HDF INFO N° 14

 

COMMISSION AVENIR :

ÉCHAPPER À LA VOLONTÉ DU SOUVERAIN

Nul n’est besoin d’être grand clerc pour comprendre que cette commission « Avenir de l’enseignement français à l’étranger » a été faite pour mettre en œuvre les mesures prévues par Sarkozy : prise en charge des frais de scolarité des enfants français et extension du réseau.

Le SNES s’en est vite rendu compte et après une sortie de la commission, il a décidé de revenir pour l’utiliser comme cheval de Troie syndical. Juste retour des choses car en démocratie, les forces syndicales ne sont pas contournables.

Mais ne soyons pas naïfs car comme l’affirmait le Sénateur communiste, ex-membre de la commission Copé, Jack Ralite dans le journal l’Humanité : « Nous sommes en démocrature ».

Lui qui poursuivait sur les raisons de sa sortie de la commission Copé : « C’est un exemple type de la dérive que connaît aujourd’hui la démocratie. On réunit des gens, on dit qu’ils sont compétents et on leur donne une tâche qui appartient normalement aux forces démocratiques, syndicales et culturelles, et cela aboutit à ce pourquoi cela a été conçu. C'est-à-dire un texte qui n’a ni queue ni tête. Dans ces commissions, on sent peser le poids des lobbys mais on ne sent plus intervenir le poids de la délibération démocratique. Et ces commissions naissent les une après les autres de la volonté du souverain dans ses élans désordonnés, de ses désirs, de son envie de provoquer la nation toute entière. On a le résultat qu’on pouvait atteindre : on n’a pas de résultat ! »

Le SNES utilise la commission comme outil syndical en essayant de ne pas se faire manipuler ni récupérer. Mais quoi qu’il advienne, nous aurons besoin de recourir à l’action syndicale pour obtenir l’enseignement français à l’étranger et la situation des personnels que nous voulons.

Prenons rendez-vous avec tous les personnels du second degré et espérons le de l’éducation, dès la prérentrée pour se mobiliser, se syndiquer et engager les mouvements de grève dont la première est d’ores et déjà prévu dans la deuxième quinzaine de septembre. Bonnes vacances !

                                                           Paris, le 3 juillet 2008

SOMMAIRE

1.       Commission avenir de l’enseignement français à l’étranger

2.       Les recrutés locaux au CTP Ministériel

3.       Réforme du décret 2002 qui régularise la situation des résidents

4.       Les recrutements pour la Côte d’Ivoire

5.       Le fonctionnement des CCPL AEFE

6.       Commission bilan des recrutements d’expatriés

7.       Commission balai des recrutements MLF

1. Commission avenir de l’enseignement français à l’étranger

La commission a donné lieu à de nombreuses réunions et beaucoup de discussions. La grande préoccupation de nombre de participants est de mettre en œuvre les promesses de Sarkozy au moindre coût. Preuve que celles-ci sont des annonces démagogiques sans prise en compte réelle des problèmes de l’enseignement français à l’étranger. Il fallait attirer des électeurs avant tout.

Le parti du président continue d’essayer d’exploiter la même veine pour les élections à l’étranger. Ce qui explique le positionnement très électoraliste de certains membres de la commission.

Pour le SNES, les problèmes principaux de l’enseignement français à l’étranger sont :

-          le sous financement chronique de l’établissement public ;

-          la situation des faux résidents soumis au trois mois de disponibilité et la situation inadmissible faite à de nombreux recrutés locaux ;

-          la rénovation immobilière du réseau.

A ce stade, les travaux de la commission n’ont pas permis de donner des pistes de solutions satisfaisantes à ces problèmes.

Pire, les piliers politiques qui ont procédé à la création de l’AEFE sont mis à mal. L’enseignement français à l’étranger est-il voué à devenir le nouveau marché des affairistes en tout genre ? Doit-il redevenir le lieu d’affrontement entre parti politiques à l’étranger et entre directions de l’administration centrale ?

