CIRCULAIRE
HDF N° 10
L’ACTION CONTINUE
AVEC LE SNES
À
DU
38 % de collègues ont cessé le travail en France
auxquels s’ajoutent les nombreux grévistes à l’AEFE. Avec le SNES, les personnels mènent la lutte
pour l’abrogation du décret De Robien qui pénalise
sans aucune justification près de 100 000 enseignants qui devront travailler
plus ou gagner moins. Il faut leur ajouter les enseignants de second degré de
l’Agence qui seront touchés automatiquement par le décret s’il reste en l’état.
Situation
aggravée à l’AEFE par le refus de répondre à nos revendications sur la
situation des recrutés locaux comme au Maroc, l’augmentation des ISVL, la
réforme des congés maladie…et l’avantage familial dont la directrice propose
maintenant de limiter le périmètre aux frais de scolarité. Bénéfice de
l’opération : rien pour les collègues et tout pour les établissements qui
reçoivent l’intégralité de ces frais de scolarité.
Le
compromis qui permettait de fixer l’avantage familial à 80 euros au dessus du
niveau des frais de scolarité volerait en éclat alors qu’il est acté dans le
budget 2007 de l’AEFE.
Ce
revirement est inacceptable !
Toutes
les occasions doivent être saisies pour faire pression contre la dégradation de
nos rémunérations et de nos conditions de travail.
En premier
lieu le vote SNES et FSU aux élections de l’AEFE qui fera la différence avec
les positions d’autres syndicats près à brader les revendications des
personnels !
Le
Congrès du SNES appelle à généraliser l’opération « à chaque établissement
son action contre le décret Robien » et à préparer la rentrée dans les
établissements sur de nouvelles bases.
Le SNES
appelle à faire du 1er Mai une journée de protestation auprès des
ambassades sur tous les sujets qui mobilisent les personnels : AEFE,
recrutés locaux au Maroc et dans d’autres pays, établissements culturels dont
les fermetures continuent à Bilbao.
A préparer dès maintenant pour la 2ème quinzaine de
mai une journée de Forum rassemblement dans chaque pays. L’objectif est d’interpeller
ensemble, enseignants, usagers, parents et lycéens le nouveau gouvernement sur
les mesures immédiates mais aussi sur les propositions que nous faisons pour
donner un nouvel élan au service public à l’étranger.
Pour
vos revendications, votez SNES et FSU, poursuivez l’action dans tous les
établissements et se tenir prêt si le nouveau gouvernement ne prenait pas les
mesures nécessaires. Le bureau national du SNES n’exclu aucune forme
d’action !
Paris, le 6
avril 2006
1. Institut français de Bilbao : contre la
fermeture
Le
Ministère des Affaires étrangères veut maintenant fermer l’Institut français de
Bilbao après les fermetures de plus d’une dizaine d’établissements en Europe
dont celui de Vienne récemment.
C’est
aujourd’hui le tour de l’Espagne : Séville a fermé en juin 2006 et malgré
les déclarations de l’Ambassadeur le 4 juillet dernier, la fermeture de Bilbao
est annoncée pour juin 2007.
Le
prétexte invoqué, une situation économique précaire ? Difficile à avaler
si l’on en juge par les 600 élèves qui fréquentent les cours et la médiathèque
tous les ans et la collaboration du centre avec une vingtaine d’entreprises.
Tant
pis pour les 700 candidats au DELF et DALF qui n ’auront plus de possibilité de
passer ses diplômes dans la capitale basque. Aux oubliettes la coopération avec
les lycées basques qui se mettait en place avec la formation de professeurs
chargés d’enseigner leur discipline en français.
Et les
16 employés de l’Institut se retrouveraient à la rue par l’obstination bornée
d’une administration française obnubilée par ses indicateurs budgétaires et
aveugle aux intérêts politiques.
Le SNES
et
2. Bilan de la grève du 20 mars
Ci-dessous
les résultats qui nous sont parvenus dans la semaine qui a suivi la grève.
