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Sup. au n° 610 du 02 décembre 2004
GREVE LE 20 JANVIER A L’APPEL DE TOUTES LES FEDERATIONS
DE LA FONCTION
PUBLIQUE ET DE L’EDUCATION
Les décisions du
gouvernement sur l’augmentation des salaires des fonctionnaires constituent une
véritable provocation. La perte de pouvoir d’achat de plus de 5 % va encore
s’aggraver. La situation des résidents de l’AEFE ne risque pas de s’améliorer
dans un contexte où les réalités du coût de la vie sont ignorées. Plus que
jamais des augmentations en valeur absolue s’imposent pour les ISVL de nombreux
pays. Les indemnités de résidence du MAE et les indemnités d’expatriations de
l’AEFE ne se portent pas mieux. Sachons également que l’augmentation de la CSG
et la contribution obligatoire au fonds de pension sur les primes vont encore
aggraver la situation. Exigeons tous
ensemble des augmentations de salaire qui rétablissent la progression du
pouvoir d’achat !
Dans le même temps le
service public d’éducation est remis en cause comme le statut de ses
personnels. Le projet Fillon a pour objectif de faire de nouvelles économies,
tournant ainsi le dos à la réussite des jeunes. Il constitue une véritable
machine à dégrader les conditions d’exercice des métiers de l’éducation. Tous
les personnels à l’étranger savent ce qui l’abandon du service public signifie.
Le ministère des Affaires étrangères et l’AEFE sont des précurseurs dans ce
domaine. L’assistance technique va passer au privé, le réseau culturel perd ses
établissements et l’AEFE transfère les charges de l’Etat sur les familles quant
elle ne privatise pas tout simplement les établissements. Les conséquences sur
les personnels sont dramatiques. Elles se traduisent par les pertes d’emploi,
la perte de la sécurité sociale et l’extension de la précarité. Demandons tous ensemble le maintien du
service public à l’étranger !
Toutes et tous en grève le 20 janvier.
Paris, le 6 janvier 2005
1 CTPM2
du Ministère des affaires étrangères
Le comité technique paritaire devait être précédé d’une
rencontre avec le Ministre. L’actualité internationale trop chargé ne lui a pas
permis d’assurer cette rencontre qui a été finalement faite par la voix du
Secrétaire général du Quai d’Orsay. Dans son message le Ministre a
exprimé :
-
son attachement au
dialogue social. Il a rappelé qu’il avait reçu les organisations syndicales qui
l’avaient souhaité et qu’il avait décidé d’un CTP unique pour le
ministère ;
-
l’importance de l’APD
dont le dernier CICID avait indiqué les évolutions futures ;
-
sa volonté de tourner ce
ministère vers l’avenir pour affronter les défis nouveaux.
Le Ministre s’est exprimé sur les personnels en rappelant
l’importance de l’institut diplomatique, la référence au corps des personnels
des Affaires étrangères, la réforme de la catégorie C, l’amélioration de la
situation des recrutés locaux avec les
crédits qui sont affectés et la création prochaine d’une structure de gestion
de ces personnels et l’évaluation à 360°. Il a rappelé que la réforme de l’APD
doit se faire en préservant le potentiel de la coopération de proximité sous
forme d’assistance technique d’influence à l’exemple du pôle de Dakar avec
l’UNESCO. Pour l’assistance technique dont les missions seront transférées à
l’AFD, il a indiqué que le GIP France
coopération international devrait assurer le portage de l’expertise sous toutes
ses formes, que les contrats des actuels AT iront jusqu’à leur terme et que le
CICID examinera les conditions de la transition comme celles du dispositif
futur.
Sur le budget, le Ministre s’est voulu optimiste en parlant de
redressement, d’absence de régulation et de force de la monnaie européenne. Il
a donné comme priorité pour 2005 l’APD, la sécurité à l’étranger et
l’information européenne. Tout cela alors que 100 emplois sont supprimés.
En ce qui concerne l’indemnité de résidence, il a indiqué vouloir
prendre en compte la question du logement avec notamment la différence entre
personnels logés et non logés, la réforme des majorations familiales qui seront
pratiquement indexée sur les droits de scolarité, la forfaitisation des frais
de voyage de congés et la mise en œuvre complète de la logique de fonction.
