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CIRCULAIRE n° 12

OBLIGÉ DE FAIRE GRÈVE
LE 29
MAI
ET S
’IL LE FAUT,
LE 6 JUIN !

Rien ne tient ! Rien de ce que répondent l’AEFE et le MAE aux revendications exprimées par toutes les organisations syndicales ne tient !

Pas de crédit supplémentaire pour l’ISVL car on ne saurait pas quoi en faire !

Pas de réduction des frais de scolarité pour les résidents parce qu’il y a les bourses et que la directrice peut examiner les cas difficiles !

Pas de remboursement de CSG, CRDS et CES car les organismes auxquels cela a été versé ne peuvent pas rembourser. Mais la question s’adresse à l’AEFE, pas à quelqu’un d’autre !

Pas de mesure qui permette aux recrutés locaux marocains de payer leurs impôts réclamés soudainement  parce qu’il faut attendre. Attendre que 42 collègues soient saisis ?

Des promesses de recrutement ou des menaces de fin de contrat parce que c’est le bon plaisir de la directrice ?

Le non respect des compétences des CCPL pour raison de règlement de comptes de chefs d’établissement via la responsable du personnel !

La privatisation annoncée sous couvert d’investissements immobiliers que l’Etat ne veut plus faire.

Trop, c’est trop et le mépris pour les personnels qui ne sont pas de l’encadrement est insupportable !

Une journée de grève le 29, une deuxième le 6 et …, pour engranger ce qui est à notre portée et nous revient.

Paris, le 22 mai 2006

SOMMAIRE

1.        Le SNES sur le terrain : Londres

2.        AEFE : compte rendu des CCPC sur le recrutement des expatriés

3.        2006-2007 : des IPR-IA détachés auprès de l’AEFE

4.        Missions d’inspection dans le réseau AEFE : un premier bilan !

5.        Compte rendu du recrutement SEFFECSA du 11 mai

Annexe :

-  Recrutement AEFE 2006 : liste des profils modifiés des postes d’expatriés

1. Le SNES sur le terrain : Londres

Le mardi 16 mai 2006 fut une journée pleinement syndicale pour la section SNES de Londres qui accueillait une militante du secteur hors de France. A 9h50, réunion du bureau du SNES, à 11h45, heure d’information syndicale, à 14h30, réunion avec le Conseiller culturel et le Conseiller culturel adjoint et, de 15h à 17h30, réunion syndicats administration. On ne peut que se féliciter de cette dernière qui se réunit de manière informelle tous les deux mois. Elle permet de poser les problèmes et de discuter de toutes les questions liées aux conditions de travail des personnels et à la vie de l’établissement. Bref, elle favorise le dialogue social : même si les points de vue ont pu ou peuvent diverger, c’est constructif ! A quand l’existence d’un local syndical puisqu’il existe une aumônerie ?

La principale préoccupation des collègues (non seulement on les comprend mais on les soutient !) concerne les éléments de leur rémunération : une ISVL insuffisante et un avantage familial qui ne couvre pas les frais de scolarité. Ceux-ci ont en effet augmenté de 25% depuis 2001. Les calculs sont vite faits : l’avantage familial versé mensuellement est de 246 euros pas enfant. Les frais d’écolage mensuels dans le secondaire sont de 333 euros pour un enfant scolarisé dans la section française et de 654 euros par enfant scolarisé dans la section britannique. Au final, les collègues en sont de leur poche pour au moins 1044 euros par an, sans compter les frais de cantine, de livres scolaires, les activités pédagogiques payantes, etc. Pour rappel, la réforme de 2002 sur l’instauration de l’avantage familial précisait qu’aucun collègue ne devait y perdre. Or depuis la mise en place de la réforme (2003), l’avantage familial n’a jamais couvert les frais de scolarité à Londres ; la situation des collègues n’a donc cessé de se dégrader. Elle ne risque pas de s’améliorer au regard du désengagement de l’Etat dans le budget de l’AEFE. Au contraire, l’absence de ligne budgétaire pour accompagner le transfert de la compétence immobilière entraîne une augmentation régulière et sensible des frais d’écolage dans les établissements en gestion directe comme celui de Londres. Depuis le mois de février, une vingtaine de collègues ne se laissent plus faire et font « la grève du paiement ». Ils refusent de s’acquitter de leurs frais d’écolage, soit parce qu’ils s’estiment à juste titre lésés, soit parce qu’ils n’ont plus les moyens financiers de payer. Certains collègues s’endettent même pour payer la scolarité de leurs enfants. Lors de la réunion syndicats-administration, nous avons appris que la directrice de l’AEFE avait donné l’ordre de lancer la procédure contentieuse à l’encontre de ces collègues. A la fin du mois de juin, tous les frais d’écolage devront être payés sinon le grand argentier de l’AEFE en France prélèvera les sommes dues sur les salaires des collègues. Quel bel exemple de dialogue social ! Quelle écoute attentive des personnels ! La solution serait pourtant simple en attendant que s’engage la réforme « rapide » sur l’avantage familial : exonérer les collègues concernés des frais de scolarité de façon temporaire et transitoire ! Que nenni ! La directrice s’obstine, persiste et signe dans son refus (voir le compte-rendu du CA de l’AEFE dans la circulaire n°11) ! Une réunion des collègues concernés décidera prochainement de la suite à donner à leur action ! Quoi qu’il en soit, le SNES soutient leur mobilisation ! Les personnels de l’agence ne devraient pas avoir à faire l’aumône. C’est une honte !