Ceux-ci montrent une mobilisation comparable à celle de
Le
tableau ne mentionne pas des actions de grève parfois très fortes sur des
problèmes locaux qui sont apparus dans la même période.
C’est notamment le cas au
lycée Chateaubriand de Rome où l’ensemble des syndicats a appelé à la grève
contre le non respect des règles de recrutement de résidents.
|
PAYS |
ETABLISSEMENT |
NBRE DE
GREVISTES |
|
ALLEMAGNE |
LF de Berlin |
33 % |
|
ALLEMAGNE |
Fribourg |
33 % |
|
ALLEMAGNE |
LF de Munich |
25 % |
|
ALLEMAGNE |
Sarrebruck |
5 % |
|
BELGIQUE |
Lycée Jean Monnet de Bruxelles |
0,8 % |
|
BOLIVIE |
Lycée franco-bolivien La Paz |
33 % expatriés 20% résidents |
|
COLOMBIE |
Lycée louis Pasteur Bogota |
50 % expatriés 56,41 % résidents 71,42 % rec. locaux |
|
EMIRATS ARABES UNIS |
LF Abu Dhabi |
7 professeurs résidents à faire grève |
|
ESPAGNE |
LF Bilbao |
33 % |
|
ESPAGNE |
LF Madrid |
40 % |
|
GABON |
Libreville |
4 grévistes résidents |
|
KENYA |
Lf Diderot Nairobi |
22 % résidents 10 % recrutés locaux |
|
PORTUGAL |
Lisbonne |
22 % |
|
TCHAD |
LF Montaigne |
25 % |
|
VIETNAM |
Hanoï |
1 seul |
3. AEFE : recrutement des expatriés pour la
rentrée 2007
Les
commissions consultatives paritaires centrales chargées d’examiner les
candidatures pour les postes d’expatriés, postes supplémentaires inclus, se
sont tenues les 21 et 22 mars 2007. Dans ces commissions, le SNES a 4 sièges
sur 5 chez les agrégés et 5 sièges sur 5 chez les certifiés.
106
postes étaient à pourvoir, postes
supplémentaires inclus, dont 13 postes d’agrégés, 2 postes de faisant fonction,
9 postes de CPE, 2 postes d’agrégés ou certifiés.8 de ces postes sont encore en
attente. Il s’agit donc cette année d’un « petit » recrutement par
rapport à l’an passé (238 postes !).
L’AEFE
prévoit également, cette année, une seconde commission de recrutement en juin
pour pourvoir des postes tardivement publiés par l’Agence, postes pour lesquels
la campagne de candidature est déjà close. Si le SNES approuve le fait que ces
poste aient été publiés, procédure qui seule peut garantir un recrutement aux
règles claires et transparentes pour tous, il faut souligner qu’un recrutement
aussi tardif n’est pas sans poser des problèmes pour trouver des candidats en
nombre suffisant et pour permettre aux collègues recrutés de préparer leur
déménagement et surtout leur rentrée dans des conditions correctes. L’Agence
s’est en outre engagée à ne pas écarter a priori des candidatures de collègues
qui entre-temps, auraient eu une proposition de poste de résident dans le
réseau.
En
préambule, l’AEFE a
rappelé son attachement à un recrutement d’enseignants de qualité, pouvant
contribuer au rayonnement de l’enseignement français à l’étranger et en
parfaite adéquation avec le profil de chaque poste.
Le
SNES a également souligné son attachement à un enseignement de qualité,
attachement qui explique la journée de grève du 20 mars. Le mécontentement des enseignants est
patent, en particulier à l’étranger, du fait de la détérioration de leurs
conditions de travail, de la pression croissante des chefs d’établissement, des
dossiers qui restent sans réponse de la part de l’AEFE, dossiers aussi
essentiels pour les collègues que l’augmentation de l’ISVL, la réforme de
l’avantage familial, du décret de 2002 sur les congés maladie qui n’est
toujours pas appliqué. Cette journée de grève explique que la commission ait dû
être abrégée d’une journée et le SNES a souligné qu’il est bien conscient des
contraintes horaires très lourdes engendrées pour les personnels de l’Agence.
