SNES HDF INFO N° 8

CONTINUER D’AGIR
POUR GAGNER !

En grand nombre, les personnels de l’éducation à l’étranger se sont mis en grève à nouveau le 24 janvier. Ce nouvel arrêt de travail démontre les attentes fortes des personnels en terme d’augmentation de leurs rémunérations et de reconnaissance de leurs métiers.

Par la grève, les personnels rejettent massivement la politique du Président Sarkozy mis en œuvre par le Premier Ministre Fillon qui vise à transférer au privé de nombreuses missions du service public et à réduire le nombre de fonctionnaires. Ils ne sont pas dupes des subterfuges utilisés pour draper cette politique ultra conservatrice de fausses concertations et négociations. La RGPP, les livres blancs ou verts, le rapport Pochard ne sont que des artifices qui visent à masquer les changements idéologiques de notre société que Sarkozy veut imposer.

Le SNES, avec tous les personnels, propose de poursuivre l’action pour imposer d’autres choix avec comme première étape pour l’AEFE :

-         une revalorisation des ISVL en fonction des conditions de vie locale des résidents ;

-         l’amélioration de la situation des recrutés locaux ;

-         l’arrêt de tout abattement sur la rémunération en période de congé maladie ;

-         le respect et l’extension des droits.

Le SNES demande l’ouverture  de négociations sur ces questions mais aussi plus généralement sur le décret de 2002 pour mettre fin à l’utilisation par l’administration des « faux résidents ».

La période de congés à venir est peu propice aux actions d’ensemble, le SNES appelle tous les personnels de tous les établissements à mettre en œuvre des actions locales adossées aux principales revendications qui concernent les personnels de l’établissement. Comme certains l’ont déjà lancé :  boycott des bacs blancs, rétention des notes de TPE, grève du zèle, report des conseils de classe… Le SNES HDF suivra et rendra compte de toutes les actions entreprises.

Paris, le 6 février 2008

SOMMAIRE

1.      Bilan de la grève du 24 janvier 2008.

2.      ISVL : des nouveautés…mais le compte n’y est pas !

3.      AEFE : paiement des HSA

4.      AEFE : recrutement des  résidents  pour la rentrée 2008

5.      Situation des collègues au Kenya, au Liban et au Tchad

6.      Le SNES sur le terrain :

Ø      Congo Kinshasa

Ø      Brésil

Ø      Europe

Ø      Moyen-Orient

7. Déclaration du SNES et vérification des barèmes pour les réintégrations 2008

8.  Postes au MAEE : fiche syndicale

Annexe :

- Mise à jour de l’ISVL au 14 janvier 2008

 

1. Bilan de la grève du 24 janvier 2008

Comme en France, les personnels de l’éducation ont participé à la grève en grand nombre. La question du pouvoir d’achat local devient une question pour la majorité des collègues. C’était le cas pour bon nombre de résidents mais les demandes s’étendent maintenant à de nouveaux pays et aussi aux expatriés qui voient leurs charges locales augmenter de manière importante. Ce sont principalement les problèmes de loyer et les augmentations des prix des carburants et des services qui sont à la base des revendications.

Forte participation également des collègues recrutés locaux à cette grève pour l’emploi, les salaires et l’obtention de contrats qui préservent le niveau de la rémunération.

La grève a aussi permis l’expression  de revendications comme le droit au voyage pour les résidents et la fin des abattements sur les rémunérations pendant les congés maladie pour les expatriés et les résidents.

Un certain nombre de  collègues critiquent les grèves de 24 heures. Pour autant, rares sont les endroits où d’autres formes d’action sont mises en œuvre. Et pourtant celles-ci sont possibles comme cela s’est fait au lycée de Libreville où plus de 70 % des personnels se sont prononcés pour le boycott du bac blanc.

Il est vrai que cette grève n’a pas permis d’obtenir des réponses à nos principales revendications : niveau des ISVL, situations des recrutés locaux et fin des abattements sur les congés maladie. A noter également que l’arrêté sur le nouvel avantage familial n’est toujours pas paru !

L’action ne peut s’arrêter là ! Le SNES fera des propositions pour l’étranger aux autres syndicats et prendra ses responsabilités pour la poursuite de l’action.