Une autre question fondamentale à Londres, la question immobilière, qui est d’ailleurs à relier aux frais d’écolage. La communauté française expatriée n’ayant cessé de s’accroître dans la capitale britannique, le lycée « craque » depuis 15 ans sous ses effectifs scolaires. Il ne peut plus, comme il en a pourtant l’obligation selon l’article 1 de la loi de 1990 portant création de l’AEFE, « assurer, en faveur des enfants de nationalité française résidant à l’étranger, les missions de service public relatives à l’éducation ». Aujourd’hui, ce sont environ 250 enfants français qui ne sont pas scolarisés au sein de l’établissement français (primaire et secondaire). L’extension de l’établissement est donc une priorité non seulement pour accueillir de nouvelles classes mais aussi pour permettre une scolarisation dans de bonnes conditions à tous les élèves. Oui, mais où ? Comment ? Avec quels moyens budgétaires et quel impact sur les frais de scolarité ? Les documents préparatoires au Conseil d’administration du 11 mai faisaient bien apparaître un projet de rénovation du lycée et la recherche de nouveaux locaux pour une école primaire, mais guère plus. Rien sur le coût, ni sur le montage financier. Cette journée du 16 mai fut donc très fructueuse puisque nous avons pris connaissance de certains aspects financiers du projet. Pour 2006, l’AEFE s’engage à baisser le taux de participation de l’établissement de 66% à 61%. Une nouvelle baisse de 5% est prévue en 2007 en échange de quoi le lycée Charles de Gaulle doit s’engager à provisionner une ligne budgétaire pour investissements et travaux de 1,2 million d’euros sur 3 ans (2007-2010). Quel montage financier ? Selon le conseiller culturel, il est à prévoir des emprunts, des dons et le fameux « partenariat public-privé » qui n’est rien d’autre qu’une privatisation partielle de l’établissement, pourtant en gestion directe. Et le budget de l’Etat dans ce montage ? Pour le moment, il n’est pas à l’ordre du jour. Pourtant, le lycée Charles de Gaulle est un établissement en gestion directe. Mais comme l’agence n’a pas les moyens financiers de sa politique immobilière, il faut trouver les gros sous ailleurs. Le 12 juin, une réunion « au sommet » se tiendra à Londres sur cette question immobilière. L’année 2007 devrait voir le début du projet (lancement du concours d’architectes, emprunts, etc). Ce qui est certain, c’est que les frais de scolarité augmenteront. Pour la direction du lycée français, la section britannique doit d’ores et déjà s’autofinancer, la cantine également et les manuels scolaires aussi.

