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2006, l’année de tous les dangers

A la veille de cette année 2006, le SNES et la FSU sortent confortés dans leur place de premières organisations syndicales au ministère de l’Education Nationale. Le SNES, avec plus de 51 % des suffrages des personnels, reste de très loin le syndicat majoritaire et de ce fait la cible préférée de l’administration.

Hors de France, les enjeux 2006 sont considérables. S’il est mené jusqu’au bout de sa logique libérale, le soit disant partenariat « public/privé » aura des conséquences gravissimes sur les structures publiques et sur les personnels.

L’AEFE est aux abois. Les grands discours sur l’internationalisation et le partenariat ne servent que de cache-misère à un établissement public qui n’a plus les moyens de son fonctionnement. La logique suicidaire touche les recrutés locaux avant de s’en prendre aux résidents.

La coopération va être soumise à une logique de marché puisque les Etats vont pouvoir faire leur marché à la « foire aux experts ». Au nom de la sacro-sainte compétitivité, France Coopération International saura proposer les meilleurs experts publics, sous statut privé, et au meilleur coût.

Les soutiers des établissements culturels, eux, sont encore considérés comme nantis. Le MAE veut fermer Vienne et renvoyer les détachés administratifs d’Allemagne. Tout ceci se fait au mépris des réglementations française et locale à laquelle ces messieurs se disent tant attachés. Qu’importe, pourvu que cela les conduise au prochain poste qu’ils lorgnent depuis leur arrivée.

Les bradeurs du service public trouveront toujours le SNES sur leur route à Vienne, à Barcelone, à Paris et ailleurs. En 2006 rejoignez le SNES pour réaliser tous ensemble notre ambition de service public à l’étranger !

Paris, le 14 décembre 2005

SOMMAIRE

1.       Institut français de Vienne : arrêtez la casse !

2.       L’action du SNES sur les concours internes aboutit !

3.       La coopération vue par la DGCID

4.       SNES : réunion sur l’internationalisation

5.       Circulaire AEFE sur le renouvellement de détachement

6.       Etablissements culturels : à l’encan !

7.       Elections professionnelles : majorité absolue confortée pour le SNES

8.       Situation des lauréats de l’agrégation à l’AEFE

9.       Résidents AEFE rentrée 2006 : temps partiel, mutation interne, prolongation exceptionnelle de mission

10.   Point sur la syndicalisation

11.   Compte rendu des CCPC AEFE : fin de mission et  révisions de notes

12.   Le  SNES sur le terrain : Nouvelle-Calédonie, Maroc, Espagne, Bruxelles

13.   Colloque ADFE : « quel avenir pour l’enseignement français dans les pays de l’Union européenne ? »

14.   Côte d’Ivoire : indemnisation  pour perte de biens

15.   Réponse du MEN sur la fermeture des centres d’examen à l’étranger

16.   Mayotte : académie ou COM ?

ANNEXE :

- Résultats des élections professionnelles

- Pétition pour le paiement de l’indemnité de sujétion spécifique ou de l’ISOE

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

n°6

 

1. Institut français de Vienne : arrêtez la casse !

Incroyable ! Incohérent ! C’est le moins que l’on puisse dire après l’annonce, aux seuls personnels du centre de cours de français de l’Institut Français de Vienne, de la fermeture de leur établissement.

A Vienne, la direction prétend que c’est une réorientation de la politique de l’établissement. Grande nouveauté pour les connaisseurs du réseau, l’établissement concentrera son activité sur le français de spécialité ! C’est toujours la même chose sur le français depuis 20 ans : le français de spécialité, les «décideurs» et les «élites». Cette stratégie a fait long feu puisque le français perd du terrain partout où elle est appliquée. Qu’importe, les légistes de la  DGCID récitent la même recette.

Avec une nuance toutefois entre Vienne et Paris qui fustige les pertes financières de l’établissement, alors que Vienne ne parle que de changement politique. Aurait-on peur d’un audit imposé par le syndicat autrichien ?

Toujours est-il que nos collègues ont reçu leurs lettres de licenciement les uns pour fin février 2006, les autres pour fin mai 2006. Comme d’habitude, le ministère des affaires étrangères entend agir en catimini sans même prévenir les usagers de la fermeture.

La FSU est intervenue pour que le dialogue social auquel le MAE tient tout particulièrement ait vraiment lieu. La FSU demande qu’un état exact de la situation soit présenté aux personnels et qu’une solution soit trouvée pour le maintien de l’activité des cours à l’Institut Français de Vienne.

2. L’action du SNES sur les concours internes aboutit !

Réponse de l’AEFE sur le concours interne pour les enseignants recrutés locaux :

« Vous avez interrogé l’Agence au sujet des refus par certaines académies notamment le S.I.E.C. d’Arcueil, des candidatures d’enseignants recrutés locaux qui souhaiteraient, conformément à l’article L 912-3 du code de l’éducation et aux décrets 98-986 et 98-987, se présenter aux concours internes du second degré.

L’Agence, après avoir interrogé la direction des personnels enseignants du MENESR, vient d’obtenir la réponse suivante :

- tous les enseignants recrutés locaux des établissements homologués, titulaires des diplômes et ancienneté requis, peuvent se présenter aux concours internes prévus dans les décrets de 1998 quel que soit le signataire de leur contrat ;

- la D.P.E. a adressé à tous les rectorats et notamment à toute leur division des examens et concours une note leur rappelant ces textes.