Pour la FSU, cette déclaration du Ministre est pleine de
bonnes et …de mauvaises intentions. La création d’un CTP unique, décidée sans
aucune concertation, répond plus à un objectif d’économie de temps et d’argent
qu’à celui d’améliorer le dialogue social. Il répond aussi à un objectif
politique de marginalisation de l’assistance technique et de l’action
culturelle. Cette déclaration n’étonnera pas les observateurs attentifs de la
SMR qui y verront la concentration du ministère sur une fonction de pilotage et
d’impulsion en abandonnant à d’autres l’assistance technique et en poursuivant
le rétrécissement du réseau culturel. Le Ministre dit son attachement au
dialogue social mais quel crédit accorder à ses propos quand les fermetures
programmées d’établissements culturels nous sont annoncées au
compte-goutte en mettant les
représentants des personnels devant le fait accompli. La situation des
personnels encore employés ou licenciés n’est pas sérieusement traitées :
perte de la sécurité sociale française pour les recrutés locaux détachés en
Europe et absence de propositions
d’emploi pour les personnels licenciés.
Evidemment le Secrétaire général a botté en touche sur la
réunion du CTP 2 mais ce CTP s’est déroulé dans les pires conditions,
n’apportant aucune réponse aux questions posées par les représentants des
personnels. Comme le faisait remarquer un expert de la FSU, c’est le pire CTP
que nous ayons connu depuis 15 ans !
Malgré le plaidoyer de toutes les organisations qui représentent sur le terrain les assistants
techniques et les français du réseau culturels, le ministère maintient son
texte. Il faut noter l’attitude fluctuante du MAE depuis la création des CTP
sur la réalité de ceux-ci. Refusant parfois de les mettre en place, ou de les
réunir, il a fallu à chaque fois l’obstination d’organisations syndicales
intransigeantes pour que toutes ces structures fonctionnent.
La situation actuelle marque un retour aux pratiques
boutiquières de certaines organisations syndicales prêtes à sacrifier la
démocratie syndicale pour mettre en œuvre leur politique de compromis à tout
prix. Rien ne nous a été dit sur les effectifs des personnels qui resteraient
du domaine du CTPM 2 mais qu’à cela ne tienne, ces effectifs si chers à
l’administration et à certains syndicats dans d’autres circonstances sont cette
fois passés sous silence.
Vote sur le CTP unique
14 pour (administration et CFDT), 3 contre (FSU,
UNSA-Education et liste d’union), 2 abstentions (CGT) et 1 CFDT n’a pas voté.
Avis formel sur des
modifications du décret du 28 mars 1967
Ces modifications concernent principalement les congés maladie
et par ailleurs les conditions de mise en œuvre de l’appel spécial, de
l’instance d’affectation et la suppression de la référence à l’indemnité de
représentation.
Pour les congés maladie, le dispositif proposé est le
suivant :
-
même rémunération
lorsque le congé est pris en poste ou en France ;
-
traitement indiciaire
pendant les trois premiers mois puis traitement réduit de moitié pour les
fonctionnaires titulaires et idem pour les non titulaires sur la moitié de la
durée du congé maladie ;
-
totalité des majorations
familiales ;
-
75% de l’IR du poste le
premier mois ;
-
50% de l’IR du poste le
second mois
-
25% après, c’est dire
pendant 4 mois
Pour les maladies professionnelles et les accidents du
travail, les émoluments du premier mois de congés maladie et ensuite, jusqu’à 6
mois, les émoluments du second mois de congé maladie.
Ce texte constitue certes un progrès mais il continue de
maintenir le principe d’un abattement pendant le congé maladie, y compris pour
les trois premiers mois. En plus, il maintient ce principe plus atténué pour
l’accident du travail. C’est pourquoi la FSU a voté contre le texte
Vote sur l’article
10 pour, 9 contre et 1
abstention (liste d’union)
Sur l’appel spécial la formulation proposée n’a pas posé de
problème, pas plus que pour l’instance d’affectation qui permet de faire
débuter le contrat à sa date de signature et non au départ de l’agent.
Les votes sur ces articles 1 et 2 ont été unanimes.
Sur l’ensemble du texte, la FSU a choisi de voter contre pour marqué son désaccord de principe avec la logique de l’abattement pendant les congés maladie et les accidents du travail qui constitue selon nous une pratique inacceptable.
Vote sur l’ensemble
10 pour, 1 contre FSU et 9 abstentions.
La SMR se poursuit par les 15 actions prioritaires définies en
2004 qui ne remettent pas en cause les chantiers ouverts en 2003. Le CTP n’est
pas entré dans les détails.
