Le mépris et les courbettes

Mais que vous ont-ils fait ? Il faut dire que la plupart des enseignants à l’étranger ne sont pas du genre à se laisser faire. Ils sont attachés à leurs droits et ils les font respecter. Les attaques contre le métier d’enseignant mettent de l’huile sur le feu mais même sans cela, le raz le bol est général !

Au-delà des problèmes bien réels que les collègues mettent en avant depuis des mois,, ce ras le bol est le résultat du mépris affiché par les administrations françaises locales et nationales vis-à-vis des enseignants à l’étranger.

Il faudrait marcher comme des petits soldats, taire les problèmes de rémunération, passer sous silence les injustices sur les congés maladie, fermer les yeux sur les recrutements à la carte et ignorer le sort des recrutés locaux. Trop c’est trop ! Quand dans le même temps  nos administrations font des courbettes aux politiques qui n’ont de cesse que de privatiser de plus en plus, voire complètement l’enseignement français à l’étranger : la coupe est pleine. L’Etat prend en charge la scolarité des élèves français en terminale et abandonne les salaires des personnels, on s’incline ! Pour donner des soit disant gages aux parents, on recrute à la carte au mépris des qualifications des personnels, le chœur des courtisans applaudit !

Mais les personnels ne se laisseront pas piétiner ainsi. Ils ont déjà réagi sur leurs revendications à plusieurs reprises au cours de cette année scolaire. Le temps est venu d’imposer ces revendications par respect de notre profession.

Le 5 mai le Conseil d’Administration de l’AEFE se réunira en séance plénière. Dès maintenant adressez vos courriers à la Présidente du CA et à la Directrice de l’AEFE pour exiger le respect de votre profession et la satisfaction de vos revendications.

Mobilisez l’ensemble des personnels pour une action de grande ampleur dans la période de l’action nationale du 18 mai si nous ne sommes pas entendus.

Paris, le 8 avril 2008

SOMMAIRE

1.       De qui se moque-t-on ?

2.       Grève des recrutés locaux au Maroc

3.       Bilan de la grève du 18 mars

4.    CCPLA : respecter les enseignants en respectant les règles de recrutement

5.       AEFE : compte-rendu des CCPC sur le recrutement des expatriés

6.       CA de l’AEFE

7.       Remboursement des frais de voyage pour concours, entretiens….

8.       A.E.F.E. : circulaire vie scolaire

9.       Le SNES sur le terrain :

Ø       Stage syndical de Libreville

Ø       De passage à Douala

10.    Recrutement mission laïque française pour la rentrée 2008

11.    Postes de lecteurs : postes déconseillés par le SNES-FSU

 

1. Ambiance à Libreville : De qui se moque-t-on ?

Voila maintenant presque trois ans que les enseignants du lycée de Blaise Pascal tentent d’alerter l’AEFE sur la faiblesse de l’ISVL au Gabon alors que le coût de la vie ne cesse d’augmenter ce qui rend cette destination peu attractive pour de nombreux collègues.

Lors des grèves qui ont émaillées ces dernières années, nous avons régulièrement adressé au SCAC et à la Directrice de l’Agence, par la voie hiérarchique, des courriers revendiquant une hausse substantielle de l’ISVL au Gabon.

Faute de réaction de la part de l’Agence, près de 70% des enseignants ont décidé, en février dernier, de boycotter les épreuves blanches.

Le 26 mars dernier, les enseignants étaient conviés à une plénière en présence de deux représentants de l’AEFE qui arrivèrent les mains vides et qui repartirent sans aucune promesse d’augmentation de l’ISVL, non sans avoir été quelque peu chahutés par la cinquantaine de collègues présents à cette réunion.

Une semaine plus tard, nous avons reçu une lettre indiquant que les représentants de l’AEFE avaient pris acte de nos problèmes et en avaient référé à la Directrice de l’Agence. Cette lettre, datée du 1er avril, indiquait également que le bureau de l’APE organiserait fin avril une réunion des personnels et que l’Ambassadeur de France était prêt à nous recevoir.

Le soir même, les représentants des personnels ont été convoqués à une réunion inopinée, en présence des membres de l’APE, du Scac et de l’administration.

L’objet de cette réunion était d’annoncer que la Directrice de l’Agence était prête à négocier mais pas sous la menace : toute action devait donc cesser.