Les personnels concernés ne devraient avoir aucune difficulté à s’inscrire cette année et le problème rencontré en 2005 ne devrait plus se reproduire. Je vous recommande de prendre l’attache de la D.P.E. B5 pour les personnels qui, l’an dernier, ont pu se voir refuser l’accès, notamment, aux épreuves d’admission... »

Depuis presqu’un an, le SNES intervient auprès de l’AEFE et du Ministère de l’Education Nationale pour faire respecter la loi qui permet à tous les collègues enseignants à l’étranger, dans des établissements homologués, de se présenter aux concours internes. Ce retour au respect de la loi est valable à fortiori pour les établissements en gestion directe.

3. La coopération vue par la DGCID

Le Directeur général de la coopération internationale et du développement (DGCID) rappelle le cadre : 47 projets transférés à l’AFD ce qui représente 90 millions d’euros en autorisation de paiement et 17 en crédits de paiement. Finalement, c’est 57 projets qui sont transférés à l’AFD compte tenu des fins de projet en 2005.

Le bilan en postes s’établit comme suit : sur 320 postes transférés à l’AFD, 135 sont actuellement vacants et 33 seront prolongés. La répartition par secteur est la suivante : 136 éducation, 83 santé, 76 développement rural et 25 autres.

Le nombre d’emplois financés par l’AFD devrait retrouver le niveau des 320 d’ici un an.

Le rôle de France Coopération Internationale (FCI)

FCI aura l’exclusivité de la gestion des fonctionnaires payés sur fonds AFD.

Il faut tout d’abord rappeler que FCI est un GIP créé en 2002 pour « gérer les missions de courte et de moyenne durée et assurer un soutien mutliforme aux opérateurs publics et privés ». A partir de maintenant, FCI assurera un conseil au recrutement pour tous les « experts » (MAE et AFD) et sera aussi en charge de leur formation. En plus, FCI gérera les fonctionnaires détachés et les agents publics qui seront sur des missions AFD (180 sur les 320).

Sur les « missions AFD »

L’AFD financera les Etats qui « achèteront » des experts à FCI. Les maîtres d’ouvrages délégués (établissements publics ou ministères) s’adresseront à FCI pour recruter les experts dont ils ont besoin dans le cadre de leurs projets avec l’AFD.

Sur la situation des assistants techniques nouvelle formule

Ils seront salariés de FCI et comme tous les autres salariés de FCI auront un contrat de droit privé. Ils seront détachés auprès du GIP et seront notés par lui. FCI prépare actuellement un statut du personnel qui sera soumis à ses instances.

La durée des contrats dépendra de la durée des projets.

Avant toute chose, la FSU a interrogé les responsables sur les avantages de ce dispositif pour la coopération française. Pour le DGCID, il permet de mieux répondre à la demande, de responsabiliser les Etats et de faire face à la concurrence. Pour Monsieur de Saint Lager, PDG de FCI, pardon ! directeur de FCI et seul avec l’administrateur à bénéficier d’un statut public au sein du GIP, l’avantage, c’est la dimension multilatérale de FCI et sa capacité à mobiliser l’expertise publique par ses relations avec les ministères. Sans compter les talents de FCI pour gérer le retour des fonctionnaires et la souplesse pour assurer de bonnes rémunérations.

Pour la FSU, il s’agit d’une véritable commercialisation de la coopération française. FCI va jouer le rôle d’un cabinet privé qui emploiera des experts publics sous statut privé. La transparence acquise difficilement et, qui reste incomplète, n’existera plus. Les réseaux et les relations seront de retour. Fini les garanties en matière de traitement, les candidats seront soumis au « marché de la coopération ».

Le DGCID se veut rassurant, ou obéissant, mais ou s’arrêtera cette machine à privatiser la coopération si elle est mise en marche ?

Pourquoi ne pas garder la gestion des personnels au ministère et les mettre à la disposition des Etats dans le cadre des projets avec l’AFD si ce n’est pour privatiser la coopération et casser le statut des personnels ?

La FSU ne voit pas dans cette machine à gaz un instrument qui rapprochera la coopération des véritables demandes des populations.

Celles-ci attendent plus de coopération avec des résultats plus immédiats. Ce n’est pas un problème technique, c’est un problème politique !

4. SNES : réunion sur l’internationalisation

La grève du 24 novembre coïncidait avec la réunion du Conseil d’administration de l’AEFE sur le vote de son budget. Outre l’appel à la grève, le SNES hors de France avait proposé à ses représentants des pays les plus proches de faire venir des délégués avec, notamment, pour le matin, un échange sur les problèmes d’enseignement bilingue et de double certification. Les sections de Belgique, d’Espagne, de Tunisie, de Madagascar et de Colombie se sont exprimées sur ces questions.

A Bruxelles, depuis son arrivée, le proviseur veut développer une option internationale du baccalauréat (OIB) et une section internationale. Lors du conseil d’établissement réuni en mars 2005, il a fait inscrire une réforme pédagogique instituant une double langue obligatoire en 6ème, une option internationale obligatoire en seconde avec une discipline non linguistique (DNL) et une section linguistique en petite section de CP. La mise en place de la DNL pose de nombreux problèmes. Tout d’abord, elle est instituée au détriment d’autres options, comme le latin par exemple. Ensuite, pour les élèves qui n’ont pas suivi cet enseignement dans un autre établissement, quelle sera la continuité pédagogique ? Les personnels qui assurent cet enseignement en langue étrangère sont des recrutés locaux pour lesquels se pose la question de leur habilitation à cet enseignement comme cela est la règle dans les sections européennes en France. Enfin, comment et par qui est défini le programme de cette DNL ? Autant d’interrogations légitimes sans réponse, alors que les documents de l’Agence de juin 2005 ne prévoyaient pas pour Bruxelles de section européenne (ni reconnue, ni en cours de validation). Mais la priorité affichée de l’Ambassade de France est bien d’attirer les capitaux privés comme le préconise le rapport Ferrand.