D’autres questions ont été abordées. L’organisation du baccalauréat session 2006 n’est pas sans poser des soucis importants à nos collègues de Londres. L’organisation du baccalauréat de Londres et de Bruxelles est encore placée, semble-t-il sous l’autorité du rectorat de Lille, alors que, pour la première fois, l'Europe du Nord constitue maintenant une zone à part, avec un calendrier et des sujets de baccalauréat différents. Le rectorat envisage cette année de faire venir les collègues à Lille afin qu’ils corrigent 50 copies chacun en deux jours ! Pourquoi les copies ne sont-elles pas acheminées à Londres ? Ou bien le rectorat (si c’est bien lui le seul responsable) considère que le baccalauréat est un examen fondamental et suffisamment sérieux pour qu’il puisse être corrigé dans des conditions satisfaisantes et équitables pour chacun des candidats, ou bien il estime que cet examen est à prendre à la légère et que la correction peut être bâclée. Dès lors son incompétence sera dénoncée aux yeux de tous. A ce manque de sérieux concernant l’organisation s’ajoutent les conditions matérielles dans lesquelles les collègues devraient (au conditionnel !) se rendre à Lille. Prise en charge des frais par les professeurs correcteurs (train –des bons de transport seraient mis à disposition ?- hébergement, repas) alors même que les collègues de l’académie de Lille ne sont toujours pas remboursés de leurs indemnités de correction du baccalauréat 2005. Et les indemnités ???? Que l’AEFE à Paris, que le lycée français de Londres ou que le rectorat avance les frais ! Enfin, arrivée des professeurs correcteurs très tôt le matin du 26 juin à Lille (comment prendre un train à 6 ou 7 heures le matin à Londres lorsque l’on habite à l’autre bout de la gare de Waterloo ?) pour commencer la correction « frais et dispo » !!! C’est n’importe quoi ! Si le rectorat de Lille persiste et signe dans son irresponsabilité, le SNES le fera savoir à l’ensemble de la communauté éducative. Que les parents de Londres et de Bruxelles sachent qu’ils payent des frais de scolarité et d’inscription au baccalauréat pour que la correction des copies soit bâclée car elles ne pourront pas être corrigées en deux jours. Quiconque a récemment corrigé des épreuves du baccalauréat en professionnel de l’enseignement le sait parfaitement.

Enfin, un premier bilan du recrutement des résidents pour la rentrée 2006 montre que tous les postes ont été pourvus. La recrutement n’est guère problématique : le lycée de Londres est attractif. Mais localement chacun arrive au même constat. Au bout de un ou deux ans, les collègues « faux résidents » partent faute d’une rémunération suffisante : ISVL trop basse et droits de scolarité trop difficiles à assumer au regard d’un avantage familial bien trop faible.

2. AEFE : compte-rendu des CCPC pour le recrutement des professeurs expatriés

Les candidatures pour les postes d’expatriés certifiés et agrégés, publiés au B.O.E.N., ont été examinées en Commissions consultatives paritaires centrales (CCPC) de l’AEFE les 20, 21 et 22 mars 2006. Les postes supplémentaires, qui ne sont pas publiés, ont été également pourvus à partir des vœux géographiques formulés par les candidats. Dans ces commissions, le SNES a 4 sièges sur 5 chez les agrégés et 5 sièges sur 5 chez les certifiés.

Pour information, la commission compétente pour le recrutement des agrégés a commencé par la régularisation des 3 postes supplémentaires apparus pendant l’été 2005 et qui étaient à pourvoir à l’Ecole centrale de Pékin pour la rentrée 2005. Il était temps !!!! Cette action de coopération, financée à la fois par le MEN et le MAE, est un projet prévu pour 3 ans.

238 postes étaient à pourvoir (contre 154 postes l’année dernière) : 9 postes d’agrégés, 4 postes bivalents (agrégés ou certifiés), 15 postes de CPE, 2 postes de « faisant fonction de chef d’établissement » et 208 postes de certifiés (18 en lettres classiques, 17 en lettres modernes, 3 en lettres, 16 en philosophie, 18 en histoire-géographie, 20 en anglais, 6 en espagnol, 2 en allemand, 2 en arabe, 34 en mathématiques, 31 en sciences physiques et chimiques, 25 en SVT, 2 en économie-gestion, 7 en technologie et 7 en SES). Trois postes (un certifié de lettres classiques, un certifié d’histoire-géographie et un agrégé ou certifié d’anglais) sont en attente.

Tout dossier papier dans lequel ne figuraient ni le CV, ni une lettre de motivation était écarté. Les dossiers incomplets ont cependant été beaucoup moins nombreux que les années précédentes.

En préambule, l’agence a rappelé que « l’affectation des personnels expatriés était un moment important de l’activité de l’AEFE » et que les professeurs recrutés devaient, outre leur service d’enseignement, être impliqués dans la vie de leur établissement. Comme ci ce n’était pas le cas en France … Sans commentaire.