Le ministère continue d’afficher l’augmentation de l’APD (en
2004, 0,42 % du PNB). La question est de savoir ce que l’on y met. Des
incertitudes demeurent pour la période 2005-2007. Viendront s’y insérer des
annulations de dette ? Des opérations de maintien de la paix ?
La conférence d’orientation stratégique s’est réunie le 16
novembre et a donné à l’administration une idée d’ensemble de la programmation.
Les documents cadre de partenariat (DCP) devraient être prêts pour l’été 2005.
Les relations Etat/AFD devront être précisées par une
convention-cadre qui préconisera les relations entre les deux entités et un
contrat d’objectif devrait permettre de piloter l’utilisation des dons destinés
aux projets mis en œuvre par l’AFD. Des « revues de portefeuille »
sont en cours pour déterminer les transferts à l’AFD ainsi bien pour les
projets FSP que pour l’assistance technique.
Le rapport Connan-Wattez (que nous n’avions pas au moment du
CTP) préconise une externalisation de la gestion de l’assistance technique au
GIP France Coopération international. Que restera-t-il comme domaine
d’intervention direct du MAE en assistance technique ? Avec combien de
personnels ? Quel traitement sera réservé aux employés du GIP France
Coopération international ? Autant de question encore sans réponse mais
avec beaucoup de craintes sur ce qui va se mettre en place.
Pour la question de la FSU sur les retenues sur salaire pour
les logements des assistants technique, il a été précisé que cette évolution
avait lieu tous les ans comme pour les autres personnels rémunérés au titre du
décret de 1967 et qui sont logés.
Des informations ont été données sur les fermetures en cours,
Bata, Porto, Sarrebruck, Cologne, Dresde, Gand, Nairobi. Au total 51 emplois
locaux sont supprimés. Le coût de ces licenciements est évalué à 1 245 000
Euros. La plupart des personnels ne sont pas repris par les structures de
« remplacement ».
La FSU a demandé un vote sur ces fermetures. La CFDT n’a pas
pris part au vote.
Pour 10 (administration)
Contre 5
A notre demande, la question de l’harmonisation des grilles de
rémunérations entre ambassades et établissements culturels était à l’ordre du
jour. L’administration continue de se moquer du monde en nous donnant une liste
de pays avec pour seules indications oui/non et les coûts globaux. La FSU a
demandé que soit examinés en CTP les grilles de chaque établissement où doivent
figurer toutes les catégories de personnels, y compris les enseignants.
La protection sociale des détachés était aussi à l’ordre du
jour de la FSU. L’administration s’est encore contentée d’une réponse
dilatoire : ce sont des emplois locaux ! La note qui nous été remise
précise que le mouvement va se poursuivre en Europe sur la base de la
circulaire européenne de 1971 et que la situation sera uniformisée fin 2005.
Plus que jamais, l’action s’impose.
Les auto-congratulations sont de mise. Elles ont pourtant bien
du mal à masquer un budget de pénurie des Affaires étrangères : 100
emplois budgétaires sont supprimés, les crédits de fonctionnement diminuent.
Mais bonne nouvelle, les gains de productivité progressent ! Pas étonnant
qu’avec des critères de gestion comme ceux-ci la place de la France, elle,
régresse.
L’expérimentation de la LOLF par les budgets pays donne, à
l’heure actuelle, peu d’indication sur
l’évolution du dispositif général.
Sur les indemnités de résidence, les mouvements de
reclassement entre pays se poursuivent. Une nouvelle modification devrait être
annoncée en janvier.
Il est évident que ce point prend un relief particulier compte
tenu des conditions de déroulement de ce CTP. La FSU est revenue sur le
fonctionnement des CCPM qu’elle juge très peu satisfaisant et sur la mascarade
de dialogue social dans les postes. L’administration a pris acte, ce qui veut
dire …qu’elle n’en a rien à faire !
En question diverses, un point a été fait sur la rapatriés de
Côte d’Ivoire et la FSU a demandé une réponse pour les victimes
d’inondation à Djibouti. Un bilan nous à été présenté sur la Côte
d’Ivoire et pour Djibouti, le ministère n’avait pas été saisi.
2 Hors classe des certifiés et agrégés :
encore beaucoup de questions.
La note de service parue le 16 décembre 2004 sur la hors
classe des certifiés, CPE et professeurs d'EPS modifie profondément les
conditions d'accès à la hors-classe. Le 12 janvier,le SNES doit rencontrer la
DPE B5, qui gère l'avancement à la hors-classe des collègues détachés à
l'étranger, détachés en France et dans certaines COM (Polynésie,
Wallis-et-Futuna, Saint-Pierre et Miquelon).La mise à jour du dossier des
personnels gérés "hors-académie" sur i-prof devrait être possible
dans les prochains jours; les collègues recevront leur identifiant et leur mot
de passe dans leur établissement.et une icône "personnels
hors-académie" sera enfin disponible sur le site SIAP du ministère!
