Le devoir de résistance !

Mesure Sarko sur la prise en charge de la scolarité, paiement des cotisations pour pension par l’employeur, déconventionnements, blocages sur les ISVL, absences de mesures pour les recrutés locaux, restructuration des directions du MAEE et partiellement de la DGCID…il faut avoir le courage de dire que ça suffit !

De plus en plus de collègues de tous les secteurs en ont ras le bol de subir les directives de quelques courtisans qui ne sont guidés que par leur carrière personnelle.

Sous couvert de RGPP, de livre blanc ou vert, de modernité, c’est la fonction publique que l’on veut réduire à la portion congrue et dont on veut privatiser les moyens d’action.

Pour stopper tous ces projets néfastes, le SNES et la FSU appellent tous les agents à la résistance à tous les niveaux.

Des actions sont engagées par les sections dans un certain nombre d’établissements. Il faut les amplifier en étendant le mouvement de refus des « bac blancs », de rétention de note de TPE…

Toutes ces initiatives locales devraient converger vers une grève le 18 mars à l’appel pour le moment de l’Intersyndicale du second degré en France. Hors de France, nous utiliserons ce temps fort pour imposer des négociations sur les ISVL, la situation des recrutés locaux et une réforme du décret de 2002.

Au moment où se multiplient les groupes de travail et rédactions de propositions pour l’avenir de nos métiers et de nos rémunérations, il est indispensable de faire entendre la voix des personnels.

Paris, le 22 février 2008

SOMMAIRE

 

1.      Compte-rendu des CCPC  du  18/02/08

2.      Déconventionnement

3.      Cotisations retraites

4.      Situation des collègues au Tchad

5.      Réunion MLF

6.      Recrutement en Polynésie

7.      Le SNES sur le terrain :

-         Japon/Chine

-         Hongrie

-         Centre Afrique

 

Annexe :

    Tableau des indemnités d’expatriation et des indemnités de résidence

 

1. CCPC AEFE : prolongations de missions, temps partiels et mutations internes

Les CCPC A et B sur les prolongations de missions, temps partiels et mutations internes se sont tenus dans les locaux de l'Agence à Paris le 18 février. Le SNES avait demandé à l'Agence que les commissions sur ce sujet se tiennent préalablement au recrutement des résidents pour des raisons évidentes. L'Agence a reconnu la validité de notre demande et a accepté de tenir cette CCPC dans des délais permettant l'examen des recrutements de résidents après celui des mutations internes.

Prolongation de mission :

L’AEFE en principe n’accepte pas les prolongations de mission de personnels résidents au delà de l’âge de la retraite. Néanmoins l’Agence admet trois dérogations à cette règle :

- les raisons familiales

- les raisons professionnelles (par exemple : promotion récemment obtenue et nécessitant un maintien en fonction durant au moins 6 mois)

- un nombre d’annuités insuffisant pour l’obtention d’une pension à taux plein.

 Il est possible de solliciter une prolongation de une, deux ou trois années. Une deuxième prolongation est autorisée à condition que la première ait portée sur  trois ans.

Le SNES a soutenu les demandes de prolongation fondées sur ces critères. Il est à remarquer que  la grande majorité des demandes était motivée par un nombre d'annuités insuffisant. L'Agence a accordé presque toutes les prolongations aux collègues justifiant d'un nombre d'annuités d'insuffisant. L'absence de justificatifs a eu pour conséquence de suspendre la décision. Cependant le SNES  a du batailler contre une tentative de l'Agence d'utiliser la manière de servir voire même le dossier professionnel pour autoriser ou non la prolongation.

 Temps partiel :

 L'AEFE accorde à titre exceptionnel le bénéfice du temps partiel aux résidents en principe à l'issue d'un premier contrat sous les conditions suivantes :

- des moyens de remplacement doivent être prévus

- Le temps partiel doit être supérieur ou égal au mi temps

- Il est accordé pour la durée d'une seule année scolaire. Tout renouvellement suppose une nouvelle instruction du dossier.