Les
postes en classes préparatoires aux grandes écoles ont été évoqués, l’Agence soulignant
la difficulté d’ouvrir de telles classes du fait de leur coût très élevé pour
les familles. L’Agence a en outre expliqué que le poste publié en septembre en
histoire-géo sur Rabat ne sera pas examiné lors de cette commission, le vivier
des candidats ayant été jugé insuffisant par l’Agence et par l’Inspection
générale. Ce poste n’étant pas destiné à republication, le SNES dénonce le fait
qu’apparemment, l’Inspection générale se réserve le droit de puiser dans son
viviers de professeurs de CPGE pour ce poste sans mêmes que les éventuels élus
aient pris la peine de déposer une candidature. Or, même pour les postes de
CPGE en France, les collègues qui souhaitent être nommés sur un poste sont
aujourd’hui contraints de faire acte de candidature sur i-prof, comme tout le
monde. Le flou laissé par l’Agence sur le pourvoi de ce poste est donc
préoccupant.
Les
éléments de profil superflus ont la vie dure
Cette
année encore, de nombreux collègues ont vu leur candidature écartée faute
d’avoir fourni un justificatif pour chacun des éléments de profils décrits dans
l’intitulé du poste, en particulier la pratique des TICE dans de nombreuses
disciplines, de l’EXAO en SVT et en sciences physiques. Le SNES reviendra en
commission bilan sur les justificatifs exigibles, notamment pour des pratiques
pédagogiques aujourd’hui généralisées dans l’enseignement, quand elles ne sont
pas purement et simplement obligatoires. Le SNES continue également de
dénoncer le fait que les collègues n’ayant pas d’expérience récente en lycée n’aient
quasiment aucune chance d’être recrutés. Cette discrimination est contraire à
notre qualification commune à tous, aussi bien professeurs certifiés
qu’agrégés.
Dangereuse
inflation des postes à entretien.
Cette
année, sans que les représentants des personnels soient consultés sur le sujet
ni même avertis, l’AEFE a choisi d’étendre les entretiens de recrutement à tous
les postes à pourvoir dans les pays de catégorie A, c’est-à-dire les pays
reconnus par le MAE comme « difficiles ». L’AEFE a justifié
maladroitement ce choix en disant qu’il fallait que les candidats qui demandent
ces postes soient avertis des conditions de vie particulières dans le ou les
pays demandés et en prétendant que de cette manière, les collègues qui
renoncent à ce type de vœu le font avant commission, ce qui épargne d’essuyer
après des refus de collègues que l’on aurait classés sur ces postes. En
réalité, ces collègues sont bien convoqués pour être triés, ils ne sont pas
nécessairement bien informés de ce qui les attend au cours de ces entretiens et
ce pré tri permet aussi, par la même occasion, d’écarter les candidats dont la
tête ne reviendrait pas à l’Agence pour les autres postes sans entretien. Bien
entendu, cela ne se fait pas aussi ouvertement, mais l’Agence peut, dans certains
cas, trouver un quelconque point faible dans le dossier du collègue pour éviter
d’avoir à le classer sur tel ou tel poste.