Pour ceux qui l’ont connu avant 1990, la comparaison est frappante. Certains proposent même de ressusciter le CEFE, lieu d’empoignade pittoresque entre les acteurs de l’enseignement français à l’étranger mais qui n’était d’aucune utilité pour l’enseignement lui-même.

Pour le SNES, les solutions existent mais la volonté politique est absente !

Chapitre premier, réaffirmer les missions de service public de l’AEFE.

Deux, le sous financement de l’AEFE ne peut être résolu que par une prise en charge des salaires des enseignants par le ministère de l’Education nationale avec une co-tutelle de celui-ci sur l’établissement public.

Trois, engager dans les plus brefs délais une réforme du décret de 2002 pour mettre fin à la situation qui est faite aux faux résidents ; fin des trois mois de disponibilité, prise en charge du voyage de la famille et de l’installation.

Quatre, trouver une solution aux problèmes immobiliers de l’AEFE. Celle-ci a-t-elle les moyens de mener les actions de construction qu’on lui demande ? La réponse est non même avec la dérive « agence immobilière » constatée ces dernières années.

Au-delà des conclusions qui seront remises au Ministre le 7 juillet, le SNES reste ferme sur ses positions et appellent tous les personnels à entrer dans l’action à la rentrée pour imposer une réforme rapide du décret de 2002 et imposer des conditions d’emploi dignes pour les recrutés locaux. L’action syndicale devra aussi porter sur la représentation nationale qui doit assurer les financements nécessaires au fonctionnement de l’établissement public conformément à la loi de 1990.

2. La FSU avec tous les recrutés locaux au CTPM

La FSU est intervenue avec vigueur pour que les droits des recrutés locaux soient respectés. Le ministère des Affaires étrangères a fait le choix du recrutement local en croyant qu’il ferait de substantielles économies. Mais le choix du recrutement local, car il s’agit d’un choix et non d’une obligation au terme de la loi de 2000, est conditionné à l’application des conventions de l’OIT dont la panoplie prévoit des gardes fous qui heureusement font que le ministère ne peut traiter ces personnels comme des sous-agents du MAEE. C’est pourtant ce qu’elle essaye de faire notamment en Egypte, en Zambie et au Maroc. La FSU-MAE a rappelé énergiquement que la réglementation du travail locale était le minimum qui ne pouvait souffrir aucun défaut d’application. Elle rappelle qu’elle demande la négociation d’accord d’entreprise qui permette à la fois le respect de la loi locale et l’amélioration nécessaire pour aboutir à une situation comparable à celle des autres agents du poste.

Sur l’état d’avancement du VADEMECUM, la FSU-MAE s’inquiète de la lenteur des travaux. Les débats font ressortir qu’il faudra s’attacher à la revalorisation et à la révision des grilles salariales tout en privilégiant l’adéquation d’une étude qui doit être menée localement pour que les salaires versés puissent être comparables dans le marché local et dans les autres représentations diplomatiques européennes notamment. « Détachés » en recrutement local Sur demande de la FSU-MAE, la DRH précise que les fonctionnaires peuvent toujours être dans cette situation sauf pour des postes où il y aurait risque de « requalification ». Le ministère ne veut pas s’exposer à des recours qui les obligeraient à rémunérer ces personnels au décret de 1967. Cette précision de la DRH va à l’encontre des déclarations à Madrid et Tokyo qui annonçait la fin du détachement administratif.

Droit de travailler au-delà de 60 ans

La FSU demande à ce que les agents exerçant dans les services français puissent bénéficier de la possibilité de continuer à exercer leur fonction en l’absence des annuités nécessaires.