- Le collègue ne doit exercer aucune autre activité professionnelle sauf autorisation préalable de l'Agence.

Le SNES a fait part de son indignation devant l'attitude du proviseur d'Oslo. Il avait en effet décidé de ne distribuer qu'aux collègues du primaire la circulaire sur le temps partiel. Nous avons insisté sur le fait que tous les collègues devaient être informés.

L'Agence a répondu favorablement aux demandes justifiées par un certificat médical. Encore une fois en l'absence de justificatifs, l'AEFE a réservé son accord à la production de ceux ci.

Le SNES a défendu les collègues demandant un temps partiel pour élever leurs enfants. La directrice considère que ce type de demande relève de la convenance personnelle mais suite à notre insistance, elle a toutefois consenti à accorder la plupart de ces demandes.

Mutation interne : 

En principe, l'Agence n'admet de mutation interne pour les résidents qu'à l'issue d'un premier contrat de trois ans. Cette règle a connu une exception cette année pour des collègues du Maroc demandant une mutation interne pour rapprochement de conjoint et dont le conjoint travaillait. Cette exception existe déjà depuis plusieurs années en Espagne. Le SNES a du constater là encore que lorsque des raisons médicales sont invoquées sans justificatifs, l'Agence donne son accord sous réserve de production de ces documents.

 Il est à noter que certains résultats de CCPLA rendent parfois difficile le rôle des commissaires paritaires centraux. Le rôle des commissaires paritaires en CCPLA est essentiel pour la défense des dossiers de nos collègues. Nous devons, dans certains cas,  savoir nous opposer à des pratiques locales parfois  inacceptables, comme le sont certaines positions de chefs d'établissement désireux de s'affranchir des règles dont ils sont, en théorie, les garants.

2. Projet de déconventionnement

Lors de la CCPCA du 18 février, l’AEFE voulait examiner la situation des personnels touchés par des déconventionnements. Un seul hic, les dits projets n’avaient fait l’objet d’aucune information en Conseil d’Administration et encore moi moins d’un avis du CTP sur les postes.

Au programme, il y avait Las Palmas et Bahreïn.

Le SNES a jugé que la procédure devait être respectée et que la CCPCA concernant les cas individuels devait suivre le CTP. Même si les déconventionnements étaient maintenus, le respect de la procédure ne porterait pas préjudice aux collègues éventuellement en réintégration. La Directrice de l’AEFE a répondu favorablement à cette demande du SNES.

Sur le fond, il faut s’interroger sur les conséquences pour les collègues de ces nouvelles mesures de déconventionnement. Le « Repreneur » sera comme dans bien des cas la Mission Laïque Française qui ne garantit pas le maintien de la situation des collègues à long terme. Encore moins certainement avec le problème du paiement par l’employeur de la part patronale sur les cotisations de pensions civiles.

Un CTP extraordinaire se réunira le 28 février 2008 à 15 h et la CCPCA à 16 h. Figure aussi au programme des déconventionnements la partie collège de Tel Aviv.

3. cotisations des détachés pour la pension civile

Un décret a été publié en décembre 2007 qui établit une nouvelle procédure pour la comptabilisation des cotisations pour pension civile des détachés. Il s’agit du décret 2007-1796 du 19 décembre 2007. Sans entrer dans les détails du texte, il en ressort que le gouvernement veut faire payer la part employeur de la cotisation pension par l’employeur du fonctionnaire détaché. C'est-à-dire par l’AEFE mais aussi par tous les autres employeurs qu’il s’agisse d’établissements étrangers ou d’associations françaises.

LOLF et volonté de transparence ont bon dos ! En fait, il s’agit pour l’Etat de se défausser sur les employeurs des détachés voire sur les détachés eux-mêmes !

Cette cotisation est effectivement importante car elle est égale à 55,71 % du traitement de référence du calcul de la cotisation. L’addition serait très lourde. Par exemple 95 millions d’euros pour l’AEFE, 5 millions pour la MLF.

La méthode et la mesure sont inacceptables !