Résultat :
sur la plupart des postes dans les pays de catégorie A, un seul collègue a été
classé au final, ce qui est bien périlleux pour des pays où la décision d’une
expatriation n’est pas aisée. Ce qui devait advenir est advenu : l’AEFE
est contrainte de convoquer de nouveaux candidats pour un poste en Angola, car
bien évidemment, il n’est pas question de renoncer à ces fameux entretiens qui,
à entendre la nouvelle directrice adjointe, seraient le critère ultime pour se
faire vraiment une idée des candidats. La directrice de l’Agence aurait même
ouvertement affirmé que, si l’Agence avait les moyens humains de procéder
ainsi, elle recruterait sur entretien pour tous les postes d’expatriés ! Le
SNES reste profondément opposé aux recrutements par entretien, non
seulement parce que cela contribue à trop restreindre le vivier des candidats
(à force de multiplier les critères de recrutement, le gisement de candidats
finit par se tarir, pour laisser la place...au recrutement de tel ou tel affidé
de l’Agence), mais encore parce que cela introduit le risque d’une rupture
d’égalité entre les candidats : inégalité entre ceux qui ont eu un entretien
et ceux qui en ont été écartés dès le départ, actions discriminatoires en
faveur ou en défaveur des candidats reçus par l’Agence : tel candidat a
tellement « enthousiasmé » l’Agence en entretien qu’il s’est vu
proposer un poste qu’il n’avait même pas demandé (résultat : le candidat a
très logiquement refusé le poste), tel autre a tellement « déçu »
l’Agence en entretien qu’on ne risque pas de le retrouver classé n°1 sur un
autre poste.
Le
SNES demande donc à ce que l’Agence renonce à l’extension toujours croissante
des postes à entretien, la pertinence d’une telle procédure n’étant toujours
pas démontrée.
Conflit
majeur sur la participation des IPR de l’Agence
au recrutement.
Depuis
2006, l’Agence a recruté des IPR pour effectuer des tournées d’inspection et de
formation dans le réseau, ce qui est plutôt bienvenu pour le suivi pédagogique
et la carrière des collègues. La lettre de mission de ces IPR, nulle part
discutée, ni au CTP ni au CA de l’Agence, leur attribue également un rôle dans
le recrutement des enseignants expatriés, ce qui n’a pas non plus été discuté
en réunion de bilan sur le recrutement.
Le SNES
a donc appris par hasard la veille des CCPC que les inspecteurs de l’Agence
allaient siéger aux commissions et, par conséquent, on pouvait en conclure
qu’ils avaient eu tout loisir de mettre le nez dans les dossiers de
candidatures, de donner leur avis lors de la commission de l’Agence qui élabore
le projet de recrutement et même de participer aux entretiens pour les postes
concernés. Le SNES n’ayant été consulté sur aucun de ces changements, nous
avons averti l’Agence que nous refuserions de siéger si les IPR prévus par
l’Agence étaient présents aux CCPC. Si l’Agence a cédé au dernier moment et renvoyé lesdits
inspecteurs à leurs pénates, il n’en demeure pas moins que leur participation
aux travaux de recrutement a eu des incidences immédiates sur la
commission : par exemple, à barème égal, tel collègue a été préféré à tel
autre pour un poste : on s’est aperçu que le collègue n°1 avait eu apparemment
la chance d’être inspecté par l’IPR qui a participé aux travaux de recrutement,
et que ce collègue avait laissé à son IPR un excellent souvenir. Le candidat
n°2, lui, avait un excellent rapport d’inspection, fait par un inspecteur
général, tout de même, mais n’avait pas eu l’heur d’être inspecté par
l’inspecteur ad hoc. On voit très bien à quel genre de dérives mène ce type de
gestion des candidatures : comment empêcher un IPR d’avoir une préférence
pour un ou une collègue qu’il a visité dans sa classe, par rapport à d’autres
collègues qu’il ne connaît pas ? Que va-t-il advenir, au contraire, des
candidatures des collègues qui auraient été inspectés dans le réseau mais dont
l’inspection n’aurait pas été une réussite ? Peut-on empêcher un IPR
mécontent d’un collègue qu’il aurait vu de vouloir lui barrer la route pour un
autre recrutement ? Les collègues du réseau AEFE vont-ils devoir trembler
