CIRCULAIRE HDF N° 10

L’ACTION CONTINUE
AVEC LE SNES
À
LA SUITE DE LA GRÈVE
DU
20 MARS

38 %  de collègues ont cessé le travail en France auxquels s’ajoutent les nombreux grévistes à l’AEFE.  Avec le SNES, les personnels mènent la lutte pour l’abrogation du décret De Robien qui pénalise sans aucune justification près de 100 000 enseignants qui devront travailler plus ou gagner moins. Il faut leur ajouter les enseignants de second degré de l’Agence qui seront touchés automatiquement par le décret s’il reste en l’état.

Situation aggravée à l’AEFE par le refus de répondre à nos revendications sur la situation des recrutés locaux comme au Maroc, l’augmentation des ISVL, la réforme des congés maladie…et l’avantage familial dont la directrice propose maintenant de limiter le périmètre aux frais de scolarité. Bénéfice de l’opération : rien pour les collègues et tout pour les établissements qui reçoivent l’intégralité de ces frais de scolarité.

Le compromis qui permettait de fixer l’avantage familial à 80 euros au dessus du niveau des frais de scolarité volerait en éclat alors qu’il est acté dans le budget 2007 de l’AEFE.

Ce revirement est inacceptable !

Toutes les occasions doivent être saisies pour faire pression contre la dégradation de nos rémunérations et de nos conditions de travail.

En premier lieu le vote SNES et FSU aux élections de l’AEFE qui fera la différence avec les positions d’autres syndicats près à brader les revendications des personnels !

Le Congrès du SNES appelle à généraliser l’opération « à chaque établissement son action contre le décret Robien » et à préparer la rentrée dans les établissements sur de nouvelles bases.

Le SNES appelle à faire du 1er Mai une journée de protestation auprès des ambassades sur tous les sujets qui mobilisent les personnels : AEFE, recrutés locaux au Maroc et dans d’autres pays, établissements culturels dont les fermetures continuent à Bilbao.
A préparer dès maintenant pour la 2ème quinzaine de mai une journée de Forum rassemblement dans chaque pays. L’objectif est d’interpeller ensemble, enseignants, usagers, parents et lycéens le nouveau gouvernement sur les mesures immédiates mais aussi sur les propositions que nous faisons pour donner un nouvel élan au service public à l’étranger.

Pour vos revendications, votez SNES et FSU, poursuivez l’action dans tous les établissements et se tenir prêt si le nouveau gouvernement ne prenait pas les mesures nécessaires. Le bureau national du SNES n’exclu aucune forme d’action !

Paris, le 6 avril 2006

SOMMAIRE

 

1.       Institut français de Bilbao contre la fermeture

2.       Bilan de la grève du 20 mars

3.       AEFE : recrutement des expatriés

4.       CCPC AEFE : prolongations de mission, temps partiel et mutations internes des résidents

5.       Recrutement des résidents

6.       Le SNES sur le terrain : Espagne, Belgique

 

1. Institut français de Bilbao : contre la fermeture

La France continue d’appliquer sa politique de restructuration de ses centres culturels en Europe en fermant l’Institut français de Bilbao

Le Ministère des Affaires étrangères veut maintenant fermer l’Institut français de Bilbao après les fermetures de plus d’une dizaine d’établissements en Europe dont celui de Vienne récemment.

C’est aujourd’hui le tour de l’Espagne : Séville a fermé en juin 2006 et malgré les déclarations de l’Ambassadeur le 4 juillet dernier, la fermeture de Bilbao est annoncée pour juin 2007.

Le prétexte invoqué, une situation économique précaire ? Difficile à avaler si l’on en juge par les 600 élèves qui fréquentent les cours et la médiathèque tous les ans et la collaboration du centre avec une vingtaine d’entreprises.

Tant pis pour les 700 candidats au DELF et DALF qui n ’auront plus de possibilité de passer ses diplômes dans la capitale basque. Aux oubliettes la coopération avec les lycées basques qui se mettait en place avec la formation de professeurs chargés d’enseigner leur discipline en français.