Pour chacune des commissions, le SNES s’est d’entrée exprimé sur cette campagne de recrutement des professeurs expatriés.

Le SNES a d’abord remercié les personnels du bureau de recrutement de l’AEFE pour la gestion administrative des dossiers de candidature. La nouvelle procédure informatisée du recrutement s’est en effet accompagnée d’une collaboration étroite entre les services informatiques de l’agence et nos camarades spécialistes des questions informatiques au SNES. Les commissaires paritaires ont donc pu effectuer leur travail préparatoire de vérification des barèmes et des vœux dans des conditions tout à fait satisfaisantes.

Le SNES s’est par ailleurs félicité d’avoir retrouvé un calendrier de recrutement en conformité avec la réalité des établissements. Ainsi le recrutement des expatriés en CCPC a bien eu lieu avant les CCPL compétentes pour le recrutement des professeurs résidents.

Mais le SNES a aussi regretté et, de nouveau, dénoncé le désengagement du Ministère de l’Education nationale dans la procédure de recrutement des professeurs expatriés. Nous demandons et continuerons de réclamer la participation du MEN dans le recrutement.

Pour le respect du barème !

Les barèmes « mini-maxi » des candidats classés par poste sont disponibles sur le site du SNES hors de France (www.hdf.snes.edu, rubrique Recrutement, puis AEFE, puis rentrée 2006).

Hormis les postes soumis à entretien (mais dont les collègues convoqués ont tout de même été reçus parmi les collègues au fort barème), le classement des collègues par ordre décroissant du barème a été respecté tout en prenant en compte l’adéquation du profil avec celui des candidats.

Toutefois, certaines propositions de l’administration sont descendues loin dans les barèmes pour classer des candidats. L’AEFE l’explique d’abord par des éléments du profil incontournables selon elle. Si certains éléments peuvent être justifiés (OIB, sections internationales, sections européennes … encore que l’exigence d’une DNL en mathématiques est plus que discutable), d’autres ont été systématiquement dénoncés par le SNES (voir supra). Ensuite, l’AEFE a écarté des dossiers dans lesquels ne figuraient pas les justificatifs (langues, TICE, terminale, action de formation de formateurs, etc). En effet, l’administration estime que chaque élément du profil coché dans le dossier de candidature AEFE doit être justifié par des attestations.

Les rapports d’inspection, lorsque les collègues peuvent en produire un, ont leur importance. L’AEFE a jugé certains rapports d’inspection « réservés », insuffisants, voire mauvais et a donc écarté les candidatures des collègues concernés.

Enfin, le SNES a bien demandé et fait valoir le respect de l’équité dans le traitement de toutes les candidatures. Aucun passe-droit à cette règle n’a été accepté par les commissaires paritaires. En cas de désaccord entre le SNES et l’administration sur le classement des candidats, le SNES a demandé un vote qui a eu lieu à deux reprises. Une première fois parce que l’agence écartait un collègue en poste dans un lycée agricole. Discrimination inacceptable ! Une seconde fois parce qu’un collègue, pour des raisons dûment motivées, avait refusé les trois années précédentes le poste d’expatrié proposé par l’agence.

Se battre contre le poids des hiérarchies locales

Certains collègues ont été écartés en raison de l’appréciation portée sur leur dossier de candidature soit par le chef d’établissement, soit par le Conseiller culturel (pour les collègues déjà en poste dans le réseau) … et bien souvent par les deux à la fois avec le fameux « avis conforme » rédigé par le conseiller culturel. Dès lors que l’appréciation était réservée, l’agence écartait les dossiers de candidature. Le problème, c’est que deux collègues avaient des appréciations « réservées » tout simplement parce qu’ils militaient ou avaient des responsabilités syndicales. Dignement, les chefs d’établissement concernés se sont réfugiés derrière des arguments pseudo-pédagogiques fallacieux et n’ont pas même pas eu le courage de montrer aux collègues l’appréciation qu’ils portaient dans leur dossier de candidature.

Cette pratique est inqualifiable et inadmissible de la part de chefs d’établissement. Régler ses comptes par l’intermédiaire d’un dossier de candidature d’un(e) collègue montre bien l’incompétence des chefs d’établissement qui ont recours à de telles pratiques. Alors même que nous en dénoncions la méthode, l’agence a refusé l’examen de ces deux dossiers. Elle ne fait ainsi que conforter, voire inciter, les chefs d’établissement à recourir à ce genre de besogne de bas étage. Etre élu(e) des personnels, représentant(e) d’une organisation syndicale ou tout simplement militer comme simple citoyen(ne) dans une organisation syndicale est encore une liberté fondamentale dans ce pays !