à l’approche de l’IPR en se demandant si, à la suite de leur inspection, leur
avenir dans le réseau est compromis ou non ? Comment un IPR peut-il
accepter, déontologiquement, d’inspecter des collègues et à la fois de se
prononcer sur leurs candidatures par rapport à d’autres dossiers
d’inconnus ? On voit bien que les risques de telles pratiques sont
déclinables à l’infini, et le SNES est en profond désaccord avec cette
évolution imposée unilatéralement par l’Agence. Nous demandons, à tout le moins, que ces choix
soient discutés sur le fond. IL ne s’agit pas de dénier à l’Inspection son
rôle dans l’évaluation pédagogique d’un candidat : cette évaluation existe
déjà, grâce à la note pédagogique qui est prise en compte dans le barème et au
rapport d’inspection qui doit figurer dans le dossier ; avec ces deux
seuls outils, l’Agence est parfaitement en mesure d’évaluer la valeur
pédagogique d’un collègue et on ne voit pas ce que l’avis d’un IPR de l’Agence
pourrait ajouter à cet examen. Par conséquent, si l’Agence persiste à vouloir
absolument faire de ses IPR des sergents recruteurs, la raison de cette
obstination est à chercher ailleurs : recrutement sur entretien, rôle des
IPR pour pousser des candidats ou au contraire en écarter d’autres, rôle
prépondérant désormais de l’avis de notation du chef d’établissement et de son
avis sur le dossier de candidature, la question est claire : veut-on
recruter des enseignants pour assurer un service public d’éducation de qualité
ou de serviles affidés d’un réseau qui n’aurait plus pour raison d’être que
l’entretien de ses propres hiérarchies ?
4. CCPC AEFE : prolongation de mission, temps
partiel et mutations internes des résidents
Les
commissions consultatives paritaires centrales compétentes pour les
prolongations de mission, les demandes de temps partiel et les mutations
internes des personnels résidents étaient placées à une date bien trop tardive
(23 mars !) puisque les CCPL compétentes pour le recrutement des résidents
se tenaient la semaine suivante. Aussi la direction de l’agence a-t-elle envoyé
les avis favorables ou défavorables aux collègues bien avant les commissions. Certes,
les commissaires paritaires du SNES ont pu modifier des avis en séance et
obtenir qu’ils soient favorables, mais, pour le respect du paritarisme et pour
un bon fonctionnement du paritarisme, ces commissions paritaires doivent être
consultées bien avant le mois de mars, comme l’AEFE l’avait déjà promis … l’an
dernier !
Les demandes de prolongation de mission
Dans le
corps des certifiés, 29 demandes étaient examinées et, dans celui des agrégés,
4 demandes. Pour rappel, l’AEFE n’accepte de déroger à la règle, à savoir
permettre aux résidents de poursuivre leur mission au-delà de l’âge de la
retraite, que pour trois motifs : des raisons familiales, des raisons
professionnelles (une promotion récemment obtenue et nécessitant un maintien en
fonction pendant au moins 6 mois) et un nombre d’annuités insuffisant pour
l’obtention d’une pension à taux plein. L’essentiel des prolongations de
mission ont été accordées pour cette dernière raison. Cinq demandes sont en
attente car les collègues n’ont pas produits un état général des services
récent, détaillé et faisant apparaître le cas échéant les bonifications pour
services hors d’Europe. Cette pièce justificative est absolument indispensable.
Les demandes de temps partiel
Dans le
corps des certifiés, 55 demandes étaient examinées et 7 demandes dans celui des
agrégés. A leur très grande majorité, ces demandes ont été satisfaites. Les
quelques avis défavorables tiennent surtout au fait que les collègues étaient
en cours d’un premier contrat.
Dans le
corps des certifiés 40 demandes étaient examinées et 5 demandes dans celui des
agrégés. Pour une mutation, un avis négatif a été émis parce que le poste
n’était pas vacant. L’AEFE n’a pas voulu entendre l’argument selon lequel
donner un avis favorable à une mutation interne n’impliquait pas la vacance
d’un poste. En effet, un poste vacant, ou susceptible de l’être, est pourvu en
commission consultative paritaire locale.