Le décret n’est signé par aucun des ministres gros consommateurs de détachés comme le MAEE et il n’est pas signé par le Ministre de l’Education Nationale.

Sur le fond, la mesure est incompréhensible puisqu’elle revient à faire faire des économies aux ministères qui détachent. Ainsi le MEN reporterait sur les organismes de détachement une cotisation employeur pour pension qu’elle affecte au Compte d’Affection Spéciale (CAS) pour tous ses agents en activité ou mis à disposition.

A force de vouloir trouver des ressources par tous les moyens, le gouvernement va faire disparaître les possibilités d’action extérieure qui ne lui coûtent pas grand-chose.

Jusqu’ici les cotisations étaient inscrites sur le compte du MEN. Rien ne doit s’opposer à ce que cela continue !

4. Situation des collègues du tchad

Depuis le début des événements au Tchad, le SNES hors de France est fréquemment intervenu ; tout d’abord sur place auprès des collègues et du représentant SNES local mais aussi auprès de l’Agence. A la demande du SNES, lors de la CCPC du 18 février, la situation des collègues détachés et recrutés localement au Tchad a été étudiée en présence du représentant du SNES à N’djamena.

La directrice a évoqué le problème des « immeubles », loués par l’Etat aux enseignants (les résidents en l’occurrence), qui ont été pillés. Le SNES est intervenu pour préciser que, aux dernières informations, ceux-ci ne pourraient pas être en état d’ici plusieurs mois et qu’une solution d’hébergement à l’hôtel était envisagée. La Directrice n’a pas démenti notre information. Le SNES a alors demandé des précisions sur la mise en place de cette solution « hôtel » en particulier celui des repas. La Directrice n’a pas vraiment de solution, si ce n’est de demander à ceux concernés qui sont en famille de venir sans famille. Une seule collègue concernée.

Nombre d’élèves à la rentrée

La Directrice s’interroge sur le nombre d’élèves à la rentrée. A priori, selon le responsable du SNES N’djamena,  il est à prévoir peu de pertes d’effectifs. La Directrice semble partager son analyse et pense maintenir les structures actuelles de l’établissement.  Sauf décision contraire de leur part, tous les collègues sont amenés à reprendre leur fonction à N’djamena.

A l’heure actuelle, aucune demande de réintégration n’a été  demandée pour le secondaire. Une collègue, mère d’un jeune enfant, conditionne son retour aux conditions d’hébergement. Les résidents qui souhaiteraient candidater sur d’autres postes résidents AEFE sont invités à le faire rapidement.

Procédure d’indemnisation

Un courrier a été envoyé au Ministère du Budget. Les enseignants recevront à N’Djamena un dossier, comportant la liste précise des biens à indemniser, qui doit être visé par l’ambassade. Le plafond est fixé à 18400 euros  + 15% par conjoint et/ou enfant à charge.

Problème du paiement du billet d’avion pour le retour vers N’Djamena

Si l’enseignant concerné n’a pas les moyens de revenir, une demande auprès de l’établissement doit être formulée afin que l’agence étudie, avec l’établissement, cette situation. Pour tous les collègues, le SNES est intervenu pour que l’Agence négocie au moins des tarifs avec Air France.

Disparition du CMS

Une demande d’un protocole d’accès clair et diffusé par écrit concernant l’accès aux EFT. La Directrice enregistre la demande.

Rémunération des contrats locaux et des vacataires

La rémunération des contrats locaux est prise en charge par l’établissement. Le SNES signale que les vacataires vivent des moments difficiles et demande que leur manque à gagner durant la période soit pris en charge. La Directrice rappelle que les vacataires dépendent de l’établissement et non l’Agence mais aucune opposition de principe n'a été présentée.

Reconstitution de la fin de l’année

La Directrice souhaite envoyer les IPR de l’Agence pour piloter un allègement de programmes. Le SNES est intervenu en rappelant que les collègues, dans le cadre de leur liberté pédagogique, compte tenu de leur qualification professionnelle et de leur expérience, étaient amplement aptes à le faire.