En Espagne, un enseignement intégré en histoire-éographie a été mis en place de manière plus élaborée, permettant aux élèves de participer à une épreuve de fin d’études secondaires (le bachibac) et avec des horaires spécifiques. L’horaire global est augmenté d’une heure et celui-ci se répartit pour moitié entre le collègue qui enseigne en français et celui qui enseigne en espagnol) Des décharges d’un quart d’heure par classe (ou à Madrid, d’une demi-heure par niveau) permettent aux collègues une concertation. Les programmes ont été élaborés en 1989 avec l’Inspecteur général d’histoire géographie Borne mais, à l’époque, ils n’avaient pas obtenu l’homologation espagnole. Depuis, en mai 2005,  un accord cadre entre le gouvernement français et espagnol a été signé sur les dispositifs linguistiques et culturels. Néanmoins, là encore, cette structure suscite des problèmes. Les collègues recrutés locaux qui enseignent en espagnol n’ont pas la même formation (notamment méthodologique), et pas la même évaluation que leurs homologues français. D’autre part, ce système s’est accompagné d’une diminution du nombre de postes en histoire-géographie.

En Colombie, des cours de français, d’histoire-géographie et parallèlement d’espagnol et de « sociales », dispensés du primaire à la terminale, permettent de passer l’équivalent du baccalauréat colombien. Tous les horaires de ces disciplines sont accrus (environ 6 heures de plus par élève). Le travail commun entre le professeur d’histoire-géographie et de « sociales » est sanctionné par une évaluation commune et, pour cela, les collègues bénéficient d’une heure de concertation. Une université renommée accepte les élèves du lycée ayant obtenu l’équivalent colombien du baccalauréat mais à certaines conditions comme, par exemple une moyenne importante en espagnol.

En Tunisie, des collègues détachés de l’éducation nationale tunisienne enseignent en binôme avec le professeur français d’histoire-géographie. Tous deux bénéficient de 2 heures de décharge pour concertation et les élèves reçoivent, ici aussi, un horaire supplémentaire par rapport à l’horaire français. Une seule note, là encore, sanctionne cet enseignement. Dans le cadre des accords franco-tunisiens, l’arabe est obligatoire en LV1. Les élèves peuvent passer le baccalauréat tunisien (non reconnu par la France depuis 1999). Mais, l’Ecole internationale tunisienne a été montée à Tunis pour contrer les établissements. Par exemple les diplomates ont obtenu l’exonération à l’Ecole internationale tunisienne, ce qui n’existe pas au Lycée français. L’Ecole internationale entend obtenir son homologation pour un échange avec la France. La question de l’avenir des établissements français en Tunisie, posé dès 1999, est encore d’actualité.

A Madagascar, les programmes d’enseignement sont adaptés en lettres et en histoire-géographie (par exemple une étude des climats de la région). Une heure de malgache est obligatoire du primaire à la troisième mais si l’option langue orientale (malgache) existe, elle n’est pas enseignée au lycée.

Alors que, dans le cadre européen (stratégie de Lisbonne, sommet de Barcelone) et plus généralement dans le réseau de l’AEFE se multiplient des initiatives très diverses, le SNES hors de France entend prolonger cet échange en continuant de recenser les expériences et en menant une réflexion sur les modalités pédagogiques (programmes, horaires, partenaires de la mise en oeuvre…) et les incidences sur les élèves (alourdissement des semaines, validation des acquis) et sur les personnels (décharge, habilitation …) qui devraient être mises en place.

Le SNES interviendra auprès de l’AEFE pour que soient respectés les programmes et les diplômes  des différents pays.

5. Circulaire AEFE sur le renouvellement de détachement

La directrice persiste dans le « fait du prince ». Elle entend décider seule des fins de contrats des résidents au mépris des usages et des règles.

Le SNES ne cèdera pas sur ce principe fondamental de nos droits : les Commissions consultatives paritaires doivent être consultées !

Texte de la circulaire sur le renouvellement du détachement des personnels résidents adressé aux chefs d’établissement :

« Vous serez prochainement amenés à transmettre à l’agence, selon les procédures habituelles, les demandes de renouvellement de détachement des personnels résidents affectés dans votre établissement.

Bien que l’agence puisse être amenée à émettre un avis défavorable à une demande de renouvellement de détachement, je souhaite appeler votre attention sur le caractère exceptionnel que doit revêtir cette procédure.

En tout état de cause, l’avis négatif qui peut être émis ne peut l’être qu’au terme d’un processus donnant le temps à l’agence d’apprécier l’ensemble d’une situation et d’échanges aussi complets que possible avec l’intéressé.

L’avis concernant le renouvellement d’un détachement relève, en outre, du seul directeur de l’agence. Ni les chefs d’établissement, ni les comités de gestion dans les établissements conventionnés ne peuvent se substituer à l’agence en ce domaine.

Aucune pression ne saurait donc être exercée sur les agents dans la perspective d’un renouvellement de détachement… »

6. Etablissements culturels : à l’encan !

Lors de la réunion du 5 décembre à la Direction générale de la coopération internationale et du développement (DGCID), le Directeur général a précisé les objectifs des établissements culturels :

- la promotion des études en France ;

- le français de spécialité ;

- le débat d’idées et, en particulier, la réflexion commune sur les enjeux de la construction européenne ;

- la promotion de la création artistique et des industries culturelles françaises contemporaines.

Le directeur de la DGCID a rappelé que les cours de français sont maintenus pour autant qu’ils soient « rentables ».

La FSU a rappelé que la priorité au français de spécialité n’est pas une nouveauté et que cette orientation n’a jamais fait ses preuves. Pour la FSU, les cours de français s’adressant à des usagers diversifiés sont la meilleure solution.