Et les 16 employés de l’Institut se retrouveraient à la rue par l’obstination bornée d’une administration française obnubilée par ses indicateurs budgétaires et aveugle aux intérêts politiques.

Le SNES et la FSU soutiennent la lutte des personnels et exigent le maintien de l’Institut français de Bilbao.

2. Bilan de la grève du 20 mars

Ci-dessous les résultats qui nous sont parvenus dans la semaine qui a suivi la grève. Ceux-ci montrent une mobilisation comparable à celle de la France avec des inégalités principalement dues aux problèmes d’information.

Le tableau ne mentionne pas des actions de grève parfois très fortes sur des problèmes locaux qui sont apparus dans la même période.

C’est notamment le cas au lycée Chateaubriand de Rome où l’ensemble des syndicats a appelé à la grève contre le non respect des règles de recrutement de résidents.

PAYS

ETABLISSEMENT

NBRE DE GREVISTES

ALLEMAGNE

LF de Berlin

33 %

ALLEMAGNE

Fribourg

33 %

ALLEMAGNE

LF de Munich

25 %

ALLEMAGNE

Sarrebruck

5 %

BELGIQUE

Lycée Jean Monnet de Bruxelles

0,8 %

BOLIVIE

Lycée franco-bolivien La Paz

33 % expatriés

20% résidents

COLOMBIE

Lycée louis Pasteur Bogota

50 % expatriés

56,41 % résidents

71,42 % rec. locaux

EMIRATS ARABES UNIS

LF Abu Dhabi

7 professeurs résidents à faire grève

ESPAGNE

LF Bilbao

33 %

ESPAGNE

LF Madrid

40 %

GABON

Libreville

4 grévistes résidents

KENYA

Lf Diderot Nairobi

22 % résidents

10 % recrutés locaux

PORTUGAL

Lisbonne

22 %

TCHAD

LF Montaigne

25 %

VIETNAM

Hanoï

1 seul

3. AEFE : recrutement des expatriés pour la rentrée 2007

Les commissions consultatives paritaires centrales chargées d’examiner les candidatures pour les postes d’expatriés, postes supplémentaires inclus, se sont tenues les 21 et 22 mars 2007. Dans ces commissions, le SNES a 4 sièges sur 5 chez les agrégés et 5 sièges sur 5 chez les certifiés.

106 postes étaient  à pourvoir, postes supplémentaires inclus, dont 13 postes d’agrégés, 2 postes de faisant fonction, 9 postes de CPE, 2 postes d’agrégés ou certifiés.8 de ces postes sont encore en attente. Il s’agit donc cette année d’un « petit » recrutement par rapport à l’an passé (238 postes !).

L’AEFE prévoit également, cette année, une seconde commission de recrutement en juin pour pourvoir des postes tardivement publiés par l’Agence, postes pour lesquels la campagne de candidature est déjà close. Si le SNES approuve le fait que ces poste aient été publiés, procédure qui seule peut garantir un recrutement aux règles claires et transparentes pour tous, il faut souligner qu’un recrutement aussi tardif n’est pas sans poser des problèmes pour trouver des candidats en nombre suffisant et pour permettre aux collègues recrutés de préparer leur déménagement et surtout leur rentrée dans des conditions correctes. L’Agence s’est en outre engagée à ne pas écarter a priori des candidatures de collègues qui entre-temps, auraient eu une proposition de poste de résident dans le réseau.

En préambule, l’AEFE a rappelé son attachement à un recrutement d’enseignants de qualité, pouvant contribuer au rayonnement de l’enseignement français à l’étranger et en parfaite adéquation avec le profil de chaque poste.

