les deux textes proposés :
15 représentants de l’administration et 15 pour les syndicats (10 UNSA-MAE, 4 CFDT – 1 CGT)
Avis n°1 (sur le texte n°1) :
Pour : 15 (syndicats)
Contre : 15 (administration)
Avis n°2 (sur le texte n°2) :
Pour : 15 (syndicats)
Contre : 15 (administration)
Compte tenu du partage des voix, les avis sont votés par le CTPM1.
9 représentants de l’administration (pour respecter la parité suite à l’absence d’un titulaire de la CFDT) et 9 pour les syndicats (4 CFDT – 2 CGT – 1 FSU – 1 UNSA Education – 1 Liste d’Union)
Avis n°1 (sur le texte n°1) :
Pour : 8 (syndicats)
Contre : 9 (administration)
Abstention : 1 (Liste d’Union)
Avis n°2 (sur le texte n°2) :
Pour : 8 (syndicats)
Contre : 9 (administration)
Abstention : 1 (Liste d’Union)
A cause du vote de la Liste d’Union (les collègues jugeront), les avis ne sont pas votés par le CTPM2, une belle occasion perdue de faire l’unanimité face aux orientations néfastes du ministère !!!
Après le vote les syndicats indiquent au ministre qu’il est inutile de poursuivre les débats et quittent la séance.
Roger FERRARI
Secrétaire national chargé
des questions hors de
France.
Denis BARON, Mireille COURT,
Catherine JUSTIN, Jean-Charles
MOYON,
Thierry WUILLEZ
Membres du Secteur Hors de
France.
RF/DB/MC/CJ/JCM/TW/MR
DES ORGANISATIONS SYNDICALES
DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES
Paris, le 20 novembre 2003, 15h00
Les deux comités techniques paritaires ministériels du ministère des affaires étrangères se sont réunis le 20 novembre 2003 afin de débattre de la stratégie ministérielle de réforme proposée par le ministre Dominique de Villepin. Les organisations syndicales du ministère des affaires étrangères, CFDT, CGT, FO, FSU, UNSA-Education, UNSA-USMAE, ont exprimé leur profond désaccord et rejeté le plan de réforme.
Ces syndicats appellent l’ensemble des personnels de ce ministère, en France et à l’étranger, à la mobilisation et lancent dans un premier temps un mot d’ordre de grève pour le lundi 1er décembre 2003.
En effet, les agents ne comprennent pas que le Président de la
République et le gouvernement affichent de grandes ambitions pour la France
sur la scène internationale alors que, dans le même temps, les moyens humains
et financiers mis au service de ce ministère sont en régression constante.
© snes hdf - novembre 2003