PAYS

ETABLISSEMENT

NBRE DE GREVISTES

POLYNESIE

ensemble

Entre 43 et 50 % et 10 %

SAINT PIERRE ET MIQUELON

ensemble

63 %

ALLEMAGNE

Berlin LF

52 %

ALLEMAGNE

Berlin clg

1 gréviste

ALLEMAGNE

Dusseldorf

2 grévistes

ALLEMAGNE

LF Francfort

54 %

ALLEMAGNE

Fribourg

50 %

ALLEMAGNE

Hambourg

75 %

ALLEMAGNE

Sarrebruck

50 % résidents

ANDORRE

Lycée Comte de Foix

16 %

ANGOLA

Lycée Alioune Blondi Beye

60 % expatriés

30 % résidents

BRESIL

Brasilia

50 % expatriés

50 % résidents

BULGARIE

Sofia

67 % expatriés

70 % résidents

CHINE

Pékin

39 % résidents

15 % RL

COLOMBIE

Bogota

42,85 % expatriés

80,95 % résidents

50 % RL

COMORES

Henri Matisse

60 % expatriés

100 % résident

DANEMARK

Lycée Prins Henrik Copenhague

50 % expatriés

50% résidents

DOMINICAINE (REP)

LF Saint Domingue

50 % expatriés

50 % résidents

EGYPTE

Le Caire

33,3 % expatriés

43 % résidents

20 % RL

EMIRATS ARABES UNIS

LF Abu Dhabi

37% résidents,

10 % expatriés

ESPAGNE

Alicante

38, 4 %

ESPAGNE

Barcelone

52 % résidents

ESPAGNE²

Bilbao

54 % résidents

ESPAGNE

Malaga

73 %

ESPAGNE

Madrid

50,8 %

ESPAGNE

Palma

Aucun gréviste

ESPAGNE

Valence

62 %

GABON

Lyc. Blaise Pascal Libreville

30 % expatriés

51,35 % résidents

3 RL

GRECE

HONG KONG

lycée français

lycée Victor Ségalen

35 %

30 % résidents

HONGRIE

Lycée français Gustave Eiffel

36 % secondaire

INDONESIE

Jakarta

100 % expatriés

82,35 % résidents

MAURICE

LF La Bourdonnais

14 % résidents

MAROC

FES GSU La Fontaine

25 % expatriés

12 % résidents

MAROC

Kénitra

50 % expatriés

80 % résidents

40 % RL

MAROC

Lycée Victor Hugo Marrakech

22 % expatriés

49 % résidents

7,5 % RL

MAROC

Rabat clg

100 % expatriés

41 % résidents

9 % RL

NIGER

Lycée La Fontaine Niamey

29,5 %

NORVEGE

OSLO

63,1 %

 

PAYS BAS

Lyc Van Gogh

56,3 % résidents

14,3 RL

PHILIPPINES

EFManille

37,5% résident

POLOGNE

Varsovie

33 % expatriés

30 % résident primaire/secondaire

PORTUGAL

Lisbonne

33 % expatriés

61 % résidents

REP TCHEQUE

Prague

secondaire :

78% des résidents

100% des expatriés

+ 3 locaux

Au total :

64% des détachés

SYRIE

Damas

4 grévistes

TCHAD

LF Montaigne

40 % expatriés

71 % résidents

TOGO

Lomé

30 % expatriés

30 % résidents

TUNISIE

Lyc Mendès France Tunis

22 % expatriés

18 %résidents

19 % RL

TUNISIE

Tunis, La Marsa, Sousse

40  % expatriés

27 % résidents

15 % RL

TUNISIE

Sousse

100 % résidents

25 % RL

TURQUIE

Ankara

33 % expatrié

42 % résident

40 % RL (non enseignants)

