DESINFORMATION PUBLIQUE ORGANISÉE AU SÉNAT

Que le Sénat se livre à une opération politique, cela n’étonnera personne vu la période d’élection à l’Assemblée des Français de l’Etranger qui approche et la présidentielle qui se profile.

Par contre, ce qui est inadmissible, ce sont les propos entendus lors des différentes tables rondes. Le sénateur Del Picchia a présenté l’enseignement français à l’étranger comme un enseignement privé parce que payant, et la Directrice de l’AEFE a approuvé par une explication fumeuse sur la séparation territoriale avec les représentations diplomatiques.

Nous pourrions y voir une incompétence du sénateur qui représente pourtant le sénat  au conseil d’administration de l’AEFE, s’il n’y avait pas l’approbation de la directrice.

Le problème est plus profond. Il ne s’agit ni plus ni moins que de la remise en cause de la mission de service public de l’Agence. Certains diront que le SNES exagère ! A ceux-là, il faudra répondre que le partage du réseau au Maroc avec la Mission Laïque Française n’est pas une hallucination du SNES, mais une réalité à laquelle réfléchit le ministère des affaires étrangères.

Le statu quo devrait être maintenu pour la rentrée 2006, mais l’avenir reste marqué par une volonté de privatisation de l’enseignement français à l’étranger.

C’est la même politique pour les établissements culturels comme le soutient le sénateur Duvernois en expliquant que pour faire des activités culturelles et linguistiques à l’étranger, il faut avoir une approche économique. Ce n’est pas si simple, voire simpliste même au niveau économique comme le prouve la volonté de fermer les cours de français à Vienne. Les conditions de cette prise de décision sont inacceptables, pas seulement parce qu’elle s’est faite en dehors des règles du dialogue, mais parce que sur le fond, la décision politique n’est pas justifiée.  

La FSU soutient les collègues en lutte pour leur établissement et pour leurs emplois, afin que le Ministre des Affaires étrangères qui fait la sourde oreille revienne sur sa décision.

Paris, le 13 mars 2006

SOMMAIRE

1.     Bilan de la grève du 2 février 2006

2.     Conseil d’administration de l’AEFE du 23 février 2006

3.     Instituts et réseau scolaire au Maroc

4.     Collège franco-mexicain de Guadalajara : y-a-t-il un pilote dans l’avion ?

5.     Nouvel arrêté sur les temps de séjour ouvrant droit à prise en charge des frais de voyage

6.     Recrutement expatrié AEFE : les premières modifications

7.     Affectation et modalités de stage des lauréats des concours (rentrée 2006)

8.     CAPN d’avancement d’échelon

9.     CCPM 3 assistants techniques

10. CCPM 2 agents comptables

11. CCPM 2 ACF, ACU, ACE, chargés de mission hors AF

12. Nommé(e)s en Polynésie : passeport biométrique ou visa ?

Annexes :

- CA AEFE : propositions de modification de taux de participation

- Liste des postes modifiés, supprimés et supplémentaires des professeurs expatriés AEFE : rentrée 2006

- ISVL au 01.02.2006

- Tableau des temps de séjour

 

n°9

 

1. Bilan de la grève du 2 février 2006

Il est bien difficile de faire un bilan des participations à la grève du 2 février sur l’emploi, les relances et les services publics avec une déclinaison particulière pour l’AEFE sur l’ISVL, les postes de résidents et d’expatriés et les droits des recrutés locaux. Les résultats qui nous sont parvenus montrent que les collègues ne sont pas résignés à accepter tous ces reculs. Pourtant, la perspective de voir aboutir des revendications liées à leur situation de personnels à l’étranger n’est pas encore crédible pour la majorité des personnels.

Le SNES appelle toutes les sections à agir localement pour déboucher sur une action de l’ensemble des personnels à l’étranger afin de gagner sur nos revendications.