5. Réunion MLF sur les conséquences du décret 2007-1796 du 19/12/2007

Comme on l’a vu plus haut, ce décret transfère la charge des cotisations patronales pour la pension civile des détachés sur leur employeur.

Le coût pour la MLF est estimé à 5 millions d’euros. De ce fait elle envisage plusieurs mesures qui auraient pour principale conséquence de rendre plus précaire la situation des collègues qu’elle emploie.

·                     Généraliser le recrutement local ce qui permettrait de déroger au décret. Si les personnels sont dans un établissement avec employeur étranger, ils peuvent exercer un droit d’option qui permet à l’établissement d’échapper à la part patronale française (55,71%) Cette dérogation permise par l’article 7 du décret pour le moment ne concerne que les établissements adhérents ou affiliés mais pas les écoles d’entreprises ni les gestion directes de la MLF.

·                     Différer la mise en place des contrats de trois ans pour un an.

En tout état de cause, vu les conséquences sur les personnels, c’est le principe même de ce décret qu’il faut revoir car s’il était appliqué le gouvernement ferait supporter aux détachés eux même les conditions de ce transfert de charges.

Un décret préparé de longue date mais en catimini sans la signature des ministres directement concernés et qui pose de sérieuses questions sur la volonté affichée par ailleurs du gouvernement de promouvoir l’enseignement français à l’étranger.

6. Recrutement en Polynésie

Cette réunion aura lieu le 28 février et portera sur le recrutement des personnels enseignants, d’éducation et d’orientation. A noter qu’il n’y aucune réunion d’instance au niveau national. Depuis 2003, la compétence pour le recrutement a été entièrement transférée au Ministre de l’Education polynésien et à ses services notamment la Direction des enseignements secondaires (DES) pour ce qui concerne le second degré. Le Ministre polynésien de l’Education décide après consultation d’une commission consultative paritaire institué par un texte polynésien.

La conséquence pour le SNES est que les représentants qui défendent les intérêts des collègues dans cette commission sont en Polynésie. Ils sont élus sur place et représentent aussi les collègues postulant depuis la France métropolitaine. C’est donc à eux qu’il faut s’adresser pour tous renseignements concernant les résultats des commissions.

Les candidats disposent de la liste des commissaires paritaires par discipline en se connectant au site du SNES Polynésie : www.snes.pf

Vous pouvez également adresser un courrier au SNES Polynésie française (SNES PF) snespf@mail.pf

7. Le SNES sur le terrain

En Hongrie, au lycée Gustave Eiffel de Budapest

Une réunion avec les collègues a permis de faire le point de la situation. Les préoccupations concernent :

- Les recrutés locaux dont les salaires présentent un différentiel entre ce qui est prévu par les contrats et les montants perçus pour cause de taux de change ;

- les recrutés locaux encore qui sont soumis à des CDD pendant 5 ans alors qu’ils occupent des emplois qui correspondent à des besoins avérés et permanents

- les résidents qui perçoivent une ISVL d’un montant insuffisant par rapport à l’augmentation du coût de la vie en Hongrie. Cette ISVL est une des plus basse de la région, bien en dessous de celles de Roumanie et Bulgarie.

L’échange a aussi permis de pointer les priorités des collègues en terme de réforme de fond du système. Pour eux, les questions de prise en charge de voyage et de disparition des 3 mois de disponibilité pour les faux résidents sont essentielles.

Une rencontre au SCAC avec le Directeur, ses collaborateurs et le chef d’établissement à permis de présenter les revendications. Les différentiels salariaux des recrutés locaux feront l’objet d’une étude et devraient être supprimés. Sur les CCD, le SNES a rappelé que rien n’empêchait l’établissement de faire mieux que la réglementation hongroise et qu’il y avait même intérêt. Enfin le responsable du SCAC a noté les différences de montants d’ISVL avec les autres pays.

A Bangui au Lycée Charles De Gaulle

Des échanges ont eut lieu avec les collègues et une rencontre s’est faite avec le responsable du SCAC.