Le lendemain matin, à l’issue de la réunion, l’ensemble du personnel a reçu une lettre du proviseur, non datée, proposant de cesser toute action de boycott : « Le préalable à toute négociation est la levée de toute mesure de rétorsion. »

Le ton de cette lettre est infantilisant et méprisant. C’est celui qu’utilise le Proviseur lorsqu’il s’adresse au corps enseignant.

Cette note d’information sur négociations avec l’AEFE se conclut par un appel à un « vote démocratique » sous entendant que les représentants des personnels dissimuleraient les informations et ne feraient pas leur travail auprès des collègues.

Les représentants syndicaux Snes ont organisé de nombreuses réunions d’information et près de 70% des enseignants concernés se sont prononcé pour le boycott des épreuves blanches.

Nous maintenons donc notre position et attendons une réponse sérieuse à nos propositions.

Laurent Picard

(Représentant Snes –Libreville – Gabon)

2. Grève des recrutés locaux au Maroc

Nos collègues recrutés locaux marocains étaient en grève le 25 mars 2008 pour les problèmes salariaux qui doivent être résolus en urgence. Cela concerne la compensation de la perte de revenu provoquée par les prélèvements fiscaux qui vont tomber très prochainement et l'application des dispositions du code du travail, en particulier l'indemnisation des retraités et la révision de la grille des salaires.

La grève a été très fortement suivie. Même le SCAC a avancé le chiffre de 90 % comme moyenne nationale. Dans quelques établissements EAF, FES par exemple, le taux était de 100 % de grévistes (24/24 agents grévistes)

Malgré ce mouvement de très grande ampleur, l’Ambassade de France ne propose aucune négociation. Cette situation ne fait qu’augmenter l’inquiétude des personnes. Les consulats, chancellerie n'ont pas suivi ce mouvement : ils seront associés lors de la prochaine action.

La FSU-MAE soutien les collègues marocains en grève à l’appel de l’UMT pour leurs salaires. Elle interviendra à nouveau auprès du Ministre des Affaires étrangères et de l’Ambassadeur au Maroc pour qu’ils prennent leurs responsabilités vis à vis des salariés du MAEE.

3. Bilan de la grève du 18 mars

Malgré un appel second degré uniquement et une période de vacances scolaires pour de nombreux pays, la grève a été effective dans 25 établissements avec des pourcentages de grévistes importants. Le mouvement témoigne de problèmes très profonds à la fois par rapport à des demandes récurrentes mais aussi par rapport aux difficultés de plus en plus grandes d’exercice du métier à l’étranger.

L’ensemble des demandes sera une nouvelle fois présenté devant le Conseil d’Administration qui se réunira le 5 mai prochain.

Un nouveau temps fort est envisagé en concordance avec l’action nationale du 18 mai si nous ne sommes pas entendus.

PAYS

ETABLISSEMENT

Nbre grévistes

NOUVELLE CALEDONIE

 

14% au clg de Rivière Salée

28% au clg de Tuband

28% au clg de Koutio

70% au clg de Païta

 

ALGERIE

Alger

Nous avons déposé un préavis de grève pour le 31 mars si les négociations salariales en cours n'aboutissent pas : Alger est parmi les pays qui paient le moins les enseignants locaux.( 240 euros environ

