CIRCULAIRE SPÉCIALE CONGRÈS DU SNES

Secteur hors de France

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CONGRÈS NATIONAL,
UNE PARTICIPATION
HORS DE FRANCE
 EFFICACE !

Le congrès national du SNES s'est déroulé au Mans du 4 au 8 avril. Pour hors de France, étaient représentés pour les COM, Mayotte, Polynésie française, Nouvelle-Calédonie et pour  l'étranger, Canada, Djibouti, Espagne, Maroc. Les délégués présents ont apporté une contribution qui a permis de faire prendre en compte les préoccupations hors de France dans les orientations du SNES pour les deux années à venir. Bien que le hors de France ne constitue pas une section académique et qu’aucune des sections des COM ou de l'étranger n'ait le statut de section académique, la participation de délégués de ces sections présente l'intérêt d'intervenir devant le congrès pour y exprimer un point de vue non hexagonal et d'insérer dans les textes sur chacun des thèmes les points relatifs à l'éducation et à notre métier hors de France.

Ce fut un moment de travail intense pour les délégués et pour les membres du secteur. Cette participation reste cependant perfectible. Une phase préparatoire spécifique mais sur les thèmes du congrès devrait être envisagée. Un délégué au congrès représente des syndiqués dont il tire sa légitimité de vote. Il reste encore à imaginer un processus qui permettra aux délégués de renforcer cette légitimité. Toutes les idées sont les bienvenues.

Paris, le 21 avril 2005

SOMMAIRE

Thème 1 : relancer la démocratisation, construire une formation initiale de qualité pour tous

1. Amendements au texte proposés par les délégués

2. Intervention des délégués

Thème 2 : quels personnels pour quelle école ?

1. Amendements au texte proposés par les délégués

2. Intervention du délégué

Thème 3 : pour un autre pilotage du système éducatif

1. Amendements au texte proposés par les délégués

2. Intervention du délégué

Thème 4 : relancer la syndicalisation

1. Amendements au texte proposés par les délégués

2. Intervention du délégué

 

Cette circulaire « es Congrès » présente tous les amendements apportés par les délégués hors de France aux textes proposés par les rapporteurs et retranscrit également les interventions de ces délégués à la tribune pour chacun des différents thèmes.

Thème 1 : relancer la démocratisation, construire une formation initiale

de qualité pour tous

1.     Amendements au texte proposés par les délégués

1.3.3. Quelle conception des disciplines ?

Dans les établissements français à l’étranger, certaines adaptations dues aux contextes locaux ne doivent pas remettre en cause le contenu des programmes officiels français.

1.4. Favoriser la réussite, diversifier les parcours de formation, diversifier les pratiques pédagogiques

Nous réaffirmons notre attachement aux trois voies de formation qui doivent être d’égale dignité en France comme à l’étranger.

1.4.5. Enseignement supérieur

Il faut également des aides financières pour les étudiants issus de milieux modestes et des COM.

2.     Intervention des délégués

·   A l’étranger :

Les choix pour les élèves scolarisés dans les établissements français à l’étranger sont plus restreints. En effet, la diversité des parcours n’existe pas ou peu à l’étranger. Les filières technologiques (une STI à Mexico, quelques STT) et les filières professionnelles sont trop peu nombreuses. Conséquence : la quasi-totalité des élèves sont obligés de s’orienter dans les séries générales L/ES/S. Certains d’entre eux qui n’ont pas eu un réel choix d’orientation traînent parfois plusieurs années avec des résultats insuffisants, ce qui est peu valorisant et extrêmement décourageant.

Nous dénonçons la loi Fillon.

On constate déjà que plusieurs aspects seront difficilement applicables à l’étranger :

- découverte professionnelle : dans certains pays, avec quelles entreprises ?

- PPRE : quel type de contrat ? Qu’adviendra-t-il des élèves qui ne le rempliront pas ? Sera-t-il renvoyé dans le système d’éducation du pays ou, pour les élèves français, invités à regagner la Métropole ?

- note de vie scolaire : les parents qui gèrent directement ou indirectement les établissements exerceront une pression encore plus pesante quand ils sauront que cette note entre en compte dans l’examen.