5. AEFE : recrutement des résidents
La
méthode semble contagieuse ! La direction de l’AEFE veut recruter les
expatriés à la tête du client en multipliant les entretiens. Elle veut se
placer au dessus des évaluateurs de l’Education Nationale en faisant passer un
entretien soit disant pour informer les collègues des conditions de vie dans
les pays difficiles comme s’ils étaient inconscients de leur choix. Elle tente
de constituer autour des inspecteurs de l’AEFE une petite cour de collègues
dociles par des perspectives de recrutement. On se croirait au ministère des
Affaires étrangères comme quand monsieur Villepin, alors ministre, avait
déclaré aux syndicats vouloir la transparence sur les recrutements mais
transparence seulement pour lui et ses collaborateurs. Le paritarisme ne doit
pas être au programme de l’ENA !
La
méthode fait école dans les postes puisque les noms respects des règles de
recrutement fleurissent dans de nombreux
endroits et provoquent comme au plan national de fortes réactions des
représentants des personnels notamment ceux du SNES.
La
liste est trop longue mais citons par exemple Rome où les syndicats ont déjà
appelé à une journée de grève et où circule une pétition, Londres qui se
mobilise mais aussi Buenos Aires, et Bruxelles.
Au
niveau national, le SNES soutien totalement ses sections qui défendent le respect
du paritarisme et de ses règles de fonctionnement. Il interviendra avec elles
pour que les droits des collègues soient respectés.
ESPAGNE
Dans la
semaine du 26 février au 2 mars, le SNES Espagne et le SNES Hors de France se
sont rendus dans plusieurs établissements
du réseau de l’AEFE en Espagne
pour rencontrer les collègues et les chefs d’établissements. Cette tournée a
été également l’occasion de rencontrer le conseiller culturel adjoint à Madrid.
Elle s’inscrit dans le contexte des actions engagées en France pour
l’abrogation des décrets modifiant les décrets de 50 et dans le cadre de la
campagne pour les élections professionnelles de l’AEFE, prévues le 10 mai
prochain.
BILBAO : dans ce petit établissement conventionné qui vient
d’ouvrir des classes de second cycle, les collègues nous ont fait part de deux
préoccupations principales. D’une part, le recrutement local, pour la rentrée
prochaine, d’un nouveau CPE, la personne occupant actuellement ces fonctions
devant partir à la retraite. L’établissement ayant récemment ouvert une classe
de première et de terminale, les collègues
souhaitent que le recrutement du CPE prenne en compte cette nouvelle
dimension de l’établissement et qu’à cette occasion une commission locale soit
créée, afin d’assurer le recrutement le plus transparent possible, en accord
avec l’ensemble de la communauté éducative de l’établissement. Ce type de
commission fait d’ailleurs partie des recommandations de 2001faites par
l’Agence pour le recrutement des agents dans les établissements conventionnés. Nous
avons fait part de cette demande au chef d’établissement qui a prétendu que
cette recommandation de l’Agence était caduque (sic!) et que les collègues
devaient lui faire confiance ! Le chef d’établissement ne s’est donc en
rien engagé et a affirmé qu’il présenterait sa façon de faire dans les jours
suivants un peu comme un candidat aux élections qui annonce une date pour
présenter son programme !Le SNES a réaffirmé qu’il n’est pas dans nos
prérogatives d’entrer dans des considérations personnelles de
« confiance » et qu’une commission paritaire où chacune des parties
pourrait donner son avis et discuter des candidatures selon des règles transparentes
ne peut être que bénéfique pour tout le monde.