Pour le Maroc

FISCALITE

La FSU est intervenue pour demander qu’une solution rapide soit trouvée par l’administration concernant la question fiscale afin d’éviter des tensions sociales inéluctable. Elle a souligné au passage que les discussions avec les autorités marocaines auraient abouties sur l’effacement de la dette fiscale. Le syndicat a par ailleurs soulevé la question du prélèvement à la source, règle coutumière exercée au Maroc pour les secteurs publics et privés. Cette question récurrente concernant l’ensemble des agents des services français doit être réglée de façon urgente. A ce titre, la demande a été d’une concertation rapide pour la mise en œuvre du prélèvement à la source avec toutes les conséquences salariales qu’implique cette mesure. La mise en œuvre du prélèvement à la source sera certes une solution adéquate mais celle-ci devrait être accompagnée de mesures salariales tendant à limiter l’impact fiscal sur les salaires perçus par les agents comme rappelé lors du CTPM. L’ambassade s’était engagée sur le prélèvement à la source en contrepartie de l’abandon des poursuites par les services fiscaux. La réponse de l’administration concernant l’effacement est vague. Des discussions seraient encore en cours avec les autorités marocaines. L’administration tergiverse donc alors même que des dons auraient été faits dans le cadre de la visite du premier ministre Fillon lors de sa venue au Maroc, pour un projet d’étude concernant le TGV, comme souligné lors du CTPM.  En effet, La France devrait verser une subvention d’aide de 75 millions d’euros pour des études de faisabilité du TGV entre Casablanca et Tanger. Il demeure néanmoins nécessaire de souligner à cet effet, la nécessité d’aborder la question

Comme affirmé lors du CTPM, une étude comparative des salaires perçus devait être faite à la fois dans le secteur privé marocain et par rapport à d’autres représentations diplomatiques européennes.

LA GRILLE SALARIALE

A ce titre, la FSU tient à rappeler que la grille salariale du poste au Maroc appliquée depuis 2003 seulement pour le réseau consulaire et diplomatique n’a jamais tenu compte du paramètre fiscal. La grille salaire « Ambassade » adoptée est venue juste pour effacer les écarts discriminatoires existant auparavant (un contrat pour les recrutés locaux français et un autre pour les nationaux). Les salaires ainsi versés pour les personnels ayant des responsabilités administratives ou techniques ne seraient plus compétitifs par rapport au marché local si le salaire n’était pas revu à la hausse (risque de migration vers des entreprises privées marocaines pour les personnels qualifiés). Les agents dépendant des 8 EAF au Maroc sont toujours en attente de la mise en adéquation de la grille salariale vis à vis de leurs collègues exerçant dans le réseau diplomatique et consulaire et ce depuis plus de cinq ans. Les agents des EAF se sont vus refuser l’avancement en 2006 sous prétexte que « la nouvelle grille salariale » serait effective au 01/01/2006. La FSU a donc demandé à l’administration de respecter les règles locales car il s’agit de recrutement local soumis au droit local faisant référence dans les contrats à des possibilités d’avancement (à l’ancienneté, au mérite…).

La FSU demande donc dans un cadre général des moyens adéquats à la mesure des ambitions que défend le MAEE pour les agents des services français à l’étranger.

3. Pour une réforme du décret 2002 qui régularise la situation des résidents

Le SNES a imposé le débat sur cette question dans la commission avenir de l’enseignement français à l’étranger et en dehors, au sein de l’AEFE dans un cadre plus syndical.

Où en sommes nous en ce début du mois de juillet ? Une écoute bienveillante de la part des responsables de la commission mais sans engagements précis sur une échéance. Des premières velléités de la part de la direction de l’AEFE mais un projet renvoyé à l’échéance 2010 par l’Ambassadrice Maryse Bossière.

Tout cela n’est pas sérieux sauf à seulement vouloir gagner du temps par rapport à la remise du rapport de la commission avenir.