La FSU est intervenue contre la fermeture des cours à l’institut français de Vienne. Le directeur de la DGCID a convenu que le dialogue social n'était pas suffisant sur ce problème … La FSU suit la question.

La FSU est également intervenue sur les fins de contrat des personnels détachés recrutés locaux en Allemagne. La DGCID n’était pas au courant.

La FSU interviendra sur tous ses problèmes lors du CTPM 2 du 12 décembre.

7. Elections professionnelles du 6 décembre dans le second degré : majorité absolue confortée pour le SNES

Pour le second degré, le SNES renforce encore la majorité absolue dont il bénéficiait déjà pour l’ensemble des Commissions administratives paritaires nationales (CAPN) où il présente des candidats.

Plus de la moitié des suffrages exprimés (100 544 voix sur 193 406) se sont portés sur les listes du SNES (52,0% soit + 0,7 point). Ce résultat associé à une  participation qui reste très forte (62%) malgré un tassement de 3 points constitue un fait exceptionnel dans le paysage syndical français. L’écart avec les autres organisations syndicales, qui n’arrivent que très loin derrière, s’est encore creusé : SGEN (11,2% soit –2,2 points), SNALC (9,4% soit –0,2 point), FO (6,2% soit –0,6 point), SE-UNSA (7,2% soit +1,4 point), SUD (6,2% soit +0,9 point), CGT (2,2% soit + 0,5 point)

Les progrès du SNES sont particulièrement sensibles dans les académies où sont affectés les jeunes enseignants.

Les personnels du second degré ont donc massivement renouvelé leur confiance au SNES. Le fait est d’autant plus remarquable que les enseignements et les personnels du  second degré  sont depuis 3 ans au centre des attaques de la politique gouvernementale : suppression de dizaines de milliers de postes, réduction de l’offre d’enseignement, mise en œuvre de la loi Fillon remettant en cause aussi bien le sens des enseignements du second degré (abandon des ambitions de qualification, socle commun et reconstitution de filières de relégation au collège) que le sens du métier (remplacements, atteintes aux qualifications, renforcement du poids des hiérarchies locales).

Ces résultats attestent de l’adhésion de la profession aux combats que mène le SNES contre la politique gouvernementale et pour une autre politique éducative (voir tableau en annexe).

Le ministre de l’Education doit entendre le message qui vient de lui être adressé.

Le SNES proposera aussi  que soit maintenant reconstitué le front des fédérations de l’Education en vue de nouvelles actions unitaires.

Résultats de la « 29e base »

 

La « 29e base » (Dpe B5) est la section de vote créée au ministère de l’éducation nationale qui regroupe tous les personnels détachés en France ou à l’étranger, ainsi que les collègues de Saint-Pierre et Miquelon et Wallis et Futuna..

Le poids des électeurs hors de France varie de façon importante selon les corps comme le montre le tableau ci-dessous.

 

 

Total des inscrits

Part des inscrits hdf

certifiés

5 533

67,6%

agrégés

3 159

26,8%

cpe

253

77,1%

copsy

51

49,0%

ch. sup.

53

13,2%

total

9 049

53,2%

L’organisation du dépouillement ne permet pas de distinguer les résultats du vote des détachés en France de celui des détachés à l’étranger. Il semble cependant que la participation des collègues hors de France ait été cette fois meilleure que lors des précédents scrutins. Merci aux militant-e-s qui se sont mobilisés pour faire vivre la démocratie, malgré les dysfonctionnements et retards imputables à l’administration.

Résultats du vote pour les CAPN certifiés et agrégés 2005 dans les COM de Polynésie, Nouvelle Calédonie, Mayotte)

 

La progression en voix exprimées pour le SNES par rapport à 2002 est assez sensible en Polynésie (+ 3,9 points) et à Mayotte (+ 5,3 points). En Nouvelle Calédonie c’est une baisse toujours par rapport à 2002 (-4,2 points) mais le SNES reste très majoritaire avec 70,6% des suffrages exprimés ce qui est bien au dessus de la moyenne nationale (52%). En revanche en Polynésie, le vote SNES est légèrement en dessous (51,2%) et lui est supérieur à Mayotte (59,6%)

Le taux de participation (Nouvelle Calédonie : 48,2%, Mayotte : 48,2% et Polynésie avec 53,6%) est inférieur à la moyenne nationale de 62%, mais il est en augmentation sensible (+2,3 points à Mayotte, +8,9 points en Polynésie) et chute de 13,6 points en Nouvelle Calédonie.

A remarquer que le vote SNES progresse parallèlement  à la participation même si elle reste insuffisante.

Les problèmes d’acheminement de matériel et de délais postaux peuvent expliquer en partie cette  faible participation dans les trois territoires. C’est ce qui conduit aujourd’hui à un deuxième tour pour la CAPL des certifiés à Mayotte et en Nouvelle Calédonie, les élections territoriales à la CCP de Polynésie étant spécifiques à l’autonomie du Territoire et prévues pour la fin 2006.

En Polynésie, la grève des postiers et l’éparpillement des électeurs dans un Territoire grand comme l’Europe sont aussi des facteurs à prendre en compte.

On constate aussi que les vices rectorats n’ont pas suffisamment anticipé l’envoi de matériel et les difficultés inhérentes à l’éloignement.

8. Situation des lauréats de l’agrégation à l’AEFE

Le SNES avait posé le problème il y a plusieurs années. Les collègues lauréats de l’agrégation ne pouvaient pas être pénalisés pour la réussite aux concours. Après beaucoup de discussions, le SNES a obtenu de l’AEFE la circulaire n°018347 du 24.10.2003 portant sur la promotion par liste d’aptitude ou par concours, qui permet aux collègues résidents de rester en poste l’année de stage et d’être rémunérés comme agrégés avec les obligations de service des agrégés. De nombreux collègues ont pu bénéficier de ces dispositions. Depuis deux ans l’AEFE ne respecte plus sa circulaire et entend décider au coup par coup ; encore le fait du prince !

