SNES HDF INFO N° 3

FAIRE ENTENDRE NOS REVENDICATIONS LE 18 OCTOBRE

Les menaces de tous ordres n’ont jamais été aussi présentes. Réduction d’effectifs de fonctionnaires, fin de non recevoir sur les augmentations de salaire, augmentation de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein sont les leitmotiv du chef de l’Etat, du premier Ministre et de son gouvernement.

Dans nos secteurs, ministère des Affaires étrangères et AEFE, les fonctionnaires responsables des mises en œuvre sont plus ou moins zélés suivant les sujets. Certaines questions sont traitées sans état d’âme : rémunération, emplois et remise en cause des droits des personnels. Autre sujet qui recueille l’unanimité : le traitement des recrutés locaux. Après l’appel à l’utilisation du recrutement local à outrance, l’administration veut limiter les droits de ces personnels car elle se rend compte que c’est le seul moyen de peser sur les coûts salariaux.

Les personnels ne doivent pas se laisser prendre à la tentative d’opposition entre recrutés locaux et fonctionnaires organisée par  l’administration. L’expérience le prouve, la bataille sur les postes et les rémunérations des fonctionnaires à l’étranger est intimement liée à celle de la réglementation de l’emploi des recrutés locaux. La lutte menée en 2000 en atteste !

Le 18 octobre doit être utilisé pour lancer cette action de l’ensemble des personnels des services français et assimilés. Cette journée doit contribuer à empêcher toute dégradation de nos situations mais aussi à imposer des avancées dans les domaines cruciaux que sont la protection sociale, l’emploi, les rémunérations et les droits.

Toutes les formes d’actions peuvent être utilisées : heure mensuelle d’information syndicale, rassemblement dans l’enceinte de l’établissement ou du service, délégation auprès de l’ambassadeur ou grève.

Paris, le 12 octobre 2007

SOMMAIRE

1.      Accès aux documents administratifs

2.      AEFE : assouplissement du régime de congé de maternité

3.      Affectations : Nouvelle Calédonie et Wallis

4.      Le SNES sur le terrain : au Gabon et en République démocratique du Congo

5.      Candidatures MLF

 

1. Accès aux documents administratifs

Connaître les avis hiérarchiques portés sur son dossier de candidature à un poste d’expatrié à l’AEFE est un droit !

Comme le conseille chaque année le SNES-FSU, les collègues réclament légitimement une copie des avis hiérarchiques portés sur leur dossier de candidature à un poste expatrié à l’AEFE. Nombreux sont ceux qui obtiennent sans difficulté cette copie.

Nombreux sont aussi les collègues qui se voient opposer un refus : « Monsieur le Conseiller ne souhaite pas communiquer les avis motivés. » Sic ! Certains chefs d’établissement et/ou conseillers culturels en poste à l’étranger semblent penser qu’ils sont au-dessus de la loi. C’est indigne de fonctionnaires de la République ! A défaut de connaître les textes réglementaires, les différentes hiérarchies devraient consulter le site Internet de la Commission d'accès aux documents administratifs (www.cada.fr) qui rappelle très clairement la législation : « afin d'assurer la transparence de l'action administrative et l'information des citoyens, la loi du 17 juillet 1978 reconnaît à toute personne un droit très large d'obtenir communication des documents détenus par une administration, quels que soient leur forme ou leur support. Ce droit s'exerce à l'égard de toutes les administrations publiques ainsi qu'à l'égard des organismes privés chargés d'une mission de service public."

Conformément à la loi de 1978, les collègues ayant fait acte de candidature ont droit à l'accessibilité de tous les documents administratifs qui sont nominatifs et qui, en toute logique, les concernent. En conséquence, les collègues qui se voient opposer un refus oral de la part de leur(s) supérieur(s) hiérarchique(s) rédigent une demande écrite à leur chef d'établissement et au conseiller culturel. Ces derniers  ne sont pas du tout en mesure de refuser.

Le SNES-FSU intervient à la fois auprès du Directeur général de l’administration du Ministère des affaires étrangères et auprès de la direction de l’AEFE afin que ces derniers rappellent les fondamentaux à leur(s) sous-chef(s) . La France est encore un Etat dans lequel les fonctionnaires ont des droits !

2. AEFE : assouplissement du régime de congé de maternité

La durée légale du congé de maternité n’est pas modifiée. Toutefois, la circulaire DGAFP (Direction générale de l’administration et de la fonction publique) B9 du 12 juillet 2007 portant sur la possibilité de report du congé de maternité précise que la loi n°2007-293 du 5 mars 2007, notamment l’article 30, réformant la protection de l’enfance est applicable aux fonctionnaires.

Si la possibilité de reporter une partie du congé prénatal sur le congé postnatal existait déjà, comme le précise l’article d’Elizabeth Labaye dans l’ US Magazine (supplément au n°656 du 15 septembre 2007), elle était subordonnée à un « exercice effectif des fonctions » avant le début des six semaines précédant la date présumée de l’accouchement. Concrètement, si le congé prénatal se déroulait pendant des vacances scolaires, il était impossible de le reporter car les collègues n’étaient pas en « exercice effectif » pendant les vacances. Avec la nouvelle circulaire, ces dispositions sont caduques. Ainsi, une professeure en congé scolaire la veille du début de la période prénatale de son congé pour maternité peut désormais bénéficier du report d’une partie de la période prénatale.