Le SNES entend défendre
le maintien d'un barème équilibré, valable pour tous, où la part consacrée à
l'expérience professionnelle et à l'investissement dans l'établissement,
notions éminemment subjectives et soumises à l'appréciation de l'inspection et
/ou du chef d'établissement, reste minimale. Pour les agrégés, la DPE doit
clarifier sa position concernant les 40 points du recteur.
L'accès à la hors classe doit rester possible pour tous les
collègues, sur des critères transparents et mesurables qui permettent d'assurer
l'égalité de traitement entre tous, hors de tout arbitraire local.
3 .Stage
SNES-FSU en Europe du nord à Berlin
Les 25 et 26 novembre 2004, la coordination
SNES d’Allemagne a organisé un stage régional SNES-FSU Europe du nord à Berlin.
Les responsables des S1 d’Allemagne (Berlin FG, collège Voltaire de Berlin,
Düsseldorf, Fribourg, Hambourg, Munich, Sarrebruck) ainsi que les délégués des
sections SNES d’Autriche, de Belgique, du Danemark, des Pays-Bas et de Pologne
ont réfléchi, débattu et voté sur la mise en place en Europe du nord d’un
barème commun pour le recrutement des résidents mais aussi pour le recrutement
des personnels enseignants soumis à un contrat local dans les établissements à
gestion directe de la même zone géographique.
Pour le
recrutement des professeurs résidents, il ne s’agit pas de créer un barème
commun qui permettrait un recrutement européen mais bien d’avoir des critères
de recrutement identiques à chaque établissement français d’Europe du Nord.
L’examen des candidatures doit rester propre à chaque pays mais être plus
lisible. Pour refuser toute précarisation d’un fonctionnaire titulaire, les
délégués se sont d’abord accordés sur le caractère prioritaire et hors-barème
du recrutement des titulaires non résidents (TNR) et des titulaires victimes
d’une mesure de carte scolaire. Puis ils ont élaboré un barème prenant en
compte les notations administrative et pédagogique (avec pondération de
l’ancienneté) et diverses bonifications (familiales, motivation, formation,
expérience professionnelle dans le réseau AEFE).
Concernant les personnels enseignants soumis à un contrat de droit local, les
représentants se sont également entendus sur la caractère prioritaire et hors
barème du recrutement des TNR. Dans un souci de transparence du recrutement des
collègues non-titulaires, la prise en compte des diplômes, de l’expérience
professionnelle, du nombre de demandes du poste et de la situation familiale en
cas d’égalité ont été les critères retenus.
Autre question cruciale qui a été
débattue : la rémunération des
personnels soumis à un contrat de droit local en Europe du nord. Les
sections SNES-FSU des pays représentés ont voté une motion exigeant que soit
instaurée et appliquée une grille indiciaire de rémunération par établissement
applicable aussi bien aux collègues en CDD qu’en CDI quelle que soit leur
nationalité, que cette grille permette un avancement régulier dans la
rémunération, que les collègues soient reclassés à l’embauche en fonction de
leur expérience professionnelle, que le point d’indice soit révisé au moins une
fois par an et qu’aucune modification défavorable de la rémunération
n’intervienne en cours de contrat.
D’autres questions fondamentales sur la
politique de l’AEFE ont été examinées, en particulier l’avenir des établissements à gestion parentale en Allemagne. Dans
un contexte de désengagement de l’Etat à l’étranger, notamment en Europe
(déconventionnement du lycée français de Luxembourg, plan d’économies en
Espagne), le devenir de ces établissements
-des Ersatzschule ?- est
inquiétant. L’article rédigé par la section SNES de Hambourg dans cette même
circulaire est édifiant.
Enfin, à l’heure où le pouvoir d’achat des
enseignants a diminué de 5% depuis 2000 et où notre gouvernement libéral refuse
de revaloriser décemment le point d’indice, où les menaces sur l’avancement au
rythme le plus favorable pour les collègues détachés à l’étranger pèsent
toujours, où aucune garantie ne préserve l’accès de la grande majorité des
collègues à la hors classe, les conditions de travail décrites dans les lycées franco-allemands de Sarrebruck et de
Fribourg semblent tout simplement scandaleuses (voir également l’article
publié dans cette circulaire).