ALLEMAGNE

Fribourg

50 %

ARGENTINE

LF Mermoz Buenos Aires

50 % expatriés

59 % résidents

BELGIQUE

Bruxelles

1 % résidents

BOLIVIE

Lycée Jean Monnet

33 % expatriés

20 % résidents

BRESIL

Sao Paulo

35 % présents à HMIS

rédaction de courriers individuels sur l’ISVL

Demandes de bourses

Postes susceptibles d’être vacants

CANADA

Marie de France

12,5 % expatriés

26 % résidents

CANADA

Stanislas

1 expatrié et 3 résidents

CHILI

Santiago

60 % expatriés

61 % résidents

CHILI

Conception

100 %

EGYPTE

Le Caire

75 % expatriés

56 % résidents

42 % RL

EMIRATS ARABES UNIS

Dubaï

23 % résidents

22 % RL

GABON

Lyc. Blaise Pascal Libreville

30 % expatriés

17 % résidents

1 RL

GRECE

Lf  d’Athènes

12 à 15 %

ITALIE

Lyc Chateaubriand Rome

37,5  % résidents

MAROC

AGADIR  Clg Gauguin

3 grévistes

MAROC

CASA Lycée Lyautey

46 % expatriés

27 % résidents

41 % RL

MAROC

KENITRA Clg Balzac

50 % expatriés

100 % résidents

88 % RL

MAROC

MARRAKECH Lycée Victor Hugo

11 % expatriés

41 % residents

8 % RL

MAROC

MEKNES  Ly. Paul Valéry

50 % expatriés

33 % résidents

78 % RL

MAROC

RABAT Lycée Descartes

34,4 % total Maroc

25 % expatriés

32 % résidents

15 % RL

MAROC

RABAT clg  Saint Exupéry

100 % expatriés

54  %  résidents

71 % RL

PHILIPPINES

EF Manille

50 % expatriés

100 % résidents

POLOGNE

Varsovie

33 % expatriés

TOGO

Lomé

20 % expatriés

30 % résidents

3 % RL

 

TUNISIE

Lyc Mendès France

Tunis

 

27 % expatriés

23,88  résidents

 

VANUATU

Lycée français

infos sur la situation en France et dans le réseau AEFE lors d'une heure d'info syndicale le 11 mars

4. CCPLA : respecter les enseignants en respectant les règles de recrutement

De nombreuses sections nous ont alertés sur de graves problèmes concernant les recrutements de résidents. C’est le cas à Pékin, Mexico, Vienne…la liste est très longue et concerne aussi le recrutement de professeurs des écoles.

Pour beaucoup ces problèmes sont liés à la volonté de faire des passe-droit à des collègues conjoints de personnels d’Ambassade, de cadres du privé ou même, pour des faux résidents, des connaissances de membres de l’administration.

Le SNES dénonce ces pratiques du « fait du prince » et demande à la direction de l’AEFE de faire respecter l’équité et la transparence y compris dans le recrutement des résidents.

Le SNES conseille aux collègues lésés de faire un recours auprès de la Directrice de l’AEFE pour faire valoir leur droit au recrutement.

Le SNES demande à ses représentants en CCPLA d’adresser aussi à la Directrice de l’AEFE un courrier faisant état des problèmes rencontrés dans le déroulement de la CCPLA sur les questions de recrutement.

Une copie de chacun de ces courriers devra être adressée au secteur HDF du SNES.

5. Compte-rendu des CCPC AEFE pour le recrutement des professeurs et CPE expatriés (25-26 mars 2008)

Les candidatures pour les postes d’expatriés publiés au B.O.E.N. ont été examinées lors des Commissions consultatives paritaires centrales (CCPC) de l’AEFE les 25 et 26 mars 2008. Les postes supplémentaires, qui ne sont pas publiés, ont été également pourvus à partir des vœux géographiques formulés par les candidats. Sur 71 postes à pourvoir, dont 23 postes supplémentaires, 38 postes étaient soumis à un « entretien » préalable. Dans ces commissions, le SNES-FSU a 4 sièges sur 5 chez les agrégés et 5 sièges sur 5 chez les certifiés. Tous les collègues syndiqués au SNES-FSU ont été informés directement et personnellement à l’issue des commissions paritaires. Une seule phrase résume ce recrutement 2008 : un recrutement sans transparence ni équité dans le traitement des candidatures !

Pour le respect des personnels et des représentants des personnels !

Le SNES-FSU a d’entrée prononcé une déclaration générale sur le pire recrutement des expatriés qui ait jamais eu lieu depuis la création de l’AEFE. Pour la première fois, le SNES-FSU a rappelé en préliminaire que les collègues devaient être respectés dans leur métier et dans leur fonction, et que les représentants des personnels devaient être considérés comme tels. Malgré ce rappel des fondamentaux, les représentants des personnels ont entendu des propos d’autant plus inacceptables sur les collègues qu’ils émanaient de représentants de l’administration ne connaissant absolument rien au métier de professeur, à l’enseignement et au fonctionnement des établissements scolaires.

Par ailleurs, les commissaires paritaires ont pour la première fois déploré le fait de ne pas avoir bénéficié de bonnes conditions de travail pour jouer pleinement leur rôle de commissaires paritaires et pour faire valoir les droits de tous les personnels. Les documents de travail ont en effet été transmis très tardivement, notamment pour les postes à « entretien ». De surcroît, au moment des pré-sélections pour les postes à « entretien », les commissaires paritaires n’ont disposé que d’un délai de 24 heures pour examiner les propositions de l’administration, pour faire valoir les droits des collègues et pour interroger l’AEFE sur les candidats qui n’étaient pas pré-selectionnés. L’AEFE en a convenu en arguant que cette procédure en deux temps liée aux « entretiens » était « lourde et longue ». Comme quoi, la procédure est mauvaise …

Pour un recrutement équitable et transparent !