Le SNES a également souligné son attachement à un enseignement de qualité, attachement qui explique la journée de grève du 20 mars. Le mécontentement des enseignants est patent, en particulier à l’étranger, du fait de la détérioration de leurs conditions de travail, de la pression croissante des chefs d’établissement, des dossiers qui restent sans réponse de la part de l’AEFE, dossiers aussi essentiels pour les collègues que l’augmentation de l’ISVL, la réforme de l’avantage familial, du décret de 2002 sur les congés maladie qui n’est toujours pas appliqué. Cette journée de grève explique que la commission ait dû être abrégée d’une journée et le SNES a souligné qu’il est bien conscient des contraintes horaires très lourdes engendrées pour les personnels de l’Agence.

Les postes en classes préparatoires aux grandes écoles ont été évoqués, l’Agence soulignant la difficulté d’ouvrir de telles classes du fait de leur coût très élevé pour les familles. L’Agence a en outre expliqué que le poste publié en septembre en histoire-géo sur Rabat ne sera pas examiné lors de cette commission, le vivier des candidats ayant été jugé insuffisant par l’Agence et par l’Inspection générale. Ce poste n’étant pas destiné à republication, le SNES dénonce le fait qu’apparemment, l’Inspection générale se réserve le droit de puiser dans son viviers de professeurs de CPGE pour ce poste sans mêmes que les éventuels élus aient pris la peine de déposer une candidature. Or, même pour les postes de CPGE en France, les collègues qui souhaitent être nommés sur un poste sont aujourd’hui contraints de faire acte de candidature sur i-prof, comme tout le monde. Le flou laissé par l’Agence sur le pourvoi de ce poste est donc préoccupant.

Les éléments de profil superflus ont la vie dure

Cette année encore, de nombreux collègues ont vu leur candidature écartée faute d’avoir fourni un justificatif pour chacun des éléments de profils décrits dans l’intitulé du poste, en particulier la pratique des TICE dans de nombreuses disciplines, de l’EXAO en SVT et en sciences physiques. Le SNES reviendra en commission bilan sur les justificatifs exigibles, notamment pour des pratiques pédagogiques aujourd’hui généralisées dans l’enseignement, quand elles ne sont pas purement et simplement obligatoires. Le SNES continue également de dénoncer le fait que les collègues n’ayant pas d’expérience récente en lycée n’aient quasiment aucune chance d’être recrutés. Cette discrimination est contraire à notre qualification commune à tous, aussi bien professeurs certifiés qu’agrégés. 

Dangereuse inflation des postes à entretien.

Cette année, sans que les représentants des personnels soient consultés sur le sujet ni même avertis, l’AEFE a choisi d’étendre les entretiens de recrutement à tous les postes à pourvoir dans les pays de catégorie A, c’est-à-dire les pays reconnus par le MAE comme « difficiles ». L’AEFE a justifié maladroitement ce choix en disant qu’il fallait que les candidats qui demandent ces postes soient avertis des conditions de vie particulières dans le ou les pays demandés et en prétendant que de cette manière, les collègues qui renoncent à ce type de vœu le font avant commission, ce qui épargne d’essuyer après des refus de collègues que l’on aurait classés sur ces postes. En réalité, ces collègues sont bien convoqués pour être triés, ils ne sont pas nécessairement bien informés de ce qui les attend au cours de ces entretiens et ce pré tri permet aussi, par la même occasion, d’écarter les candidats dont la tête ne reviendrait pas à l’Agence pour les autres postes sans entretien. Bien entendu, cela ne se fait pas aussi ouvertement, mais l’Agence peut, dans certains cas, trouver un quelconque point faible dans le dossier du collègue pour éviter d’avoir à le classer sur tel ou tel poste.