L’assouplissement concerne également les collègues enceintes de jumeaux ou d’enfant de rang 3 et plus : le congé prénatal peut être rallongé de quatre semaines pour des jumeaux et de deux semaines à partir du troisième enfant, ce qui réduit d’autant le congé postnatal.

Certes, ces modifications permettent enfin aux professeures d’êtres traitées comme toutes les autres fonctionnaires. Mais la revendication du SNES-FSU reste l’allongement du congé de maternité à 26 semaines quel que soit le rang de la naissance de l’enfant. De surcroît, le secteur Hors de France du SNES revendique l’application –à tout le moins- de ces nouvelles mesures aux collègues recrutées locales des établissements en gestion directe, et intervient en ce sens auprès de la direction de l’agence.

Collègues enceintes, si vous rencontrez des difficultés avec l’AEFE pour l’application de cette nouvelle circulaire, n’hésitez pas à prendre contact avec le SNES hors de France : hdf@snes.edu

3. Compte-rendu de la FPMN d’affectation en Nouvelle calédonie et à Wallis et Futuna

Cette année, le ministère a décidé de modifier le barème de mutation pour les territoires de Nouvelle-Calédonie et de Wallis et Futuna, au prétexte de vouloir renouveler le vivier des collègues affectés sur ces territoires, en réalité pour réduire la masse salariale que représentent ces collègues. Le SNES a demandé qu’un bilan de l’application de ce nouveau barème au mouvement soit fourni par le ministère, mais l’on peut d’ores et déjà constater que les collègues aux échelons les plus élevés et ayant déjà séjourné en COM ou à l’étranger sont les grands exclus du mouvement. Si le SNES ne voit pas d’opposition à ce qu’une bonification raisonnable soit attribuée aux collègues n’ayant jamais accompli de séjour sur le territoire demandé, nous restons profondément opposés à un barème en cloche pour l’ancienneté de service : c’est une rupture avec la prise en compte historique de l’ancienneté de service (dans un ordre croissant) comme élément commun à tous les collègues permettant de classer les demandes. En outre, les dispositions prises pour calculer l’ancienneté de poste sont particulièrement discriminatoires envers les collègues qui sont actuellement en poste à l’étranger (non prioritaires, ils n’ont pas d’ancienneté de poste comptabilisée) et ceux qui sont récemment revenus d’un séjour en COM et à l’étranger (0 points jusqu’à la 4e année de poste). Cette double discrimination est excessive et il ne nous semble pas que des collègues qui ont eu l’occasion de travailler hors de France doivent être sanctionnés pour cela en termes de barème. Le SNES demande à ce que des discussions se poursuivent avec l’administration et que des améliorations significatives du barème soient proposées.

 L’équilibre du barème d’affectation dans ces territoires est d’autant plus sensible que ces territoires sont toujours aussi demandés par les collègues : en métropole, les suppressions de poste se multiplient, rendant les possibilités de mutation de plus en plus réduites ; le pouvoir d’achat des collègues  scandaleusement érodé, les dispositions actuelles sur la retraite mettent de plus en plus de collègues aux abois et à la recherche éperdue d’une solution pour améliorer leur situation de carrière, leur salaire et leur future pension ou ce qu’il en restera ; recherche on ne peut plus légitime. Parallèlement, le nombre de postes offerts ne cesse de se réduire en Nouvelle-Calédonie et à Wallis-et-Futuna, à tel point que dans certaines disciplines,  plusieurs collègues demandant un rapprochement de conjoint ne peuvent être mutés. Le mouvement de mutation en Nouvelle-Calédonie devient donc un enjeu de plus en plus pressant pour nombre de collègues et le sens politique du barème en vigueur n’a jamais été aussi important.

Pour les collègues appelés à participer au prochain mouvement territorial de Calédonie, la fiche syndicale « intra 2008 » et le barème intra sont disponibles sur www.hdf.snes.edu, rubrique recrutement, COM, rentrée 2008. Contacter le SNES Nouvelle-Calédonie (snes-nc@lagoon.nc) pour le suivi de votre dossier.

4. Le SNES sur le terrain

A Libreville au Gabon

Une réunion au lycée a réuni une trentaine de collègues. Ils se sont exprimés largement sur :

-          la difficulté à pourvoir les postes de résidents compte tenu du niveau des rémunérations ;

-          la demande de dédoublements en langues ;

-          les suites de l’inspection en sciences physiques : tentative d’influer sur l’action syndicale et rapports non reçus ;

-          pression de l’administration sur les collègues ;

-          inquiétude des collègues recrutés locaux sur les négociations concernant leurs contrats, la grille de rémunération, les reclassements et la formation continue ;

-          l’organisation du bac blanc en dehors des heures de cours.