Le SNES-FSU s’est prononcé de nouveau contre les « entretiens » (le terme est-il d’ailleurs approprié ?) dont la très grande majorité n’est en réalité qu’une mascarade. Pour l’AEFE, ils sont « un élément très important pour avoir une idée des expatriés qui sont recrutés ». Ils permettent de se faire « une opinion plus précise des candidats que celle fournie par le dossier ». En effet, si les postes d’expatriés sont tellement menacés, « c’est que nombreux sont les expatriés qui, par le passé, n’ont rien fait pendant 6 ans » (sic !!! il s’agit du respect des collègues … dans sa version allègriste). Pourtant les faits prouvent le contraire. Depuis la création de l’AEFE, la grande majorité des collègues ont été recrutés sans entretien. Les résultats élogieux obtenus par les élèves du réseau et les témoignages de ceux-ci (Nadine VASSEUR, La leçon de français. Les lycées français à l’étranger : d’anciens élèves se souviennent, 2005, Actes Sud-AEFE) montrent que l’on a jamais cessé de recruter de bons enseignants … sans entretien ! Cette année encore, les recrutements sans entretien préalable ont permis de recruter d’excellents collègues dont les capacités sont attestées par les inspections !

Et l’AEFE de nous préciser le déroulement des « entretiens » et les attentes de l’administration concernant les candidats reçus. Cet « entretien » dure une demi-heure et le (la) candidat(e) est reçu(e) par la directrice ajointe de l’AEFE, par ailleurs présidente des commissions paritaires de recrutement, par le responsable pour l’AEFE du secteur géographique concerné et, enfin, par l’IA-IPR de la discipline détaché(e) à l’AEFE. Ce (tte) dernier(e) se révèle être bivalent(e) ou trivalent(e) puisqu’il ou elle assistait à des entretiens concernant des disciplines pour lesquelles il ou elle n’est pas compétent(e). Somme toute, l’histoire-géographie et les SES sont des disciplines « proches », les sciences physiques et les SVT également. Qu’avions-nous énoncé en déclaration préliminaire à propos du respect des collègues dans leur métier …. ? Après 5 à 10 minutes durant lesquelles les collègues doivent « exposer leur carrière et les compétences qu’ils ont acquises », le reste du temps est consacré à un interrogatoire. Les collègues sont soumis aux questions de l’administration qui « complète l’analyse du dossier ». Enfin, le responsable du secteur géographique montre (ou est censé montrer) les difficultés du pays puisque les « entretiens » concernent souvent les pays de la zone A, pays dits « difficiles ».

Quels ont été les critères de l’administration pour classer les collègues ? Tous les critères sont présentés tels qu’ils ont été énoncés en séance. Sans commentaire ou presque !

1) la qualité de l’expression ;

2) la connaissance des programmes ;

3) le travail en équipe et le partenariat avec des institutions extérieures (exemple cité … la DRAC) ;

4) l’expérience de formation des collègues (en université, en IUFM, en collaboration avec l’inspection, en coopération éducative) ;

5) la capacité à susciter l’adhésion et le rayonnement ;

6) le sens de la mission avec un équilibre entre l’intérêt général et l’intérêt particulier ;

7) l’intérêt pour les élèves (enfin, un mot sur nos élèves qui constituent le cœur de notre métier !)

Outre qu’il s’agit de faire fi du paritarisme puisque les représentants des personnels élus n’ont disposé d’aucune des conclusions des « entretiens » avant les CCPC, ces derniers caractérisent un recrutement à la carte pour ne pas écrire pire. L’inéquité et l’absence totale de transparence d’une telle procédure menacent gravement la qualité de l’enseignement français à l’étranger. En effet, qui, aux yeux de l’AEFE, sait se vendre, sait séduire, sait pavoiser, sait faire acte d’allégeance est classé en premier sur un poste par la direction de l’agence. Les collègues reçus en entretien ne sont pas à mettre en cause mais la subjectivité dont fait preuve l’agence lors de ces entretiens met en péril l’objectivité du recrutement. N’avons-nous pas entendu comme réponses à propos de tel(le) ou tel(le) collègue classé(e) qu’il ou elle l’était « pour service rendu à la patrie » (les historiens ou tout simplement les citoyens que nous sommes apprécieront à leur juste valeur cette réponse lourde de sens) ? Autre réponse avancée à des représentants des personnels élus : « l’intérêt du service prévaut sur l’égalité de traitement » (système républicain quand tu nous tiens !), ou encore « le but de l’Agence n’est pas de satisfaire les vœux des collègues ».