Le SNES lui a fait des propositions sérieuses qui consistent à :

-          créer une position administrative unique pour les personnels fonctionnaires et non pas un statut unique comme le réclament ceux qui veulent la peau des expatriés enseignants ;

-          différentier les expatriés et résidents actuels par les fonctions qu’ils exercent ; Mission d’éducation pour les uns, fonction d’enseignement pour les autres.

-          Attribuer à chaque résident nommé dans un pays une prise en charge des frais de voyage pour lui et sa famille ;

-          Majorer les ISVL pendant un certain temps pour cause d’installation ;

-          Remettre à niveau les ISVL par rapport à la hiérarchie des primes d’expatriation.

Tout cela n’est pas très compliqué à mettre en place si la volonté politique existe. Et le coût serait facilement supportable pour le budget de l’Etat si les réformes structurelles de l’établissement public étaient faites.

Si les politiques et administrateurs actuels  ne veulent pas le faire, le SNES appelle les personnels à l’imposer par leur action avec le SNES !

4. Réouverture du lycée Blaise Pascal à Abidjan (côte d’Ivoire) : l’arlésienne

Le lycée Blaise Pascal à Abidjan en Côte d’Ivoire devrait de nouveau ouvrir à la rentrée prochaine. Un conditionnel qui reflète le peu de sérieux encadrant la réouverture de cet établissement, à tout le moins dans le traitement des personnels qui devraient y enseigner.

En effet, un appel à candidature pour 6 postes de certifiés expatriés (histoire géographie, lettres modernes, mathématiques, SES, sciences physiques, SVT) soumis à entretien avait été lancé par l’AEFE pour le 18 mars 2008 dernier délai. Un certain nombre de candidats ont été reçus en entretien et depuis lors … rien ! Les postes ne sont toujours pas pourvus car la signature du texte définissant la structure légale dite« Etablissement en gestion directe » (EGD) n’est à ce jour pas confirmée. En l’attente, il est impossible pour l’AEFE de pourvoir ces postes. Si d’aventure le « feu vert » devait être donné, comment les collègues à qui un poste serait proposé pourraient-ils obtenir leur détachement ? En effet, dans un contexte budgétaire de suppression massive des postes de professeurs au sein de l’Education nationale pour la rentrée prochaine et alors que les collègues refusent massivement les heures supplémentaires dans les académies, la majorité desdites académies se retrouvent déficitaires en terme d’enseignants. Quel recteur acceptera de « laisser partir » un collègue alors qu’il doit gérer une pénurie d’enseignants ? Il est clair que l’AEFE aura de sérieuses difficultés pour imposer les détachements. Enfin, c’est faire peu de cas de la situation individuelle et personnelle des collègues qui devront alors accepter de faire leurs bagages sur le champ … et pour un contrat de deux ans seulement ! Décidément, les professeurs ne seraient que des pions à placer en fonction des besoins du service, discours largement tenu par l’agence depuis quelques temps.

Par ailleurs, la structure dite « EGD » sera virtuelle et permettra notamment de superviser des établissements homologués premier et second degrés à Abidjan sans pour autant qu’il y ait une quelconque convention existant entre ces établissements et l’agence. Conclusion, ce ne sont pas des postes de résidents qui sont à pourvoir mais des postes de détachés directs. Le SNES-FSU insiste bien sur le fait qu’aucune perspective de résidentialisation n’est à envisager pour les collègues qui auraient accepté ces postes ou qui seraient tentés de le faire. Le SNES-FSU déconseille donc très vivement aux collègues de brader leur statut pour une agence incapable d’accompagner cette réouverture d’une mission de service public. Pour rappel, un détachement direct est un détachement annuel qui ouvre droit à pension et à l’avancement de carrière. Point barre ! La rémunération est locale et fixée par l'employeur de même que les conditions de travail. Quant à la couverture sécurité sociale, le futur chef d’établissement du lycée Blaise Pascal écrit aux collègues intéressés qu’elle est « prévue » ....