Ce stage a donc posé des questions de fond.
Il a permis un débat démocratique et l’expression de chacun dans la pluralité
de ses opinions ; il fut constructif, revendicatif et a été suivi d’une
action commune par l’ensemble des sections présentes au stage. Cette
« première » en Europe devrait se poursuivre l’année prochaine avec
un élargissement du nombre de sections représentées. Construction européenne
oblige, Bruxelles accueillera peut-être (probablement ? sûrement ?
très certainement ?) ce stage régional en 2005.
Pour un compte-rendu plus détaillé de ce
stage et pour connaître tous les critères des barèmes retenus pour le recrutement
des professeurs résidents et des enseignants soumis au droit local, consultez
le site très complet du SNES Allemagne (www.fsu-allemagne.org).
4 Que
faire, face au projet « Ersatzschule » ?
Telle est la
question posée par la section SNES du lycée français de Hambourg !
Aujourd'hui, plus
que jamais par le passé, il est un mot et une réalité qui s'imposent dans les
établissements du réseau Allemagne de l'AEFE. Le mot est « Ersatzschule ». La
réalité : la recherche d'un financement pérenne qui permette à chaque
établissement d'envisager son avenir avec plus de sérénité. Cela regarde, en
premier lieu les établissements à gestion parentale (Collège Voltaire à Berlin,
Lycées Français de Düsseldorf, de Hambourg), mais pas exclusivement (cas du
lycée de Munich). Le SNES ne peut rester silencieux face à l'enjeu présent.
La Ersatzschule
nous est présentée à tous avec les mêmes justifications. Le statut est donné,
après négociation avec les autorités scolaires du Land. L'objectif est de
devenir officiellement pour les autorités du Land, un établissement conventionné ou sous contrat (pour reprendre l'expression en
vigueur en France).
Les enjeux sont
multiples et d'abord financiers : c'est, en effet, la possibilité pour
l'établissement d'obtenir de facto des subventions de fonctionnement (locaux,
matériel, recrutements et salaires) et d'investissement (réalisation de
travaux, matériel important). Cet apport financier est reconduit chaque année
sans faire l'objet de nouvelles négociations de la part du Land, selon un cadre
défini au préalable. Les contreparties sont de deux ordres. D'une part,
l'aspect administratif : les implications de ce statut peuvent se révéler
importantes (rythme scolaire, calendrier et durée des vacances, recrutement des
enseignants français et allemands, fonctionnement administratif conforme aux
réglementations en vigueur dans le Land).
D'autre part,
l'aspect spécifiquement pédagogique : ouverture résolue au bilinguisme et
ancrage de l'établissement dans son environnement immédiat. On le voit bien
ici, cette orientation prise pour plusieurs établissements est en totale
conformité avec les principes définis dans le Plan d'Orientation stratégique
(2004-2007) de l'Agence, et en particulier, « Développer des approches
diversifiées pour la recherche de financements complémentaires » (Action n°17).
Aux collègues, on se veut rassurant : les contraintes sont somme toute,
modestes (aspects administratifs et pédagogiques) comparées aux avantages qui
sont avant tout de nature financière. La pérennité de nos établissements dans
le réseau Allemagne est donc assurée !!
Face à ce
tableau, il nous semble nécessaire de faire quelques mises en garde. Il ne
faudrait pas, à notre avis, tomber dans certains écueils. En premier lieu, elle
serait absurde, voire peut-être un peu rétrograde, ou à tout le moins
difficilement lisible, la position qui consisterait à vouloir faire des
établissements des îlots de France qui ne devraient ne tisser aucun lien avec
leur environnement immédiat, de crainte qu'ils ne perdent leur spécificité,
voire leur âme. Nous disons oui au renforcement du bilinguisme, oui à
l'ouverture de l'établissement sur son environnement et au multiculturalisme.
En second lieu, et cela devient plus délicat, la tentation est forte de diviser
les statuts : les recrutés Contrats Locaux peuvent envisager cette évolution
sous un jour favorable dans la mesure où ils pourraient y voir une amélioration
de leur statut et de leur rémunération, alors que les personnels recrutés par
l'Agence (résidents et expatriés) peuvent voir cette même évolution comme une
menace, voire un retour en arrière. Le flou est de mise, sciemment ou non, sur
notre avenir. La prudence s'impose donc, face à des prises de position
intempestives qui auraient peu d'effet sur l'évolution programmée si ce n'est
nous diviser entre collègues. Enfin, même si nous devons envisager tous les
scénarios possibles, y compris le scénario catastrophe, à savoir le
déconventionnement de nos établissements, soyons clairs, il nous appartient de
bien maîtriser le dossier et de contrecarrer autant que faire se peut, une
évolution néfaste contraire aux intérêts des collègues dans leur ensemble, aux
intérêts des parents, à l'intérêt même d'une institution qui a comme mission première
d' « assumer sa mission de service public (français) dans un établissement à
l'étranger ».