Bilan de la grève

PAYS

Etablissement

% de grévistes

ALLEMAGNE

Fribourg

46 %

ALLEMAGNE

Sarrebruck

62 %

ALLEMAGNE

Francfort

35 %

ALLEMAGNE

Berlin LF

50 %

ALLEMAGNE

Munich

26 %

BENIN

EFE Cotonou

40%

BRESIL

Brasilia

36%

CAMEROUN

Lycée Fustel de Coulanges

16 %

COLOMBIE

 

 

Bogota

 

 

 66,66 % expatriés

74,35 % résidents

72,58 % recrutés locaux

ESPAGNE

LF Valence

30 %

ESPAGNE

LF Barcelone

30 %

ESPAGNE

LF Madrid

46,8 %

ESPAGNE

LF Malaga

21 %

ESPAGNE

LF Bilbao

84 %

ESPAGNE

LF Alicante

38 %

GUINEE CONAKRI

LF

46 %

ITALIE

LF Stendhal Milan

63 %

MAROC

Lyc Descartes Rabat

11%

MAROC

Clg A. France Casablanca

19%

MAROC

Lyc Hugo Marrakech

14%

MAROC

Lyc P. Valéry

75%

MEXIQUE

Lyc franco-mexicain

50 %

PORTUGAL

Lisbonne

35%

ROYAUME UNI

LF Londres

2 %

SENEGAL

Lycée Mermoz

34 %

SENEGAL

Institution Ste Jeanne d’Arc

41 %

SYRIE

Damas

2 lyc-clg/5 instituteurs

TUNISIE

LF PMF

30 % résidents

TURQUIE

 

Lycée Ch. De Gaulle Ankara

27,2 %

 

2. Conseil d’Administration de l’AEFE du 23 février 2006

Principe de création d’un fonds d’investissement

La Direction de l’AEFE et le Ministère des Affaires étrangères sont bien embarrassées depuis le transfert de l’immobilier à l’établissement public (transfert de la compétence domaniale pour les établissement en gestion directe décret 2005-551 du 19 mai 2005). L’arrêté fixant la première liste n’est toujours pas parue et pour cause, le MAE n’entend pas transférer les crédits qu’il affectait auparavant à ce chapitre et il n’entend pas plus alimenter une ligne budgétaire à cet effet.

C’est pourquoi le CA a été saisi pour avis du principe de création d’un fonds d’investissement. Ce fonds serait alimenté par :

-          les contributions versées annuellement par les établissements en gestion directe ;

-          les dons éventuels ;

-          les produits de cession immobilière ;

-          la perception de loyer et autres ressources extérieures qui seraient générées par les immeubles remis en dotation.

Ce fonds s’ajouteraient aux crédits qui proviendraient du fonds de roulement des services centraux, des fonds propres des établissements, des sources complémentaires telles que « dons et vente de bâtiments » et du recours à l’emprunt.

Peu de réaction au projet ne dehors du concert de louange qui accompagne toute appel au privé. On peut noter du côté de la FAPEE le constat de l’état dégradé des établissements transférés, le pourcentage trop fort qui frappera les établissements, une gestion de l’amortissement qui doit laisser des marges et des arbitrages sur ce qu’il y a lieu de faire. Du côté des solutions, la FAPEE préconise le recours à l’emprunt et peut-être aussi des emprunts obligataires bonifiés.

Le SNUipp a rappelé de son côté que les charges d’emprunt ne devaient pas être comptés comme investissements.

Chacun pourra constater que rien n’est prévu en terme de contribution de l’Etat sur un chapitre qui était jusque là pris en charge par lui pour les EGD. L’AEFE devrait se comporter comme une entreprise, dégager des marges sur ses résultats financiers et faire payer les usagers. C’est bien cette question qui semble être le souci des représentants des parents d’élèves plus que des questions de principe du service public.

En effet il est prévu que les établissements seront taxés d’un loyer. Le principe de départ pour 2007 est d’avoir « une contribution » de 1,5 % de la valeur domaniale avec un plancher et un plafond de 70 euros à 180 euros par élève.

Le SNES a dénoncé cette logique commerciale de l’AEFE qui marque une étape de plus dans le désengagement de l’Etat. Le SNES n’est pas opposé à la création d’un fonds d’investissement mais ce fonds doit être alimenté aussi par l’Etat et ne pas peser encore plus sur les parents et les enseignants qui seront encore les dindons de la farce. La Directrice a récemment déclaré au SNES qu’elle ne dégageait pas un compte financier positif pour l’affecter aux ISVL ! Et puis quoi encore, mais quand c’est pour investir dans l’immobilier en bonne logique libérale, c’est très bien.

Autorisation de bail à Bruxelles

Il s’agissait d’examiner, ou plutôt tel que c’était présenté, « d’approuver » la signature d’un bail de 27 ans moyennant un loyer de 1200 euros au profit d’une fondation privée de droit belge « Fondation lycée Jean Monnet ». Ainsi l’Etat français, sous couvert de l’AEFE, met à disposition d’une fondation privée plus de 5 000 m² du domaine public par un bail emphytéotique qui donne toute liberté pendant 27 ans à cette fondation pour avoir une activité d’enseignement sur le site du lycée français.