VIETNAM

Ho Chi Min Ville

22 % résidents

VIETNAM

Hanoï

25 % expatriés

38,5 % résidents

26 % RL

2. I.S.V.L. : des nouveautés….mais le compte n’y est pas !

Les principes de bases de l’évolution de l’ISVL ont été rappelés dans un précédent HDF info (n° 2 du 05/10/2007) et on peut s’y reporter. L’accent y était également mis, en particulier, sur les différents niveaux d’intervention pour les revendications d’ISVL. Si les remarques précédemment publiées sont toujours de mise, les dernières mises à jour de l’ISVL et de l’IE (voir le site HDF) appellent quelques commentaires. Grâce, entre autres, aux informations fournies par les sections, le SNES/FSU a, à nouveau, attiré l’attention de l’AEFE sur les difficultés croissantes que rencontrent les collègues sur place et les nécessités de revalorisation des indemnités. Dans certains cas, des variations positives ont été appliquées (suite, en général, à des variations à la hausse des IE dans les mêmes zones, l’AEFE se contentant d’appliquer ces dernières, tout en se gardant la possibilité de moduler les hausses) comme en RDC, au Congo, au Gabon, au Tchad, en Algérie, au Guatemala, en Allemagne, en Espagne, en Norvège ou en Turquie. Le problème, dans les pays cités, ne se pose donc pas en termes d’augmentation mais bien du niveau de celle-ci. Pour nos collègues, l’ISVL est vue, à juste titre, comme une variable nécessaire de revalorisation salariale. Des augmentations justifiées sont attendues, dans des pays aussi différents que la Norvège, la RDC ou le Gabon, qui sont en prise directe avec la réalité locale, l’inflation ou les difficultés de dépenses quotidiennes ainsi que l’éloignement. Ce sont bien aussi ces arguments qui doivent être pris en compte et suivis de mesures exceptionnelles là où elles sont nécessaires ; ces arguments donnant bien sûr tout leur sens à la Spécificité de la Vie Locale.

Par ailleurs, là où les pays voient l’IE suivre une variation positive conséquente, la notion de rang ISVL/ IE doit logiquement être révisée à la hausse, la hausse d’IE indiquant bien les difficultés.

Parmi les nouveaux principes, déjà nombreux, comptant pour la variation d’ISVL, l’AEFE a étendu la différenciation des villes au sein d’un même pays. D’aucuns y verront une mesure positive (les collègues des villes augmentées !) mais ne nous y trompons pas. Deux exemples de pays de l’UE ont vu cette différenciation nouvelle, l’Allemagne et l’Espagne. En voyant le verre à moitié plein, la distinction est logique, basée qu’elle est sur le coût du loyer, plus élevé dans certaines villes. A moitié vide (mais bien réaliste !), on jaugera cette règle en ce qu’elle ne prend pas suffisamment en compte le coût de la vie général au quotidien : dans un même pays, les éloignements reviennent au même, voire sont supérieurs (coût des transports), les denrées ou charges telles que l’électricité, l’eau ou le gaz ont souvent un tarif « national » et la distinction se justifie moins. De plus, le danger est que les villes à loyers moins élevés, par exemple, deviennent les laissés-pour-compte des variations positives. Ce n’est pas acceptable non plus du point de vue des personnels. Gardons également à l’esprit, les deux exemples en sont la preuve, que cette différenciation permet à l’AEFE de contourner la difficulté de l’importance de la masse salariale (davantage de collègues dans ces pays) qui crée un soi-disant blocage comptable pour une augmentation globale. Les augmentations d’ISVL relèvent également  de la volonté de l’AEFE qui, par ailleurs, fait reposer une part toujours plus grande, voire totale, du coût de cette indemnité sur les établissements.

Que dire enfin des pays qui revendiquent une hausse (tels que Djibouti, le Chili Madagascar ou le Mexique) et qui voient l’ISVL baisser, certes sous l’impulsion d’une variation négative de l’IE, mais dont les collègues résidents subissent de plein fouet une « double peine » sur leur pouvoir d’achat. 

Pour conclure, le SNES/FSU, s’il prend bonne note d’avancées ponctuelles (mais, rappelons-le justifiées), ne baissera pas la garde dans la revendication d’une ISVL en prise avec les réalités du quotidien. La marge de manœuvre que l’AEFE dégagera ou non sur sa ligne budgétaire doit aussi être à la hauteur d’un véritable dialogue social et d’une réelle prise en compte de la voix portée par ses personnels. Si le postulat de l’enveloppe à budget constant pour cette indemnité n’est pas en mesure de répondre à la nécessité locale des personnels, il faut savoir le remettre en question. C’est en substance, le message que le SNES/FSU continuera de porter au nom des personnels du réseau AEFE et avec l’aide et la mobilisation locale de tous.

Vous trouverez en annexe un tableau faisant le point sur la dernière évolution. Le secteur Hors de France demande à toutes les sections qui revendiquent des hausses à communiquer leurs demandes chiffrées à patrick.soldat@snes.edu

3. AEFE : paiement des H.S.A.

Si en France, la défiscalisation des heures supplémentaires n’a pas entraîné de retard pour la mise en paiement auprès des collègues, il n’en est pas de même pour les personnels détachés auprès de l’AEFE. En effet, l’application informatique de cette défiscalisation semble avoir souffert de quelques difficultés techniques. Conclusion, l’ensemble des HSA devraient être payées à la fin du mois de février. Si tel n’était pas le cas, n’hésitez pas à nous contacter à l’adresse suivante : hdf@snes.edu