Le SNES continue ses interventions auprès de la direction de l’AEFE pour le respect de cette circulaire. Avec les collègues concernés, le secteur juridique du SNES a mis au point une procédure de recours pour faire respecter la circulaire.

Tous les collègues qui sont dans cette situation peuvent consulter le secteur Hors de France pour l’examen des possibilités de recours.

9. Résidents AEFE rentrée 2006: demande de temps partiel, de mutation interne, de prolongation exceptionnelle de mission

Comme le prévoient les circulaires AEFE et sous certaines conditions, les professeurs résidents :

- souhaitant bénéficier à titre exceptionnel d’un temps partiel peuvent en faire la demande, en principe à l’issue d’un premier contrat (circulaire AEFE n°903 du 13 mars 2001) ;

- désirant prolonger leur mission au-delà de l’âge où ils peuvent faire valoir leurs droits à pension doivent faire parvenir leur demande par écrit et individuellement au service des personnels de l’AEFE à Nantes (circulaire AEFE n°320207 du 3 décembre 2003) ;

- souhaitant muter à l’intérieur d’un pays doivent en faire la demande.

Dans tous les cas, ces demandes doivent être examinées en Commission consultative paritaire locale et parvenir à la direction des personnels de l’AEFE à Nantes avant le 15 janvier 2006. Ces demandes seront ensuite examinées en Commission consultative paritaire centrale.

10. Point sur la syndicalisation

En ce mois de décembre 2005, la situation est satisfaisante par rapport à la même date l’année dernière. On compte en effet 50 adhérents de plus.

Si cette avance est une bonne nouvelle dans un contexte difficile, un examen plus détaillé des chiffres permet de mieux en cerner les points forts et les limites.

Nous continuons d’être très dynamique sur la syndicalisation des nouveaux cotisants ce qui nous singularise par rapport au reste du  SNES. La vitesse de rentrée des adhésions (60% par rapport aux adhérents présents en septembre 2005) est satisfaisante compte tenu de l’éloignement et des délais que cela implique.

Une seule ombre au tableau : 843 collègues non à jour. Mais ce retard peut se combler très vite. Nous mettrons à la disposition de toutes les sections qui le demandent, pays par pays, COM par COM des tableaux d’adhérents permettant de procéder  aux indispensables relances.

11. Compte rendu des CCPC AEFE : fin de mission et révisions de notes

Le 17 novembre 2005 se sont tenues à l’AEFE des commissions consultatives paritaires centrales (CCPC) A (agrégé) et B (certifié) avec pour ordre du jour l’examen d’une fin de mission et l’examen de 13 demandes de révision de notation administrative 2004-2005, dont 11 seulement ont été discutées. L’ordre du jour établi par l’administration était en effet trop chargé dans le créneau horaire envisagé. Les deux demandes de révision de notation qui n’ont pas été examinées le seront donc lors d’une CCPC qui se tiendra au début de l’année 2006 comme s’y est engagée l’agence.

Concernant l’examen de la fin de mission demandée par la directrice de l’AEFE et faisant suite à la suspension d’un collègue pour mesure conservatoire, la FSU s’est unanimement et résolument prononcée contre et a voté en conséquence. En effet, nous, représentants des personnels élus pour faire valoir les droits des collègues, considérons que nous ne sommes pas une chambre d’enregistrement. La FSU a donc soumis au vote la motion suivante : « La Commission consultative paritaire centrale de l’AEFE demande à être consultée avant toute mesure de suspension, la commission étant compétente sur toute question d’ordre individuel touchant à la gestion des personnels. » Vote : 5 pour (SNES-SNEP-FSU), 5 contre (administration). La directrice de l’AEFE assume donc seule la responsabilité de cette fin de mission anticipée.

Concernant les demandes de révision de notation administrative, le SNES-SNEP-FSU a prononcé une déclaration préalable constatant que 10 demandes de révision de notation administrative 2004-2005 provenaient du lycée Gustave Flaubert à La Marsa en Tunisie. Nous avons donc dénoncé les pratiques abusives de ce chef d'établissement et nous nous sommes félicités de ces nombreuses contestations même si nous avons fortement regretté que la commission consultative paritaire locale n'ait pas modifié les notations. Si les représentants des personnels ont alors fait valoir les droits des collègues lors de cette CCPL, l’administration a de son côté couvert les errements de l’un de ses chefs d’établissement.

Tous les dossiers examinés présentaient pourtant les mêmes incohérences entre des appréciations estimées très bonnes et des notes qui stagnaient. Les trois mêmes arguments étaient avancés par le chef d'établissement, arguments qui étaient, à nos yeux, irrecevables et inadmissibles : "pas d'augmentation de la note pour la première année" (sic !!!), "le professeur est dans la moyenne de l'échelon" (sic !!!), un changement d’échelon qui n’était pas pris en compte en raison des longs délais d’acheminement des arrêtés de promotion. Il est en effet inacceptable qu'un collègue nouvellement nommé dans un établissement ne soit pas augmenté à ce titre. Il est aussi inacceptable que l'on ne soit pas augmenté au prétexte que la note se trouve dans la moyenne de l'échelon ou plus. En conséquence, les collègues ont estimé à juste titre que leur travail n'était pas reconnu et ont vécu cette absence de progression comme une injustice. Au cours des débats, l'administration a bien été forcée de reconnaître que les appréciations étaient toutes très bonnes voire élogieuses.