Résultat : sur la plupart des postes dans les pays de catégorie A, un seul collègue a été classé au final, ce qui est bien périlleux pour des pays où la décision d’une expatriation n’est pas aisée. Ce qui devait advenir est advenu : l’AEFE est contrainte de convoquer de nouveaux candidats pour un poste en Angola, car bien évidemment, il n’est pas question de renoncer à ces fameux entretiens qui, à entendre la nouvelle directrice adjointe, seraient le critère ultime pour se faire vraiment une idée des candidats. La directrice de l’Agence aurait même ouvertement affirmé que, si l’Agence avait les moyens humains de procéder ainsi, elle recruterait sur entretien pour tous les postes d’expatriés ! Le SNES reste profondément opposé aux recrutements par entretien, non seulement parce que cela contribue à trop restreindre le vivier des candidats (à force de multiplier les critères de recrutement, le gisement de candidats finit par se tarir, pour laisser la place...au recrutement de tel ou tel affidé de l’Agence), mais encore parce que cela introduit le risque d’une rupture d’égalité entre les candidats : inégalité entre ceux qui ont eu un entretien et ceux qui en ont été écartés dès le départ, actions discriminatoires en faveur ou en défaveur des candidats reçus par l’Agence : tel candidat a tellement « enthousiasmé » l’Agence en entretien qu’il s’est vu proposer un poste qu’il n’avait même pas demandé (résultat : le candidat a très logiquement refusé le poste), tel autre a tellement « déçu » l’Agence en entretien qu’on ne risque pas de le retrouver classé n°1 sur un autre poste.

Le SNES demande donc à ce que l’Agence renonce à l’extension toujours croissante des postes à entretien, la pertinence d’une telle procédure n’étant toujours pas démontrée.

Conflit majeur sur la participation des IPR de l’Agence  au recrutement.

Depuis 2006, l’Agence a recruté des IPR pour effectuer des tournées d’inspection et de formation dans le réseau, ce qui est plutôt bienvenu pour le suivi pédagogique et la carrière des collègues. La lettre de mission de ces IPR, nulle part discutée, ni au CTP ni au CA de l’Agence, leur attribue également un rôle dans le recrutement des enseignants expatriés, ce qui n’a pas non plus été discuté en réunion de bilan sur le recrutement.

Le SNES a donc appris par hasard la veille des CCPC que les inspecteurs de l’Agence allaient siéger aux commissions et, par conséquent, on pouvait en conclure qu’ils avaient eu tout loisir de mettre le nez dans les dossiers de candidatures, de donner leur avis lors de la commission de l’Agence qui élabore le projet de recrutement et même de participer aux entretiens pour les postes concernés. Le SNES n’ayant été consulté sur aucun de ces changements, nous avons averti l’Agence que nous refuserions de siéger si les IPR prévus par l’Agence étaient présents aux CCPC. Si l’Agence a cédé  au dernier moment et renvoyé lesdits inspecteurs à leurs pénates, il n’en demeure pas moins que leur participation aux travaux de recrutement a eu des incidences immédiates sur la commission : par exemple, à barème égal, tel collègue a été préféré à tel autre pour un poste : on s’est aperçu que le collègue n°1 avait eu apparemment la chance d’être inspecté par l’IPR qui a participé aux travaux de recrutement, et que ce collègue avait laissé à son IPR un excellent souvenir. Le candidat n°2, lui, avait un excellent rapport d’inspection, fait par un inspecteur général, tout de même, mais n’avait pas eu l’heur d’être inspecté par l’inspecteur ad hoc. On voit très bien à quel genre de dérives mène ce type de gestion des candidatures : comment empêcher un IPR d’avoir une préférence pour un ou une collègue qu’il a visité dans sa classe, par rapport à d’autres collègues qu’il ne connaît pas ? Que va-t-il advenir, au contraire, des candidatures des collègues qui auraient été inspectés dans le réseau mais dont l’inspection n’aurait pas été une réussite ? Peut-on empêcher un IPR mécontent d’un collègue qu’il aurait vu de vouloir lui barrer la route pour un autre recrutement ? Les collègues du réseau AEFE vont-ils devoir trembler à l’approche de l’IPR en se demandant si, à la suite de leur inspection, leur avenir dans le réseau est compromis ou non ? Comment un IPR peut-il accepter, déontologiquement, d’inspecter des collègues et à la fois de se prononcer sur leurs candidatures par rapport à d’autres dossiers d’inconnus ? On voit bien que les risques de telles pratiques sont déclinables à l’infini, et le SNES est en profond désaccord avec cette évolution imposée unilatéralement par l’Agence. Nous   demandons, à tout le moins, que ces choix soient discutés sur le fond. IL ne s’agit pas de dénier à l’Inspection son rôle dans l’évaluation pédagogique d’un candidat : cette évaluation existe déjà, grâce à la note pédagogique qui est prise en compte dans le barème et au rapport d’inspection qui doit figurer dans le dossier ; avec ces deux seuls outils, l’Agence est parfaitement en mesure d’évaluer la valeur pédagogique d’un collègue et on ne voit pas ce que l’avis d’un IPR de l’Agence pourrait ajouter à cet examen. Par conséquent, si l’Agence persiste à vouloir absolument faire de ses IPR des sergents recruteurs, la raison de cette obstination est à chercher ailleurs : recrutement sur entretien, rôle des IPR pour pousser des candidats ou au contraire en écarter d’autres, rôle prépondérant désormais de l’avis de notation du chef d’établissement et de son avis sur le dossier de candidature, la question est claire : veut-on recruter des enseignants pour assurer un service public d’éducation de qualité ou de serviles affidés d’un réseau qui n’aurait plus pour raison d’être que l’entretien de ses propres hiérarchies ?