4. AEFE : recrutement des résidents pour la rentrée 2008

L’AEFE a mis en ligne sur son site (www.aefe.diplomatie.fr) la liste des postes de résident susceptibles d’être vacants pour la rentrée 2008. Cette liste peut éventuellement être mise à jour et n’est pas exhaustive donc il est conseillé de consulter régulièrement le site. Nous vous rappelons que nos syndiqués peuvent s’adresser directement pour des informations complémentaires aux représentants SNES soit de l’établissement, soit du pays. Leur nom figure sur notre site Internet www.hdf.snes.edu, rubrique « Correspondants ». Nous rappelons à nos syndiqués qu’ils doivent bien mentionner leur numéro d’adhérent au SNES !

Les candidats à un poste de résident doivent déposer un dossier par courriel ou en ligne selon les cas au plus tard avant la fin février, directement auprès de l’établissement où ils désirent postuler ou auprès des services de coopération et d’action culturelle de l’ambassade (SCAC pour les pays suivants : Allemagne, Arabie Saoudite, Canada, Espagne, Italie, Liban, Madagascar, Maroc, Tunisie …). Il n’existe pas de dossier type mais il doit comprendre au moins pour l’AEFE une lettre de motivation, un C.V. et, le cas échéant, un rapport d’inspection récent ainsi que les dernières notations administratives et pédagogiques obtenues. Le SNES est opposé au profilage des postes et donc à la lettre de motivation. Trop souvent celle ci sert à passer outre le barème qui à notre sens est le seul élément objectif susceptible de départager les candidats.

Les Commissions Consultatives Paritaires Locales (CCPLA) établissent un classement des candidats pour chaque poste. Elles se réuniront en fonction des pays entre le 23 mars et le 3 avril 2008. Le SNES-FSU siège dans la plupart des CCPLA puisqu’il est l’organisation syndicale majoritaire. Les collègues syndiqués candidats à des postes doivent donc prendre contact avec nos responsables de sections. Le SNES demande que l’avis des CCPLA soit pris en compte et respecté à tous les niveaux hiérarchiques de l’Agence.

Le classement des candidats se fait selon un ordre de priorité qui privilégie les personnes résidant dans le pays (titulaires non-résidents, conjoints d’expatriés - y compris nouvellement nommés-, conjoints de résidents ou de recrutés locaux, ex-expatriés et ex-recrutés locaux lauréats des concours et titularisés à l’issue de l’année de stage). Au cas où aucune candidature n’aurait pu être retenue, la CCPLA peut classer des personnels ne résidant pas dans le pays (« faux résidents »). Le recours aux faux résidents (qui sont en réalité des « faux expatriés ») s’explique par l’insuffisance de postes d’expatriés. Ces faux résidents sont obligés de se mettre en disponibilité pendant trois mois (interruption de l’avancement, interruption des cotisations à la retraite, rémunération locale) et de prendre à sa charge les frais de déménagement ainsi que le billet d’avion pour eux et leur famille. Sans compter tous les frais d’installation que nécessite l’arrivée et l’emménagement dans un nouveau pays de résidence

Le SNES demande donc davantage de créations de postes d’expatriés et en cas de recours à des faux résidents une amélioration de leur situation matérielle qui pourrait se traduire en fonction des pays par la mise en place d’indemnités d’installation. Le SNES demande que les trois mois de faux résidents soit pris en compte dans la carrière pour l’avancement et a obtenu qu’il le soit pour la Hors Classe.

Pour rappel tout enseignant n’ayant pas trois ans d’ancienneté en tant que titulaire n’obtiendra pas son détachement, sauf s’il suit son conjoint ou partenaire établi sur place ou si, lauréat d’un concours suite à un contrat local dans un établissement de l’AEFE, il rentre de son année de stage dans le même pays et le même établissement que celui dans lequel il exerçait préalablement à son année de stage. Le SNES dénonce cette mesure du MEN prise sans aucune concertation.

A l’issue des CCPLA, les collègues syndiqués seront informés par les sections locales du SNES. Dans tous les cas, les personnels, dont la candidature a été retenue, seront informés directement par le chef d’établissement ou par le SCAC fin mars ou début avril 2008.