Le lycée de Bangui est souvent présenté comme un établissement sans problème. Pourtant la situation des résidents n’y est pas facile malgré des incitations données par l’établissement (prime et billets d’avion). Les candidats ne sont pas nombreux pour les postes de résidents à pourvoir. L’ISVL est d’un niveau faible par rapport aux conditions de vie qui évoluent rapidement à hausse à cause d’une présence internationale accrue dans le pays. Les « résident » repartent dès leur premier contrat de 3 ans terminé.

Pour autant des menaces pèsent sur les postes d’expatriés !

Les collègues ont aussi des problèmes à être reconnus par l’Ambassade : utilisation de la valise diplomatique, plaque des véhicule et comme trop souvent absence d’invitation des enseignants aux évènements qui rassemblent la communauté française.

La section locale du SNES s’emploi à faire évoluer cette situation.

Pékin et Tokyo

Le Snes HDF s’est rendu en mission à Pékin et à Tokyo. Les deux établissements de l’Agence, quoique connaissant une histoire et des situations différentes, ont vécu en commun un récent changement de statut dont les conséquences sur les personnels se mesurent actuellement et qui peuvent servir de base de réflexion pour les autres établissements dont le statut doit changer.

A Pékin, plusieurs réunions ont été organisées : une réunion commune au SNES Pékin et au Snuipp Pékin puis une réunion d’information, ouverte à tous, qui a réuni une trentaine de collègues du primaire et du secondaire. L’essentiel des questions ont porté sur ce changement de statut et ses conséquences. Le SNES HDF et le représentant du SNES Pékin ont ensuite été reçus par le Proviseur, par le coordinateur de l’AEFE en Asie –Mr Nguyen- puis par le Conseiller culturel. A chaque fois, ce fut l’occasion de répercuter les craintes et la méfiance ressenties par la communauté enseignante de l’établissement mais aussi les demandes du SNES.  En effet, les collègues de Pékin ont pu avoir le sentiment d’un manque de concertation voire d’une forme d’improvisation, les problèmes se révélant les uns à la suite des autres.

Si le Snes HDF s’est fait fréquemment l’écho de la situation à Pékin, un bref rappel s’avère néanmoins nécessaire pour mieux la comprendre.