Autre
problème plus préoccupant encore : le chef d’établissement a rédigé tout
seul un projet d’établissement en 100
points (décidément !) qu’il dit vouloir soumettre aux collègues pour
qu’ils puissent l’amender, sans préciser à quel moment ni selon quelles
modalités. Outre que la démarche de produire un projet d’établissement
« tombé d’en haut » est particulièrement gênante et contraire à
l’esprit même de ce type de document, le contenu de ce projet est également à
revoir de fond en comble : en fait de projet, il s’agit d’un catalogue de
prescriptions sans ligne directrice, or, dans un projet d’établissement,
l’équipe éducative fait de véritables choix d’orientation pédagogique pour les
3 ans à venir ; qui ne repose sur aucun bilan des 3 années passées (le
chef d’établissement indique seulement qu’il y a eu des bilans annuels !)
et où l’on trouve pêle-mêle la reconduction de certaines activités
pédagogiques, la disparition de certaines autres (!), des décisions sur
l’équipement de l’établissement en matériel divers, sa maintenance ou d’autres travaux !
Dans ce fourre-tout, le plus dangereux nous paraît être la disparition pure et
simple de certaines activités périscolaires, comme le théâtre, qui ont pourtant
le soutien des enseignants comme des parents, et, à l’inverse, des instructions
indiquant que telle activité faite par Mme Untel devra être reconduite par son
successeur. Nous considérons que ces activités relèvent de la liberté
pédagogique de chaque enseignant, qu’aucune ce ces activités ne doit être figée
dans un projet d’établissement et surtout, qu’elles ne doivent pas servir à
profiler des postes et à verrouiller par-là même un futur recrutement. Nous
constatons également cette dérive dans les commissions centrales de recrutement
des expatriés, où de plus en plus les profils de poste indiquent de manière
abusive que le collègue recruté devra poursuivre tel club cinéma ou tel autre
projet. Les discussions avec les collègues de Bilbao ont donc permis de
souligner les aspects de ce projet qu’il était indispensable de modifier ou de
supprimer complètement.
A VALENCE, les collègues rencontrés s’interrogeaient principalement sur
les possibilités d’action en liaison avec les grèves du bac blanc et les
actions diverses en cours en France. A cette date, nous avons informés les
collègues prêts à tenter une action de la situation en France et de ses
évolutions possibles et avons rappelé la nécessité de mobiliser le plus grand
nombre de collègues possible pour qu’une action ait un véritable impact.
A BARCELONE, lors d’une heure d’information syndicale
qui a réuni une nombreuse assemblée, les discussions se sont engagées sur
l’action contre les décrets Robien. Lorsque ce type d’action a démarré en
France, les collègues de Barcelone avaient déjà bouclé leur premier bac blanc,
la question des actions à mener ne s’était donc pas encore posée.
Les
collègues ont été sensibles au fait qu’une action soit d’ores et déjà engagée
au lycée de Madrid et les discussions ont été riches sur les possibilités
diverses de montrer à quoi aboutirait un établissement où les enseignants se
contenteraient véritablement de remplir leurs « obligations de
service » (plus de voyages, de sorties, une seule note par trimestre, plus
de clubs divers et variés...). Les collègues ont également fait part de leur préoccupation
envers le nouveau chef d’établissement, en poste depuis septembre 2006.
Certains collègues regrettent un manque de communication et un manque de
visibilité du proviseur dans l’établissement, et s’inquiètent d’un manque
d’attention de l’administration vis-à-vis des problèmes de vie scolaire
(absentéisme, discipline), qui mériteraient une reprise en main véritable .Le
choix de transformer un poste de CPE au collège en poste d’adjoint n’arrange
pas cette fâcheuse impression. Lors d’un entretien avec le proviseur, nous
avons fait part de ces inquiétudes et le proviseur s’est dit près à engager des
discussions sur une refonte du règlement intérieur, tout en se montrant
fortement sur la défensive par rapport à
nos remarques diverses.