Enfin, il faut savoir que l’AEFE assure les formalités administratives pour les candidats devant demander « un accord préalable de détachement ». Ces demandes doivent être transmises au Ministère de l’Education nationale au plus tard le 18 avril 2008. Au-delà de cette date, l’accord de détachement n’est plus « de droit » mais est soumise au bon vouloir des recteurs de chaque académie en fonction des nécessités de service et des besoins par discipline. En ces temps de restrictions budgétaires et de compression de postes, les refus sont donc nombreux. Ce calendrier très serré explique donc que les candidats à qui un poste est proposé ne disposent que de 72 heures pour retourner une réponse écrite. Une fois la demande d’accord préalable de détachement signée et envoyée par les collègues, ceux-ci s’engagent à ne pas accepter d’autre poste de résident dans le réseau de l’AEFE.

5. Situation des collègues au Kenya, au Liban et au Tchad

Comme à son habitude, le SNES-FSU, toujours très soucieux des conditions de travail et de vie des collègues en poste hors de France, entretient des contacts réguliers par courriel ou par téléphone avec les collègues résidant dans des pays qui traversent actuellement des « crises », de nature diverse d’ailleurs. Parallèlement, le SNES-FSU est également en contact avec l’AEFE dont les responsables des secteurs géographiques sont très attentifs à l’évolution de la situation des pays concernés.

Au Liban, la situation est tendue ; l’inquiétude règne et la prudence est de règle. Toutefois, les lycées français n’ont enregistré aucune défection ni de la part des professeurs, ni de la part des élèves. Les cours semblent se dérouler « normalement ». Nous ne pouvons que souhaiter une amélioration de la situation politique et économique du pays.

Au Kenya, si Nairobi n’a pas été un espace d’affrontements meurtriers, le lycée français a néanmoins fermé à plusieurs reprises au moment des manifestations. Des collègues ont régulièrement fait part aux militants du secteur hors de France de leurs interrogations diverses. Nous tentons toujours de répondre au mieux à leurs attentes (et espérons y parvenir !) dans un contexte difficile où l’avenir est incertain.

C’est pour le Tchad que l’inquiétude est la plus vive. Le secteur hors de France a été en contact très rapproché avec les professeurs de l’établissement. Tout notre soutien accompagne bien entendu la communauté éducative, en particulier nos collègues détachés et nos collègues recrutés locaux dont il est très difficile d’avoir des nouvelles. Nombreux sont les N’Djamenois qui quittent la ville pour franchir la frontière camerounaise afin de se mettre en sécurité. Quant aux enseignants français, bien que regroupés au sein de périmètres sécurisés par l’armée française (au lycée français notamment), ils ont vécu des heures difficiles et anxiogènes liées à un contexte de guerre. A l’heure où nous écrivons, la décision a été prise d’évacuer tous les collègues détachés vers Libreville. Le SNES-FSU ne peut que se féliciter de cette décision et fera un point de la situation avec la directrice de l’AEFE dans la journée du 4 février.

A tous les collègues  : n’hésitez pas entrer en contact avec le SNES hors de France, soit par courriel (hdf@snes.edu), soit par téléphone (01 40 63 29 41 ou 27 10). Les militants sont à votre écoute et agissent en conséquence.

6. Le SNES sur le terrain

A Kinshasa

Profitant à nouveau d’une mission syndicale de coopération avec le syndicat SYECO de RDC, Roger Ferrari a pu faire le point de la situation avec les syndiqués du lycée René Descartes.

Par rapport à une précédente rencontre en octobre, on ne peut pas dire que  des résultats soient obtenus sauf en terme de prise de conscience de nos autorités.

Les principaux problèmes restent :

- pour les recrutés locaux, la rédaction de contrats pour tous avec une protection sociale. Un groupe de travail se réunit et devrait aboutir en juin ;

- pour les résidents, c’est toute la problématique de l’attractivité de Kinshasa qui constitue le véritable problème. En fait, il s’agit d’attirer des faux résidents sachant que les loyers et le coût de la vie sont très élevés à Kinshasa. Une solution avait été trouvée pour le logement par l’utilisation d’appartements dans un immeuble réservé initialement aux coopérants. Des tensions se manifestent maintenant à cause de l’utilisation de ces logements par des coopérants mais aussi des militaires et des personnels de l’Ambassade. Pour faire face à la situation « spécifique de vie locale », les collègues demandent une augmentation de l’ISVL de 100 %. Les montants actuels de moins de 1 000 euros par mois ne permettent pas de faire face à des loyers qui dépassent les 2 000 euros ;

- pour l’établissement lui-même, va se poser à terme la question de ses capacités d’accueil. Le nombre de Français à Kinshasa est en augmentation ainsi que le nombre d’enfants inscrits au lycée. Des salles de classe supplémentaires devront être créées à échéance d’un an ou deux. L’association gestionnaire est propriétaire du terrain qui va bien au-delà de l’espace occupé par le lycée. Mais les autres espaces sont occupés par des privés congolais et par le centre culturel français ! L’agrandissement du lycée qui ne pose pas de problème sur le papier en terme de superficie posera en réalité beaucoup de problèmes pour récupérer les espaces nécessaires.