A Pékin, dès 1997, la construction d’un nouveau lycée avait été envisagée et finalement durant l’année 2004-2005, une solution immobilière était trouvée sur le terrain de la nouvelle ambassade.  Mais, les autorités chinoises ne l’acceptaient  qu’à condition de traiter directement avec les autorités françaises ; aussi, le lycée de Pékin est-il passé en gestion directe. Ce passage devait s’effectuer, selon la Directrice, sans aucune incidence sur la situation des personnels. Mais, les autorités chinoises ne reconnaissant pas le lycée comme « école d’ambassade » (celui-ci accueille plus de 40 nationalités), il a fallu d’urgence changer de statut, sans aucune concertation avec les personnels. Afin de ne pas payer d’impôts, le lycée français de Pékin (LFP) est devenu un lycée de style international qui se voudrait public habilité à scolariser des élèves non chinois. C’est un  établissement reconnu par le droit chinois mais le statut juridique n’est pas encore totalement clair. Ce dernier changement de statut a profondément modifié la situation des collègues. En effet, à partir de ce moment, les personnels ont perdu le bénéfice de leur statut d’ambassade. Lors de notre venue à Pékin se posaient donc de nombreux  problèmes très concrets aux collègues. Ainsi, pour enseigner au lycée leur faut-il un permis de séjour spécifique. Mais ce permis ne s’obtient qu’après avoir été qualifié « d’expert étranger » (ce qui nécessite un bac plus 3 donc, pour certains de nos collègues, il leur a fallu une équivalence) ; ensuite,  ce statut d’expert étranger permet, après une visite médicale, de posséder enfin le visa Z. Or, outre les délais, ce visa occasionne des frais s’élevant environ à 140€ par personne. Ces frais sont totalement à la charge des personnels résidents et contrats locaux (à part la visite médicale qui pourrait être remboursée en partie par la sécurité sociale, mais déjà certains collègues se sont vus opposer un refus). Par ailleurs, des collègues en contrat local ont dû auparavant régulariser leur situation administrative en Chine conduisant certains d’entre eux à sortir du territoire voire à payer des pénalités. Si l’essentiel des cas était en cours de règlement, la situation de quelques collègues n’était pas encore éclaircie. Pour l’ensemble des personnels actuellement en poste, le SNES a insisté pour que l’Agence, par une mesure dérogatoire, prenne en charge ces dépenses dans la mesure où, lors de la signature de leur contrat ces dépenses n’étaient pas à l’ordre du jour. Les enfants majeurs devront aussi obtenir un visa mais personne ne savait véritablement quelles seraient les modalités. Le SNES a donc demandé que l’administration résolve ce problème. Par la perte de leur statut d’ambassade, les collègues vont être contraints soit de se séparer de leur véhicule soit de le faire re-immatriculer avec de nouvelles plaques provoquant là encore de nouvelles dépenses (taxes de douane, frais de plaques, nouveau permis de conduire…). Mais là encore, comme rien n’est simple en Chine, les collègues étaient dans le flou. Le SNES HDF a suggéré que l’administration fournisse un mode d’emploi pour leur faciliter les démarches et éviter une surévaluation de la valeur vénale du véhicule dont seul le service des douanes chinois possède les clés et le montant des taxes à payer. Le paiement des impôts est encore en cours de négociation entre les autorités chinoises et les représentants de l’Agence. Tous les interlocuteurs en conviennent, il est à souhaiter que l’ensemble des personnels (à l’exception des ressortissants chinois) puisse payer leurs impôts en France. Dans la négative la ponction fiscale serait très fortement alourdie (en Chine, les revenus sont plus faibles ; imposition sur le salaire brut, le quotient familial n’existe pas…). Dans ce contexte, les contrats locaux ressentent une très forte dégradation de leur situation financière. Leur salaire a été négocié sans ces frais de visa, sans les impôts, sans l’obligation de cotiser à une protection sociale ni à une retraite avec une exonération des frais d’écolage. Aujourd’hui, ils se retrouvent avec un alourdissement de leurs charges financières alors que les frais de scolarité ont augmenté (1ère inscription, examen…) et que la part patronale pour les cotisations patronales maladies et retraites qui était de 70% en gestion parentale, est passée  à 60%. Certes, il est normal de payer des impôts et pour les personnels il est souhaitable de bénéficier de prestations sociales et de retraite. L’administration doit envisager de compenser ce manque à gagner et s’engager à négocier avec les autorités chinoises pour l’application de la convention fiscale franco-chinoise, pour la non rétroactivité et pour la non imposition en cours de contrat. C’est la demande des contrats locaux que le SNES a relayée. Tout ceci alors que initialement le changement de statut devait se faire sans incidence pour les personnels !

L’expérience vécue à Pékin semble avoir servi de leçon à l’Agence. Au Vietnam, à Hanoi, la situation semble assez proche de celle de Pékin ; l’établissement n’est pas reconnu par les autorités vietnamiennes et le  passage en gestion directe avait été envisagé. Mais, il ne  semble plus à l’ordre du jour sans une très large adhésion de la majorité de la communauté scolaire. Nous avons abordé ce sujet avec M. Nguyen (le coordinateur de l’AEFE en Asie  gère 12 pays de la zone) ainsi que des questions relatives aux autres établissements chinois. Pour Shanghai nous avons rappelé que l’établissement et singulièrement son comité de gestion devait se conformer aux textes en vigueur conformément à l’obligation créée par le conventionnement. Il semblerait que quelques avancées aient eu lieu en matière de droit syndical (un panneau syndical existerait maintenant).