5. Fonctionnement des CCP locales AEFE

Les problèmes concernant les recrutements de résidents ont été nombreux cette année : barèmes et priorités non respectés, sans compter les personnes que l’administration locale ou l’Ambassade veut placer (cf. HDF Info n°11). Une réunion s’est tenue le vendredi 20 juin à l’AEFE. Il s’agissait pour la Directrice d’expliciter les critères du recrutement des résidents. La discussion  a mis en évidence deux conceptions.  Pour l’Agence, et la Directrice l’a fermement rappelé, c’est la « qualité du dossier » qui prime. Pour le SNES, ce sont les règles de la CCP locale qui comprennent le plus souvent un barème qui repose déjà sur des critères qualitatifs (la notation pédagogique dépend aussi de la qualité de l’inspection, idem pour la note administrative). Si ce n’est pas la panacée, cela permet de discriminer les candidats avec des critères objectifs.  Pour les prochains recrutements à la rentrée 2009, le SNES maintient sa position sur le respect des règles de recrutement que se sont données les CCP locales sachant qu’elles sont le résultat d’un travail commun de l’administration et des représentants du personnel au niveau local.

L’ordre de priorité a lui aussi été discuté. 8 catégories de prioritaires étaient initialement prévues par l’AEFE contre les trois actuelles.

L’Agence a voulu donner priorité  en premier aux titulaires non résidents (TNR) qui sont employés à plein temps durant un an dans leur fonction ou leur discipline.

La deuxième catégorie comprend les personnels ayant déjà un lien avec l’Agence ou avec le MAE. Entrent ici tout naturellement les ex-recrutés locaux lauréats de concours titularisés à l’issue de leur année de stage en France. L’Agence a ajouté à cette catégorie deux situations : les résidents du pays  touchés par une mesure de carte scolaire ou les collègues qui enseignaient dans un établissement culturel français du pays victimes d’un licenciement.

Ensuite l’Agence avait prévu trois catégories : venaient en 3ème position les conjoints d’expatriés (y compris ceux nouvellement nommés) puis en 4ème les conjoints de résidents et en 5ème les conjoints de recrutés locaux. Il est à noter que contrairement à la position initiale de la Directrice concernant le recrutement de résident de Vienne, la distinction entre un(e) conjoint(e) de « fonctionnaire à  mobilité obligatoire » (émanant du MAE) et un(e) conjoint(e) d’un autre expatrié n’a pas été retenue, très certainement car il ne pouvait être juridiquement recevable (l’avis du MAE avait été défavorable). Ce recul est le résultat de l’action conjuguée de la section SNES de Vienne, des autres sections d’Europe et du secteur HDF. En revanche, le SNES s’est fermement opposé à la distinction prônée par ce texte entre conjoint. L’essentiel de la discussion a donc porté sur ce point. La Directrice considère que les carrières des conjoints (souvent des femmes) d’expatriés n’ont pas à faire les frais de la situation liée à l’expatriation de leur conjoint. Selon elle, les conjoints de résidents (qui sont aussi souvent des femmes) auraient fait le choix de se mettre en disponibilité pour suivre leur conjoint. Nous avons vivement critiqué cette vision surtout au moment où l’AEFE multiplie le recrutement hors du pays des personnels faute de vivier local. Le choix du conjoint est bien limité, les perspectives financières sont souvent difficiles  et sa carrière s’en ressent nécessairement. Le SNES a donc milité pour qu’une seule catégorie de conjoint de titulaire soit inscrite dans la circulaire.

Trois autres catégories étaient prévues (résidents d’un autre pays touchés par une mesure de carte scolaire ; expatriés en fin de mission ; puis résidents à recrutement différé). Les résidents à recrutement différé ne devraient plus se trouver dans cette liste consacrée à l’ordre des priorités.