Une rencontre avec l’Ambassadeur, le Conseiller culturel et de Coopération et l’Attaché, a permis d’exposer la vision de ces problèmes par les collègues.

L’Ambassadeur a notamment convenu qu’il y avait urgence à mettre en place des contrats pour les recrutés locaux prévoyant une protection sociale accessible. Il souhaite que le projet soit disponible en mai pour une mise en œuvre effective à la rentrée scolaire.

L’Ambassadeur a également exprimé son accord avec nos demandes d’augmentation de l’ISVL. Il est conscient de l’importance de la question du logement mais il pense que l’immeuble des « coopérants » n’est pas une solution à long terme. Personne ne sera expulsé mais l’attribution de logements aux résidents sera certainement de plus en plus difficile. L’immeuble en question servira à accueillir des coopérants et des Volontaires Internationaux sachant que l’ambassade actuelle pourra comprendre très rapidement des logements pour ses personnels à la place des ex-locaux du centre culturel.

Sur l’agrandissement du lycée, le poste s’interroge sur la pertinence de la faire à court terme. L’augmentation du nombre des élèves doit être confirmée. Il est également évident que la récupération du terrain actuellement occupé par le centre culturel français ne serait pas sans poser des problèmes.

Nos interlocuteurs se sont également montrés préoccupés par la formation des recrutés locaux. Il est vrai que les recours aux recrutés locaux se multiplient dans une situation où les titulaires de l’Education nationale ne sont pas attirés par un poste de « résident » à Kinshasa. On les comprend vu les conditions de rémunération ! Il ne faut pas s’engager dans cette voie dangereuse pour l’établissement mais un certain nombre de recrutés locaux y sont tout à fait à leur place à condition qu’ils aient les qualifications et les compétences nécessaires à l’enseignement des programmes français. Dans cet esprit, leur participation à la formation continue est indispensable.

Cette rencontre avec les responsables du poste a montré que des avancées sont possibles rapidement. La section locale du SNES suivra avec attention tous ces dossiers.

Au Brésil

Réunion avec les collègues au lycée français de Brasilia

IE, ISVL : L’ISVL et L'IE ont été réévaluées trois fois de 10 %, il y a deux ans et depuis quasiment plus rien, on est même quasiment revenu à la case départ (Par exemple l'ISVL est de 6156 euros pour le groupe 6  en septembre 2002, 6226 au 1 janvier 2008 soit une progression de 1,01 % !)

Or, l’inflation a été de 4,5% cette année selon l’institut brésilien de la statistique et elle atteint depuis 2002 en valeur cumulée le sommet de 55 %. Le taux de change est défavorable (3,60 réais pour un euro en 2004 et 2,60 aujourd’hui), les loyers sont élevés (30% d’augmentation par an à Brasilia), l’énergie est chère tout comme l'automobile, les équipements informatiques et la communication. La viande et l’alimentation en général ont augmenté fortement les 6 derniers mois.

Qui plus est, Brasilia connaît le revenu moyen le plus élevé de tout le Brésil, Rio et São Paulo inclus, notamment parce que le gouvernement du Président Lula a substantiellement réévalué le salaire des fonctionnaires, très nombreux dans la capitale fédérale. Le secteur de la distribution adapte ses prix à la hausse en conséquence.

Fort de tous ces éléments, les collègues considèrent que la baisse appliquée au 1er janvier par l’AEFE à l’IE (-9%) et à l’ISVL (-3,5%) est totalement injustifiée.

Immobilier : Les collègues ont certaines réserves sur le dossier. Le terrain en vue est presque deux fois plus coûteux que la somme budgétisée au dernier CA de l’AEFE. L'agence s'est dotée d'une personnalité juridique brésilienne et devrait envoyer une commission technique afin de donner ou non son feu vert définitif. Le dossier devrait être bouclé par la commission immobilière de l'Agence en mars ou en avril. L’APE construira sur ses fonds propres dégagés grâce à la revente du terrain du site actuel et paiera un loyer équivalent à 4% de la valeur d'achat du terrain pendant 25 ans à l’AEFE, qui restera à terme propriétaire du tout. Une bonne nouvelle, les personnels sont associés aux réunions de la commission de maîtrise d'ouvrage. Des  doutes importants restent encore sur la structure (franco-brésilienne ou française avec une structure annexe de classe préparatoire au concours d'entrée à l'université brésilienne) et sur le doublement  du nombre d’élèves en 10 ans.