Encore une fois, les collègues qui font acte de candidature à un poste d’expatrié doivent réclamer une copie de l’appréciation qui est portée par leur hiérarchie sur le dossier de candidature. Le chef d’établissement n’est absolument pas en mesure de le refuser !!!

Des profils toujours irréalistes parce trop pointus

Grâce aux informations transmises par nos sections d’établissement et de pays, nous avons obtenu de nombreuses modifications entre les profils des postes publiés ou supplémentaires et les profils examinés en commission paritaire. Ainsi « l’expérience indispensable de formation de formateurs » était demandée dans des établissements où n’enseignent que des titulaires ou bien dans des établissements où le collègue est le seul enseignant dans sa discipline. Faute de candidats répondant au suprofilage, l’agence a d’elle-même supprimé cette exigence pour un certain nombre de postes. Les collègues expatriés qui sont recrutés ne doivent pas être des « super profs ». Seuls les collègues professeurs ou formateurs associés à l’IUFM répondent véritablement à ce critère ; or, ils ne font pas acte de candidature. Dès lors, de quelle « formation de formateurs » parle-t-on ? Ce sont des heures effectuées en IUFM, l'encadrement d'un stagiaire, des actions de formateur dans le PAF par exemple. Mais c’est très aléatoire. Comment prendre en compte sérieusement des expériences aussi diverses et pour quel(s) objectif(s) ? Vous trouverez en annexe de cette circulaire les éléments de profil supprimés pour chacun des postes concernés.

Beaucoup d’autres critères restent injustifiés pour le SNES. Ainsi, les profils de « conseillers pédagogiques » correspondent à des missions qui devraient davantage être confiées à des IPR-IA plus qu’à des collègues du second degré ... même expatriés car elles ne relèvent pas de leurs compétences.

La maîtrise d’une langue a également posé problème. En effet, pour l’agence, il ne suffit pas d’avoir cocher la case « telle langue confirmée » pour attester de sa compétence linguistique. Il faut justifier, c’est le maître mot à l’agence. Sans diplôme ou attestation, l’agence n’a pas reconnu le niveau des langues indiqué par les candidats sur leur dossier. Cette question est épineuse. En effet, comment justifier de la maîtrise d’une langue maternelle ? Comment justifier de la maîtrise d’une langue que l’on parle couramment sans pour autant avoir une attestation de l’institut x ou y ? Il y a pourtant une vérification possible et toute simple. Elle est prévue dans le B.O.E.N. qui publie chaque année la note de service sur le recrutement expatrié. « L’AEFE se réserve le droit d’organiser des tests d’évaluation linguistiques pour tout poste mentionnant la maîtrise d’une langue ». Si l’agence estime qu’un poste requiert la maîtrise indispensable d’une langue, qu’elle s’entretienne, avant les commissions et dans l’ordre décroissant du barème, avec tous les candidats affirmant maîtriser ladite langue.

Les TICE : là aussi, les candidats devaient absolument justifier. Combien de candidats ont été écartés parce qu’ils n’avaient pas justifié « l’expérience indispensable des TICE » ?! Il faut savoir raison garder. Pourtant, l’agence n’a pas voulu en démordre. Nous reviendrons bien évidemment sur ce point en commission bilan. Mais un peu de bon sens : comment l’agence peut-elle penser que les collègues ne savent pas utiliser Internet et les TICE ??? Il faut vraiment ne pas avoir les pieds dans une salle de professeurs depuis longtemps pour croire que les collègues en sont encore à l’âge du crayon de bois ou de la polycopie de leurs cours au stencil !!!

Pour certains postes de SES, nous avons dénoncé le profil « investissement dans la liaison lycées-entreprises » et l’expérience demandée en la matière dans une discipline enseignée dans une filière générale et non technologique, a contrario de l’enseignement de l’économie-gestion.