4. CCPC AEFE : prolongation de mission, temps partiel et mutations internes des résidents

Les commissions consultatives paritaires centrales compétentes pour les prolongations de mission, les demandes de temps partiel et les mutations internes des personnels résidents étaient placées à une date bien trop tardive (23 mars !) puisque les CCPL compétentes pour le recrutement des résidents se tenaient la semaine suivante. Aussi la direction de l’agence a-t-elle envoyé les avis favorables ou défavorables aux collègues bien avant les commissions. Certes, les commissaires paritaires du SNES ont pu modifier des avis en séance et obtenir qu’ils soient favorables, mais, pour le respect du paritarisme et pour un bon fonctionnement du paritarisme, ces commissions paritaires doivent être consultées bien avant le mois de mars, comme l’AEFE l’avait déjà promis … l’an dernier !

Les demandes de prolongation de mission

Dans le corps des certifiés, 29 demandes étaient examinées et, dans celui des agrégés, 4 demandes. Pour rappel, l’AEFE n’accepte de déroger à la règle, à savoir permettre aux résidents de poursuivre leur mission au-delà de l’âge de la retraite, que pour trois motifs : des raisons familiales, des raisons professionnelles (une promotion récemment obtenue et nécessitant un maintien en fonction pendant au moins 6 mois) et un nombre d’annuités insuffisant pour l’obtention d’une pension à taux plein. L’essentiel des prolongations de mission ont été accordées pour cette dernière raison. Cinq demandes sont en attente car les collègues n’ont pas produits un état général des services récent, détaillé et faisant apparaître le cas échéant les bonifications pour services hors d’Europe. Cette pièce justificative est absolument indispensable.

Les demandes de temps partiel

Dans le corps des certifiés, 55 demandes étaient examinées et 7 demandes dans celui des agrégés. A leur très grande majorité, ces demandes ont été satisfaites. Les quelques avis défavorables tiennent surtout au fait que les collègues étaient en cours d’un premier contrat.

Les demandes de mutation interne

Dans le corps des certifiés 40 demandes étaient examinées et 5 demandes dans celui des agrégés. Pour une mutation, un avis négatif a été émis parce que le poste n’était pas vacant. L’AEFE n’a pas voulu entendre l’argument selon lequel donner un avis favorable à une mutation interne n’impliquait pas la vacance d’un poste. En effet, un poste vacant, ou susceptible de l’être, est pourvu en commission consultative paritaire locale.