Au final, toutes les notes 2004-2005 qui n'avaient pas été augmentées par rapport à 2003-2004 (soit 8 demandes) ont été augmentées. Toutefois, certaines notes n'ont pas été, à nos yeux, suffisamment réévaluées. Les demandes de révision qui portaient sur des notes qui avaient été augmentées en 2004-2005 par rapport à 2003-2004 n'ont pas été révisées. Pourquoi ? Si les collègues dénonçaient à juste titre leur absence de progression sur les 3 ou 4 dernières années, la CCPC n’examinait que les demandes pour 2004-2005. Nous rappelons donc qu'une notation (appréciation et/ou note) se conteste dès la prise de connaissance de celle-ci. On ne peut pas revenir sur une situation antérieure. L'administration a considéré que ces deux collègues avaient été augmentés par rapport à 2003-2004 et, en conséquence, qu’ils n'étaient pas pénalisés.

Si l'administration n'a jamais reconnu ouvertement les errements de ce chef d’établissement, implicitement ces augmentations sont un désaveu et pour les représentants des personnels du lycée Gustave Flaubert ainsi que les collègues, qui se sont élevés contre l'autoritarisme de ce chef d'établissement, une victoire personnelle et syndicale.

12. Le SNES sur le terrain : Nouvelle-Calédonie, Maroc, Espagne, Bruxelles

NOUVELLE–CALEDONIE

A la demande du SNES Nouvelle-Calédonie a été organisé le 27 octobre dernier un stage de formation pour les candidats aux élections professionnelles du 6 décembre, en présence du SNES Hors de France. Ce stage a été en outre l’occasion d’organiser une tournée de réunions syndicales dans les établissements pour mobiliser les collègues à propos des élections professionnelles et des sujets brûlants de l’actualité, en particulier les remplacements Robien.

Depuis la création de commissions paritaires locales en Nouvelle-Calédonie, pour les certifiés, agrégés, PLP et PEPS, la configuration électorale de ce territoire est particulière : pour les certifiés et les agrégés, le SNES-FSU est la seule organisation à déposer une liste pour les commissions locales. L’enjeu était donc, pour le SNES Nouvelle-Calédonie, d’appeler les collègues à voter en nombre pour le 6 décembre, même s’il s’agissait d’un vote blanc, et bien sûr de faire campagne pour l’élection de la CAPN. L’organisation des élections est particulièrement ardue pour la Nouvelle-Calédonie, d’une part à cause du vote par correspondance (il n’y a pas de bureau de vote dans chaque établissement comme en métropole), d’autre part à cause de la date des élections elles-mêmes, puisque les collègues devaient voter en fin d’année scolaire. La tâche est particulièrement difficile pour les collègues en lycée qui sont mobilisés pour les épreuves de bac. Le 6 décembre, le quorum n’a pas été atteint pour la CAPL des certifiés. Un second tour sera donc organisé le 14 février prochain, pour lequel il n’y aura pas de quorum à atteindre. Le SNES conforte sa position en Nouvelle-Calédonie, mais le net fléchissement de la participation des collègues au scrutin n’en reste pas moins inquiétant. A noter cependant que pour les CAPN (agrégés et certifiés), le score de plus de 70 % atteint par le SNES (record battu toutes académies confondues) confirment l’influence prépondérante de notre syndicat sur ce territoire.

Les réunions dans les établissements ont permis de faire le point sur la question du remplacement Robien. Le décret existant ne peut s’appliquer tel quel dans les COM et dans les établissements de l’étranger ; il faut pour cela un décret spécifique pour ces territoires. IL n’en reste pas moins que les collègues s’inquiètent légitimement de ce qui les attend à la rentrée de mars 2006 et qu’ils suivront de près l’évolution de la situation en métropole pour adopter l’attitude la plus efficace possible à la rentrée et contrer les effets néfastes de cette réforme inacceptable. Dans les collèges du Grand Nouméa notamment, les collègues ont témoigné d’une atmosphère d’incivilité et de violence grandissante dans les établissements et disent que les collègues candidats à une mutation en Nouvelle-Calédonie devraient être mieux informés de la situation réelle des établissements dans lesquels ils sont nommés. Les problèmes de discipline, de violence entre les élèves et parfois même envers les enseignants sont plutôt récents en Nouvelle-Calédonie, ce qui explique pour partie que les équipes administratives soient souvent débordées par les événements et prennent insuffisamment en charge le problème, ce qui est pourtant leur rôle. Les collègues se sentent trop souvent seuls face à ces difficultés et ne savent parfois plus vers quel interlocuteur se tourner ni comment rompre leur isolement. Ces préoccupations sont aggravées par l’absence d’une réponse vraiment efficace du vice-rectorat. Par exemple, le collège de Païta demande instamment son classement en ZEP, mais le vice-recteur, au vu du contexte général de restrictions budgétaires, ne peut guère s’engager à classer l’établissement au moment où il n’est plus question, au niveau national, de classer de nouveaux établissements… En « brousse », c’est-à-dire hors du grand Nouméa et dans les îles Loyauté, le principal souci des collègues reste l’isolement et les difficultés scolaires des élèves, liées aux conditions sanitaires et sociales de vie dans les tribus. Là aussi, les dispositifs de remédiation existants dans les premier et second degrés sont plus que jamais menacés de suppression, quand ce n’est pas l’existence de certaines classes, dont les effectifs sont jugés trop réduits. La mobilisation, localement, des enseignants, des parents d’élèves et des élus locaux joue alors un rôle essentiel pour empêcher le recul du service public d’éducation sur l’ensemble du territoire, notamment quand on sait que l’enseignement confessionnel est particulièrement dynamique et offensif pour récupérer des élèves.