A l’issue de la réunion aucune certitude n’était donnée aux représentants syndicaux sur la réécriture des catégories ayant suscité débat

6. Compte-rendu de la commission bilan du recrutement des Expatriés rentrée

Le 18 juin s’est tenue la commission bilan du recrutement des expatriés à l’AEFE pour l’année 2008-2009. 76 postes de certifiés, agrégés et CPE ont été pourvus cette année, ce qui constitue une campagne de recrutement très restreinte par rapport aux deux années précédentes ; ce nombre très limité s’explique surtout par l’irrégularité du recrutement d’une année à l’autre et non par des suppressions de postes importantes.

La répartition hommes femmes pose toujours problème dans le recrutement : les femmes sont toujours minoritaires dans les dossiers de candidatures parvenus à l’AEFE et plus encore  dans les candidatures retenues. La directrice de l’AEFE a notamment fait remarquer qu’au sein des couples, il est encore fréquent que la sélection de la candidature du conjoint prévale, pour le choix d’un départ à l’étranger, sur la candidature de la conjointe ; elle remarque aussi que les candidatures féminines sont assez souvent des candidatures de femmes seules avec enfants ou n’ayant pas ou plus de contraintes familiales ; dans les couples, il semble donc que certaines traditions perdurent et que la carrière du mari ait encore aujourd’hui une importance plus déterminante que celle de l’épouse.   

Les critères du recrutement des enseignants expatriés restent au cœur de nos discussions, et l’AEFE persiste dans ses positions : pour la directrice, le dossier seul d’un candidat ne suffit pas à déterminer si un candidat peut être retenu pour un  poste et l’entretien vient logiquement clore la procédure de recrutement ; la directrice justifie la nécessité de l’entretien parce que celui-ci seul permettrait d’interroger valablement un collègue sur sa compréhension d’une mission d’enseignant expatrié, de savoir si le candidat a un véritable projet pour sa fonction future et s’il a quelque chose à apporter à l’Agence. L’entretien se justifierait enfin par un nombre de postes d’expatriés appelé à se réduire, avec des missions différentes de celles des enseignants résidents et donc un recrutement de plus en plus exigeant. La directrice va même jusqu’à affirmer que le SNES est la seule organisation à ne pas avoir « intégré » cette nécessité naturelle de l’entretien, comme si les représentants des personnels du SNES étaient une troupe d’irréductibles Gaulois s’obstinant à refuser les bienfaits civilisateurs de la romanité…Les barbares du SNES, en effet, recrutés comme la plupart de leurs collègues par concours, restent obstinément insensibles aux charmes de l’entretien d’embauche (que la directrice n’hésite pas à comparer aux oraux des concours !), qui remet fondamentalement en cause le bon fonctionnement du paritarisme (les informations dont disposent les représentants des personnels sur chaque candidature ne sont plus équivalentes à celles dont dispose l’administration),crée une inégalité de traitement des candidatures (entre les collègues reçus en entretien et ceux qui ne le sont pas)  ne fait qu’ajouter au recrutement des critères d’appréciation subjectifs et ne garantit en rien un recrutement de meilleur qualité.

Le SNES a renouvelé sa demande  de pouvoir disposer, pour la commission de recrutement d’une fiche bilan pour chaque entretien réalisé, fiche qui contiendrait un bref résumé du déroulement de l’entretien et des conclusions de l’Agence sur la prestation du candidat, ceci pour avoir une trace matérielle minimale de chaque entretien et aussi, autant qu’il est possible, une grille de lecture commune à l’ensemble des entretiens. La directrice reste dans l’embarras face à cette demande car elle ne voit pas comment cette fiche pourrait être rédigée ; le sous-entendu de cette réponse est néanmoins limpide : il ne semble pas possible à l’Agence de fournir une fiche  préformée pour tous les entretiens car ce serait bien trop se lier les mains par rapport aux élus des personnels. La directrice accède cependant à l’idée que l’Agence doit expliciter sur son site ses attentes par rapport à l’entretien, de manière à ce que les collègues aient au moins un aiguillage pour le préparer.