Rencontre avec le Conseiller culturel

IE, ISVL : Suite à la réunion avec les collègues, le SNES lui fait part des préoccupations des collègues concernant l’IE et l’ISVL. La réponse est qu’il n’y a pas de marge de manoeuvre, qu’il existe une note de la mission économique de l’ambassade sur l’évolution des coûts de vie et que donc l’agence a pris ses décisions en connaissance de cause.

Mais comment expliquer cette baisse alors que les données disponibles indiquent que tout a augmenté ? Selon le conseiller culturel, ce sont les contraintes générales budgétaires qui doivent être mises en cause et de nous donner le chiffre en baisse du budget de coopération (-10,6% au Brésil pour une baisse globale de 11% sur l’ensemble des postes).

Statut des établissements : Les établissements français du Brésil sont dans une situation de vide juridique ce qui a des incidences néfastes pour les contrats locaux et qui implique de la part de l’ambassade un travail pour changer la nature des relations entre les établissements et l’Etat brésilien. Le Conseiller culturel indique au SNES que la discussion sur ce sujet sera relancée d’autant qu’il y a aussi des conséquences sur la situation administrative des personnels détachés et de leurs conjoints (ceux-ci n’ont pas l’autorisation de travailler). Le problème est dû aux différents niveaux administratifs qui existent au Brésil. Ainsi, certaines écoles peuvent être reconnues localement mais pas par l’Etat fédéral et pour obtenir cette reconnaissance, il faut satisfaire certaines conditions ; par exemple à São Paulo pour le lycée Pasteur, il faut que les enseignants recrutés locaux disposent d’une licence. 

Financement du nouvel établissement : Il y a un apport de l’AEFE plus un emprunt remboursé sur 10 ans. Le terrain est trouvé mais on attend toujours l’offre d’achat ferme des propriétaires qui dans le contexte de spéculation que connaît Brasilia suscite toutes les inquiétudes. Le conseiller culturel nous indique que la différence entre le prix budgétisé au CA et le montant réel sera comblé par l’emprunt.

Le SNES pose le problème de la croissance des effectifs et d’une éventuelle modification du calendrier qui pourrait être mieux susceptible d’attirer des élèves brésiliens. Le Conseiller Culturel estime qu’il n’est pas souhaitable de modifier le calendrier afin de passer au rythme sud pour les raisons suivantes : la part importante d’enfants de diplomates dans le public scolaire impliquerait de garder un alignement sur le calendrier français d’une part et d’autre part, cela permettrait de créer une structure de préparation au concours d'entrée à l’université brésilienne. Le SNES lui rétorque que ces arguments ne sont peut être pas recevables pour les Brésiliens, ni les meilleurs choix pour parvenir à doubler notre structure en 10 ans. Mais le Conseiller culturel pense que cet obstacle sera surmonté, en revanche, il est contraint de reconnaître qu’il y aura une augmentation des frais de scolarité.

La principale inquiétude demeure selon lui, les risques de dérapage du prix du terrain. La réponse attendra encore car nous sommes dans une période de vacances au Brésil et il n’y a pas de proposition écrite pour l’instant.

Situation de l’établissement de São Paulo

L’Ambassade traite ce dossier de manière prioritaire. L’Ambassadeur demande un retour des avoirs immobiliers et engage la séparation de la partie brésilienne au nom de l’Etat. En cas de non récupération des avoirs, il est envisagé une procédure contentieuse.

Le SNES reprend la question des collègues de São Paulo pour savoir si l’établissement est menacé de disparition. La réponse est claire : il n’est pas question d’abandonner São Paulo à l’heure où le Brésil est une des grandes puissances émergentes et São Paulo une des plus grandes métropoles mondiales, où sont présents de très nombreux ressortissants français. Donc la structure existera sous une autre entité si possible dans les mêmes locaux en récupérant les avoirs ou dans d’autres locaux si les avoirs ne sont pas récupérés.

Point sur les revendications de la grève prévue pour le 24 janvier

Nous redisons au Conseiller Culturel que dans le cadre d’une grève nationale, les collègues se mobiliseront pour une augmentation de l’IE et  l’ISVL, pour la fin des abattements en cas de congé maladie, pour que soit institué à destination des résidents des droits réguliers à voyage.