Le principe est déjà contestable. S’il s’agissait simplement de « venir en aide » à l’AEFE pour construire une école maternelle, pourquoi était-il besoin de concéder un bail à cette fondation ? Une fondation qui dans ses statuts n’a pas qu’une vocation immobilière mais aussi une vocation pédagogique. On voudrait créer un établissement privé parallèle ou englobant le lycée français actuel qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Le SNES a fermement dénoncé toutes les manœuvres de cette affaire pilotée par l’ambassade et le sénateur Ferrand. Comment le lycée de Bruxelles peut-il attribuer dans sa brochure deux pages à cette fondation pour annoncer la construction de cette école alors que rien n’est signé ? Une brochure qui annonce la création de baccalauréats franco - quelque chose comme si cela était fait, alors que rien de tel n’existe actuellement sauf le franco-allemand. Quelle est la fonction de ce Conseiller spécial de l’ambassade, administrateur de la fondation tout comme le proviseur actuel du lycée ? Surprise encore de voir un haut fonctionnaire en poste à Bruxelles affirmer que les Français, bien connus de ses services établis en Belgique pour échapper au fisc, seront sollicités pour verser pour la fondation.

Surprise encore de voir que la signature du bail est soumise au Conseil d’Administration le 23 février alors que la mairie de la commune où est situé le lycée examine le 22 février une autorisation de construction présentée par la fondation sur ce terrain.

L’administration considère que ce ne sont là que des détails et qu’il faut aller de l’avant.

Résultat du vote : 3 contre (FSU), 3 abstentions (FCPE et UNSA), 18 pour dont la FAPEE

Transfert des services centraux de l’AEFE à Issy les Moulineaux

Pour résumer, il s’agit de l’expulsion de l’AEFE du 57 Bd des Invalides pour cause de re-déploiement du Ministère des Affaires étrangères. Résultat, l’AEFE qui était hébergée (charges comprises) par le ministère va devoir se payer un local qui lui coûtera 1 million d’euros par an. Le problème est d’autant plus sérieux qu’aucun engagement du ministère n’a été prévu pour compenser cette dépense nouvelle. Cela s’était déjà passé de cette manière à Nantes pour les services décentralisés.

Encore une fois, seul les syndicats et les parents d’élèves ont eu le courage de dénoncer l’opération.

Le SNES a aussi demandé des mesures pour maintenir les coûts des repas pour les  personnels. La FSU a également demandé si un local syndical avait été prévu dans le nouveau lieu en vertu du décret de 1982. Question à laquelle la directrice a répondu sur un ton méprisant que l’AEFE n’avait pas d’argent à gaspiller.

Résultat du vote : contre 6, abstention 1 et pour 17

Subvention pour les établissements hors réseau

Une subvention a été accordée à l’école franco-sénégalaise de Fann pour financer le voyage de deux enseignants à un stage DESCO. Le SNES est intervenu pour avoir des informations sur les conditions d’attribution de ces subventions. Il parait que tous les établissements sont concernés. Moralité, les enseignants ne doivent pas se censurer pour demander ces stages. Ils peuvent demander un soutien financier pour y participer s’ils son retenus.

Vote : unanimité pour

Modification de taux de participation

Comme d’habitude, on taxe les uns pour soit disant diminuer les charges des autres. Tout cela sans grande cohérence, ni réelle transparence.

Vote : 19 pour, 2 abstentions (UNSA) et 3 contre (FSU)

Don en faveur des EGD

Il s’agit du lycée de Londres qui reçoit 49 616 livres de l’association des parents et 46 677,50 livres de la part du TRUST de l’ambassade. Les parents d’élèves annoncent encore 80 000 livres pour 2007.

Ces dons ont été votés malgré le peu de précision des motifs.

Sortie d’inventaire

La FSU s’est abstenue considérant que certaines sommes étaient importantes et que les matériaux étaient récents.

Fiscalité des recrutés locaux marocains

Cette question a été mise à l’ordre du jour par la FSU. La FSU a demandé au Conseil d’Administration de prendre des mesures en faveur des recrutés locaux Marocains à qui le fisc marocain réclame quatre années d’arriérés. La FSU demande également des négociations pour que les salaires prennent en compte la fiscalité actuelle.

La directrice a presque laissé entendre que nos collègues étaient dans cette situation par leur faute. Leur contrat prévoit en effet qu’ils sont soumis à la fiscalité marocaine mais le même contrat ne dit pas que l’employeur ne déclare pas les salaires au fisc. La directrice a évoqué des négociations avec le fisc.