Il nous revient,
par voie de conséquence, de nous interroger et d'interroger les autorités de
tutelle sur le flou, les zones d'ombre qui accompagnent cette évolution des
statuts des établissements telle qu'elle semble se profiler. Beaucoup de
questions restent en suspens et n'ont pas, à ce jour, abouti à des réponses
satisfaisantes à nos yeux. Si l'on sort du cadre allemand, on peut
véritablement s'interroger sur la politique de l'Agence en Europe aujourd'hui.
Si l'on prend comme seuls exemples l'Espagne et la Norvège, on peut se demander
si nous n'évoluons pas, étape par étape, vers un déconventionnement des
établissements du réseau allemand. S'inquiéter n'est pas l'affirmer. Mais, il
s'agit pour nous de ne pas se montrer dupe face à une telle évolution et de
pointer du doigt les contradictions patentes du discours officiel :
renforcement de l'amitié franco-allemande et dans le même temps désengagement
réel, effectif et programmé de l'Etat français en Allemagne ; mission de
service public assurée par chaque établissement et processus de privatisation
du réseau ; l'Allemagne n'est plus considérée comme pays étranger, alors que,
dans le même temps, de moins en moins d'élèves français apprennent l'allemand.
Par ailleurs, la tentation est forte aujourd'hui de s'inspirer du système
scolaire allemand pour exiger des collègues des tâches multiples, outre leurs
heures d'enseignement, sans contreparties financières, bien évidemment. Nous
devons refuser une telle évolution qui irait dans le sens de la dégradation du
statut de l'enseignant à l'étranger. En définitive, nous sommes en droit
d'attendre des réponses claires sur la stratégie de l'Agence sur cette question
qui concerne notre avenir et l'avenir des enfants scolarisés dans le réseau.
Sans dogmatisme soit, mais avec un regard lucide, critique et revendicatif,
assurément !!
5 Les
conditions de travail des lycées franco-allemands de Sarrebruck et Fribourg
Cet article a été
rédigé par les sections SNES des lycées franco-allemands de Sarrebruck et de
Fribourg.
Les lycées
franco-allemands ont été créés le 29 mai 1972 par un traité entre la France et
l'Allemagne. Dans l'esprit du traité de l'Elysée du 22 janvier 1963, les lycées
franco-allemands ont pour but d'approfondir les relations entre la France et
l'Allemagne dans le domaine de l'éducation et de rapprocher les deux systèmes
éducatifs. Les programmes et les épreuves du baccalauréat sont spécifiques et
ont été définis lors du traité de création. Ils ne peuvent être modifiés
qu'avec l'accord des deux Etats. Les deux lycées de Sarrebruck et Fribourg sont
financés et juridiquement dépendants des régions (Länder) de Sarre et
Baden-Württemberg. L'A.E.F.E nomme et rémunère les professeurs français
travaillant dans ces établissements. Les élèves ne paient pas de droit
d'écolage.
Il s'agit donc de
lycée au statut très particulier et les collègues français travaillant dans ces
établissements ont des obligations de services statutaires des professeurs
français. En outre, puisque le fonctionnement de ces lycées est soumis au droit
allemand régional, les professeurs sont amenés à :
·
Assurer des tâches
administratives (contrôle des absences, préparation des bulletins en fin de
trimestre, organisation de voyages ou d'échanges...). Cela concerne surtout les
professeurs principaux.
·
Prendre en charge la
surveillance des collègues absents.
·
Surveiller durant les
pauses.
·
Participer à des
réunions de concertation intensives pour l'élaboration des programmes et la
coordination des pratiques pédagogiques avec les collègues allemands.
·
Participer
aux conférences plénières où sont prises les décisions
importantes concernant l'établissement.
·
Préparer chaque année
les sujets de baccalauréat franco-allemand et de brevet franco-allemand.
·
Intervenir dans des
classes allemandes ou intégrées ce qui implique des compétences linguistiques
ou d'enseignement de FLE.