Scolarisation des enfants français dans les établissements français

L’augmentation des frais de scolarité rend les établissements français inaccessibles à un nombre croissant de familles françaises d’autant plus que l’enveloppe budgétaire des bourses est plafonnée. Par ailleurs, la capacité d’accueil de certains établissements est trop petite (ex : Londres).

Baccalauréat

L’organisation du baccalauréat dans les centres d’examen étrangers doit garantir les mêmes conditions d’objectivité et d’impartialité. Ainsi les collègues ne doivent pas examiner des candidats qu’ils connaissent.

·   Dans les collectivités d’outre mer :

La mise en place de la loi Fillon nous fait craindre le pire. L’expérience de la décentralisation pour le transfert des compétences du premier degré en Nouvelle Calédonie, Polynésie et à Mayotte nous donne également de grandes inquiétudes.

Dans les collectivités d’outre mer, les collègues sont recrutés sans condition de diplôme ou à un niveau de diplôme insuffisant, au niveau local ou en métropole faute de candidats en nombre suffisant sur place, nous avons dans le premier degré outre mer des enseignants au corps, aux statuts, aux rémunérations et aux carrières différentes, et de préférence au rabais, les gouvernements ne jugeant pas forcément utile d’offrir aux enfants des enseignants de la meilleure qualification possible.

Dans le second degré, nous avons aussi, ponctuellement, une situation analogue avec des collègues non titulaires recrutés sans condition de diplôme.

Avec le transfert des compétences et la mise en place de la loi Fillon, nous avons donc un exemple à taille réelle de ce que pourrait nous réserver l’avenir.

Les résultats très faibles des évaluations d’entrée en sixième sont souvent dus à l’utilisation de personnel non qualifié sous couvert de « l’emploi local ». De ce fait, les collèges sont souvent obligés d’adapter les programmes de sixième d’accentuer fortement l’apprentissage du Français, et de ne pas tenir compte des grilles horaires nationales.

La progression importante du nombre d’élèves en sixième accentue les inégalités sociales déjà très importantes. Il nous paraît indispensable de tout mettre en oeuvre afin d’aider ces élèves :

- en accentuant la formation des personnels souvent insuffisante ;

- en réduisant le nombre d’élèves par classe ;

- en donnant les moyens aux enseignants d’aider les élèves les plus en difficulté tout au long de l’année et non de manière ponctuelle par un saupoudrage d’HSE.

Dans ces COM, les enseignants ont un rôle de premier plan pour accompagner l’ensemble des enfants dans leur parcours vers la réussite.

Le SNES dénonce également la logique gestionnaire de l’offre de formation mise en place à dans les COM qui aboutit à un manque de diversification de la formation initiale doublé d’un accroissement inquiétant de la taille des établissements. Il dénonce les conditions de travail qui nient les réalités sociales et l’intérêt des élèves : allongement du temps de travail, absence de cantines scolaires, mise en place de séries professionnelles dans les collèges.

Nous savons que les TOM et les établissements français hors de France sont souvent le laboratoire du gouvernement ; il faut donc tout mettre en œuvre pour éviter que de telles dérives se généralisent.

Il est ainsi plus que nécessaire que le SNES National et les sections d’outre mer soient des interlocuteurs privilégiés et incontournables, dans toutes les instances légales, pour la mise en place du transfert des compétences et que ceci soit inscrit dans les textes de ce congrès.

Le SNES demande également à être consulté pour la mise en place d’une politique qualitative de la formation initiale et demande pour sa réalisation, des mesures budgétaires provisoires d’envergure dans les COM.

Thème 2 : quels personnels pour quelle école ?

1.     Amendements au texte proposés par les délégués

2.1.4. Formation continue

La formation continue est un droit et doit donc être accessible à tous, y compris en COM et à l’étranger.

2.2.2.3.1. La redéfinition de nos services

(A propos de la modification des décrets statutaires  de 1950 sur les obligations de service des enseignants et l’obligation des 72 heures annuelles pour le remplacement de collègues absents)

Cette disposition convient particulièrement aux chefs d’établissement des COM et de l’étranger qui ne disposent pas d’un vivier de remplaçants.

2.2.2.4. Affectations, mutations, remplacement

Si la lutte impulsée et coordonnée par le syndicats concernés de la FSU (SNES, SNEP et SNUEP) associant étroitement l’ensemble des sections académiques et d’outre mer et s’appuyant sur la mobilisation des personnels, a permis dans un premier temps d’endiguer partiellement ces attaques pour le mouvement 2005, l’essentiel du dispositif ministériel reste en place, structuré autour de trois axes.