La FSU ne s’est pas contentée de ces vagues promesses. Elle a rappelé qu’il s’agissait d’un problème grave qui nécessite des mesures concrètes en terme financier. La FSU a pris pour exemple le consulat de Suède qui a résolu le problème en comblant la perte de revenu provoquée par le paiement de l’impôt.

Vie du réseau

Au collège Victor Hugo à Managua, devant les problèmes posés par l’association gestionnaire, l’établissement sera déconventionné. Un autre établissement créé par une nouvelle association sera conventionné.

Sao Paulo au Brésil, l’AEFE va se séparer de la section brésilienne et de la section française pour cause de déficit trop grand de la première.

A Alexandrie, la Mission Laïque Française étudie la reprise… à quelle mode ???

Pour la taxe d’apprentissage, 2 établissements à l’étranger éligibles : Mexico et Port Vila.

Baccalauréat franco-polonais : c’est signé pour le matta-bac

Questions diverses

Carte scolaire au Maroc

Les établissements arrivent à saturation dans un certain nombre de villes, comme Casablanca et Marrakech. A Marrakech, la population française est nombreuse, et les capacités d’accueil à l’AEFE sont réduites. L’agence réfléchit à la « bonne articulation » entre les deux dispositifs de l’AEFE et de l’OSUI. La FSU rappelle la nécessité pour l’agence de scolariser les élèves français du réseau. La situation ne peut pas se résumer à un transfert de charges vers des organismes privés comme l’OSUI.

Clases préparatoires à Casablanca : l’AEFE s’interroge sur la question de savoir si l’expérience de Rabat doit être élargie.

ISVL

Sans aucune concertation, la révision est en cours pour le premier février 2006. Elle prend en compte le taux de l’IE du premier décembre 2005 et l’évolution du coût de la vie au premier février 2006. L’évolution est positive, et tient compte de l’effet change/prix dans les pays les plus difficiles. L’objectif de l’AEFE est l’accroissement constant des ISVL les plus basses et la limitation à un plafond de 40% pour les plus hautes.

La FSU rappelle que la fixation d’un plafond de 40% n’a jamais été à l’ordre du jour et que cela n’améliorera pas la situation des collègues dans certains pays.

Situation des recrutés locaux d’Abu Dhabi

L’établissement a établi des contrats de dix mois pour les recrutés locaux de 1998 à 2001, afin d’éviter d’avoir à leur payer leurs congés et leur verser les indemnités de fin de services prévues par la réglementation locale. Ce sont ainsi plusieurs dizaines de milliers d’euros que cet établissement en gestion directe a volés aux personnels pour les reverser sur son fonds de roulement.  Le lycée Massignon se trouve maintenant assigné au tribunal local pour infraction au droit du travail. Ces pratiques en disent long sur le respect des droits des recrutés locaux dans les établissements gérés directement par l’agence.

Centres d’Etudes Arabes

L’AEFE a pris la décision de fermer les CEA en Syrie, au Caire, au Liban et au Maroc. Un bureau de l’arabe sera implanté à Paris. Les postes d’expatriés d’arabe correspondants seront néanmoins conservés, pour des missions d’enseignement et de coordination.

Partenariat avec la caisse des dépôts et consignations

L’hypothèse d’un partenariat est toujours à l’étude.

Personnels résidents en Roumanie

Ils devraient se montrer satisfaits de pouvoir avoir des permis de travail en accord avec les autorités roumaines. Sauf que ce n’est pas si simple sur place !

Point sur le devenir de Pierre Mendès France à Tunis

L’agence promet un dispositif scolaire rénové d’ici quatre ou cinq ans, et envisage le recours à l’emprunt pour la construction du collège et la réhabilitation du lycée.

Décret sur les congés maladie

La modification du décret de 2002 n’est toujours pas à l’ordre du jour. Et nous nous sommes faits mener en bateau par l’AEFE qui a utilisé divers prétextes pour reporter plusieurs fois cette modification pourtant faite depuis un an au MAE.

3. Instituts et réseau scolaire au Maroc

Roger Ferrari, Secrétaire national du SNES/FSU chargé des questions hors de France, et Jean-François Salles, représentant de la FSU au CTPM2 se sont rendus au Maroc du 6 au 10 mars. Ils ont rencontré les collègues de la plupart des Instituts français (IFS) et de certains établissements scolaires, accompagnés dans la « tournée syndicale » par Jean-Claude Bertrand, secrétaire du SNES-Maroc et Fouad Bouden, responsable au bureau national de l’UMT (Union Marocaine du Travail) des questions concernant les réseaux IFS-AEFE au Maroc.