De plus les
séquences de cours ont une durée de 45 minutes ce qui conduit certains collègues
à avoir un nombre de classes plus élevé qu'en France. Enfin l'organisation
différente des rythmes scolaires a pour conséquence certaines années une année
scolaire plus longue qu'en France.
Les collègues
travaillant dans ces deux lycées franco-allemands adhèrent au projet politique
et pédagogique (bilinguisme, biculturalité, intégration des classes dans le
second cycle, baccalauréat franco-allemand) de ces établissements. Mais ils
demandent une prise en compte du surcroît important de travail qui leur incombe
en terme de compensation horaire ou de prime spécifique ou les deux à la fois.
En aucun cas, ces tâches non prévues dans les obligations de service et
assurées dans les deux lycées franco-allemands, vu leur statut particulier, ne
peuvent ni ne doivent justifier un élargissement des obligations de services
pour les collègues exerçant dans les autres lycées à l'étranger.
6 Le SNES sur le terrain en Syrie
et au Liban
En Syrie
La réunion syndicale à rassemblé
de nombreux collègues, y compris du primaire. Les préoccupations sont
nombreuses au lycée de Damas. La situation des contrats locaux s’est certes un
peu améliorée mais il reste du chemin à faire. Le stage régional de début mars devrait permettre de créer une
dynamique pour faire progresser les situations dans plusieurs pays.
Les collègues se sont montrés préoccupés par toutes les
questions qui touchent à leur carrière. Des sujets comme l’année sabbatique, la
CPA et tout ce qui touche aux pensions sont souvent évoqués.
En ces périodes d’autoritarisme renforcé, les collègues
s’interrogent également sur les procédures de recrutement des expatriés. Sur le
profil de poste à rallonge alors que rien de tel n’existe dans la réalité. A
Damas, des collègues ont été recrutés sur des compétences exao ou informatique
alors que les infrastructures dans ce domaine sont pratiquement inexistantes.
Enfin les collègues expatriés se plaignent d’être exclus des
stages de formation sauf lorsqu’il s’agit des nouveaux programmes. Encore une pierre dans le jardin de la
directrice de l’AEFE qui croit que n’importe quel collègue peut se baptiser
formateur.
Au Liban
La situation est loin de s’arranger au Grand Lycée. L’attitude
du proviseur ne permet plus à l’établissement de fonctionner sereinement. Les
agressions verbales contre les collègues continuent y compris contre
les collègues libanais qui disent vivre une situation quasi néo-coloniale. Il
semble également que des élèves aient ou envisagent de quitter le lycée. Le
proviseur veut tout régenter y compris après les conseils d’enseignement et
sans discussion avec les intéressés. Des collègues libanais compétents sont
congédiés et remplacés par des personnes dont la compétence n’est pas toujours
avérée. Les collègues libanais ne sont plus payés en heure année pour leurs
heures de coordination. Un vade-mecum
leur est imposé sans aucune négociation. Les inspections son téléguidées et
perdent une partie de leur valeur formatrice. On recrute sans concertation et
on écarte les expatriés de maths et de français des fonctions de coordination.
Les collègues vont à reculons au lycée. Cette situation ne peut plus durer.
Au collège protestant, ce n’est pas mieux. Les collègues sont
humiliés et déconsidérés. Le proviseur licencie le dernier jour autorisé et un
quart d’heure avant la limité horaire. Il ne faut pas prendre le risque d’une
réaction ou d’un recours. Tout ceci se passe sans aucun critère aussi bien pour
les licenciements que pour les embauches. On se croirait revenu au XIXème
siècle avec certains collègues qui jouent les cireurs de botte et des adjoints
qui jouent les petits chefs. Les résultats des élections au conseil interne de
l’établissement sont même raillés dés qu’ils ne donnent pas les résultats
espérés par les courtisans. Là aussi, cela ne peut plus durer.
Vous avez dit Collège protestant, Grand lycée de la Mission
Laïque Française, mais que veulent dire ces mots ?
Au cas où, précisons que ces lignes ont été écrites par Roger
Ferrari et qu’il en assume toute la responsabilité. Il est insupportable de
rencontrer des collègues qui s’investissent dans leur métier qui sont brisé et
humiliés. Pour le SNES, ces situations sont inacceptables.