5. AEFE : recrutement des résidents

La méthode semble contagieuse ! La direction de l’AEFE veut recruter les expatriés à la tête du client en multipliant les entretiens. Elle veut se placer au dessus des évaluateurs de l’Education Nationale en faisant passer un entretien soit disant pour informer les collègues des conditions de vie dans les pays difficiles comme s’ils étaient inconscients de leur choix. Elle tente de constituer autour des inspecteurs de l’AEFE une petite cour de collègues dociles par des perspectives de recrutement. On se croirait au ministère des Affaires étrangères comme quand monsieur Villepin, alors ministre, avait déclaré aux syndicats vouloir la transparence sur les recrutements mais transparence seulement pour lui et ses collaborateurs. Le paritarisme ne doit pas être au programme de l’ENA !

La méthode fait école dans les postes puisque les noms respects des règles de recrutement fleurissent dans de  nombreux endroits et provoquent comme au plan national de fortes réactions des représentants des personnels notamment ceux du SNES.

La liste est trop longue mais citons par exemple Rome où les syndicats ont déjà appelé à une journée de grève et où circule une pétition, Londres qui se mobilise mais aussi Buenos Aires, et Bruxelles.

Au niveau national, le SNES soutien totalement ses sections qui défendent le respect du paritarisme et de ses règles de fonctionnement. Il interviendra avec elles pour que les droits des collègues soient respectés.

6. Le SNES sur le terrain

ESPAGNE

Dans la semaine du 26 février au 2 mars, le SNES Espagne et le SNES Hors de France se sont rendus dans plusieurs établissements  du réseau  de l’AEFE en Espagne pour rencontrer les collègues et les chefs d’établissements. Cette tournée a été également l’occasion de rencontrer le conseiller culturel adjoint à Madrid. Elle s’inscrit dans le contexte des actions engagées en France pour l’abrogation des décrets modifiant les décrets de 50 et dans le cadre de la campagne pour les élections professionnelles de l’AEFE, prévues le 10 mai prochain.

BILBAO : dans ce petit établissement conventionné qui vient d’ouvrir des classes de second cycle, les collègues nous ont fait part de deux préoccupations principales. D’une part, le recrutement local, pour la rentrée prochaine, d’un nouveau CPE, la personne occupant actuellement ces fonctions devant partir à la retraite. L’établissement ayant récemment ouvert une classe de première et de terminale, les collègues  souhaitent que le recrutement du CPE prenne en compte cette nouvelle dimension de l’établissement et qu’à cette occasion une commission locale soit créée, afin d’assurer le recrutement le plus transparent possible, en accord avec l’ensemble de la communauté éducative de l’établissement. Ce type de commission fait d’ailleurs partie des recommandations de 2001faites par l’Agence pour le recrutement des agents dans les établissements conventionnés. Nous avons fait part de cette demande au chef d’établissement qui a prétendu que cette recommandation de l’Agence était caduque (sic!) et que les collègues devaient lui faire confiance ! Le chef d’établissement ne s’est donc en rien engagé et a affirmé qu’il présenterait sa façon de faire dans les jours suivants un peu comme un candidat aux élections qui annonce une date pour présenter son programme !Le SNES a réaffirmé qu’il n’est pas dans nos prérogatives d’entrer dans des considérations personnelles de « confiance » et qu’une commission paritaire où chacune des parties pourrait donner son avis et discuter des candidatures selon des règles transparentes ne peut être que bénéfique pour tout le monde.