Pour le remboursement des frais de transport des collègues reçus en entretien !

Comme le prévoit l’article 6 du décret n°2006-781 du 3 juillet 2006, la convocation à un entretien de sélection à un poste d’expatrié par l’AEFE ouvre droit au remboursement des frais de voyage (voir article dans ce même Hdf-Infos et dans le Hdf-Infos n°10). Nous l’avons très clairement rappelé en séance. Silence édifiant de l’AEFE. Pour quelles raisons ? L’AEFE fait tout, mais absolument tout, pour ne pas rembourser les collègues. Ainsi aucun candidat ne s’est vu remettre le jour de son entretien les pièces nécessaires pour se faire rembourser, à savoir l’imprimé 183 à compléter ainsi que la liste des documents nécessaires pour le remboursement (convocation, facture originale du voyagiste, billets d’avion et cartes d’embarquement originaux). C’est une honte pour un établissement public dirigé par un haut fonctionnaire de l’Etat soumis aux règles de la comptabilité publique. L’AEFE compte très clairement sur le fait que les collègues concernés ont jeté à la poubelle toutes les pièces justificatives.

Que conseille le SNES-FSU aux collègues reçus en entretien ? Ils doivent rédiger un courrier à l’attention de la directrice de l’AEFE en lui demandant le remboursement des frais de transport conformément à la réglementation de la fonction publique et en lui réclamant l’envoi des documents nécessaires pour ouvrir les droits à remboursement. Si d’aventure, des collègues n’avaient plus en leur possession les pièces justificatives, ils rédigeraient une attestation sur l’honneur. Si l’AEFE venait à refuser le remboursement à des collègues, nous invitons ces derniers, s’ils sont syndiqués, à prendre contact dans les meilleurs délais avec les militants du secteur hors de France du SNES-FSU.

Pour le respect des règles en vigueur !

Le SNES-FSU a bien pris la précaution de rappeler que des règles existaient dans le recrutement des professeurs expatriés et que représentants des personnels et administration devaient s’y conformer. Ces règles sont définies chaque année lors de la commission dite bilan. Un certain nombre d’entre elles sont dénoncées par le SNES-FSU mais elles ont toujours été respectées et appliquées à tous les collègues par les représentants des personnels, attachés au paritarisme, à la transparence et à l’équité du traitement entre tous les candidats. Réponse de l’AEFE à ce rappel fort utile : « oui, bien sûr » et de voir ensuite l’AEFE bafouer sans cesse ces règles durant les commissions paritaires ! Jamais au cours des CCPC de recrutement des expatriés, les représentants des personnels ont soumis au vote autant de propositions de contre-classement. L’AEFE s’asseoit sur le barème comme sur certains éléments de profil dès lors que cela lui permet de classer « son » candidat-maison !!!!

Pour un recrutement des CPE digne de ce nom !

Pour la rentrée 2008, 9 postes de CPE étaient à pourvoir. 162 collègues ont fait acte de candidature ; 19 collègues ont été reçus en entretien et 12 ont été classés.

D’emblée le SNES-FSU a réclamé l’établissement d’un barème permettant un recrutement transparent et équitable. L’AEFE n’a certes pas répondu. Inutile d’ailleurs puisqu’elle considère les CPE comme « des membres à part entière de l’équipe de direction ». Elle ne veut donc surtout pas instaurer de barème.

Sur les 9 postes de CPE, 7 postes étaient des postes dits de « faisant fonction ». Le SNES-FSU s’est élevé contre ce type de postes pour deux raisons. Un poste de direction doit revenir à un personnel de direction d’autant plus que les collègues détachés « faisant fonction » ne perçoivent pas l’indemnité qui leur est liée et qui est versée en France aux collègues concernés.