7 Syndicalisation : bilan du
premier trimestre 2004-2005
Après un premier trimestre, nous pouvons déjà dresser un
premier bilan de la syndicalisation pour cette année 2004-2005. Au 10 décembre 2004, nous comptions 1639
adhérents, ce qui représente 104% des adhérents à jour de l'année précédente
(63 adhérents de plus par rapport au 10 décembre 2003
Pour l'étranger,
on peut noter une légère avance avec 1033 adhérents au 10 décembre, soit 19
adhérents de plus par rapport à l'an dernier de date à date. Cette avance peut
s'expliquer par différents facteurs, notamment la nécessité de se syndiquer
dans un contexte politique qui vise à remettre en cause l'avancement de la
carrière et les mutations des professeurs, qui ne prévoit aucune amélioration
des éléments de la rémunération des collègues et qui voit l'Etat se désengager
de sa mission de service public à l'étranger. La diminution du montant des cotisations
pour les recrutés locaux explique par ailleurs une augmentation de leur
syndicalisation. Une vingtaine de sections connaissent une augmentation du
nombre de leurs syndiqués, un vingtaine de sections connaissent une baisse
(légère ou marquée) du nombre de leurs syndiqués tandis que les adhérents des
autres sections sont stables.
Pour les collectivités
d'outre-mer, nous constatons également une légère
augmentation du nombre de syndiqués : 544 adhérents au 10 décembre 2004, contre
530 au 10 décembre 2003. La stabilité des syndiqués en Nouvelle-Calédonie et la
progression des sections de Mayotte, de Polynésie et de Wallis-et-Futuna
confirment leur rôle important dans l'activité syndicale.
Ce bilan est beaucoup
moins contrasté que celui de l'année dernière.
Il est certes trop tôt pour nous réjouir mais les signes encourageants sont là
et ne peuvent qu'appuyer le secteur hors de France dans ses revendications :
des sous et pas de précarité !
Pour rappel, nous
anti-datons à décembre 2004 toutes les cotisations qui nous parviendront
jusqu'au 31 janvier 2005 afin que les collègues puissent bénéficier d'une
attestation fiscale pour l'année 2004.
8 Affectation
des enseignants du second degré à St Pierre et Miquelon
Le BO du 16 décembre 2004 rappelle les modalités de
candidature pour les Collectivités territoriales de St Pierre et Miquelon et
Mayotte.
Le dossier doit être rempli en ligne sur le site SIAT (www.education.gouv.fr, rubrique
personnels, concours, carrière » puis « enseignants ») du 10 au 24 janvier 2005 puis édité en
deux exemplaires (pièces justificatives en un seul exemplaire) et transmis au
chef d’établissement avant le 25 janvier
2005. Lesdits dossiers devront être reçus par la DPE B4 avant le 07 février 2005.
Sont concernés par ce mouvement tous les personnels du second
degré souhaitant s’installer à St Pierre et les seuls CPE, Co-Psy et directeur
de CIO souhaitant muter à Mayotte.
Cette année encore le MEN « ne donne pas priorité »
(sic !) aux collègues de plus de 56 ans et à ceux ayant accompli moins de
deux années dans une académie métropolitaine ou dans le même DOM. Deux
conditions totalement inacceptables parce qu’elles tendent à limiter sans
aucune justification la mobilité des personnels… ce que nous combattrons lors
de la FPMN correspondante.
Pour tout renseignement concernant les conditions de vie et de
rémunération dans ces deux territoires, vous pouvez nous joindre par téléphone
(01.40.63.29.41) ou par courriel hdf@snes.edu.
N’oubliez pas de nous faire parvenir votre fiche syndicale !
9 Déménagement
des locaux du SNES National
A partir du 31 janvier, nous serons installés dans nos
nouveaux locaux, 46 avenue d’Ivry – 75647 Paris cedex 13, dans un environnement
beaucoup moins huppé mais dans des bureaux plus spacieux et plus fonctionnels.
Donc le secteur sera fermé les 26, 27, et 28 janvier pour laisser les
déménageurs faire leur travail. Dès le lundi 31, nous devrions être à nouveau
opérationnels. Les numéros de téléphone ne changent pas.
Roger
FERRARI
Secrétaire
national chargé
des questions hors de France.
Mireille COURT,
Catherine JUSTIN, Céline URBANIAK,
Thierry WUILLEZ
Membres du Secteur Hors de France.
RF/MC/CJ/CU/TW/CC
(Adresse internet pour accéder
à l’arrêté du 15 décembre 2004, sur les indemnités d’expatriation et
l’indemnité de résidence)
http://www.legifrance.gouv.fr/imagesJOE/2004/1223/joe_20041223_0298_0014.pdf