Comme l’an passé, le SNES a dénoncé la mise à l’écart des collègues dispensant leur enseignement en collège quand le profil exigeait l’expérience indispensable en lycée au cours des quatre dernières années. Que dit l’AEFE ? Qu’elle donne une « préférence systématique » à des collègues en lycée pour des postes dans le second cycle de son réseau. L’agence estime en effet que c’est un « handicap » (si !! si !! vous avez bien lu) de ne pas avoir cette expérience en lycée avant d’être expatrié par l’agence. Le SNES serait curieux de voir exercer en collège les professeurs détachés à l’AEFE qui tiennent ce type de propos ... Que d’ignorance face à la spécificité de l’enseignement en collège et aux qualités pédagogiques requises pour cet enseignement !!!

De même, l’enseignement à distance par le CNED n’est pas reconnu. L’agence considère que ces collègues ne sont pas devant élèves donc qu’ils ne peuvent pas faire valoir une expérience en lycée !

Moralité : ACTION ! Face au surprofilage des postes d'expatriés publiés par l'Agence, il nous faut lutter contre la création de "super postes". Les profils doivent absolument être inscrits à l’ordre du jour et être examinés dans les conseils d’établissement. Tous les responsables SNES des pays et des différents établissements de l’AEFE ont d’ores et déjà reçu une enquête sur les profils de postes expatriés. A partir des informations de la base, nous revendiquons l’examen des profils en Comité technique paritaire. Pour rappel, le SNES a engagé un recours au tribunal administratif sur cette question. L’AEFE fait toujours la sourde oreille (c’est le dialogue social version agence !) et ne juge pas « opportun » (sic !!!) de traiter des profils de postes en CTP.

CPE : pour l’existence d’un barème !

Tous les collègues classés ont été reçus en entretien mais, comme pour les professeurs, les candidatures des collègues n’ayant qu’une expérience en collège ont été écartées. Pour l’agence, tous les candidats reçus présentaient de « bonnes candidatures » même si tous n’ont pas été classés.

A la revendication du SNES d’établir un barème pour le recrutement des CPE, l’AEFE oppose son refus. La « sélection » de l’AEFE a reposé sur trois critères : vérifier d’abord que les candidats étaient bien informés des spécificités de l’enseignement à l’étranger (fonctionnement des établissements, conditions de vie, etc.), mesurer ensuite « les éléments de la réflexion professionnelle » sur la teneur d’un poste de CPE à l’étranger car l’AEFE considère que le travail mené est différent de celui exercé en France (traduisez : dans le réseau, un CPE doit se considérer et être considéré comme un membre à part entière de l’équipe de direction, ce qui –rappelons-le !- va à l’encontre de son statut), et, enfin, connaître les motivations : pour quelles raisons un candidat CPE souhaite-t-il s’expatrier ? L’agence a donc écarté tous les candidats qui avaient produit une « description factuelle » de leur métier et n’avaient pas une « vision globale des tâches qu’ils mènent dans leur établissement ». Tous ces critères sont fort subjectifs. La preuve en est : « certains candidats sont plus convaincants et plus intéressants que d’autres » (sic !!!). Chaque candidat doit donc « se vendre », faire bonne impression et coller à l’image que l’agence recherche du parfait CPE expatrié.

Certains postes de CPE étaient des postes de « faisant fonction ». A la question « pourquoi ne pas recruter un chef d’établissement ? », l’agence répond que c’est en raison de la taille de l’établissement et des effectifs élèves qui demeurent stables. Ainsi, pour l’agence, un établissement qui comprend un enseignement primaire important et un enseignement secondaire peu étoffé, n’a pas besoin d’un Proviseur mais d’un CPE faisant fonction de chef d’établissement.

Enfin, contrairement à l’année passée où une seule femme avait été classée pour 10 postes de CPE vacants, ce sont 7 femmes qui ont été classées cette année pour 14 postes vacants. Sur 151 candidatures de CPE, 65 étaient des candidatures féminines (43%).

Contre les postes de « faisant fonction de chef d’établissement »

Deux postes (Port Gentil au Gabon et Amman en Jordanie) étaient profilés « professeur faisant fonction de chef d’établissement ». Si l’enseignement primaire est encadré par un directeur d’école, l’AEFE ne voit pas la nécessité de recruter un chef d’établissement alors que l’enseignement secondaire est peu développé. En conséquence, elle recrute des « faisant fonction ».