Pour la première fois, les règles ont été totalement bafouées. Il s’est agi d’un recrutement de tartuffe, comédie en moins. Même s’il n’existe pas de barème, il existe des règles comme pour le recrutement des professeurs expatriés. Ainsi ne peut être classé sur un poste publié qu’un(e) collègue qui en a formulé le vœu et sur un poste supplémentaire qu’un(e) collègue qui en a formulé le(s) vœu(x) géographique(s). L’AEFE s’est assise sur ses propres règles et a placé ses CPE comme des pions dès lors que les collègues avaient « ajusté » leurs vœux au cours de l’entretien. Par ailleurs, sur les postes de « faisant fonction » ont toujours été recrutés des collègues qui avaient cette expérience administrative, exigée d’ailleurs par l’AEFE dans le profil des postes. Il s’avère que non seulement ce n’est plus le cas mais que le déni de ces règles s’est fait sans même que les représentants des personnels en aient été informés en amont. Au moment des pré-sélections des candidats par l’AEFE, cette dernière a menti ouvertement en refusant de recevoir en entretien tel(le) ou tel(le) collègue parce qu’il(elle) n’avait « pas d’expérience administrative similaire » alors que d’autres collègues sans expérience avaient la chance de « monter à Paris » pour un entretien. Que de collègues bafoués et lésés sur les 162 candidats !

Pour 5 des 9 postes, les représentants des personnels ont donc proposé et soumis au vote un autre classement (conforme aux règles de recrutement en vigueur) que celui proposé par l’administration (non conforme aux règles de recrutement en vigueur).

Pour l’établissement d’un calendrier cohérent !

En effet, les commissions paritaires locales de recrutement des résidents ont commencé avant celles des expatriés ou bien se sont tenues conjointement. De fait, les candidatures des éventuels conjoints d’expatriés étaient écartées. Le SNES-FSU a réclamé bien évidemment le retour à un calendrier permettant une cohérence dans les deux types de recrutement. L’AEFE a entendu mais a-t-elle écouté ?

Ce mode de recrutement ne peut pas durer. Les entretiens nuiront à terme à la qualité de l’enseignement français à l’étranger car les conditions de recrutement ne sont plus transparentes ni équitables. Il s’agit d’un recrutement maison qui va à l’encontre de la mission de service public dévolu à l’AEFE.

6. C.A. DE L’A.E.F.E. du 2 avril 2008

Ce conseil extraordinaire ne contenait que des opérations immobilières dans son ordre du jour.

La directrice de l’AEFE fait un introduction sur le cadre des projets immobiliers en général. Des difficultés sont pointées du fait des différents statuts des établissements (EGD ou conventionnés). Par ailleurs certains blocages sont constatés pour les établissements non encore remis en dotation à l’AEFE (la majorité d’entre eux). Pour les établissements déjà remis en dotation, il existe néanmoins des difficultés, en particulier sur la possibilité de l’AEFE d’y construire.

Un point particulier est fait sur la situation de Pékin.

A ce jour, trois projets de relocalisation du lycée français sont envisagés, tous, au dire de la directrice, « intéressants et offrant de bonnes conditions d’accueil ». Les capacités d’accueil à ce jour (environ 1100 élèves) et la croissante forte des demandes feraient que l’on s’oriente vers un projet pouvant accueillir 2000 élèves.

Projet a) 10ha, site d’une ancienne école internationale. Le bien serait loué à un propriétaire chinois. Situé à 3 Km de l’école internationale américaine (route de l’aéroport), quartier à devenir résidentiel et offrant la possibilité d’un internat. Les travaux de réhabilitation seraient très lourds (environ 10M €). Le tout serait financé par un emprunt sur 15 ans et reviendrait annuellement à un loyer de 1,5 M€ pour la totalité.

Projet b) 5 ha à 15 km du site actuel (mi-chemin entre le centre ville et l’aéroport). Le prix fixé (pour 3 ha uniquement à ce jour) reviendrait à 1,5 M€ annuellement. Prix à revoir à la hausse pour une proposition de 3 ha.

Projet c) 3 ha (pour l’instant, à la hausse si 5 ha) à 3 km de l’établissement actuel. Reviendrait à 2,5M€/ an.

1.       Projet d’acquisition d’un terrain destiné à la relocalisation du lycée français de Brasilia (Brésil)

La programmation 2007/2009 avait prévu (C.A. de novembre 2006)  l’achat d’un terrain pour un montant à hauteur de 2,4 €. Le coût de construction pour une capacité de 700 élèves était estimé à l’origine à 4M€. Le SNES/FSU intervient sur plusieurs points. Tout d’abord, le nouveau projet présenté est nettement plus onéreux que l’initial puisqu’il s’élève à 5,5M€ uniquement pour le terrain. Le montage financier repose pour beaucoup sur deux aspects plutôt aléatoires : la forte augmentation prévue des frais d’écolages et l’augmentation des effectifs.