Seule subsiste une liste de principes très généraux à partir desquels les recteurs et vice-recteurs décident de l’organisation du mouvement en fonction de leur politique académique.

2.2.3.4.3. L’évaluation et la notation

L’administration porte une responsabilité majeure dans les dysfonctionnements (inspections espacées, irrégulières, notation abusivement encadrée, peu transparente, utilisation croissante de conseillers pédagogiques évaluant les collègues en lieu et place de l’inspection…).

Il nous faut dénoncer les dangers de l’individualisation, de l’éclatement des garanties collectives, comme de nombreux collègues le vivent déjà en COM et à l’étranger.

2.2.3.4.5. Mutations, affectations, remplacement

Nous revendiquons également un cadrage national fort des affectations en COM.

Les collègues détachés ou affectés en COM doivent conserver la réintégration automatique sur leur académie d’origine et retrouver à l’intra une priorité au plus proche de leur ancienne affectation comme pour l’ensemble des réintégrations.

2.2.3.6. Le paritarisme

Le paritarisme doit également pouvoir s’exercer sans entrave dans les principaux organismes de détachement et outre-mer, en particulier dans les COM où le transfert des compétences a été appliqué ou programmé.

2.3.1.2. Avantages familiaux et conjugaux

Le PACS doit enfin être pris en compte dans le décret de 1986 régissant les frais de voyages et de changement de résidence des fonctionnaires entre la France et l’étranger.

2.3.3. Santé et assurance maladie

Le SNES estime qu’il ne faut pas entrer dans la logique de la complémentaire obligatoire, expérimentée dans les COM, qui va à l’encontre de nos exigences d’une couverture à 100% de la SS.

2.     Intervention du délégué

La formation continue en COM et à l’étranger est très insuffisante voire inexistante dans certaines disciplines. Lorsqu’elle existe, elle est trop souvent soumise à l’approbation de la hiérarchie locale qui la bloque purement et simplement. Cela est d’autant plus handicapant que les collègues sont souvent isolés. D’autre part, faute de vrais IA-IPR, ces mêmes collègues sont évalués par d’autres collègues conseillers pédagogiques pas toujours choisis pour leurs compétences.

Le vivier de remplaçants étant inexistant, les chefs d’établissements non seulement nous empêchent de nous former mais tentent par tous les moyens (intimidation, chantage au renouvellement de séjour, etc.) de nous obliger à nous remplacer mutuellement. Cela donne le ton de ce que sera l’autoritarisme de certains chefs d’établissement grâce ou plutôt à cause de la loi Fillon.

Nous exigeons de ce fait la mise en place d’un corps de remplacement dans les COM et à l’étranger.

Concernant le paritarisme et la déconcentration du mouvement, un décret de 2003 donne au Vice Recteurs de Mayotte et de Nouvelle Calédonie, des compétences de recteurs pour les CAPA.

Depuis 2004, un mouvement intra est instauré et le rôle du SNES est de veiller au respect du paritarisme en cohésion avec le combat national en ce domaine.

Cet enjeu est très dur à tenir : en effet, l’éloignement et la rotation des personnels rendent le travail des militants très difficile : établir et entretenir un rapport de force satisfaisant avec les autorités locales tient parfois de l’impossible.

Pour ce qui est de la Nouvelle Calédonie, le mouvement 2005 s’est tenu en deux temps (inter/intra). Si le SNES a obtenu un mouvement local unifié entre collègues métropolitains et locaux, l’application au forceps d’un mouvement inter/intra est inacceptable et reflète bien la volonté de simplification, de déconcentration tous azimuts et de désengagement du ministère quel qu’en soit les conséquences concrètes pour les collègues.

En ce concerne la Polynésie française, le transfert des compétences au gouvernement autonome a conduit au transfert total de la commission d’affection sur le territoire. Le résultat ne s’est pas fait attendre puisque le gouvernement polynésien a immédiatement balayé le barème existant au profit de l’examen des dossiers, c'est-à-dire essentiellement le rapport d’inspection. Ce n’est que grâce à l’intervention vigoureuse du SNES local qu’un barème, certes insuffisant, continue d’exister.