Le SNES n’y est guère favorable pour trois raisons : d’abord et avant tout parce qu’il existe un corps de chefs d’établissement, personnels a priori les plus aptes à diriger des établissements puisque titulaires du concours ; ensuite, parce que le vivier de candidats est restreint et constitue un petit cercle très fermé de collègues qui mutent d’un poste à l’autre ; enfin, parce que ces collègues ne sont pas recrutés en fonction du barème, ni en fonction de leurs « compétences » pédagogiques mais bien sur leur seule expérience de « faisant fonction ».

Pour information, les collègues « faisant fonction » ne bénéficient pas de la rémunération d’un chef d’établissement. Ils reçoivent leur traitement indiciaire, l’indemnité d’expatriation correspondant à leur échelon et une ISO … proportionnelle à leur part d’enseignement. Moralité : plus de responsabilité mais moins de rémunération !

Campagne de recrutement pour la rentrée 2007 : soyez vigilent dès la rentrée 2006 !

Comme l’année dernière, le tableau des emplois expatriés, qui précèdera la publication des postes à pourvoir, sera examiné lors du Comité technique paritaire du 23 juin. La note de service définissant les modalités de candidature et publiant les postes devrait donc paraître au B.O.E.N. au début du mois de septembre. Futurs candidats, pensez bien à consulter notre site Internet (www.hdf.snes.edu). Nous y actualisons chaque année la fiche d’informations qui doit aider les collègues dans leur acte de candidature.

3. 2006-2007 : des IPR-IA détachés auprès de l’AEFE

A partir du 1er septembre, cinq inspecteurs(-trices) seront détachés à temps plein auprès de l’AEFE : M. Bernard en anglais, M. Lancelot en histoire géographie, M. Lassalle en mathématiques, Mme Mauhourat en sciences physiques et chimiques et Mme Perrot en lettres.

La mission de ces inspecteurs(-trices) sera double : réaliser des missions d’inspection dans le réseau de l’AEFE même s’ils ne seront pas les seuls à les réaliser. En effet, l’Inspection générale continuera de financer des missions, y compris dans les disciplines des inspecteurs détachés. L’autre mission pour laquelle la direction de l’AEFE a voulu le détachement de ces IPR-IA est liée à la réflexion pédagogique sur l’adaptation des programmes d’enseignement français dans le réseau. Pour l’agence, la majorité des élèves scolarisés étant d’origine étrangère, une réflexion particulière doit être menée sur l’enseignement dans le cadre des programmes français (mais avec quelles limites ?) et de la préparation à un diplôme national, le baccalauréat. Comment adapter les programmes à la culture et à la langue du pays ? Telle est la question posée par l’agence. L’AEFE souhaite par ailleurs un développement plus important de l’enseignement de la langue anglaise.

Ces questions d’ordre pédagogique seront suivies avec attention par le SNES. N’hésitez pas à nous faire part de toutes vos remarques, expériences et réflexions sur la question !

4. Missions d’inspection dans le réseau AEFE : un premier bilan !

Dans la circulaire hors de France n°8 du 27 janvier 2006, nous vous informions du programme des missions d’inspection pour l’année 2006. En cette fin d’année scolaire, nous pouvons déjà dresser un premier bilan.

Les missions réalisées ou en cours de réalisation sont les suivantes : la mission circulaire (Brésil, Colombie, Venezuela) de SVT, la mission d’histoire-géographie à Rome et à Milan (8-14 mai), la mission de sciences physiques et chimiques à Madagascar, la mission de mathématiques en Espagne qui s’est déroulée du 26 avril au 11 mai et qui commencera au Maroc le 25 mai. Toujours en Espagne, quelques inspections ont eu lieu comme prévu en lettres mais d’autres inspections sont reportées à plus tard. Quand ???

Les missions pour lesquelles l’AEFE n’a aucune nouvelle des inspections générales et dont il est fort peu probable qu’elles se déroulent d’ici la fin de l’année scolaire sont les suivantes : la mission d’allemand prévu en Allemagne (qui était déjà un report de 2005 !), la mission d’espagnol prévu du 10 au 25 mai en Espagne (déjà reportée à deux reprises en 2004 et en 2005) dont il semble qu’elle soit de nouveau différée, la mission d’anglais en Turquie (un report de 2005 !), la mission de sciences physiques et chimiques prévu au lycée français de Bruxelles, la mission de mathématiques en Finlande, les missions de lettres au lycée franco-hellénique et au Sénégal.