A MADRID, l’heure d’information syndicale a permis de faire le point
avec les collègues sur l’action qu’ils avaient décidé eux-mêmes en assemblée
générale, à savoir la non correction du bac blanc qui venait de se dérouler,
avec une trentaine de correcteurs engagés dans cette action sur 38. La discussion également a porté sur les
suites possibles à donner à cette première forme d’action, qui ne pouvait être
la dernière dans le bras de fer engagé avec le gouvernement. Lors de
l’entretien accordé par le chef d’établissement, celui-ci a estimé que cette
action menée par les collègues était « injuste pour les élèves »,
sans aller au-delà.
C’est
le conseiller culturel adjoint qui, en audience, a paru le plus préoccupé par
la situation à Madrid, cherchant à savoir
avec insistance l’ampleur de l’action en cours. Nous avons rappelé qu’en
tant que syndicat, nous n’appelions pas à des actions inconsidérées et que nous
n’imposions rien d’en haut ; qu’en revanche notre rôle était d’informer au
mieux les collègues sur leurs choix et que toute action devait faire l’objet
d’une information claire et argumentée auprès des parents d’élèves. Le point a
aussi été fait sur les ouvertures éventuelles de classes préparatoires au
grandes écoles, dossier qui semble bien avancé mais sur lequel l’AEFE n’a pas
encore pris de décision définitive ; le seul coût prévisionnel d’une année
scolaire par élève, estimé à 9000 euros au minimum, donne une idée de la
lourdeur de cette entreprise. Concernant le déroulement des épreuves du
baccalauréat, nous avons aussi rappelé qu’il était inacceptable qu’un
professeur soit convoqué pour des épreuves de TPE concernant ses propres
élèves, que ce soit dans sa discipline ou en TPE. Ayant découvert que cette
année encore, des collègues dans ce cas de figure ont été convoqués, nous avons
à nouveau rappelé à l’ordre le conseiller culturel adjoint.
Enfin,
la discussion a été houleuse sur la préparation de la prochaine CCPL de
recrutement, pour laquelle le conseiller culturel adjoint a prévu, au mépris de
toutes les règles du paritarisme, une possibilité de consultation des dossiers
de candidature, non pas par les chefs d’établissement membres de
Au
final, cette mission syndicale a permis de relever, s’il en était besoin, à
quel point les collègues suivent avec attention le conflit social dans lequel
les enseignants de France sont engagés, combien les enseignants en poste à
l’AEFE se sentent méprisés par le gouvernement mais aussi ignorés par l’AEFE
dans leurs revendications spécifiques, tant sur l’ISVL que sur la réforme de
l’avantage familial. Tant de surdité à leurs revendications pourrait mener à
une situation de conflit beaucoup plus dure.
BELGIQUE
A
Bruxelles
Réunion
avec le S1 et d’évoquer la situation
dans l’établissement. Les collègues reviennent sur plusieurs questions :
- la
fondation qui n’a pas les moyens que l’on croit et qui va certainement
solliciter l’aide de l’AEFE. Le SNES s’adressera au CA de l’AEFE sur cette
question.
- Les
DNL obligatoires qui posent des problèmes aux élèves et aux enseignants. Le
fonctionnement normal de l’établissement est perturbé : surcharge horaire
des élèves, plus d’aide individualisée en seconde, absence de programme et de
cohérence d’évaluation. La création officielle d’une section internationale britannique doit pouvoir
permettre de revenir à des pratiques plus saines.
- Le
recrutement de certains résidents s’est fait en dehors des règles. La mise à
l’écart de certains collègues est inadmissible ! Le SNES intervient.
- Les collègues
sont inquiets des conséquences de l’intervention de parents auprès de la
direction de l’établissement. Ils
dénoncent les tentatives de pression dont ils pourraient faire l’objet allant
jusqu’à la signature de lettre de démission. C’est par l’action collective que
ces pratiques seront contrées !
Roger
FERRARI
Secrétaire
national chargé
des questions hors de France,
Catherine JUSTIN, Céline URBANIAK,
Annie
DELPORTE, Henri-Jean NOURI
Patrick SOLDAT
Membres du Secteur Hors de France.
RF/CJ/CU/AD/HN/PS/CC