Dans le premier cas, l’aefe reprend le montage donné localement à Brasilia (une augmentation d’au moins 31% à l’échéance 2011-celle-ci ne tenant d’ailleurs pas compte de l’inflation moyenne de 5%, ce qui ferait porter l’estimation à 50%) et considère que l’APE est à même de financer ceci. Sur la demande d’inscriptions, l’aefe nous dit être très confiante même si la perspective nous paraît moins évidente. A ce titre, le fonctionnement de Brasilia au calendrier du rythme nord est évoqué, vu la zone et les calendriers de Rio et de Sao Paulo.

Le projet comprendrait donc une redevance domaniale à verser d’environ 280 000 €/ an, l’APE disposant à ce jour d’environ 4M€ de fonds propres. Un emprunt supplémentaire devrait donc être contracté pour un montant de 3,1M€, les 2,4M€ de provision précédents étant également et comme prévu affectés.

Dans ce montage, le SNES/FSU est revenu par ailleurs sur l’éventuel « blocage » budgétaire que ce projet allait engendrer sur le budget local. Nos collègues sur place et nous même revendiquons régulièrement une augmentation nécessaire de l’ISVL mais là, il semble beaucoup plus difficile de trouver les moyens d’entendre une revendication pourtant bien légitime : deux poids, deux mesures !

Vote : Pour 14, Abstention 4 (FSU)

2.      Projet de construction du lycée français d’Ankara (Turquie) dans le cadre du passage en EGD.

En 2006, l’AEFE a acheté un terrain pour un montant de 650 000 €.. A l’origine, l’APE était disposée à assurer la maîtrise d’ouvrage de l’opération. Les équipes ayant changé, l’engagement aussi et par ailleurs, pour clarifier le cadre de ce projet, l’établissement est passé en gestion directe. Le projet actuel s’élève à 7,3M €. Ce montant comprend une exonération de TVA locale pour les marchés de travaux, qui toutefois ne semble pas acquise à ce jour et serait remise en cause. Le SNES/FSU demande précisions sur le montage et en particulier dans le mesure où le nouveau projet envisage une très fort augmentation des effectifs. Dans sa réponse, l’AEFE note une très forte augmentation des effectifs en Turquie en général. Une précision est donnée dans le projet, le site actuel serait repris pour l’école maternelle (des travaux importants étant nécessaires) et le nouveau terrain verrait la construction du collège et du lycée.

Vote : pour 14 abstention 4 (FSU).

3.      Bail avec le trust de l’ambassade pour la mise à disposition des « mews » au lycée Charles de Gaulle à Londres.

Le trust de l’Ambassade de France en Grande Bretagne met à disposition du lycée Charles de Gaulle à Londres, à compter de cet été, les mews dont il est propriétaire. Cette mise à disposition est concrétisée par un bail de 50 ans « au franc symbolique ». La rénovation de ces locaux qui accueilleront l’école maternelle a été évaluée à 1 million d’euros en partie financée par un don de l’A.P.E.. Les mews devraient être opérationnels à la prochaine rentrée scolaire.

Vote : pour à l’unanimité.

4.                Bail avec la mairie de Fulham pour la location des nouveaux locaux au lycée Charles de Gaulle à Londres.

Le bail avec la mairie de Fulham pour la location des nouveaux locaux au Lycée Charles de Gaulle est proposé à des conditions inférieures à celles du marché actuel pour une durée de 25 ans et en deux parties. Il s’agit, entre autres,  de lancer dans cet établissement un projet éducatif bilingue.

Vote : pour à l’unanimité.

5.      Acquisition d’un terrain de sport de 2000m2 pour le lycée français de Tananarive (Madagascar).

A Tananarive, il est proposé pour une somme modique (5 euros le m2) l’achat d’un terrain de 2000m2 qui sert déjà (prêté à titre gracieux) de terrain de sport à l’établissement.

Vote : pour à l’unanimité.

6.      Projet d’acquisition d’un terrain à Vientiane (Laos)

A Vientiane, le lycée français est en situation de saturation. L’Agence informe le Conseil d’Administration de son intention d’acheter un terrain.

7. Remboursement des frais de voyage pour concours, entretiens…..

Le Secrétaire Général de la FSU a interrogé la Direction Générale de la Fonction Publique sur l’application à l’AEFE du décret n° 2006-781 du 3 juillet 2006 fixant les conditions et modalités de règlement des frais occasionnés par les déplacements temporaires des personnels civils de l’Etat.

Cette réponse met en avant le principe affirmé dans l’article 6 du décret selon lequel il appartient à chaque administration d’assumer la prise en charge financière de ses agents.