Enfin, les missions d’analyse de réseaux sur un financement AEFE ont bien été effectuées au Liban et à Maurice. Mais aucune information sur la mission concernant l’audit d’établissement (financement AEFE) qui était programmé au lycée français de Lisbonne.

5. Compte rendu du recrutement au SEFFECSA

Le SEFFECSA, Service de l’enseignement des forces françaises et de l’élément civil stationnés en Allemagne, gère un établissement du second degré, le collège Robert Schuman à Donaueschingen, dans le Bade-Wurtemberg. Pour la rentrée 2006, un poste d’EPS était à pourvoir et un poste est susceptible d’être vacant en mathématiques.

Le recrutement des enseignants pour cet établissement reçoit l’avis d’une instance de consultation qui s’est réunie le 11 mai 2006 au ministère de la Défense où le SNES-FSU détient 5 sièges, le SGEN-CFDT 1 siège et le SNALC 1 siège.

Le classement des collègues ayant fait acte de candidature (2 en mathématiques et 5 en EPS) se fait dans l’ordre d’un barème propre à cette commission (voir le détail sur notre site www.hdf.snes.edu, rubrique recrutement), où figure la note globale sur 100, des points d’échelon, des bonifications familiales et une bonification si le candidat exerce en France (métropole et DOM) au cours des 3 dernières années.

Ce dernier point revient à dire que les candidats en poste actuellement à l’étranger et en COM ne sont pas prioritaires pour un poste à Donaueschingen, sauf en cas de défaut de candidature. En revanche, les collègues en poste dans les DOM doivent être traités de la même façon que les collègues métropolitains. Sur ce point, sans oser l’affirmer ouvertement en encore moins l’écrire, l’administration de la Défense semble vouloir donner la préférence aux collègues métropolitains avant tout, ce qui, pour le SNES, n’est pas une attitude acceptable. Le cas ne s’est pas produit cette année mais l’an passé. Nous veillerons à ce que la Défense respecte ses propres règles de fonctionnement et ne fasse pas de discrimination entre les académies.

Roger FERRARI

Secrétaire national chargé
des questions hors de France,
Catherine JUSTIN, Céline URBANIAK,

Annie DELPORTE, Henri-Jean NOURI
Membres du Secteur Hors de France.
RF/CJ/CU/AD/HN/CC

RECRUTEMENT AEFE 2006 : LISTE DES PROFILS MODIFIES DES POSTES D’EXPATRIES

N° poste, pays, ville

Grade

Discipline

Elément(s) du profil supprimé(s)

3201N, Espagne, Alicante

agrégé

mathématiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

3203N, Royaume-Uni, Londres

agrégé

mathématiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

6305B, Maroc, Casablanca

certifié

lettres classiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

5304C, Laos, Vientiane

certifié

lettres modernes

Expérience indispensable de formation de formateurs.

5307C, Philippines, Manille

certifié

lettres modernes

Expérience indispensable de formation de formateurs

3311F, Royaume-Uni, Londres

certifié

histoire-géographie

Expérience indispensable de formation de formateurs

4304F, Brésil, Rio

certifié

histoire-géographie

Expérience indispensable de formation de formateurs

3313G, Russie, Moscou

certifié

anglais

Expérience indispensable de formation de formateurs

6330G, Maroc, Casablanca

certifié

anglais

Expérience indispensable de formation de formateurs

5315N, Indonésie, Jakarta

certifié

mathématiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

6346N, Gabon, Libreville

certifié

mathématiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

6347N, Gabon, Libreville

certifié

mathématiques

Expérience indispensable des TICE

6362O, Egypte, Le Caire

certifié

sciences physiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

6365O, Mali, Bamako

certifié

sciences physiques

Expérience indispensable de formation de formateurs

6376P, Algérie, Alger

certifié

SVT

Expérience indispensable de formation de formateurs

6381P, Maroc, Casablanca

certifié

SVT

Expérience indispensable de formation de formateurs

6385P, Maroc, Rabat

certifié

SVT

Expérience indispensable de formation de formateurs

4324P/S, Bolivie, La Paz

certifié

SVT

Expérience indispensable de formation de formateurs. Priorité sera donné à un candidat maîtrisant l’espagnol.

4319R, Argentine, Buenos Aires

certifié

SES

Il aura, en collaboration avec l’Alliance française et le centre franco-argentin des hautes études de l’université de Buenos Aires, à mettre en place un programme de conférences au sein de l’établissement.