Le stage de formation des candidats aux élections professionnelles a été une bonne occasion de rassembler les forces militantes du SNES et du SNEP NC : plus de 60 participants, dont une dizaine de camarades du SNEP étaient présents. De nombreux collègues étant nouveaux sur les listes (la limitation de séjour pour de nombreux collègues explique le fort taux de renouvellement), le stage a d’abord consisté à expliquer le rôle des élus des personnels dans le cadre de la réglementation existante, mais aussi et surtout d’expliquer la conception que se fait le SNES et la FSU du paritarisme : des CAP qui ne sont pas des lieux de gestion purement technique ni des chambres d’enregistrement, mais des lieux où le syndicat exprime ses revendications, fait valoir les droits des collègues et gagne des avancées pour tous, fait respecter la transparence, l’équité et la démocratie dans toutes les opérations. Les collègues ont pu ensuite passer à un exercice pratique sur des documents vice-rectoraux pour comprendre en quoi consiste, concrètement, le travail des élus avant, pendant et après commission.

Le séjour s’est terminé par la réunion de la CA de la FSU territoriale, où a principalement été évoquée la position de la FSU par rapport à la réforme de la caisse de retraite des cadres territoriaux, point fort de l’actualité du moment et où à été voté le principe de la participation à la grève du 24 novembre.        

MAROC

Nous avons participé à des heures d’information syndicale sur temps de service dans quatre établissements du Maroc à Casablanca et Rabat entre le 21 et le 23 novembre dernier. Nous avons obtenu deux heures sur temps de service partout sauf auprès d’un seul chef d’établissement. Ce dernier, peu conciliant a même imposé un préavis d’une semaine aux collègues à titre individuel et inscrit leur nom sur une liste affichée par ses soins en salle des professeurs et qui plus est sur le panneau syndical ! Cette atteinte au droit syndical lui a été naturellement signifiée en tête à tête et la réglementation dûment rappelée. Elle a également été signalée au Conseiller culturel lequel est instantanément intervenu. La seule obligation de préavis pour une heure d’information sur temps de service incombe à l’organisation syndicale et non aux participants !

Chaque réunion qui comptait en moyenne une vingtaine de collègues, a donné l’occasion de répéter ces principes de fonctionnement et les raisons de l’existence de cette heure d’information syndicale. Le décret de 1982 qui fonde ce droit a été, faut il le rappeler prévu par l’Administration pour, en quelque sorte pallier à ces propres insuffisances en matière d’information ! Alors ne nous en privons pas !

D’autres abus ont été relevés et dénoncés, notamment la volonté de l’Administration de faire rattraper des jours fériés pourtant accordés à titre exceptionnel par le Roi du Maroc. Le SNES a clairement expliqué à ses interlocuteurs qu’il déposerait un préavis de grève en cas de rattrapage autoritaire. Au Maroc comme partout, on respecte les lois du pays d’accueil !

Il ressort de ces réunions que les collègues sont soumis à des pressions de toutes sortes. Une autre à titre d’exemple est celle sur le droit de grève où le même chef d’établissement mentionné plus haut a pu demander un préavis aux grévistes !

Certains chefs d’établissement expérimentent et font preuve pour le coup d’un sens de l’anticipation. Remarquons par exemple cette mise en place expérimentale d’un conseil pédagogique alors que le décret n’est toujours pas passé ! Ou bien le lancement d’une expérimentation sur la note de vie scolaire.

Le plus inquiétant reste l’avenir du réseau AEFE au Maroc. Chaque année, le nombre d’enfants français augmente d’environ 250 soit la taille d’un petit établissement. Cette augmentation ne s’est accompagnée d’aucun moyen nouveau et bien sûr d’aucune création de poste. Il a fallu surcharger les établissements, faire appel massivement au recrutement local. Les emplois du temps définitifs n’ont pu être proposés que trois semaines après la rentrée dans les deux grands lycées (Lyautey à Casablanca et Descartes à Rabat). Mais la politique d’expédients atteint ses limites. Même le SCAC et l’ambassade reconnaissent que la rentrée prochaine ne pourra pas se faire sans d’importants moyens supplémentaires. Or l’AEFE au budget exsangue est incapable d’y faire face. L’administration se tourne vers le privé, l’OSUI (sous ce sigle se cache la Mission laïque française au Maroc). Nous craignons que des établissements de l’Agence (Agadir notamment) soient directement cédés à l’OSUI. Celle-ci envisage par ailleurs d’ouvrir des établissements à Tanger et à Oujda, et de doubler sa capacité d’accueil à Casablanca. Les écolages sont 50% plus chers à l’OSUI qu’à l’AEFE pour les enfants français. Qu’à cela ne tienne, un système de bourse compensera la différence. En clair, l’argent public subventionnera l’enseignement privé.

On le voit, les raisons de faire grève le 24 novembre ne manquaient pas d’autant que nous en avons donné d’autres :

- les restrictions sur l’accès à la hors classe ;

- l’insuffisant montant de l’ISVL pour laquelle, nous revendiquons une augmentation à 15% de l’indemnité d’expatriation ;

- le respect du paritarisme.

Les élections professionnelles ont été placées au début de chaque intervention avec une explication sur les modalités et les enjeux. A chaque discussion avec les autorités, nous avons pu constater dans quelle désorganisation et improvisation, elles se déroulaient. Si notre action a pu infléchir ce déroulement vers une plus large participation des collègues, on ne peut que s’interroger sur le peu de sérieux et d’anticipation montré par l’Administration dans cette affaire.

En conclusion les collègues du SNES Maroc ont jugé qu’il était nécessaire de poursuivre cette collaboration fructueuse en organisant un stage de formation syndical.