En Europe

Compte rendu des journées SNES/FSU des sections de pays d’Europe à Londres les 21 et 22 janvier 2008.

Dans la suite de l’édition « Vienne 2006 », la rencontre des sections SNES/FSU des pays européens s’est tenue à Londres, sous l’égide et le très chaleureux accueil des nos camarades Christophe Adol et Jocelyne Roullin du SNES Londres. Patrick Soldat était présent pour le SNES Hors de France, les autres pays représentés étant l’Allemagne, l’Italie, les Pays Bas, la Serbie, L’Irlande, la Grèce, l’Autriche, l’Espagne, la Hongrie.

Un premier tour de table a permis de constater et de réaffirmer toute l’importance du travail de nos militants et des sections pays. L’engagement syndical démontre, au quotidien et à des échelles diverses, son utilité, que ce soit dans le suivi de dossiers individuels, dans la négociation pour l’amélioration des conditions de travail de nos collègues en contrat local ou dans les rappels (trop nombreux !) du respect des textes et des règles à l’administration qui, faut-il à nouveau le souligner,  se devrait pourtant de les garantir. 

Des points d’actualité ont été abordés, tels que la réforme de l’avantage familial et les éventuels problèmes posés par son application. A ce titre, rappelons que tout sera mis en œuvre pour que nos collègues ne soient pas lésés par une réforme qui doit améliorer leur situation ou tout au moins ne pas la détériorer.

L’épineux dossier de l’ISVL a prouvé, une fois de plus, que si certaines évolutions positives étaient les bienvenues car nécessaires pour faire face aux difficultés croissantes des personnels, ce thème était en prise directe avec celui du pouvoir d’achat et, plus spécifiquement de nos revendications sur les salaires, comme l’ampleur de nos actions du 20 novembre et du 24 janvier a pu le démontrer.

Sur les différents modes de fonctionnement et nouveautés des établissements de l’AEFE, des précisions ont également été fournies sur la « charte des établissements français à l’étranger », le « guide de bonne conduite de la convention », ainsi que le projet de « circulaire de vie scolaire » ou « l’aide à la scolarité en terminale».

Le fonctionnement des CCP, en particulier des locales a également été abordé avec dans le détail le rôle du commissaire paritaire, les démarches et les liens avec les CCPC. A ce titre, des points de comparaison ont été mis à jour concernant le recrutement des personnels résidents ou locaux, les suivis de dossier tels que les mutations internes et les barèmes. Sans vouloir harmoniser à tout prix des pratiques que les situations locales très variables peuvent parfois amener à diverger, il est important de démontrer la cohérence de fond et les points de rencontres que doivent porter nos engagements syndicaux communs.

La situation des recrutés locaux a été soulevée à plusieurs reprises tout au long de ces deux journées, ainsi que des thèmes récurrents tels que la protection sociale, la retraite et certaines règles d’imposition en Europe.

Si tous les points prévus à l’ordre du jour n’ont pu être abordés en profondeur, c’est que la richesse des échanges a primé, ce qui est évidemment une bonne chose car c’est le principe sur lequel reposaient ces journées. Gageons que l’édition suivante, dont le lieu reste bien sûr à définir, saura poursuivre dans cette voie et accueillir encore plus de pays européens et de sections, parfois isolées, qui sauront enrichir encore la vie syndicale de  l’ensemble des militants.

Au Moyen-Orient 

Le SNES animait un stage de formation syndicale à Abou Dhabi au lycée Louis Massignon le 28 et 29 janvier dernier. La section SNES de cet établissement a organisé avec beaucoup d’efficacité et d’enthousiasme la tenue de ce stage

Le Koweït, l’Arabie Saoudite et au sein des Emirats, l’établissement de Dubaï et celui d'Abou Dhabi étaient représentés.

Un premier tour de table permet de définir les attentes des collègues en matière de formation et d’informations syndicales.

On peut regrouper les réponses aux questionnements des collègues sous trois grands sujets :

Les droits syndicaux :

Certains points ont fait l’objet de questions précises et d’un échange abondant. C’est le cas par exemple du droit de grève qui n’existe pas aux Emirats ni au Koweït et qui inquiète les collègues. Au Koweït ou à Abou Dhabi les résidents ou expatriés sont soumis à des pressions diverses qui vont jusqu’à la menace de renvoi. Mais la situation est surtout difficile