A Tokyo, les réunions avec la section SNES et avec le Syndicat des Personnels (en contrat local) du Lycée franco-japonais (SPLFJT) affilié au Nikkyoso (syndicat japonais de l’éducation) ont permis de préparer les entrevues avec la nouvelle proviseure et le SCAC. ATokyo, depuis plus de 30 ans le LFJT ne disposait pas de véritable statut légal et donc ne payait pas d’impôts. En mai 2005, la municipalité de Tokyo a contraint l’établissement, pour des raisons fiscales à sortir de cette situation. Il fallait donc légaliser l’établissement mais afin de ne pas payer d’impôts, l’Agence a opté pour un statut particulier, celui d’une fondation de droit japonais mais sous contrôle de l’Etat français (l’Etat dispose d’une majorité des 2/3 au conseil de la Fondation). Le lycée franco-japonais de Tokyo (LFJT) est une école privée étrangère reconnue par le Japon, dont la Directrice de l’Agence est aussi la présidente de la Fondation.  encore la situation juridique n’est pas encore totalement claire et des questions restent en suspens. Les personnels expatriés et résidents restent gérés par l’AEFE mais les recrutés locaux sont devenus des agents de la Fondation. Les nouveaux contrats devaient être repris à l’identique. Pourtant aujourd’hui, les personnels recrutés en contrat local du LFJT estiment non seulement qu’il n’en est rien mais en plus que le LFJT ne respecte pas la loi japonaise. Ainsi, pour les vacataires,  leurs conditions de rémunération se sont fortement dégradées : le CA a décidé, sans négociations syndicales préalables, de la baisse du taux de vacation d’un tiers. D’après les informations données au SPLFJT par les conseillers du Nikkyoso, un avocat du Nikkyoso et un fonctionnaire de la Commission du Travail toute modification défavorable aux employés doit être soumise aux négociations préalables avec les syndicats et ne doit être mise en oeuvre qu’après un accord signé. Autre exemple. Selon le SPLFJT, les collègues recrutés localement sous ancien contrat devraient bénéficier d’une prime de départ : ceci figure sur les brochures de la commission de gestion des ressources humaines (émanation du CA) de 2001 à 2007. Aujourd'hui, la Directrice estime que cette prime ne s’applique pas au personnel enseignant recruté localement.

Sur toutes ces questions le SPLFJT demandait l’ouverture de négociations, selon la loi japonaise. La veille de notre départ une rencontre avec la Proviseure devait avoir lieu aussi le SNES n’était pas intervenu, laissant à ce partenaire syndical le soin de porter leurs revendications. Deux demandes de négociations syndicales légales ont été  émises auprès de la Proviseure qui refusait de négocier ne s’estimant pas mandatée. Depuis, malgré une discussion directe avec la Directrice, aucune réponse concrète n’a été donnée aux collègues : l’administration du lycée devant se renseigner auprès des juristes compétents en la matière. Le SNES HDF s’est fait le relais de ces demandes directement auprès de la Directrice. Néanmoins la Directrice a affirmé au Snes HDF et aux représentants que le lycée devra se soumettre au système japonais. Le SPLFJT, si la Fondation refusait finalement de se mettre à la table de négociation, pourrait interpeller la mairie de Tokyo pour demander une convocation à la Commission du travail.  Là encore ce changement de statut provoque des conséquences pour les personnels non définies en amont par l’Agence.

Enfin,  à Pékin comme à Tokyo, l’ISVL est une question cruciale pour les collègues résidents qui sont fortement inquiets face à une dégradation de leurs conditions de vie. A Pékin, pour la première fois les autorités chinoises ont avoué l’existence d’une forte inflation. A Tokyo, l’ISVL atteint un niveau très préoccupant. Dans les deux cas, le montant actuel de l’ISVL ne correspond pas à leur vécu et les collègues demandent à l’administration des éclaircissements sur le mode de calcul y compris sur les données transmises par le poste au MAEE.

 

ANNEXE

Lien sur l'arrêté ci-dessous :  

Arrêté du 16 février 2008 fixant par pays et par groupe les taux de l’indemnité d’expatriation et de l’indemnité de résidence pour service à l’étranger à compter du 1er mars 2008

 

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