Ce déplacement s’inscrit, en effet, dans le cadre d’une « coopération syndicale » entre l’UMT et la FSU, qui est la seule organisation syndicale française à revendiquer le droit des syndicats nationaux à se présenter aux élections des instances paritaires de l’AEFE et du MAE. Des camarades de l’UMT siègent d’ailleurs à certaines CCPL au Maroc sous l’étiquette de la FSU.

Il est bon de noter au passage que plus de la moitié des agents employés par le MAE dans ses différents réseaux (diplomatique, consulaire, coopération et culturel) sont des recrutés locaux qui, majoritairement, sont des nationaux.

C’est donc dans cette nouvelle approche syndicale au Maroc, dans le contexte d’une actualité où vient d’être décidée la fusion des deux CTPM (comité technique paritaire ministériel) contre l’avis de la FSU, où le MAE projette la création d’une agence culturelle, où l’on attend le projet de nouvel accord cadre qui sera discuté entre le MAE et les syndicats sur le dialogue social, et deux ans après les menaces qui ont pesé sur la fermeture de l’IF de Fès que ce déplacement avait été programmé.

Celui-ci est finalement intervenu à un moment déterminant pour les agents de recrutement local (environ 1000) des différents réseaux au Maroc, confrontés à des problèmes graves concernant la fiscalité des recrutés locaux marocains et l’harmonisation des grilles de salaire, qui ont été au cœur des discussions lors des différentes réunions qui ont eu lieu durant cinq jours.

Concernant l’IGR (impôt général sur le revenu au Maroc) : les recrutés locaux marocains des différents réseaux (diplomatique, consulaire, culturel, coopération, AEFE) qui percevaient un salaire net, sans prélèvement fiscal à la source (contrairement aux autres salariés), viennent d’être l’objet de la plus grande attention de la part du fisc marocain, sans grande réaction au départ ni soutien de la part de leurs employeurs français. Il faut savoir qu’il leur était réclamé pas moins de 4 années d’arriérés, et que les simulations effectuées laissaient entrevoir un montant d’imposition annuel équivalent à une somme allant de 1,7 à 3,8 mois de salaire mensuel. C’est donc un véritable cauchemar que vivent depuis des semaines les collègues qui veulent mais ne peuvent payer leurs impôts, et que l’administration française a eu du mal à prendre en compte, à tel point que certaines directrices d’IF ou établissement scolaire ont cru bon d’en rajouter en se transformant en agents du fisc pour inciter les agents à aller déclarer leurs impôts. La FSU et l’UMT ont condamné fermement les agissements de ces personnes, et les leçons de moral de ceux qui sont exemptés de payer leurs impôts au Maroc, où le taux d’imposition est majoritairement de 44% !!! Vu l’urgence de la situation la FSU avait d’ailleurs mis cette question à l’ordre du jour du dernier CA de l’AEFE, le 23 février (voir le compte rendu dans cette circulaire).

Concernant l’harmonisation des grilles de rémunération : cette revendication chère à la FSU et l’UMT est loin d’être satisfaite au Maroc, comme d’ailleurs dans de nombreux autres pays. Contrairement aux instructions des responsables du MAE en la matière, le dialogue et la concertation ont été plus que minimum sur cette question. Tout d’abord, une grille a été faite au niveau des personnels de l’ambassade, où il n’était plus question de garder un mode de calcul indiciaire des rémunérations, charge aux IF de l’appliquer à leurs personnels. De nombreux points de désaccords persistent entre l’administration et la FSU et l’UMT, cette dernière ayant d’ailleurs été très tardivement invitée à s’asseoir à la table de la « consultation » (puisqu’il n’y pas eu de négociation), comme la question indiciaire, le nombre d’échelons, et l’absence de règlement intérieur définissant les règles générales. Comme d’habitude, le SCAC et l’ambassade jouent la montre, puisque la grille est déjà mise en place pour les personnels des réseaux diplomatique et consulaire, et que le réseau culturel doit suivre.

La FSU et l’UMT considèrent que les questions de la fiscalité et des rémunérations étant liées, tout doit être remis sur la table, avec deux objectifs : une véritable négociation avec les syndicats représentatifs des personnels doit être engagée, et aucun agent ne doit y perdre, ni maintenant, ni demain.