Cela permet à la DGAFP de rappeler que les agents de l’AEFE ont droit à la prise en charge des frais de voyage pour se présenter aux concours de la fonction publique et cela à raison d’un aller et retour par an.

Sur les entretiens la réponse DGAFP précise que le décret de 2006 « ne ferme pas la possibilité d’indemniser les agents dans la mesure où ils apportent un concours à l’administrativement » (art 2 du décret du 3 juillet de 2006).

La fonction publique ne se prononce pas sur le dispositif dans la mesure où « il serait à l’étude à l’AEFE… ».

Nulle part dans le courrier les possibilités de remboursement sont refusées !

L’AEFE lambine encore pour faire quelques économies supplémentaires et pour ne pas assumer sa politique de recrutement.

Les collègues convoqués aux entretiens ont payé leurs frais. L’AEFE doit leur rembourser !

8. Circulaire vie scolaire

La nouvelle circulaire vie scolaire qui se substituera à la circulaire n°1897 du 23 juin 2006 précise l’organisation de la vie scolaire et des instances dans les établissements d’enseignement de l’AEFE.

Un certain nombre de grands principes communs aux établissements français sont réaffirmés :

La mise en place du conseil de second degré est confirmée. Il est composé de :

Le SNES avait demandé que les représentants des personnels au conseil du second degré soient élus au conseil d’établissement. Cette revendication a été satisfaite : « les représentants des personnels sont élus en leur sein par les membres titulaires et suppléants du conseil d’établissement appartenant à leurs catégories respectives »

L’action du SNES  a aussi permis  que ce conseil soit cantonné à un rôle préparatoire au conseil d’établissement : « il prépare les travaux du CE pour ce qui concerne le second degré »

Nous remarquons aussi que la composition paritaire que nous avions demandée pour le précédent texte, a été respectée : « Le conseil du second degré à l'instar du Conseil d'établissement, est composé selon une répartition tripartite et paritaire »

Le Conseil d'établissement 

Le texte reprend pour l'essentiel celui de 1994 et respecte la représentation démocratique des trois collèges sur la base d'une élection.

Sa composition est tripartite et « le nombre de membres de droit (l'administration) détermine le nombre des membres du conseil d'établissement »

Les représentants des trois collèges sont élus au scrutin de liste, à la représentation proportionnelle au plus fort reste.

Point important : le conseil d'établissement se réunit en séance ordinaire au moins une fois par trimestre et obligatoirement dans les trois semaines qui suivent les élections. Les documents préparatoires doivent être envoyés au moins dix jours à l'avance.

Pour rappel une des attributions principales du CE est l'adoption de la carte scolaire des détachés (création-suppression-transformation et maintien de postes) L'enjeu est de taille et il faut que les établissements tiennent les délais pour que les commissaires paritaires des instances comme le CTP central puissent faire leur travail.

Une nouveauté : sur l'initiative du SNES, la nouvelle circulaire invite les établissements à mettre en place un comité hygiène et sécurité.

Dernier point et non des moindres : « le conseil est informé du budget de l’établissement et du compte financier qui font l’objet d’un rapport de présentation de l’ordonnateur et du comptable ». Cette disposition capitale permettra aux représentants élus d’exprimer les positions du personnel par l’intermédiaire d’un vote.

9. Le SNES sur le terrain 

Stage syndical à Libreville les 13 et 14 mars 2008

Ce stage a rassemblé des collègues de Point Noire et de Libreville. Les collègues du Cameroun et de Centrafrique n’ont pu participer à cette session à cause des examens de fin d’année.

Ce stage a permis de faire le point sur l’organisation du Snes HDF, les recrutements des résidents et des expatriés, les droits des enseignants et la notation administrative, le statut des établissements de l’AEFE et les relations avec le comité de gestion.

Une séance a été également consacrée au décret de 2002 qui définit la rémunération des personnels et les participants ont ensuite fait une comparaison des situations des résidents de la sous région.

Le stage a permis aussi de faire le point sur la situation des recrutés locaux à partir de l’exemple de Libreville : rémunération, avancement et droit de grève.

Une fois de plus, ce stage a été riche en intervention concrètes et aussi en connaissances nouvelles.

Il en ressort un potentiel important pour le SNES dans la sous région qu’il faudra développer. Cette capacité syndicale affirmée sera bien utile pour faire respecter les droits de tous les personnels, pour améliorer la rémun