Autre problème plus préoccupant encore : le chef d’établissement a rédigé tout seul un projet d’établissement  en 100 points (décidément !) qu’il dit vouloir soumettre aux collègues pour qu’ils puissent l’amender, sans préciser à quel moment ni selon quelles modalités. Outre que la démarche de produire un projet d’établissement « tombé d’en haut » est particulièrement gênante et contraire à l’esprit même de ce type de document, le contenu de ce projet est également à revoir de fond en comble : en fait de projet, il s’agit d’un catalogue de prescriptions sans ligne directrice, or, dans un projet d’établissement, l’équipe éducative fait de véritables choix d’orientation pédagogique pour les 3 ans à venir ; qui ne repose sur aucun bilan des 3 années passées (le chef d’établissement indique seulement qu’il y a eu des bilans annuels !) et où l’on trouve pêle-mêle la reconduction de certaines activités pédagogiques, la disparition de certaines autres (!), des décisions sur l’équipement de l’établissement en matériel divers,  sa maintenance ou d’autres travaux ! Dans ce fourre-tout, le plus dangereux nous paraît être la disparition pure et simple de certaines activités périscolaires, comme le théâtre, qui ont pourtant le soutien des enseignants comme des parents, et, à l’inverse, des instructions indiquant que telle activité faite par Mme Untel devra être reconduite par son successeur. Nous considérons que ces activités relèvent de la liberté pédagogique de chaque enseignant, qu’aucune ce ces activités ne doit être figée dans un projet d’établissement et surtout, qu’elles ne doivent pas servir à profiler des postes et à verrouiller par-là même un futur recrutement. Nous constatons également cette dérive dans les commissions centrales de recrutement des expatriés, où de plus en plus les profils de poste indiquent de manière abusive que le collègue recruté devra poursuivre tel club cinéma ou tel autre projet. Les discussions avec les collègues de Bilbao ont donc permis de souligner les aspects de ce projet qu’il était indispensable de modifier ou de supprimer complètement.

A VALENCE, les collègues rencontrés s’interrogeaient principalement sur les possibilités d’action en liaison avec les grèves du bac blanc et les actions diverses en cours en France. A cette date, nous avons informés les collègues prêts à tenter une action de la situation en France et de ses évolutions possibles et avons rappelé la nécessité de mobiliser le plus grand nombre de collègues possible pour qu’une action ait un véritable impact.

A BARCELONE, lors d’une heure d’information syndicale qui a réuni une nombreuse assemblée, les discussions se sont engagées sur l’action contre les décrets Robien. Lorsque ce type d’action a démarré en France, les collègues de Barcelone avaient déjà bouclé leur premier bac blanc, la question des actions à mener ne s’était donc pas encore posée.

Les collègues ont été sensibles au fait qu’une action soit d’ores et déjà engagée au lycée de Madrid et les discussions ont été riches sur les possibilités diverses de montrer à quoi aboutirait un établissement où les enseignants se contenteraient véritablement de remplir leurs « obligations de service » (plus de voyages, de sorties, une seule note par trimestre, plus de clubs divers et variés...). Les collègues ont également fait part de leur préoccupation envers le nouveau chef d’établissement, en poste depuis septembre 2006. Certains collègues regrettent un manque de communication et un manque de visibilité du proviseur dans l’établissement, et s’inquiètent d’un manque d’attention de l’administration vis-à-vis des problèmes de vie scolaire (absentéisme, discipline), qui mériteraient une reprise en main véritable .Le choix de transformer un poste de CPE au collège en poste d’adjoint n’arrange pas cette fâcheuse impression. Lors d’un entretien avec le proviseur, nous avons fait part de ces inquiétudes et le proviseur s’est dit près à engager des discussions sur une refonte du règlement intérieur, tout en se montrant fortement sur la défensive  par rapport à nos remarques diverses.

A MADRID, l’heure d’information syndicale a permis de faire le point avec les collègues sur l’action qu’ils avaient décidé eux-mêmes en assemblée générale, à savoir la non correction du bac blanc qui venait de se dérouler, avec une trentaine de correcteurs engagés dans cette action sur 38.  La discussion également a porté sur les suites possibles à donner à cette première forme d’action, qui ne pouvait être la dernière dans le bras de fer engagé avec le gouvernement. Lors de l’entretien accordé par le chef d’établissement, celui-ci a estimé que cette action menée par les collègues était « injuste pour les élèves », sans aller au-delà.