C’est donc dans cet esprit qu’a été abordé ce déplacement qui a emmené les quatre responsables FSU et UMT parcourir une bonne partie du Maroc :

- Lundi 6 mars à Marrakech : une réunion s’est tenue au lycée Victor Hugo avec les collègues de l’AEFE du secondaire et du primaire, et des représentants des parents et de l’ADFE. L’avenir du réseau de l’AEFE sur le pôle de Marrakech-Agadir a été au cœur du débat. En effet, pour parer à une explosion démographique des Français résidant à Marrakech, dont le nombre a doublé, une école de la Mission Laique (MLF) s’est implantée à très grande vitesse au côté de l’école de l’AEFE qui n’a pas (voulu ?) anticipé une extension de ses capacités d’accueil. Du coup, une cinquantaine d’enfants français n’ont pu être accueillis à l’AEFE à la dernière rentrée, contrairement à la mission première de l’agence. Les collègues du premier degré ont pourtant alerté le SCAC de la nécessité d’augmenter le nombre de classes… mais sans réponse. C’est bien de l’avenir de l’AEFE dont il est question, et pas seulement sur ce pôle, mais aussi au Maroc où la MLF souhaite partager le « gâteau » avec un appétit de plus en plus grand, ceci dans un contexte où dans certaines sphères on parle même de partager les niveaux d’enseignement du primaire entre l’AEFE et la MLF, voire de s’échanger école à Marrakech contre groupe scolaire à Agadir. La FSU a rappelé l’histoire en indiquant que la MLF s’était installée au Maroc parce qu’il y avait un marché à prendre, celui des enfants marocains voulant suivre un enseignement français.

Finalement, les collègues du premier degré de l’école Renoir déposeront un préavis de grève, suivis par leurs collègues du second degré pour alerter l’administration et les parents sur l’urgence du problème à régler.

Dans ce lycée a été également évoquée la situation de deux enseignants en recrutement local, fonctionnaires marocains et bi-nationaux, dont le lycée vient de décider de ne plus prendre en charge la part employeur de la cotisation CFE, et de changer la nationalité française inscrite sur le contrat en nationalité marocaine.

- Mardi 7 mars à Casablanca : l’IF de Casablanca était fermé pour permettre à tous les agents de pouvoir assister à la réunion syndicale. Près de 60 personnes étaient donc réunies pour afficher leur détermination à régler la question de l’IGR qui fut l’essentiel du débat. Ce fut aussi l’occasion pour les représentants de la FSU et l’UMT de rencontrer la toute nouvelle équipe de direction arrivée cette année.

- Mardi 7 mars à Fès : deux ans après une menace de fermeture, un combat mené par les agents aux côtés de l’UMT et des interventions en CTPM2 de la FSU et la CGT, la situation semble avoir évolué dans un sens plus favorable puisque l’institut, actuellement annexé à celui de Meknès, devrait devenir autonome, avec la création d’un poste de directeur. L’IGR est comme ailleurs un sujet dramatique, et comme ailleurs les collègues témoignent de leurs difficultés pour avoir des prêts sans une caution de domiciliation bancaire signée du SCAC.

Une collègue de l’IF d’Oujda a même fait le déplacement jusqu’à Fès pour expliquer sa situation au sujet d’un avertissement infligé par son directeur pour une raison plus que discutable. Ce cas, comme bien d’autres individuels malheureusement racontés par des collègues, illustre une fois de plus l’attitude de certains supérieurs hiérarchiques que la FSU et l’UMT ne cessent et ne cesseront de dénoncer à tous les niveaux. Il a été suggéré à la collègue de demander la réunion d’une CCPL et le retrait de son avertissement.

- Mercredi 8 mars à Tanger : une réunion au lycée Régnault de Tanger a permis de rassembler des collègues de l’IF de Tanger, l’IF de Tétouan, du consulat et du lycée. Seuls deux agents marocains du lycée avaient été autorisés à assister à la réunion par la proviseure, qui a cru bon de demander à y assister, et n’a pas résisté à jeter de l’huile sur le feu en convoquant, via l’agent comptable, les collègues le lendemain pour une réunion sur la déclaration de leurs impôts. Pour comprendre la gravité de cette « provocation », il faut savoir que la menace sur l’IGR était partie de Tanger, où les agents marocains avaient reçu plusieurs lettres successives depuis la fin de l’année 2005, leur demandant de s’acquitter de leurs impôts avec à la clé, en cas de non paiement, la saisie des biens ou sinon la pris