Cet exemple montre le rôle primordial des sections outre mer pour défendre le paritarisme, la transparence des opérations de gestion des personnels, et le respect des statuts face aux attaques répétées des Vice Recteurs.

C’est pour cela que l’action des sections outre mer et de l’étranger doit être pleinement intégré dans l’action globale du SNES. L’éloignement, l’isolement, la rotation des personnels sont une difficulté constante dans notre travail de militant.

Le paritarisme est encore plus fragile dans les instances des organismes de détachement à l’étranger. Il est soumis au bon vouloir de l’autorité de tutelle. Là aussi, faire exister et faire fonctionner les commissions locales est un combat constant. Les hiérarchies locales sont d’autant plus pesantes et libres qu’elles sont éloignées de la hiérarchie centrale.

L’étranger et les COM sont donc une terre d’expérimentation de la décentralisation et de la déconcentration de l’éducation et de la gestion des personnels.

Thème 3 : pour un autre pilotage du système éducatif

1.     Amendements au texte proposés par les délégués

3.2.5.5. Sur quatre points le gouvernement s’est acharné

En particulier, le SNES s’oppose à l’externalisation d’une partie des missions de l’assistance technique au profit de l’agence française de développement dès la rentrée 2005, ainsi qu’à la gestion par le GIP France Coopération Internationale des agents non transférés.

3.3.2. La mise en œuvre de la LOLF

Le SNES demande que les compétences des CTPA soient étendues au suivi des budgets opérationnels de programme et que des comités techniques paritaires locaux soient créés pour le suivi de l’application de la LOLF aux personnels à l’étranger et dans les COM.

C’est le sens de toutes les interventions du SNES dans les deux académies où la LOLF est expérimentée au niveau du 2nd degré depuis le 1/1/05, et dans les services français à l’étranger depuis le 1/1/04.

3.4.1.1. Formation et aménagement du territoire

Dans les établissements français à l’étranger, il faut accroître l’offre de formation. La diversification de celle-ci est nettement insuffisante, ce qui conduit un nombre croissant de familles à renvoyer leurs enfants en France, ou à les scolariser dans un système national n’offrant pas les mêmes garanties, ni la possibilité d’obtention de bourses.

3.4.1.3. L’exemple des établissements de grande taille

Dans les établissements français à l’étranger aussi, les effectifs dépassent trop souvent la limite admissible.

3.4.4.2. L’intervention syndicale

A l’étranger et dans les COM, Cela passe par des compétences suffisamment élargies données aux comités techniques paritaires locaux.

3.5.1.3. La contractualisation

A l’étranger, la contractualisation entre les personnels et l’Etat est accompagnée de lettres de mission. Le SNES refuse la systématisation de telles lettres qui sont, pour l’administration, un moyen détourné pour accroître son pouvoir sur les personnels.

3.5.1.4. Recrutement par les établissements

Le SNES reste, par ailleurs, totalement hostile au recrutement de personnels par les établissements, comme c’est le cas pour les assistants d’éducation, et nombre de personnels précaires aux contrats définis localement, y compris dans les établissements scolaires à l’étranger.

3.5.2.1. Comment impliquer davantage les personnels dans la vie de l’établissement ?

Le SNES demande que les établissements français à l’étranger disposent d’un conseil d’administration disposant des mêmes prérogatives que les EPLE au lieu et place du conseil d’établissement.

Laïcité

L2. Nous sommes en effet confrontés et opposés :

- aux tentatives qui visent à transformer l’école et la culture en une marchandise…

2.     Intervention du délégué

Cette intervention donnera un éclairage sur les différents amendements proposés au texte du rapporteur.