Une rencontre s’est déroulée avec les responsables du SCAC pour rappeler que le SNES est attaché au dialogue au niveau du SCAC comme à celui de l’administration de l’établissement. La délégation a également rappelé les règles de fonctionnement de la CCPLA : convocation dans les délais avant la réunion, accès à tous les dossiers, temps de préparation et de compte rendu sur le service. Les responsables du SCAC se sont engagés à faire respecter les textes. La délégation a également largement échangé sur la faiblesse de l’ISVL par rapport au coût de la vie au Gabon. Toutes les démarches dans le sens d’une mise à niveau sont les bienvenues. Il a aussi été question des problèmes rencontrés par les collègues qui se présentent à un concours de l’Education Nationale. L’ouverture d’un centre a été demandée, soutenue par le SNES qui propose qu’en cas de refus des aides soient étudiées pour que les collègues puissent se présenter aux épreuves. Le SNES a également demandé au SCAC de suivre les négociations sur l’évolution de la grille de rémunération des recrutés locaux. La situation de ces collègues a une grande importance pour la bonne cohésion des personnels de l’établissement. Enfin le SNES est intervenu sur la situation des assistants techniques pour que leurs rémunérations soient adaptées à leurs fonctions et pour que leurs taches ne soient extensibles à l’infini.

La rencontre avec la direction du lycée a été l’occasion de préciser les points de vue portés par le SNES sur le fonctionnement de l’établissement. Les droits des représentants des personnels en CCPLA ont été rappelés. Le proviseur considère que ce n’est pas « une bonne mesure » mais elle l’appliquera. Le SNES a également formulé des propositions pour améliorer le fonctionnement du Conseil d’Etablissement et l’accueil des nouveaux collègues.

Le SNES a rappelé que les recrutés locaux étaient concernés par la formation continue dispensée par l’AEFE et que les frais d’inscription au CNED devaient être remboursés. Il a également interrogé sur le déroulement des baccalauréats blancs en dehors  des heures de cours et demandé à ce que l’avis des collègues soit pris en compte.

Enfin nous n’avons pas obtenu de réponse précise sur la gestion des HSE

A Kinshasa en République Démocratique du Congo

Une réunion au lycée a permis de faire le point avec un certain nombre de collègues. Les collègues sont inquiets de la dérive administrative du fonctionnement de l’établissement. Les effectifs de l’établissement augmentent, des postes sont créés mais ils sont difficiles à pourvoir compte tenu de la situation particulière à la RDC.

Les collègues s’inquiètent des difficultés de recrutement des résidents et du manque de transparence ainsi que des recrutements de recrutés locaux en dehors de l’avis de toute instance. Pour les résidents, le niveau de l’ISVL est évidemment  une des causes de non recrutement. Les recrutés locaux n’ont pas de contrat de travail et sont particulièrement maltraités au niveau des congés maladie. Il faut ajouter que les collègues souhaitent avoir plus de temps pour se consacrer à l’activité syndicale et ne pas être surchargés par les heures supplémentaires.

Les responsables locaux du SNES envisagent des interventions sur toutes ces questions auprès du chef d’établissement et auprès du SCAC. Ils seront soutenus dans toutes ces démarches par le secteur HDF du SNES.

5. Candidatures à la mission laïque française rentrée 2008

La mission laïque française, association de droit privé reconnue d’utilité publique, recrute des enseignants pour les établissements français à l’étranger dont elle a la gestion.

Les candidatures sont à saisir en ligne sur le site www.mlfmonde.org entre le 17 septembre et le 11 janvier 2008. Les postes susceptibles d’être vacants seront consultables à partir de fin novembre sur le site de la MLF et également sur le site du MEN, ww.education.gouv.fr/SIAD/. Seuls les candidats ayant rempli et renvoyé un dossier complet recevront un code par mél pour pouvoir saisir une fiche de vœux en ligne. Il faut préciser que la MLF demande un chèque de 17 euros à chaque candidat pour frais de dossier, 27 euros à deux collègues qui postuleraient en couple. Cette somme est exigée sans garantie de se voir proposer un poste, et restituée si et seulement si, après avoir déposé un dossier, un collègue ne trouve aucun poste susceptible d’être vacant dans sa discipline. C’est un petit progrès de la MLF dans la manière de traiter les collègues, mais le système des candidatures payantes pour un organisme qui est en demande de personnels témoigne d’un toupet de mauvais augure pour les futurs recrutés.

La commission de recrutement des collègues à la MLF se tient courant mars. Le barème existant pour classer les candidats sert essentiellement à favoriser les candidatures des collègues en début de carrière, aux échelons les plus bas. La MLF affiche donc clairement son souci de recruter au moindre coût. Les candidatures de couples d’enseignants sont également favorisées chaque fois que c’est possible, pour des raisons semblables.  Les collègues doivent savoir que les conditions de travail et de rémunération sont loin d’être claires et uniformes à la Mission laïque et que le SNES recommande chaque  année de bien vérifier les conditions proposées par la MLF avant d’accepter un poste. Le SNES siège à la commission de recrutement pour défendre la transparence du recrutement et faire valoir les droits des collègues. La fiche syndicale est disponible  sur www.hdf.snes.edu, rubrique recrutement, fiches syndicales.

 

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