L’entretien permet aussi, et ce n’est pas son moindre défaut, de proposer aux collègues reçus des postes qu’ils n’ont pas demandé dans leurs vœux, au prétexte qu’ils correspondraient tout à fait à tel ou tel poste proposé par l’Agence. La directrice défend cette manière de faire en indiquant que l’Agence n’est pas censée obligatoirement satisfaire les désirs des collègues mais qu’elle a la responsabilité, en tant qu’employeur, de placer la « meilleure personne au meilleur endroit », selon ses critères. Le SNES reste en profond désaccord avec ce genre de pratique, qui a déjà conduit à de regrettables dérives : plusieurs collègues se sont vus proposer avec insistance des postes qu’ils n’avaient pas demandé, et la position qui est la leur pendant un entretien ne facilite pas franchement les refus catégoriques ! En outre, on a déjà vu aussi des collègues accepter un poste dans un pays non souhaité, pour ne pas laisser passer leur chance, et se retrouver à vivre une mission d’expatrié très peu satisfaisante, ce qui n’est ni dans l’intérêt des collègues , ni dans celui de l’Agence. Enfin, les collègues nommés hors de leurs vœux le sont au détriment des collègues qui avaient explicitement demandé le poste, ce qui reste une entorse aux règles inacceptable. Si la directrice confirme qu’elle souhaite le maintien des vœux dans les dossiers de candidatures, elle entend se laisser le maximum de marge de manœuvre pour placer les collègues là où l’Agence le souhaite. Le SNES, maintient que le respect des vœux des collègues est encore le meilleur garant d’une expatriation réussie pour toutes les parties prenantes. 

La présence, lors de cette commission, du directeur des personnels gérés hors académie au ministère de l’Education nationale a été l’occasion pour le SNES d’intervenir à propos de la multiplication, cette année, des refus de détachement concernant des collègues recrutés sur des postes de résidents . Plusieurs collègues nommés à la fois sur un poste de résident à l’Agence et dans l’académie de Mayotte à l’issue du mouvement inter académique ont vu leur mutation inter maintenue, alors que la note de service annuelle sur les mutations prévoit qu’en cas de recrutement sur un poste de détaché, la mutation inter est annulée. Or le ministère est revenu en cours de route sur cette règle car le Vice-recteur de Mayotte n’aurait, selon le ministère, plus eu d’enseignants en nombre suffisant pour assurer la rentrée. Le même cas de figure s’est produit pour des collègues en poste ou nommés en Guyane, ainsi qu’en Andorre.

Le ministère justifie cette entorse aux règles auxquelles les collègues se sont fiées par la situation très déficitaire de certaines académies, en particulier la Guyane et Mayotte ; les dispositions de la prochaine note de service seront probablement modifiées en conséquence. Si le SNES entend parfaitement le souci d’assurer le service public d’éducation y compris dans les DOM et les COM, il déplore que des collègues se voient privés d’un recrutement alors qu’ils ont respectés toutes les règles, démarches et calendriers en vigueur ; ces collègues, et nous n’en sommes qu’au début, payent la pénurie d’enseignants qui commence à se faire partout sentir du fait des suppressions massives de postes et de la baisse continue du recrutement. Ces coupes claires ont une incidence immédiate sur la mobilité des collègues.

Le SNES a enfin regretté, à l’occasion de ce bilan, une extension dans le temps du recrutement des expatriés, avec deux commissions cette année, des postes examinés encore le 18 juin et jusqu’à l’heure où nous écrivons ! Une telle gestion pose des problèmes matériels tout autant que des problèmes syndicaux : comment être sûr, en effet, à plusieurs semaines d’intervalles, d’examiner chaque poste de la même manière sans faire d’injustice dans l’examen des dossiers ? Le SNES, dans le souci de veiller à un recrutement toujours transparent et efficace, ne souhaite pas que se développe la tendance au « recrutement en continu ».