ESPAGNE

En deux jours, le secrétaire du SNES Espagne et le SNES Hors de France ont rencontré les collègues des lycées de Barcelone et de Malaga. Ce déplacement s’inscrit dans le cadre plus large des visites du secrétaire SNES Espagne, ayant vu par ailleurs les établissements de Bilbao, Alicante et Valence.

Au lycée français de Barcelone, près de 25 collègues participaient à l’heure mensuelle d’information. Des questions d’actualité ont été évoquées. L’AEFE tout d’abord avec le report des missions d’inspection prévues pour le dernier trimestre de l’année 2005, qui pénalise fortement les collègues en attente d’inspection ; le plan d’économie et ses conséquences, les surcharges budgétaires qui pèsent sur les établissements (ISVL à charge de l’établissement, augmentation régulière du taux de participation au salaire des résidents, dont les nouveaux recrutés sont tous «  à 130% ») ; les projets immobiliers de l’agence avec les transferts de compétence sans le transfert financier. Ensuite, l’action du 4 octobre et ses suites avec l’appel à la grève du 24 novembre ont été présentées. Les collègues ont exprimé à cette occasion des interrogations concernant la difficulté pour les recrutés locaux de participer à une grève aux mots d’ordre « purement français » et leur souhait de trouver des points leur permettant de s’impliquer dans le mouvement. A noter qu’en Espagne, nos camarades des syndicats espagnols (CCOO, UGT et STE) après avoir montré leur soutien à l’action du 04/10 ont appelé à la grève dans les établissements du réseau pour CCOO et à Barcelone pour UGT et STE. Les collègues présents à l’heure d’info ont aussi exprimé des craintes concernant leur promotion, le non renouvellement des contrats de résidents  et leur attente d’une modification du décret de 2002 qui ampute de 50 % l’ISVL lors d’une absence pour maladie. La réunion avec le proviseur, après le bilan de rentrée, a très largement tourné autour de la mise en œuvre du projet « langues » dans l’établissement. Par ailleurs, le proviseur a présenté le projet de la mise en place d’une « certification Cambridge » qui devrait accueillir des élèves volontaires, hors temps scolaire, par 5 ou 6 enseignants dont 2 collègues de l’établissement, eux-mêmes volontaires. Si le SNES est conscient de la pression locale quant aux demandes, particulièrement celle des parents d’élèves, rappelons que nous devons toutefois être très vigilants quant à la mise en œuvre de ces cours, ainsi que leur modalité de validation. Ils ne doivent pas devenir des substitutions, ni dans le fond (programmes en vigueur), ni dans la forme avec un recours « sauvage » à la vacation qui par ailleurs échappe à tout paritarisme. Concernant le recrutement local et l’application des textes (modalités de recrutement local en CCPL) nous avons par ailleurs rappelé la nécessité de présenter au Conseil d’établissement les profils de postes afin de permettre à nos représentants dans les établissements, de préciser les définitions de ces supports en fonction de la réalité des besoins.

Au lycée de Malaga, ces mêmes thèmes ont été débattus mais ce sont surtout les questions locales qui ont été au centre des préoccupations des collègues, notamment la situation financière de l’établissement et les répercussions actuelles et futures sur les personnels. Là encore, avec le proviseur, la situation délicate de l’établissement a été abordée avec le problème de la gestion des postes de résidents (résidentialisation, création éventuelle …)  à taux élevé qui grèvera d’autant le budget de l’établissement. En conclusion, nous avons évoqué différents points relevant de la spécificité d’un établissement conventionné. Les secrétaires SNES et SNUipp à Malaga ont déjà obtenu une première rencontre avec le comité de gestion, c’est un début vers davantage de transparence et de dialogue social, le comité étant un interlocuteur capital dans une telle configuration et en ces temps de budget difficile.

BRUXELLES : assemblée générale SNES Europe du Nord (1er et 2 Décembre 2005)

A Bruxelles, des militants SNES de six pays d’Europe du Nord (Allemagne, Autriche, Belgique, Danemark, Pays-Bas, Royaume-Uni) et un représentant du syndicat belge FGTB ont pu confronter leurs expériences, leurs analyses et leurs points de vue sur des questions touchant le quotidien de tous les personnels. Ensemble, ils ont pu constater les effets d’une politique sévère de restriction budgétaire qui a pour triple conséquence de menacer des postes et des emplois, de privatiser l’enseignement français à l’étranger et de caporaliser de plus en plus manifestement les relations des personnels avec la hiérarchie, notamment des recrutés locaux dont on cherche à éviter par tous les moyens qu’ils puissent user de leurs droits. On nous rétorquera que les discours ne valent qu’à l’aune des faits. Soit.

A Sarrebruck, c’est la fermeture d’une sixième que l’on a d’abord annoncée – l’AEFE, suite à un rapport d’inspection MAE, réclame une économie de 500 000 euros. On nous promet aujourd’hui un sauvetage. Sous quelle forme ? Nous ne serons pas dupes d’un discours qui a déjà eu cours ailleurs, en Espagne par exemple, et dont on sait maintenant qu’il signifie à terme la fermeture pure et simple de l’établissement. A Bruxelles, des initiatives alliant des intérêts publics et privés ont conduit à la création d’une fondation de droit privé dont l’objectif est non seulement « le financement de la construction d’une école maternelle » au sein du lycée Jean Monnet mais aussi « de devenir un bras de levier éducatif de premier choix ». On peut certes douter de l’aboutissement d’une telle démarche. Il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une atteinte profonde au service public. Dans un autre ordre d’idée, à Vienne, c’est la section « cours de langue » de l’Institut qui ferme ses portes : tous les enseignants sont licenciés. Les militants réunis à Bruxelles ont décidé de combattre pour la défense du service public d’éducation à l’étranger : ils ont décidé de renforcer leur coordination et d’entamer une série d’actions concentrées sur