A l’étranger, le désengagement de l’Etat est vécu par les collègues depuis bien longtemps, quels que soient leurs statuts, quels que soient les services, et le SNES y mène localement des combats sur tous les fronts, se trouvant souvent bien seul. Les attaques ont été et sont multiples. On peut par exemple pointer :

- la réduction massive et critique des enseignants expatriés dans les établissements français, accompagnée du recrutement illégal hors du pays d’accueil d’enseignants obligés de se mettre en disponibilité pendant 3 mois et ne bénéficiant pas du statut d’expatrié ;

- le déconventionnement de certains établissements au profit d’associations privées comme la mission laïque française sans aucune garantie pour les personnels ;

- la réduction drastique des personnels de l’assistance technique ;

- l’abandon de la protection sociale française pour nos collègues titulaires en détachement administratif dans les établissements culturels en Europe, et nul besoin de traité constitutionnel pour cela ;

- l’abandon du statut d’agent de l’Etat pour les recrutés locaux les livrant aux législations locales rarement valorisantes. Il faut savoir que plus de la moitié des agents exerçant à l’étranger dans les établissements scolaires et culturels sont recrutés localement, soumis à l’arbitraire des hiérarchies locales. D’ailleurs, pour éviter tout problème juridique, la référence à ces agents a disparu de tout texte réglementaire, obligeant des milliers de salariés à travailler pour l’Etat sans reconnaissance ni garantie. Après l’article sur les travailleurs au noir au ministère de la justice, le canard enchaîné aurait de la matière pour un autre article. Cela se traduit par exemple par l’emploi d’un enseignant en arts plastiques, payé 18h pour 19h de travail, et rémunéré sur la grille d’un… peintre en bâtiment. C’est pourquoi, en matière de rémunérations, la référence à la grille de la fonction publique française est capitale.

- si tout cela n’est pas de la réglementation ! Et la liste serait longue…

Aujourd’hui, le ministère des affaires étrangères est à l’an II de sa réforme. Le ministre de l’époque, Dominique de Villepin, zélé d’être le premier à réformer son ministère, a bouclé à marche forcée sa stratégie ministérielle de réforme se déclinant en 3 programmes, sans aucune discussion avec les agents. Il est intéressant de noter qu’un an pratiquement jour pour jour avant le refus essuyé par Fillon au CSE, sa copie avait également été rejetée unanimement par les organisations syndicales, y compris les plus « consensuelles ».

Qu’à cela ne tienne, ce qui compte pour ce gouvernement libéral, c’est bien de se mettre en ordre de marche pour la LOLF, cet instrument de gestion mis en place pour conduire la réforme de l’Etat en s’attaquant au service public et déréglementant les statuts et les missions des personnels. Qu’importe si la qualité de l’enseignement dispensé ne peut plus être assurée, si la francophonie disparaît ou si notre coopération n’est plus qu’expertise, du moment que Bercy s’y retrouve dans ses comptes.

Déjà dans 6 pays la LOLF est expérimentée depuis le 1er janvier 2004, et pourtant il n’y a aucune concertation avec les personnels, c’est pourquoi nous réclamons une structure de dialogue avec les ambassades et les services de coopération et d’action culturelle.

Cette réforme de l’Etat produit déjà des effets dévastateurs et irréversibles :

- ainsi se met en place dès la rentrée 2005 la disparition de l’assistance technique et des statuts de ses personnels, d’une part à cause de l’externalisation d’une partie de ses missions, telles celles concernant l’enseignement de base, l’enseignement secondaire et la santé, au profit de l’agence française de développement, d’autre part par le transfert des autres personnels au GIP, France Coopération Internationale ;

- de même, la programmation de la fermeture d’établissements culturels, signifie l’appauvrissement de la diffusion de la culture française, et la mise au chômage de quantités de personnels.

Tout ceci se passe évidemment avec un renforcement du pouvoir de l’administration, qui profite de l’absence de réelles structures de dialogue, et de la situation précaire de la majorité des personnels pour poursuivre cyniquement et au mépris des agents la casse du service public à l’étranger.

C’est pourquoi nous demandons au SNES de se donner les moyens de défendre les personnels et d’afficher à tous les niveaux, notamment dans ses mandats de congrès, son attachement à la défense du service public à l’étranger.

Je remercie ici le rapporteur d’avoir pris en compte les amendements présentés. Il y a juste entre nous une divergence d’appréciation sur la place de celui concernant le recrutement local des personnels à l’étranger. Nous demandons que cela passe par un avis donné par des commissions paritaires locales. Actuellement, plein pouvoir est donné aux chefs d’établissement qui font ce qu’ils veulent. Pour les milliers de collègues français et étrangers recrutés localement, qui subissent l’arbitraire au quotidien, il nous apparaissait important d’en informer le congrès.