La commission s’est terminée par l’examen des demandes de reconduction expresse de contrats d’expatriés et de prolongation exceptionnelle de mission : le SNES rappelle son opposition aux reconductions expresses, la reconduction devant être tacite pour tous les contrats. Le SNES refuse donc de participer au vote sur ces reconductions, sauf dans le cas où un collègue n’est pas reconduit Les demandes de prolongation exceptionnelle de mission ne peuvent se justifier que par un nombre d’annuités insuffisant pour pouvoir accéder à une pension à taux plein à l’issue d’un contrat.

7. Compte-rendu de la seconde commission de recrutement à la Mission Laïque Française

Le 5 juin s’est tenue la seconde commission de recrutement à la MLF pour la rentrée 2008.

La commission de présélection des candidats s’était tenue fin mars, et à la demande de la FSU, une seconde commission en juin se tient pour que les représentants des personnels soient dûment informés, poste par poste, des collègues qui sont finalement retenus,  pour que la MLF explique ses choix et pour éventuellement pourvoir de nouveaux postes.

La Mission laïque a en effet publié début juin des postes supplémentaires sur son site, principalement pour des écoles d’entreprises avec lesquelles un projet a été finalisé très tardivement ou bien parce que les postes à pourvoir le sont dans des pays difficiles ou sur des sites isolés.

Le directeur adjoint de la Mission laïque, en faisant un premier bilan du recrutement de cette année, s’est interrogé sur le moyen de revoir encore le barème existant pour s’assurer que les collègues aux échelons les plus faibles ressortent à coup sûr en tête de liste ; nous avons alors rappelé que le barème actuel permet déjà ce type de classement des candidats, qu’il allait donc être difficile de faire encore meilleur marché en terme de coût salarial, si l’on tient compte du fait que le ministère de l’Education n’autorise les détachements à l’étranger que pour les collègues qui enseignent en France comme titulaires depuis 3 ans minimum, c’est-à-dire au moins au 4e échelon. Nous avons aussi rappelé que, pour certains postes à exigences particulières (FLE...), il était difficile d’exiger des collègues d’être qualifiés dans une spécialité particulière, d’en avoir une expérience confirmée et d’être de surcroît au 4e échelon ! Les préoccupations financières de la MLF, aggravées par la disparition de l’exonération des cotisations patronales pour la retraite, doivent alerter les collègues qui souhaiteraient ou qui viennent d’être recrutés pour qu’ils exercent toute leur vigilance sur les conditions de rémunération et de travail qu’on leur propose.

La discussion a également porté, pour certains postes du premier degré, sur le profilage de certains postes cette année, profilage un peu trop étoffé qui a compliqué le recrutement : nous avons donc rappelé notre opposition à tout profilage de poste qui ne serait pas dicté par un besoin impératif de l’établissement, et ce pour des raisons évidentes de tarissement rapide du vivier de candidats pouvant correspondre au profil : en matière de postes à profil, la MLF  ne peut se payer le luxe de multiplier ce genre de postes, sous peine de se trouver dans l’impossibilité de les pourvoir.

Nous avons enfin réinterrogé la Mission laïque sur la dernière phase de son recrutement : à l’issue de la commission de mars où une liste de collègues est préétablie pour chaque poste à pourvoir, les dossiers de ces collègues passent au contrôle financier de la MLF, puis, après acceptation, sont envoyés directement pour choix définitif au chef d’établissement ; c’est là qu’il devient intéressant de constater que bien souvent, seul un collègue sur les 3 ou 4 dossiers reçus est contacté, le chef d’établissement faisant son choix sans prendre la peine de contacter véritablement l’ensemble des collègues proposés. Nous avons donc demandé que les chefs d’établissement motivent leur choix définitif : c’est bien le moins que l’on doive aux collègues qui sont présélectionnés et qui, ensuite, n’ont plus aucune nouvelle de la MLF !  

 

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