C’est le conseiller culturel adjoint qui, en audience, a paru le plus préoccupé par la situation à Madrid, cherchant à savoir  avec insistance l’ampleur de l’action en cours. Nous avons rappelé qu’en tant que syndicat, nous n’appelions pas à des actions inconsidérées et que nous n’imposions rien d’en haut ; qu’en revanche notre rôle était d’informer au mieux les collègues sur leurs choix et que toute action devait faire l’objet d’une information claire et argumentée auprès des parents d’élèves. Le point a aussi été fait sur les ouvertures éventuelles de classes préparatoires au grandes écoles, dossier qui semble bien avancé mais sur lequel l’AEFE n’a pas encore pris de décision définitive ; le seul coût prévisionnel d’une année scolaire par élève, estimé à 9000 euros au minimum, donne une idée de la lourdeur de cette entreprise. Concernant le déroulement des épreuves du baccalauréat, nous avons aussi rappelé qu’il était inacceptable qu’un professeur soit convoqué pour des épreuves de TPE concernant ses propres élèves, que ce soit dans sa discipline ou en TPE. Ayant découvert que cette année encore, des collègues dans ce cas de figure ont été convoqués, nous avons à nouveau rappelé à l’ordre le conseiller culturel adjoint.

Enfin, la discussion a été houleuse sur la préparation de la prochaine CCPL de recrutement, pour laquelle le conseiller culturel adjoint a prévu, au mépris de toutes les règles du paritarisme, une possibilité de consultation des dossiers de candidature, non pas par les chefs d’établissement membres de la CCPL, mais par tous les CE du réseau, chaque chef d’établissement mettant, à la suite de la CCPL, son propre avis sur les candidatures retenues ! Nous avons clairement indiqué que de telles pratiques visaient à rien moins qu’à contourner l’avis de la CCPL et que nous n’avions pas l’intention de laisser faire.

Au final, cette mission syndicale a permis de relever, s’il en était besoin, à quel point les collègues suivent avec attention le conflit social dans lequel les enseignants de France sont engagés, combien les enseignants en poste à l’AEFE se sentent méprisés par le gouvernement mais aussi ignorés par l’AEFE dans leurs revendications spécifiques, tant sur l’ISVL que sur la réforme de l’avantage familial. Tant de surdité à leurs revendications pourrait mener à une situation de conflit beaucoup plus dure.

BELGIQUE

A Bruxelles

Réunion avec le S1  et d’évoquer la situation dans l’établissement. Les collègues reviennent sur plusieurs questions :

- la fondation qui n’a pas les moyens que l’on croit et qui va certainement solliciter l’aide de l’AEFE. Le SNES s’adressera au CA de l’AEFE sur cette question.

- Les DNL obligatoires qui posent des problèmes aux élèves et aux enseignants. Le fonctionnement normal de l’établissement est perturbé : surcharge horaire des élèves, plus d’aide individualisée en seconde, absence de programme et de cohérence d’évaluation. La création officielle d’une section  internationale britannique doit pouvoir permettre de revenir à des pratiques plus saines.

- Le recrutement de certains résidents s’est fait en dehors des règles. La mise à l’écart de certains collègues est inadmissible ! Le SNES intervient.

- Les collègues sont inquiets des conséquences de l’intervention de parents auprès de la direction  de l’établissement. Ils dénoncent les tentatives de pression dont ils pourraient faire l’objet allant jusqu’à la signature de lettre de démission. C’est par l’action collective que ces pratiques seront contrées !

 

Roger FERRARI

Secrétaire national chargé
des questions hors de France,
Catherine JUSTIN, Céline URBANIAK,

Annie DELPORTE, Henri-Jean NOURI
Patrick SOLDAT
Membres du Secteur Hors de France.
RF/CJ/CU/AD/HN/PS/CC

 

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