Thème 4 : relancer la syndicalisation

1.     Amendements au texte proposés par les délégués

4.5.8. Le SNES

A l’étranger, il est devenu impératif d’avoir des relations syndicales avec nos collègues des pays d’accueil. Partout où la situation le permet, le SNES recherchera, avec les organisations syndicales locales, les formes de coopération appropriées aux différents situations des pays.

Droits et liberté

Le SNES demande à l’administration française, y compris aux chefs d’établissement, de mettre fin aux pressions qu’ils peuvent exercer sur les personnels à l’occasion des grèves suivies à l’étranger et dans les COM.

2.     Intervention du délégué

Pour nous la priorité est de renforcer la présence du SNES dans tous les établissements aussi isolés soient-ils d’autant que nous sommes dans un contexte de renforcement des hiérarchies locales et d’individualisation des carrières et des missions. Plus que jamais, nos collègues ont besoin de se défendre, d’être défendus et pour ce faire d’une organisation forte et unie

Un amendement déposé par le HDF insiste sur la défense des droits de tous nos collègues, qu’ils soient fonctionnaires nationaux ou recrutés locaux. L’administration a tôt fait de jouer sur le droit local, en particulier quand ce dernier est moins favorable pour les personnels : nous ne voulons pas de ce jeu-là !

Les attaques répétées contre nos droits légitimes justifient d’autant plus aujourd’hui le développement des relations  avec nos camarades syndicaux des pays d’accueil. A l’étranger, ces attaques nous visent tous et la plupart du temps, nos terrains de lutte sont communs.

Concernant les campagnes de syndicalisation, il s’agit avant tout de renforcer les relations entre les différentes sections  du SNES, aussi bien les sections locales entre elles, partout où les problématiques sont communes, qu’avec la section nationale.

Afin de renforcer ces relations, nous organisons la formation syndicale à plusieurs niveaux  à l’étranger et dans les COM :

- un stage de formation des sections HDF à la section nationale ;

- des stages régionaux.

Nous menons par ailleurs plusieurs actions d’accueil et de syndicalisation, notamment auprès des nouveaux arrivants : livrets d’accueil sur Internet qu’il faut généraliser, accueil à l’arrivée des collègues et aide à leur installation, réunions dans les IUFM, réunions organisées dans les établissements, campagne de relance des collègues non syndiqués et non à jour. Ces actions semblent porter leurs fruits, notamment en Polynésie française et en Nouvelle-Calédonie, car nous parvenons à maintenir, voire à faire progresser le nombre de syndiqués, alors que la tendance, compréhensible, des collègues à leur arrivée dans les COM ou à l’étranger, est plutôt à la désyndicalisation.

Ces actions sont évidemment adaptées autant que faire se peut à la configuration géographique particulière à chaque pays ou chaque territoire et aux contraintes de séjour des collègues. L’effort considérable qui est fait sur l’accueil et l’entraide est une étape indispensable pour pouvoir, dans un second temps, mobiliser ou remobiliser les collègues sur les actions à mener. Une adaptation et une bonne connaissance des rouages locaux sont d’autant plus nécessaires pour progresser collectivement et parer les attaques des hiérarques locaux, pour qui l’éloignement du pouvoir central signifie souvent avoir les mains libres pour mettre en œuvre tous les abus de pouvoir imaginables. Des pressions fortes sont exercées contre les droits syndicaux, notamment celui de grève ou de formation syndicale.

Aujourd’hui, la cohérence et le renforcement de nos actions doivent bénéficier d’un soutien renouvelé de la section nationale du SNES, en particulier en nous aidant, partout où c’est possible et notamment dans les COM, à obtenir un local syndical sécurisé et l’accès aux outils déjà existants en matière  de gestion des personnels. A ce sujet, nous souhaiterions une réponse des rapporteurs. La création de CAPA à Mayotte et en Nouvelle-Calédonie et le transfert de l’affectation des personnels à la CCP de Polynésie rendent particulièrement cruciale l’obtention de ces outils pour faciliter et améliorer le travail de nos militants. La section nationale doit également appuyer notre revendication, en COM, de porter la durée des séjours à 6 ans, tant pour assurer la continuité pédagogique que pour la continuité de notre action syndicale.

Les délégués hors de France
et les invités du secteur hors de France

 

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